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jeudi 22 août 2019
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Abdourahmane Cissé,(ministre pétrole, de l’énergie et des énergies renouvelables)/ Programme social du gouvernement// « Voici ce qui est prévu pour les campements et zones isolées »

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Abdourahmane Cissé,(ministre pétrole, de l’énergie et des énergies renouvelables)/  Programme social du gouvernement//  «  Voici ce qui est prévu pour les campements et zones isolées »

A l’issue du séminaire sur le secteur pétrole et énergie qui vient de se tenir à Yamoussoukro, Addourahmane Cissé,le ministre du Pétrole, de l’énergie et des énergies renouvelables, nous a fait le point des acquis et des actions à mener dans ledit secteur… Interview

 

A quoi devrait –on s’attendre concrètement à l’issue des assises de Yamoussoukro, dans la configuration au niveau du secteur du pétrole et de l’énergie en Côte d’Ivoire ?

 

Je voudrais déjà remercier tous ceux qui étaient présents à ce séminaire de Yamoussoukro, remercier l’ensemble des participants, les organisateurs ainsi que mes collaborateurs. Ce n’est pas un séminaire qui a été uniquement au niveau de l’administration publique. C’était un séminaire dans lequel il y avait une parfaite collaboration entre le secteur privé et le secteur public. Parce que, c’est ensemble, entre le secteur privé et le secteur public que nous allons arriver à faire développer notre secteur. Au sortir de ce séminaire, 10 thèmes ont été adoptées dont 5 pour le secteur du pétrole et 5 pour le secteur de l’énergie. Et lorsqu’on regarde la composition de chacun des thèmes, vous avez à la fois des hommes du secteur privé et des personnes du secteur public. Au niveau même des personnes qui présidaient les commissions des différents thèmes, vous avez souvent des thèmes qui étaient présidés par les hommes du secteur privé et des thèmes présidés par les hommes du secteur public. C’était une réflexion consensuelle au cours de laquelle, pendant 2 jours, il y a eu des débats concrètement francs et ouverts. Imaginez-vous, quand on a un séminaire dont le thème a été présidé par un homme du secteur privé, on ne peut pas dire qu’on a un travail aussi facile et simple. Aujourd’hui, nous avons environ 167 actions qui ont été bien clairement élaborées, adoptées et énoncées. Sur chacune des actions, nous avons veillé à ce qu’on puisse expliquer qui était responsable des mises en œuvre et quel est le délai durant lequel les actions pouvaient être mises en exécution. Nous avons un tableau qui va faciliter les travaux et on pourra de façon régulière, faire le point, et dire est ce que telle action a été exécutées ou pas ? Qui était le responsable ? Qui a fait ou n’a pas fait sa part ? En ce moment, on pourrait situer les responsabilités. C’est un élément qui était vraiment important. Nous avons aujourd’hui ce document, qui est une vision qui nous permet de savoir exactement qu’est-ce que nous devrons faire sur les périodes 2019-2020 et au-delà même de la période 2020 ? Qu’est-ce que nous devrons faire sur la période 2021-2030.

Dites-nous concrètement comment vous allez aborder cela sur le terrain, pour que la population en tire profit ?

La vision, c’est de faire en sorte que nous puissions, au cours des prochaines années, avoir un secteur pétrolier qui se développe pour que nous puissions produire du pétrole, surtout de qualité et en quantité suffisante. Mais en n’oubliant pas les populations. Parce que, tout ce que nous faisons aujourd’hui, c’est pour améliorer les conditions de vie des populations. Avoir un impact positif en thème de réduction de la cherté de la vie et aussi créer des emplois pour les jeunes. L’objectif, c’est d’avoir un secteur qui se développe et qui contribue au développement de la Côte d’Ivoire. Mais aussi et surtout qui contribue à la création d’emplois. Permettez-moi de vous citer quelques mesures. Si nous prenons par exemple le secteur du pétrole, l’une des mesures principales consiste à la promotion et au développement du bassin sédimentaire. Aujourd’hui, nous produisons 40 milles barils de pétrole par jour. Quand vous regardez les pays de la sous-région, les quantités de pétrole sont largement au-dessus. Il est donc important de faire du bon travail pour que nous puissions augmenter clairement la production ivoirienne de pétrole. Nous avons échangé sur les actions de développement dans les prochains mois à venir. Il y a un deuxième élément important. C’est le contenu local. Nous voulons développer le bassin sédimentaire de la Côte d’Ivoire et faire de sorte que nos entreprises nationales participent entièrement au développement de ce secteur. Il a été retenu un projet de loi. Un projet de texte sera proposé au gouvernement pour qu’on puisse faire ensemble ce qu’il faut pour développer le secteur pétrolier. Pour la réalisation de ce projet, les Pme locales en matière du pétrole sont considérablement impliquées. Elles doivent contribuer au développement de ce secteur. C’est ensemble, entre le secteur privé et le secteur public que nous avons convenu de faire cela. Si nous voulons avoir un contenu de développement local, il faut que cela s’accompagne des ressources humaines. Un troisième aspect, c’est le secteur de la formation. Si nous voulons avoir un développement du contenu local, il faut bien entendu que cela s’accompagne des ressources humaines bien formées. C’est dans ce sens que nous avons proposé de créer en Côte d’Ivoire, l’Ecole supérieure de pétrole et d’énergie dans laquelle, on délivrera un double diplôme entre l’institut national polytechnique Houphouët-Boigny et aussi en collaboration avec l’institut de référence international. Nos jeunes, nos étudiants n’auront pas besoin d’aller à l’étranger. Ils resteront en Côte d’Ivoire. Ils seront formés ici. Ils auront un diplôme d’une école de référence. C’est un point qui est aussi très important. Pour terminer sur le secteur pétrolier, c’est bien entendu l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Nous ne souhaitons pas avoir de cas de défaillance ou de rupture. C’est une question essentielle sur laquelle nous avons échangé et aussi des propositions ont été faites. Il y a eu aussi la partie Energie. Nous avons également échangé longuement sur la question de l’énergie. Qu’est-ce que nous devrons faire pour avoir une énergie de qualité ? A ce volet-là, la première, une des recommandations qui est très importante, c’est de la poursuite du programme social du gouvernement. Nous allons poursuivre ce programme. Le programme d’électrification pour tous et le Programme national d’électrification rural (Proner) qui nous accompagne. Il faut que certaines localités qui sont très isolées, notamment, les campements lointains et enclavés qui n’ont pas accès à l’énergie, puissent jouir également de ce privilège étatique. Il a été proposé de poursuivre le programme social, de faire en sorte que les campements puissent eux- aussi, être pris en compte. Pour certains campements et certaines zones isolées où vous ne pouvez pas envoyer le réseau électrique. Il faut donc imaginer des solutions pour que de façon locale, on leur donne un accès à l’énergie.

 

Qu’envisagez-vous en matière de promotion des énergies renouvelables ?

 

Aujourd’hui, il est possible d’utiliser les énergies renouvelables qui peuvent avoir, non seulement un impact important en termes de climat et un impact aussi important en termes d’économie. Imaginez que vous utilisez les équipements solaires chez vous à la maison pour la production d’énergie. Economiquement, cela a un impact clair sur vos factures d’électricité. Nous souhaitons en termes de la cherté de la vie, des initiatives qui soient faites dans ce secteur. Nous sommes en ce moment en train de réfléchir à un cadre réglementaire que nous allons proposer, pour justement inciter la population ivoirienne, inciter l’ensemble des ménages à l’utilisation de ces mesures.

 

Et au niveau de la formation et ce qu’il faut pour aider les Pme locales ?

 

En matière de formation, nous entendons aller à la réouverture de l’Ecole supérieure internationale africaine de l’électricité. C’est une école qui est très importante, qu’il nous faut, compte tenu de l’ensemble que nous faisons pour penser à la formation de nos jeunes. Nous souhaitons la réouverture de cette école pour avoir des ingénieurs de qualité. Autres éléments qu’on peut indiquer, c’est celui de nos entreprises locales. Nous souhaitons avoir au niveau de toutes les entreprises qui sont dans le secteur d’énergie, au moins 30% soient affectés aux entreprises nationales. Ce ne sont pas des mesures pour prendre des mesures. Mais ce sont des mesures consensuelles qui ne sont pas imposées par l’Etat pour spéculer. Les deux parties sont tombées d’accord lors des assises pour aller dans ce sens. Nous avons identifié pour chacune d’elles, des responsables et la durée pendant laquelle nous pensons les réaliser. Nous allons rentrer à Abidjan et nous allons nous mettre au travail pour que nous puissions poursuivre l’objectif du gouvernement et faire en sorte pour que nous puissions réaliser ces actions et créer des emplois pour nos jeunes.

Monsieur le ministre, nous voudrons savoir s’il y a des inquiétudes au niveau des huiles qui sont utilisées ?

 

Je suis un ancien ministre du Budget. On ne peut donc pas dire que le matériel est trop taxé. Mais aujourd’hui, vous savez, si on veut promouvoir par exemple l’utilisation des énergies renouvelables, il faut que nous regardions quelles sont toutes les dispositions à prendre, si nous souhaitons que dans la plupart des ménages, nous puissions avoir un accès assez facile à la promotion solaire et autres. Il faut que nous réfléchissions à la fiscalité à mettre en place. Tous ces éléments aujourd’hui font partie des éléments sur lesquels nous réfléchissons. Nous allons faire un travail assez clair sur ce qui se passe dans les autres pays et voir ce qu’il faut à la Côte d’Ivoire et puis voir des actions que l’Etat peut faire justement pour inciter la population à utiliser ces éléments, avec bien entendu en perspective le bien-être de la population parce que si nous arrivons à faire ces éléments, cela aura un impact clair en matière de la cherté de la vie et la réduction de la cherté de la vie. Pour ce qui concerne les lubrifiants, il faut savoir qu’aujourd’hui, il n’y a pas d’entreprises en Côte d’Ivoire qui fabrique des lubrifiants. Tout est importé. Nous ne pouvons rester dans cette logique. Il faut s’assurer que le lubrifiant qui rentre est de bonne qualité. Déjà, c’est important et si cela n’est pas le cas, il faut se dire que malheureusement les consommateurs ivoiriens ont utilisé des produits qui ne sont pas de la bonne qualité qui pouvaient avoir des effets néfastes sur la population. Il faut s’assurer de la vérification de la qualité. Avoir un cadre réglementaire qui vérifie l’utilisation des lubrifiants. C’est une des recommandations qui a été arrêtée. Mettre en place ce cadre réglementaire pour créer des entreprises nationales, locales qui produisent ces lubrifiants.

 

A combien vous pouvez chiffrer les plans d’actions que vous avez abordez ?

 

C’est dur à dire. Parce que ce ne sont pas des dépenses en tant que telles. Ce sont plutôt des réflexions intellectuelles. Certaines mesures peuvent être l’argent. Lorsqu’on dit que nous voulons faire la réouverture de l’école supérieure, ça va nous demander des ressources. Mais ce sont des ressources que nous pensons mobiliser avec nos partenaires(…) La plupart des pays contribuent, les bailleurs de fonds contribuent. Il y a même des ressources disponibles pour la réouverture des écoles. Les mesures que nous avons aujourd’hui sont vraiment importantes. Retenez que tout n’est pas financier. Nous voulons qu’il y ait beaucoup plus d’entreprises ivoiriennes qui soient tout simplement dans le secteur du pétrole et l’énergie. Cela ne veut pas dire qu’on doit leur donner de l’argent, mais créer un cadre pour les entreprises puissantes d’avoir des moyens et des opportunités. Les Pme étaient présentes. Que ce soit le secteur du pétrole et l’énergie. Elles connaissent leurs difficultés. Nous avons échangé. La plupart a dit qu’il ne s’agit pas d’argent mais plutôt de savoir et traiter les vrais problèmes.

A l’époque, les frais de la formation étaient fixés à 3 millions Fcfa. Est-ce que les apprenants vont toujours payer ?

 

Pour revenir sur la question de l’école, il y a des écoles supérieures du pétrole et de l’énergie. Le plus important, c’est la vision du chef de l’Etat. C’est faire en sorte que, quelles que soient vos origines, vos compétences, vous puissiez avoir accès à ces écoles. L’argent ne doit pas être un problème encore moins un en frein. Nous aurons pu le dire que nous offrons des bourses d’études aux étudiants pour aller se former à l’étranger. On aurait pu le faire. Mais nous avons décidé que ces investissements soient faits ici pour permettre au grand nombre d’étudiants et à nos jeunes de bénéficier d’une formation de qualité. Nous voulons qu’il y ait des émulations d’excellence pour que la promotion d’excellence soit une réalité. Nous allons communiquer lorsque ces écoles seront prêtes. Les jeunes seront formés et les meilleurs seront mis au service de la Nation.

 Bamba Mafoumgbé,

 

 

 

Légende photo : Abdourahmane Cissé, ministre pétrole, de l’énergie et des énergies renouvelables : « Il n’y a pas d’entreprise en Côte d’Ivoire qui fabrique des lubrifiants » ( In Lginfos)