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vendredi 10 juillet 2020
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Covid -19/Professeur Benié Bi Vroh Joseph (Directeur Inhp )// « Il ne faut pas banaliser la maladie, le virus continue de circuler »

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Covid -19/Professeur Benié Bi Vroh Joseph (Directeur Inhp )//    «  Il ne faut pas banaliser la maladie, le virus   continue  de circuler »

 

 Professeur   doit-on dire que vous êtes le président du Comité de crise Covid-19 ou le Directeur   de l’Inhp tout cours ?
Je  ne suis pas le président du Comité   de crise de lutte contre la Covid-19. Mais  le Directeur  de l’Institut national d’hygiène publique de Côte d’Ivoire.   L’Inhp a dans  ces missions, la surveillance  des maladies à potentiel endémique. Il est également coordonnateur du  Règlement  sanitaire international, (Rsi).  Par ailleurs, il est le point focal   de la Sécurité  sanitaire mondiale. A ce  titre,  et conformément au décret présidentiel d’Avril 2019,  qui dit que  nous avons à travers le  Centre des opérations d’urgence, la gestion des urgences endémiques et de façon générale et  des épidémies  de façon particulière, l’Inhp est en charge de cette épidémie.  Par ailleurs, il existe un autre arrêté  qui donne aussi  des responsabilités à l’Inhp pour le dépistage et le confinement(…).
 Combien de sites  dépistages  disposent à ce  jour la Côte d’Ivoire ?
 Nous avons 11 sites fonctionnels, le mercredi 03 juin 2020 nous avons  ouvert  le deux derniers sites  qui portent à  11 et il est prévu de porter à 13. Il nous reste juste deux sites : Ceux  de Grand Bassam et Anyama.  Ainsi, nous aurons bouclé pour le Grand Abidjan. 
 Qu’est- ce qu’on fait concrètement sur ces sites ?
 Quand on y vient, on y  reçoit des informations, des conseils et   un dépistage.  Dans  le cadre de cette maladie, le plus important, c’est lorsqu’on fait les signes qu’on est  plus à même de transmettre la maladie. C’est ce que l’on appelle être symptomatique. Quand on présente les signes, c’est en ce moment- là  que la charge    de  virus  est plus  au niveau du nez.  Parce que le virus, il  s’accumule au niveau  du nez et de la bouche. Mais plus au niveau  du nez.   Quand on  fait la fièvre, on  atteint  le  niveau plus élevé  en termes    de présence de virus dans le nez. C’est  en ce moment qu’on est le plus contaminant.  Le choix  qui a été fait par la Côte d’Ivoire,  c’est  de  faire un dépistage ciblé.  C’est-à-dire  de pouvoir identifier les personnes qui   sont  le plus  à  risques de transmettre la maladie que nous mettons en priorité.   Ce n’est pas un dépistage massif. Quand vous arrivez  dans  ces centres de dépistage, on vous  reçoit, on vous accueille, on vous donne un masque, on vous donne le gel et on vous installe. Vous    la  salle  d’attente et vous prodigue  des conseils et   des informations sur la maladie(…).  Quand vous sortez de cette salle, vous allez à   l’enregistrement. Ici  ce sont  des infirmiers ou infirmières qui vont prendre vos caractéristiques(Le nom, prénoms, l’âge, le sexe…) Après  quoi, vous allez voir un médecin.  Il faut préciser que  dans tous  ces centres, il y a  des médecins qui vont vous interroger.  Sur l’histoire  de  votre maladie. (Depuis quand ça commencé ? Quels sont les signes ?). C’est à l’issue de cet entretien va  dire que « je pense qu’avec les signes  et le contexte que vous nous situés, c’est mieux qu’on vous  fasse un dépistage (prélèvement).Mais si vous ne remplissez pas  ces conditions, le médecin va   dire, c’est quand vous présenter les  signes, ils    ne sont pas apparentés à la Covid-19.  Nous allons vous soulager par rapport au mal que vous avez. C’est d’ailleurs la raison  pour laquelle, sur  chacun  de ces sites, nous avons une pharmacie. Par  la suite, on l’encourage  à observer les  mesures  de protection. Celui  qui a été dépisté, lui, il va  attendre son résultat. S’il est déclaré positif, automatiquement, il sera pris en charge dans un service. Si  vous  avez été en contact avec une personne qui a été déclaré positif, on peut vous prélever aussi. Parce que vous êtes aussi à risque. Si  vous présenter les signes d’une maladie chronique : Diabète, hypertension artériel ou une maladie cardio-vasculaire, vous êtes aussi à risque.   On  vous prélève aussi.  C’est ça l’intérêt de  présence du médecin qui se trouve sur le site à même de  pouvoir faire  interrogatoire  de  ceux  qui  y entrent.  
 A ce jour  quel est le taux  de fréquentation au niveau des  11  centres ?
Le  taux  de fréquentation est variable. Notamment au niveau des derniers sites   que nous  venons  d’ouvrir. Sur  les deux  derniers sites,  ce  n’est pas encore la grande affluence.  Ça  se comprend. Mais pour les premiers, au départ, on  n’avait dit  que nous nous allions sur la base de cent tests par jour et  par  centre. Nous avons eu la période  du mi- mai où il y avait beaucoup de personnes qui sortaient d’Abidjan.  On est allé à 200  voire  300 prélèvements par jour centre. Mais aujourd’hui, la tendance est revenue à un taux  un peu plus raisonnable.    Nous n’avons  pas encore atteint le rythme de croisière pour  certains centres.
Les  ivoiriens ont  des difficultés à lire  et comprendre le point fait chaque jour par le ministère de la Santé.  Le point  en question   porte-t-il sur les prélèvements  au jour J ?On  a   dit  qu’on attendait les résultats  dans les 24 à 48 heures.   Donc on peut  se retrouver avec    des prélèvements de la veille.  Ce  ne  sont pas  des tests rapides  que nous  faisons.  Le test rapidement, faut –il préciser,   porte  sur un prélèvement qu’on  fait   dans le sang. Dans les 15 à 20 minutes qui suivent, on  a   le résultat.   Ce  test rapide peut nous faire passer à côté du diagnostic.  Ce  n’est pas ce  genre  de test que nous faisons en Côte d’Ivoire. Le test rapide nous dit juste qu’on   a rencontré le virus à un moment donné et qu’on a  développé des anticorps qui nous permettent de nous protéger. Mais   ne nous dit  pas  que le virus  est dans notre nez.   C’est la Pcr qui est pratiquée en Côte  d’Ivoire, qui nous permet  de dire ça.  C’est  lui qui donne la réalité de la présence du virus dans notre nez.  Evidemment,  c’est tout un processus  qui peut prendre du temps. On ne pourra  le  faire en deux heures. C’est   quand on  recueilli tous les prélèvements de la veille  qu’on peut avoir le résultat.   Il faut  dire    que   les  derniers résultats que nous avons, depuis un certain temps, ce ne sont plus les six jours.  Rappelons  qu’à un moment donné, il y avait  eu des voyageurs qui sont arrivés  et des gens qui sont sortis.   Nous avons eu alors eu alors beaucoup de tests. Cela a pris beaucoup de temps. Maintenant, nous avons d’autres laboratoires qui  sont dans le processus et  qui vont faire des analyses aussi.  Nous n’aurons plus les six jours, nous  sommes  autour de 24 à 48 heures.
 Professeur, tous les cas  détectés à l’intérieur du pays, ce sont  des personnes qui ont  séjourné juste avant.  Est-ce à dire  qu’Abidjan est toujours  l’épicentre de la pandémie ?
 C’est  connu depuis  le début   de la crise sanitaire.  Nous avons  toujours   a  dit   que l’Epicentre, c’est Abidjan.  C’est le point  chaud.   On dit toujours, le virus circule plus  toujours à Cocody, Marcory et Treichville.  Le virus peut aussi se propager  dans les autres quartiers  si on ne respecte  pas les mesures de prévention qui  ont  été  édictées.  S’agissant   des cas  détectés à l’intérieur, on ne dit que  se sont  seulement des enseignants.  C’est vrai  qu’on a  dépisté les enseignants  qui   sont retournés à leurs postes. Ils  n’ont pas attendu leurs résultats et puis ils sont partis. C’est  pourquoi, on  les a fait retourner sur  Abidjan,  en vue  d’une prise en charge.  Le principe, c’est de détecter, d’isoler et surtout   de prendre en charge. Mais aussi et surtout  de suivre aussi les contacts.  Donc si on les extrait de leur milieu, ça va nous servir à rompre la chaine  de  transmission.   Pour revenir  au dépistage dont vous parlez au  tout  début. On ne pouvait pas   dépister tous les enseignants, dans la mesures  ou   si  vous êtes   négatif aujourd’hui, rien  ne dit  que  vous ne pouvez  être positifs demain.  Puisque vous pouvez être dans la phase de latence et puis présenter les signes quelques jours après. (…).  
 Qu’est-ce  qui est prévu pour l’intérieur dans dispositif ?
 
Nous  avons  constaté qu’il n’y  a beaucoup de cas à l’intérieur. C’est une bonne chose, dieu merci.  Mais  il faut renforcer les capacités des Districts.  De telle sorte qu’ils puissent prendre le relais  localement au niveau de l’intérieur.     Nous avons  6 à 7 laboratoires  à ce niveau-là.  Il  y aura un laboratoire à Man, Korhogo, Abengourou, Daloa et San Pedro. Nous avons également  Bouaké  et Odienné. Dans  ces villes, les prélèvements seront analysés sur place. Pas  question de venir à Abidjan. Nous aurons les résultats  et nous prendrons les dispositions nécessaires. Nous  sommes en train de  décentraliser les laboratoires.
Selon l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire,  notre pays a commandé deux  cent mille tests. Si la pandémie  devrait  s’inscrire dans la durée, est – ce que cette quantité pourrait suffire ?
 Si nous avons les 200 mille tests,  nous pouvons être à l’aise et on pourra encore faire  d’autres commandes si cela  s’impose. Cette épidémie comme vous l’avez  dit, il faudra faire avec  et il faut que nous puissions nous adapter.  Les défis majeurs,  c’est de    s’habituer aux  mesures barrières.  Lors de la crise à Ebola, quand on disait qu’il faut  se laver régulièrement les mains, ça choquait mais aujourd’hui,  cela commence à rentrer  dans les mœurs. Le port des  masques culturellement, ce n’est  pas dans nos habitudes.   Tout   changement  de comportement est difficile. Progressivement nous allons y arriver.
 Votre commentaire sur le déverrouillage du  ciel au quel l’on assiste  depuis  plus  d’une semaine, en vue  de la reprise du transport aérien ?
 Dans tous les cas, à un moment donné, on   n’a pas le choix. Il y a   des mesures d’accompagnement à prendre.  Le  déverrouillage  du ciel  dans  la cadre  du  transport aérien  va   s’accompagner de certaines mesures. Les avions seront constamment désinfectés, ils ne pourront pas faire le plein comme  d’habitude.   Ça  créer un manque à gagner. Il faut qu’on se déplace,  faire  des échanges sinon les économies au plan mondial  vont mourir.  Nous constatons  qu’en ce qui concerne la Côte d’Ivoire, le nombre  de  cas  augmentent, c’est vrai. Cela  prouve que  nous  dépistons beaucoup.  Nous prenons en priorité  les personnes qui présentent les signes. Ça peut se comprendre que plus on prend  ces personnes- là, plus le chiffre sera élevé. Il ne faut pas avoir peur  des chiffres.  En même temps, il est bon de  rappeler aux populations que le virus circule et qu’il est parmi nous.  Il ne faut  pas banaliser  cette maladie.  Si les chiffres augmente, c’est parce que nous avons relâché dans l’observance des mesures.    
   Bamba Mafoumgbé In Le Temps du   09 juin 2020
 Légende photo : Professeur Bénié Bi Vroh Joseph, Directeur  de l’Inhp : «  S’habituer aux mesures barrières, sont   des défis majeurs »