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vendredi 28 février 2020
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Crise dans la filière hévéa dans le sud- ouest ivoirien: La Sogb s’ouvre aux planteurs de sa zone de production

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Une vue de la longue file de camion à l’entrée de l’Usine de la Sogb Une vue de la longue file de camion à l’entrée de l’Usine de la Sogb

Sur une production de plus de 600 mille tonnes de caoutchouc par an, 80% de ce tonnage sont transformés au plan local pendant que les 20% sont exportés sous forme de fond de tasse vers la Malaisie. C’est justement les activités d’exportation vers ce pays cité qui coince depuis la fin du mois de juin 2018. Le motif selon les armateurs, « le fond de tasse endommage leur navire ». Conséquence, les planteurs villageois sont obligés de se tourner vers les unités de conditionnement pour livrer leur production. Visiblement débordés des usiniers ont décidé simplement d’arrêter ou de refouler des convois de camions chargés de fond de tasse. Dans la région de San Pedro, les planteurs qui ne savent pas à quel saint se vouer grognent. Selon une source basée à Grand Bérébi, « des planteurs villageois ont tenté il y a quelques jours de bloquer l’accès de la seule usine de la Société de Grand Bérébi( Sogbi) . Ce pour se faire entendre ». Au nombre des manifestants citons M. Bary et Tako Kapet qui ne comprennent pas ce qui se passent pour que la Sogb refuse leurs productions pendant qu’elle accepte pour « leurs coopératives partenaires » « ça ne va pas, il faut que l’Etat nous aide parce que nous souffrons » ont t-ils dit en substance. Face à la grogne des planteurs, M. Dienst Jean-Christophes, le Dg de la Sogb estime que « si des planteurs viennent planteurs de villes comme Aboisso et d’Adzopé, c’est parce qu’ils savent que la structure qu’il dirige continue d’acheter jusqu’ à plus de 300tonnes par jour et elle entend privilégier le caoutchouc produit dans sa zone de compétence et surtout le caoutchouc des planteurs partenaires de la Sogb » Ce qui ne fait certes pas des heureux mais il faut faire avec(…) « Nous voyons que l’usine tourne à plein régime et c’est notre contribution à l’effort que nous pouvons tous faire pour absorber cet excédent de caoutchouc qui est produit par les planteurs villageois que nous avons encouragé à un moment donné à planter. Nous sommes très attentifs et nous estimons que nous avons une obligation morale vis avis de ces planteurs que nous avons encouragé à planter d’ailleurs et d’acheter toute leur production et de leur procurer un débouché pour leur production » a ajouté M. Dienst Jean Christophe. Terminant, il a ajouté que : « Très sincèrement, les compagnies maritimes vont pouvoir rédiger un cahier des charges auxquelles nous pourrons nous soumettre de façon à ce que l’exportation de fond de tasse puisse jouer de façon temporaire, son rôle de soupape à cette surproduction nationale. Et ainsi résoudre cette crise qui n’ a que trop duré » conclu M. Directeur général de la Sogb. Depuis plusieurs mois, la chaine de distribution du caoutchouc naturel ivoirien est à l’arrêt. Conséquences, 20.000 tonnes sont actuellement stockées dans les ports d’Abidjan et de San-Pedro. Le premier producteur africain de caoutchouc naturel, la Côte d’Ivoire, a vu sa production grimper de 26% en 2017 pour s’établir à 581 000 tonnes. La croissance devrait se poursuivre en 2018 avec 650 000 tonnes, l’objectif étant d’atteindre 700 000 tonnes en 2019 avec une superficie de 300 000 hectares.

Bamba Mafoumgbé,