Café 750 FCFA/kg - Cacao 700 FCFA/kg - Noix de cajou : 3770 FCFA/kg - Hévéa : 272,58 FCFA/Kg

jeudi 22 août 2019
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Noix de Cajou : Les origines d’une mévente // Le Conseil du coton et anacarde aux côtés des producteurs

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Noix de Cajou : Les origines  d’une  mévente //   Le Conseil du coton et anacarde aux côtés des producteurs

Que ce soit aussi bien les banquiers, les responsables des structures de régulation que les analystes du marchés, tous s’activent non seulement donner les causes de l’effondrement des prix de la noix de cajou mais à trouver la juste formule pour relancer la machine qui est visiblement grippée.
Dans le dernier rapport hebdomadaire du marché de l'anacarde du spécialiste N'kalô la semaine d’avant le 1er Mai 2019, on lisait à peu près la même analyse de la situation dans chaque pays d'Afrique de l'Ouest producteur de noix de cajou : un manque de dynamisme des transactions au niveau de la ferme car, côté producteurs, les prix proposés sont trop bas et, côté acheteurs/exportateurs, leurs achats sont réduits, optant pour la qualité et donc bien souvent des noix entreposées, bien sèches par rapport à celles qui viennent d'être récoltées. « Une situation d'autant plus critique que nombre de producteurs ont fini de récolter et les stocks sont importants, mais guère surprenante étant donné l'effondrement des prix tant bord champ qu'à l'international » précise la source qui ne manque d’ajouter que la situation est « très lourde dans les pays producteurs. Au Nigeria, par exemple, « la grande majorité des exportateurs ne passent plus de commandes et réexaminent le marché, constatent sur le terrain les spécialistes de N'kalô qui relèvent la même situation un peu partout, notamment au Sénégal » Certains gros acheteurs ont pris un peu de recul pour bien analyser leurs stratégies commerciales, alors que l'offre est très bonne dans les villages et les marchés hebdomadaires. Quelle est la situation en Côte d'Ivoire ? Selon le site d’information en ligne www.commodafrica.com qui cite le service spécialisé de l'association nitidae, révèle que « Les producteurs et acheteurs locaux détiennent des stocks importants sans trouver de preneurs. Les acheteurs locaux qui sont actifs n’achètent plus sur fonds propres mais privilégient les dépôts ventes(…) En effet, avec l’incertitude sur le marché du cajou au port où la demande est très faible et le refoulement des chargements qui s’accentue pour mauvaise qualité, tous craignent de perdre leurs fonds ». Fixé à 375 Fcfa le prix du kg au producteur n’est pas respecté dans certaines zones de production. Avec un prix planché de 375 Fcfa lancé lors de l’ouverture de la campagne anacarde en février 2019, la concurrence qui devait permettre le relèvement du prix n’a pas eu lieu cette année comme d’habitude. Au contraire, le prix de cette spéculation a commencé à baisser pour atteindre le pique de 150 Fcfa le kilogramme à ce jour. Face à la situation, le Conseil du Coton et de l’anacarde a lancé une en œuvre de l’opération ‘ zonage’ pour certainement sauver la situation. Rappelons qu’ en mars 2019, a eu lieu la signature d’une convention entre un Groupement d’intérêt économique( Gie) et le Groupe vietnamien Tnt portant sur un achat de 200 mille tonnes. La production achetée est déjà vendue au groupe d'exportateurs Vietnamiens (Tnt), puisqu'il s'agit d'un contrat d'achat des produits entre la Côte d'Ivoire et le Vietnam. Le 1er Mai 2019, lors de la célébration officielle de la fête du travail sur le parvis de la Primature à Abidjan- Plateau, la question de la mévente de la noix de cajou s’est invitée dans les cahiers de doléances des centrales syndicales. Le Premier Amadou Gon, répondant aux préoccupations des centrales syndicales sur la question, a annoncé l’élaboration qu’un plan d’achat avec les membres du Gie indiqué plus haut afin de s’assurer de l’effectivité du respect du prix du kg planché fixé à 375Fcfa. « Nous allons assister à la généralisation de l’opération dite zonage à partir du 6 mai 2019(…) » a dit Amadou Gon. Afin d’atteindre cet objectif majeur pour sauver cette présente campagne, l’opération de zonage a été lancée par le Gie-Geppa le samedi 27 avril 2019, dans le département de Bondoukou. La campagne dernière à pareille époque, cette fourchette allait de 400 Fcfa le Kg en Côte d'Ivoire, à 960 Fcfa le Kg en Gambie.
Ayoko Mensah
Légende photo : Face à la morosité de la campagne, le Conseil du Coton et de l’anacarde, a décidé de tout mettre en œuvre pour sauver la campagne en cours.
Encadré : Un marché mondial en pleine morosité

Côté marché mondial, « L’approvisionnement en noix brute importée du Vietnam sur avril et mai devrait être historiquement faible » souligne N'kalô. Une situation apparemment curieuse car d'aucuns auraient pu penser que ces prix d'achat de noix brutes si faibles attiseraient la demande. Mais les choses ne sont pas si simples, notamment en raison de la structuration de la filière noix de cajou au niveau mondial. « Le Vietnam a eu une bonne production l'année dernière et dispose de stocks abondants de noix brutes et d'amandes en entrée d'usine comme en sortie d'usine », explique à Commodafrica.com, Pierre Ricau, market analyst du service n'kalô. De l'autre côté, avec la chute des prix depuis l'année dernière, de nombreux traders ont fait faillite ou sont en mauvaise posture et ont, par conséquent, énormément réduit leurs achats. De leur côté, les transformateurs passent très peu de commandes de noix brutes africaines jusqu'à présent et lorsqu'ils le font c'est sur du spot, du court terme. Ainsi, ils n'ont pas de visibilité sur les prix à trois mois donc ils réduisent au maximum leur approvisionnement. Cela va peut-être démarrer dans une ou deux semaines mais pour l'instant c'est très très faible." Selon des analystes, les prix sont attendus en hausse dans 5 à 6 mois
A. Mensah