Café 750 FCFA/kg - Cacao 700 FCFA/kg - Noix de cajou : 3770 FCFA/kg - Hévéa : 272,58 FCFA/Kg

lundi 23 septembre 2019
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Cacao : Ram Etwareea( Journaliste,analyste économique et financier)// « Les deux pays subiront des pressions(…) »

mardi, 18 juin 2019 08:32 Written by

Juste après l’annonce de cette décision dite ‘ historique’ entre les deux pays, (Côte d’Ivoire et Ghana), nous avons interrogé des experts africains et suisse sur la viabilité et la mise œuvre d’une telle mesure devant laquelle les industriels chocolatiers ne resteront pas inactifs. Le confrère Ram Etewareea Journaliste, analyste (Economie et Finance) au quotidien suisse, Le Temps dit sans ambages : « Avec une telle décision, les deux pays risquent de se faire emmerder politiquement par les Etats où se trouvent les grands acheteurs (Suisse, Etats-Unis, France, Allemagne, Italie). Ce sont les capitales qui vont chanter la litanie de laisser les marchés faire. Les deux pays subiront des pressions monstres afin qu'ils reviennent sur leur décision. Ces Etats ne vont pas hésiter à faire du chantage en menaçant de couper dans l'aide publique » Avant d’ajouter qu’il n'est pas impossible que leurs exportations d'autres produits subissent des tracasseries à la douane en Europe et aux Etats-Unis.

Face à ces pressions, il sera difficile de tenir.

Aussi, notre confrère n’hésite pas d’ajouter que « les acheteurs vont aussi croiser le fer. Ils feront quelques gestes d'apaisement (mais gare aux promesses) mais sur le fond, ils vont tester les deux Etats dont les caisses ne sont pas solides. Ils devront payer les agriculteurs et ensuite, s'organiser pour stocker ce qu'ils ne mettent pas sur le marché. Cela demande des infrastructures et de l'expertise. Ce n'est pas dit que les deux pays en possèdent. Les acheteurs, eux, ont les reins solides » En claire, grâce à leurs énormes stocks, ils peuvent assurer sans acheter des fèves pendant une période relativement longue. « Les Etats et les acheteurs font presser l'un des deux pays en plus, celui qui est le maillon faible. Diviser pour régner, c'est une vieille arme. Prends l'exemple des producteurs de pétrole » dit-il. Prenant exemple sur la division au sein de l’Organisation des pays producteurs et exportateurs de pétrole(Opep) il ajoute : « L’Opep produit une masse critique pour peser sur les prix, mais la division en son sein ou encore l'un ou l'autre pays, le maillon faible ne joue pas le jeu jusqu'au bout. N'oublie pas que ce n'est pas la première fois que les producteurs de cacao tentent un forcing. Je me réjouis de voir jusqu'où le Ghana et la Côte d'Ivoire vont tenir » Pour un autre analyste et expert des Matières premières basé au Ghana et que nous avons pu joindre par téléphone, estime que la décision est certes historique et que les deux pays ont bien joué que la disponibilité de cacao sur le marché mondial. « Le marché est bien approvisionné actuellement. Donc les importateurs ne paniquent pas. Ils vont s'approvisionner en flux tendus pour ne pas avoir à porter les stocks qui coûtent chers. Les deux pays font 60 % de l'offre. Mais il y a possibilité de se voir offrir du cacao des 40 % du reste des producteurs. Bref ça va marcher une campagne mais pas deux. Trop de difficultés de trésoreries dans les deux pays. La côté 'ivoire est en train de négocier une rallonge budgétaire pour boucler son budget 2019. Les ministères vont réduire leur budget de 25% à cause des contreperformances de la douane et des impôts... Donc le système sera difficilement tenable à ce niveau de prix planché encore trop élevé(…) » Devraient-il associer d’autres pays producteurs africains et américains à leur stratégie ?A cette question, notre personne ressource affirme : « S'ils avaient associé ou le Cameroun ou le Nigeria ou les deux pays Cameroun et le Nigeria voire l’ Equateur , retenu le prix de référence bord champ Côte d'Ivoire ajusté de 5à 10% c'était tenable sur deux ans » Quid des aspects politiques d’une telle décision. Il dit voir les américains et les britanniques, un peu les allemands parler de laisser les forces du marché agir. Sur le fond technique, le marché qui a bien rebondit à l'annonce de la stratégie, va s’ajuster à la baisse dans moins de trois mois. Les importateurs ont assez de cacao.il ne sert à rien pour eux de se précipiter pour acheter à terme(…) Ils laisseront les producteurs porter les stocks(…) Ça coûte cher. En termes de loyer magasin, tiers détention, Agios bancaires, traitement phytosanitaire combien de temps on pourra tenir après octobre dès que la campagne sera ouverte. Le Conseil du Café- cacao n'a plus d'argent. Le Ghana croule sous une dette qui fait 70% de son Produit intérieur brut( Pib) après avoir bénéficié d'un Ppte en 2004. Plus de 1, 3 million de fcfa la tonne, c’est certes bon, c’est prenable pour le Ghana et non pour la Côte d’Ivoire. C’est limite pour la Côte d’ivoire surtout dont la parafiscalité sur chaque kilogramme de cacao est plus lourde qu’au Ghana. L’or brun représente 10 % du produit intérieur brut (Pib) de la Côte d’Ivoire, à peine moins pour le Ghana. A noter qu’en Côte d’Ivoire, le taux de transformation du cacao est de la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao transforme environ 30% de sa production. L’accroissement de son volume de transformation à 50% devrait générer près de 100 000 emplois directs. En ce qui concerne le café, à ce jour, le taux de transformation oscille entre 20 et 25 % de la production Le produit de cette transformation est exporté en café en poudre. . Mettons l’accent sur la transformation locale pour dépendre moins des yoyos du marché mondial. Pour l’instant, il ne faudrait pas être rabat-joie. Attendons de voir.

B. Mafoumgbé( In Lginfos du 17 juin 19)

Légende photo : Pendant combien de temps, les pays producteurs africains devraient continuer d’être des exportateurs de fèves de cacao.( Voir photo de cacao au port d’Abidjan

Encadré

En pleine crise du cacao, les chocolatiers ont récolté plus 1750 milliards de Fcfa

 

 


Depuis des décennies, le cacao fait l’objet de débats, de politiques, d’accords internationaux, de contrats physiques ou financiers. Les Aztèques et les Mayas avaient vu juste en utilisant, dès les années 1960, la fève comme pièce de monnaie. Une pièce de référence. Aujourd’hui encore, le cacao figure comme l’une des grandes matières premières mondiales, cotées en bourses à l’instar de produits stratégiques comme l’or, le pétrole, le dollar ou encore les Bons du Trésor américain. Une fève dont le prix évolue, certes, selon ses propres fondamentaux de marché en fonction de l’offre et de la demande, mais aussi au gré des humeurs, rumeurs et intuitions des investisseurs, spéculatifs ou non. Un prix du cacao d’autant plus volatil qu’il est coté sur les marchés financiers de Londres et de New York, permettant aux intervenants sur les marchés de jongler entre les deux, d’arbitrer, en fonction des seuls taux de change…. Sans oublier l’impact des seuils de déclenchement, la baisse suscitant, automatiquement, la baisse. A l’heure de la durabilité, de la préoccupation croissante du consommateur, des Ong, des groupes de lobbying à l’égard de l’impact des cultures sur l’environnement, sur le travail des enfants, sur l’utilisation d’intrants chimiques, sur le respect sociétal, à l’heure aussi où en Europe, on s’inquiète des migrations, de ces jeunes qui rêvent d’un monde autre, de vivre bien, de gagner de l’argent, de vivre en ville plutôt que transpirer dans les champs, on commence à entendre peut-être pas encore à écouter, ceux qui veulent replacer le cacaoculteur au centre de la problématique de la filière, de la fève à la barre de chocolat. Vous avez dit Chocolat ! Les analystes et experts sont d’accord pour dire que les abymes dans lesquels la chute des prix en 2016-2017 a plongé les pays producteurs ont conduit ces derniers, une fois de plus, à réfléchir à autre chose, d’autres mécanismes, d’autres logiques de marché, d’autres alliances. Ce, d’autant plus, que, comme l’a rappelé l’ex- directeur exécutif de l’Organisation internationale du Cacao,( Icco) l’ivoirien Jean-Marc Anga, il y a de cela quelques années, « la grave zone de turbulences n’a pas été vécue de la même façon par les différents acteurs de la filière. Ainsi, entre 2015 et 2017, le prix moyen de la barre de chocolat est passé de 14,22 dollars,( soit plus de 7110 Fcfa) à 14,75 dollars( 7375 Fcfa)tandis que le prix du kilo de fèves de cacao payé au producteur a chuté en moyenne de 3,20 dollars ( soit plus 1600Fcfa à 2,01 dollars, ( soit 1005Fcfa) Cet écart a permis à l’industrie des produits du cacao et du chocolat d’engranger 3,5 milliards, soit 1750 milliards de Fcfa »

 

B. Mafoumgbé( In Lginfos du 17 juin 19)

 

 


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Cacao : Après la décision commune Côte d’Ivoire- Ghana// Ce que préparent les multinationales….

mardi, 18 juin 2019 08:23 Written by

L’annonce de la décision commune sur la commercialisation du cacao sur le marché mondial, par la Côte d’Ivoire et le Ghana, est diversement appréciée au bien au niveau des pays producteurs que des analystes et observateurs du marché. Dossier sur les probables conséquences d’une décision historique.

 

La boucle est bouclée et un pas de géant vient d'être fait dans le monde du cacao. La Côte d'Ivoire et le Ghana, soit plus de 60% de l'approvisionnement mondial en fèves, ont fixé d'un commun accord un nouveau prix minimum d'achat du cacao pour la prochaine campagne principale 2019/20 qui démarre début octobre 2019 dans les deux pays. Une décision qualifiée d' "historique" par le patron du Cocobod ghanéen, Joseph Boahen Aidoo. Côté ivoirien, M. Yves Koné Brahima, Directeur général du Conseil Café-cacao ne cache pas aussi sa joie. Il s’agit d’« obtenir des industriels et des autres partenaires de la filière un prix qui puisse rémunérer le travail de l’homme décemment », a commenté M. Koné Brahima devant une télévision locale en marge de la rencontre ( Selon l’Afp).     Le prix minimum est élevé, de l'ordre de 2 600 dollars soit plus de 1,3 million de Fcfa la tonne, identique pour les deux pays. Il est plus de 1 000 dollars soit plus de 500 mille Fcfa au-dessus des actuels prix bord champ et au-dessus des cotations sur les marchés à terme de Londres et de New York. Une rémunération décente pour le travail des cacaoculteurs. Rappelons que le prix garanti minimum actuel bord champ pratiqué en Côte d'Ivoire pour la campagne 2018/19 est de Fcfa 750 le kilogramme soit 1 290 de dollars soit de 640 mille Fcfa la tonne, et au Ghana de 7600 cedis soit 1 410 dollars soit plus de 705000 Fcfa la tonne. Quant aux marchés à terme, Londres a clôturé le soir   du jeudi   13 juin 2019 très fortement en hausse en réaction aux réunions d'Accra, respectivement à   2 366 dollars soit 1 , 183 million de Fcfa et 2 541 dollars soit plus de 1 ,270 million de Fcfa la tonne sur l'échéance septembre2019. Aussi, « les deux   pays ont aussi déclaré suspendre jusqu'à nouvel ordre la vente de fèves de cacao sur la campagne 2020/21 et, apparemment, jusqu'à ce que le prix planché entre en vigueur » ont annoncé les deux pays. Un prix minimum dont le principe a été accepté dans la foulée le mercredi juin 2019 à Accra, par les acteurs du marché, que ce soit les traders, les transformateurs et les industriels de la filière. Ils ont, toutefois, demandé la tenue d'une réunion le 3 juillet 2019 à Abidjan pour déterminer comment mettre en œuvre concrètement la mesure. Que pourrait cacher cette facilité palpable avec laquelle ce prix minimum a été accepté par ces acteurs du marché ?   Si le principe du prix plancher est un acquis, sa mise en place   pourrait mettre un an, plus ou moins. Rappelons que le marché mondial du cacao est actuellement plutôt bien approvisionné, avec un excédent estimé par l'Organisation internationale du cacao (Icco ) de 36 000 tonnes sur 2018/2019. Mais que disent les experts sur la rentabilité d’une telle décision dite ‘ historique’ aussi bien en Côte d’Ivoire qu’au Ghana ? ( Voir encadré 1) Pour la première fois depuis 2012, la Côte d'Ivoire vend en direct son cacao a arrêté de vendre son cacao aux enchères quotidiennes pour opter pour des contrats directs, de gré à gré, avec les grands acheteurs internationaux, se rapprochant du mécanisme de vente ghanéen. Puis, le mercredi dernier 5 juin 2019, le Conseil du café cacao ivoirien a cessé ses ventes anticipées de cacao sur 2019/20. Sur les 100 milliards de dollars soit plus de 50 mille milliards de Fcfa de la filière chocolat 6 milliards de dollars soit plus de 3 mille milliards de Fcfa seulement reviennent aux producteurs, (Encadré 2). Rappelons aussi que la Côte et le Ghana connaitront en 2020 une année électorale. Cette préoccupation de prendre davantage les rênes du marché mondial du cacao s'était exprimé lors de la conférence internationale du cacao à Berlin. L’échéance électorale 2020 en Côte d’Ivoire est une équation à plusieurs inconnues dont l’organisation nécessite un budget alimenté par une bonne trésorerie, donc de l’argent frais. Rappelons que pour les élections 2015, là où le Gouvernement ivoirien prévoyait 30 milliards de Fcfa dont   plus de 20 milliards devraient aller   à l’opérateur technique, la française Morpho selon la « La Lettre du Continent ». De son côté, la Commission électorale Indépendante( Cei) avait présenté un budget de 60 milliards de Fcfa et elle avait du mal boucler son budget, à   4 mois du premier tour de la présidentielle de 2015. Comme on le voit, le Régime d’Abidjan doit   prendre les précautions pour avoir une bonne trésorerie afin de faire face à certaines échéances incompressives. Pour revenir à l’actualité cacaoyère, ministre de l'Agriculture d'Equateur, Ruben Flores Agreda, avait estimé il y a plus d’un an , lors d’une rencontre internationale sur le cacao à Berlin qu’il ne s’agit pas d’un problème   de prix « mais de   structure des prix ».Quand Luc Magloire Mbarga Antagana, ministre du Commerce du Cameroun a ajouté que « la structure de prix devra être modifiée pour atteindre une rémunération équitable du producteur ». Une rémunération qui est   le fondement même de la lancinante question d'une économie durable du cacao.   En toute logique, la prochaine étape pour la Côte d'Ivoire et le Ghana serait de prendre leur part de la Taxe à la valeur ajoutée( Tva) perçue sur les prix des produits finis vendus aux consommateurs, comme cela avait été évoqué, là aussi, à Berlin. Les pays producteurs mettraient alors un pied dans le marché de la consommation, en attendant qu'ils envisagent, le cas échéant, de prendre une part au capital des   grandes multinationales chocolatières....

 

Bamba Mafoumgbé, Koné Yves Brahima, Dg du Conseil café-cacao.( Lginfos du 17 juin 19)

 

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Maitrise d’eau/Précipitations abondantes sur la Côte d’Ivoire // Ces ressources abondantes mais très peu exploitées

mercredi, 12 juin 2019 22:43 Written by

La   Côte  d’Ivoire est un  pays  constamment arrosé par une précipitation régulière et abondante qui  fait parfois  des dégâts matériels et humains.  Mais qu’est-ce  qui est fait en matière de  maitrise de l’eau en Côte  d’Ivoire qui pourrait l’aider à doper davantage son agriculture ? Dossier… La  côte ouest africaine qui  couvrent plusieurs  pays  dont  la Côte d’Ivoire, est  constamment  arrosée   par  des pluies  très  souvent abondante. Rien   que pour la saison  en cours, experts internationaux et particulièrement ceux  de la Société de développement et  d’exploitation aéronautique et météorologique(  Sodexam),prévoient de fortes  pluies sur la Côte d’Ivoire en 2019. Les perspectives climatiques de la première saison des pluies allant de mars à juin 2019  indiquent des excédents pluviométriques de 1 à 5% par rapport à l’année 2018 dans le sud de la Côte d’Ivoire. Dans un   document qui résume les perspectives climatiques pour la saison des pluies allant de mars à juillet 2019 en Côte d’Ivoire, l’on note une hausse de la pluviométrie dans plusieurs régions du pays par rapport à l’an dernier. « Au sud intérieur de la Côte d’Ivoire, pour les périodes de mars-avril-mai 2019, il est très probable que les cumuls pluviométriques soient supérieurs à ceux des moyennes saisonnières de 1981-2010, tandis que ceux de Avril-mai-juin 2019 pourraient être proches des cumuls de la normale saisonnière. Le cumul pluviométrique moyen serait compris entre 300 et 500 millimètres pour la période mars-avril-mai 2019, soit une hausse de 5% par rapport à l’année 2018», indique la note ajoutant qu’au cours de la période Avril-mai-juin 2019, il est attendu des cumuls pluviométriques entre 400 et 600 millimètres, soit une hausse de 28% par rapport à l’année 2018. Des hausses de pluies par rapport à l’année dernière sont également annoncées au centre (hausse de 2% pour la période de mars-avril-mai 2019 et une  hausse de 10% pour la période avril-mai-juin 2019), et sur le littoral ivoirien  une hausse de 1% pour la période de mars-avril-mai 2019 et une hausse de 4% pour la période avril-mai-juin 2019.  La même source indique que seul dans le Nord ivoirien, une baisse de la pluviométrie est annoncée pour la période de mars-avril-mai 2019.  Face à cette augmentation en vue de la quantité des pluies dans le pays pour cette saison des pluies 2019, plusieurs recommandations ont été formulées par la Sodexam en vue de réduire les risques d’inondations et de maladies. Ainsi, il est recommandé entre autres, la sensibilisation des populations des zones exposées, la création des réservoirs de collectes et de conservation d’eau de ruissellement, la mise en place des stocks de moustiquaires, d’antipaludéens, de chlore et d’autres produits de traitement de l’eau et la diffusion des informations d’alerte et de sensibilisation sur les maladies climato-sensibles en collaboration avec les services de la météorologie et de la santé. « Les prévisions saisonnières  indiquées sont des profils attendus. Des mises à jour mensuelles seront effectuées en fonction de l’évolution des paramètres climatiques », souligne la note. La Côte d’Ivoire  n’est donc pas sortie de grande saison pluvieuse.  L’on se rappelle  que sur la   période allant de juin à juillet  2017,  cette structure  experte en la matière avait   prévu sur  21 à 26 jours, un niveau de précipitation oscillant entre 335 mm à 378 mm sur le grand Abidjan.  Pendant qu’à l’intérieur du pays,  notamment  à Bouaké, le climat  a  été  humide avec 121 mm de pluie sur 22 jours. La météo s'est arrangée  par rapport au mois précédent puisqu'en mai de cette année- là,  on a  enregistré  en moyenne 221 mm de pluie sur 27 jours. Par ailleurs, le  climat au mois de  juin à Korhogo  a été  humide avec 99 mm de précipitations sur 14 jours.  Il  a été noté  une aggravation par rapport au mois précédent puisqu'en mai, l’on enregistre en moyenne 88 mm de pluie sur 12 jours.  De fortes précipitations qui causent souvent fois, des morts et  des inondations de quartiers, de destructions  avec des morts d’hommes Et pourtant ! ( voir encadré 1).  Les origines  de ces   pluies diluviennes   De l’avis   de M. Abdoulaye Gadiéré ,  spécialiste principal  en environnement et  gestion des ressources naturelles  à  la Banque mondiale –Abidjan, que  nous avons interrogé  dans la mouvance de la Cop 21,   ces pluies sont  dues   au  changement climatique ou le dérèglement climatique.  Qui n’est autre que « la variation des paramètres tels que la température, la pression, la pluviométrie etc. qui déterminent un état de l’atmosphère en un lieu donné pendant un temps déterminé. De ce fait, en climatologie l’observation des changements de ces différents paramètres doit être faite sur une période d’au moins 30 ans avant de statuer véritablement sur le changement d’un climat » Aussi, notre expert ajoute qu’en  termes d’impacts « Aujourd’hui,  ce  dérèglement climatique  a évidemment des impacts négatifs non seulement sur les prévisions de récoltes mais également sur  les prévisions des gouvernements pour permettre aux populations de mieux  faire face à ces chocs climatiques.  En ce qui concerne  les prévisions de récoltes, vous avez la tendance au développement des phénomènes extrêmes tels que les sècheresses et les inondations qui rendent hypothétique aujourd’hui toute prévision. Pour des pays  sahéliens comme le Burkina Faso, le Mali et le Niger, vous avez des cultures agricoles qui  sont développés en tenant compte  de la  hauteur d’eau qui tombait habituellement »  Il  ne manque pas  d’ajouter : «  Pour l’extrême nord de ces  pays-là, vous avez autour de 3 à 4 voire 2  mois et demi  de pluie par an. Dans le domaine de l’agriculture, les variétés qui sont cultivées prennent donc en compte ce paramètre d’où l’adoption de variétés dites à cycle court. De nos jours avec ce dérèglement climatique, certains de ces variétés sont arrosées plus que d’habitude compromettant ainsi leur potentiel productif tandis que sous d’autres cieux, les hauteurs d’eau couramment enregistrées accusent des baisses sensibles avec des poches de sècheresse allant de plusieurs jours voire des semaines produisant sensiblement le même résultat que pour les zones qui se trouvent dans le premier cas » Visiblement,  tout  cela engendre effectivement des conséquences au niveau des prévisions.  L’agriculture ivoirienne, l’irrigation et la maitrise d’eau…Qu’est-ce qui est fait  en matière de maitrise d’eau,  au niveau  de certains pays à vocation essentiellement agro-industrielle comme la Côte d’Ivoire sur laquelle, il tombe  en moyenne, 1500 mm  de précipitation par an.  Que  fait-on avec    ces fortes  précipitations  qui se déversent sur le sol ivoirien ? Des dispositions sont prises pour mieux  maitriser l’eau afin   de redynamiser  les cultures irriguées  en Côte d’Ivoire ?  Un questionnement qui nous  a poussés à   consulter  des experts  ivoiriens dont  Yacouba Dembélé, Ingénieur et  agroéconomiste de son état.   La Côte d’Ivoire   qui  est constamment   arrosée  par  des précipitations abondantes et régulières a décidé de mettre le cap sur l’autosuffisance en riz mai en vain.  Face à cette préoccupation majeure, les  réponses  de M. Dembélé Yacouba,  par ailleurs,  directeur général de  l'Agence pour le développement de la filière Riz (Aderiz) qui  n’est autre   que l’ ex- Office national pour le développement de la riziculture( Ondr), sont on ne peut précises quand il dit : « Il  est bon d’indiquer qu’actuellement la Côte d’Ivoire avec   55 mille hectares   qui sont  aménagés  sur toute l’étendue du territoire national(…)  Pour être plus  précis,  il  s’agit là   des  barrages, les grandes retenues, les petites retenues et les prises au fil de l’eau, nous avons environ 55 mille ha sur un potentiel de plus de   200 mille hectares. Qui nous permettent de faire les deux cycles par an. Pour un pays comme la Côte d’Ivoire tout comme les autres pays à vocation rizicole, il est bon  de ne plus dépendre de la pluie , d’avoir des aménagements qui nous permettent de faire la maitrise de l’eau et de faire deux cycles par an »  Tout cela doit pouvoir aider   à faire monter la tendance entre riz irrigué et riz pluvial.  C’est dans ce cadre- là que la  Banque ouest africaine de développement( Boad)  et  un financement koweitien  nous ont  permis de construire un barrage dans la zone de M’Bahiakro.   Ce barrage à ballon gonflable permet quand on a besoin d’eau pour l’irrigation  de   gonfler le ballon et quand  on  n’en a pas besoin, on lâche l’eau et   elle  passe. Il est à préciser que ce barrage permet d’irriguer 450 Ha d’un tenant.  La première étude sur l’irrigation qui n’est autre que l’Etude du plan  directeur  de  l’irrigation( Epdi)  indique que la Côte d’Ivoire dispose de 200 mille ha de bas-fond qui peuvent être  aménagés en condition de maitrise totale de l’eau.  Ainsi on ne dépend plus de la pluie. Qu’il pleuve ou qu’il ne pleuve pas,  on  travaille  en toute tranquillité grâce aux retenues d’eau  et déviations,  on arrive à faire un cycle  durant la saison sèche. Pour un pays comme la Côte d’Ivoire tout comme les autres pays à vocation rizicole, il est bon  de ne plus dépendre de la pluie , d’avoir des aménagements qui nous permettent de faire la maitrise de l’eau et de faire deux cycles par an. 

Bamba Mafoumgbé,( Lginfos du 11 juin 2019) 

Légende photo :    Une vue  du   barrage hyrdo- rizicole de  M’bahiakro . Un modèle à implémenter. 

Agriculture et irrigation// La Côte d’Ivoire doit s’inspirer de l’expérience marocaine

mercredi, 12 juin 2019 11:19 Written by

 La production nationale de riz dépend à  plus de 70% de riziculture  pluviale contre  20% de riziculture irriguée  à condition de  maitrise de l’eau et à 10% de riziculture inondée. La  riziculture inondée se pratique en général en grande partie dans la région  d’Odienné et Touba d’une part, et  d’autre part,  dans une petite proportion  dans la zone de Séguéla et Boundiali. Dans ces régions- là, quand il pleut, les cours d’eau débordent et vont envahir de grandes étendues de terres.  Par la connaissance  du comportement de l’eau, il  y a des variétés de  riz dite inondée ( Deepwatterrice) qu’on sème juste avant l’arrivée de l’eau. Au moment où l’eau arrive, elles ont déjà poussée et elles  continuent de pousser  dans l’eau.  Quand l’eau se retire, elle laisse  du limon  sert  de sel minéraux à l’eau. Selon  l’agroéconomiste, Dembélé Yacouba  que nous avons rencontré il y a  quelques années, « les  étendues  d’eau qui apparaissent pendant la saison des pluies,  disparaissent   après la saison pluvieuse.  C’est un peu plus compliqué  de faire une retenue, il faut une certaine  quantité d’eau dans le cas contraire,  elle va  s’évaporer. Aussi, la réalisation d’une retenue  d’eau  coûte un peu cher.  Nous avons eu plusieurs cadres ivoiriens qui on fait ce genre de retenue d’eau. Quand nous sommes allés voir, nous leur avons dit que  l’eau allait s’évaporer. Ils y ont investi beaucoup d’argent mais  le lac c’est asséché par la suite. Parce que, pour que ça passe la période de la saison  sèche, il faut vraiment une certaine quantité d’eau. En plus  de l’évaporation, vous devez faire l’irrigation  des cultures, ça ne va pas tenir longtemps.  Il  y a au préalable des études très serrées à réaliser qui peuvent prendre un à deux ans.  Rien ne se fait au hasard et aussi, il faut connaitre le bassin versants qui ruissellent vers là,  la quantité d’eau qui arrive là » L’ambition de la Côte d’Ivoire, c’est de faire  le maximum de retenues d’eau  à travers  un programme chiffré en plusieurs  milliards de Fcfa. «Un barrage, ça coûte cher. Pour aménager rien qu’un hectare,   il faut au moins 17 millions de Fcfa et pour une prise  au fil de l’eau c’est  1,8 million de Fcfa.  C’est pourquoi, nous sommes  en train  de privilégier cette dernière option qui coûte moins chère »   nous avait-il indiqué.  Au niveau de la Côte d’Ivoire, la  moyenne de précipitation  est  de  1500mm par an. Un pays comme le Maroc ne reçoit  que 450mm de pluie  par an mais a plus d’eau conservée que la Côte d’Ivoire. Parce qu’il a plus  beaucoup de retenues d’eau  qui lui permettent  de  pratiquer  une agriculture irriguée très dynamique avec à la clé des produits de contre-saison à volonté  bien souvent exportés( Agrumes)  vers la Côte d’Ivoire.   Parlant justement de ce pays,  des informations glanées  sur  le site www.agriculture.gov.ma,  font état de ce   que l’agriculture irriguée s’est imposée comme composante de l’économie nationale et régionale en tant que levier de production de richesses et de création d’emplois. En effet, « l'agriculture irriguée au Maroc, bien qu'elle n’occupe que 15 % des superficies cultivées contribue à environ 45 % en moyenne de la valeur ajoutée agricole et intervient pour 75 % des exportations agricoles. Cette contribution est plus importante pendant les années de sècheresse où la production des zones Bour est sévèrement affectée. Durant la campagne 1994-1995, année sèche, cette contribution s’est par exemple située à 70% de cette valeur ajoutée. Le secteur irrigué contribue en moyenne à hauteur de 99% pour la production de sucre, 82% pour les cultures maraîchères, 100% pour les agrumes, 75% pour les fourrages et 75% pour le lait. En outre, ce secteur assure près de 120 millions de journées de travail par an, soit environ 1 million 65 mille emplois dont 250 mille permanents »  ajoute  la source.  Qui ne manque  de préciser   qu’ à  cela, il faut ajouter l'amélioration des revenus des agriculteurs qui, grâce à l'avènement de l'irrigation, ont été multipliés par 5 à 13 fois selon les périmètres, le désenclavement et l'accès aux autres services publics communaux comme l'eau potable, l'électrification, etc., ainsi que les retombées importantes à l'amont sur les secteurs des travaux publics, de l'industrie et des services, et à l'aval sur le secteur de l'agro-industrie. Cette vision marocaine doit inspirer la Côte d’Ivoire dont le succès  dit-on repose sur l’agriculture. 

Bamba Mafoumgbé  

Légende photo : Ici, un site irrigué au Maroc. Cela  doit inspirer la Côte d’Ivoire. (  In Lginfos  du 11 juin 19)
 

Pluviométrie//Inondations en Côte d’Ivoire Le bilan chiffré des dégâts depuis 2013

mercredi, 12 juin 2019 11:18 Written by

 Rappelons  qu’en 2013,  la Côte d’ivoire a enregistré  plus de 13 morts. En  2014, dans le District d’Abidjan,  une  petite mosquée dans laquelle dormait une trentaine de nigériens pauvres a disparu sous un torrent de boue,  faisant six morts dans des glissements de terrain. En  2017, les décomptes macabres indiquent officieusement,   toujours  sur   Abidjan, 23 tués  en  une  quinzaine de jours.  En  2017, les pluies diluviennes   ont occasionné  officiellement  20 morts, 43 blessés et plus d’une centaine de maisons détruites sur toute l’étendue du territoire national. Pendant qu’en 2018, de fortes pluies survenues dans la nuit  du  18 au 19 juin ont fait 20 morts dans tout le pays dont 18 décès à Abidjan, la capitale économique ivoirienne, 1 mort à Tiassalé    dans le sud de la Côte d’Ivoire et un autre à Guibéroua dans le centre-ouest ivoirien. «Il y a eu beaucoup de dégât   dont  des destructions  de ponts sur  des voix menant à San Pedro. Qui abrite le premier port  mondial d’exportation de cacao. En tout,   deux ponts  ont cédé et   une buse  s’est affaissée. Ainsi, les  trois principaux axes routiers qui mènent à San-Pedro n’ont  pas  été  fonctionnels. Il a été  donc  impossible donc de joindre cette importante ville économique, pendant  plus d’une semaine. En effet,   le  pont de Baba, situé sur la voie qui relie San Pedro à Grand-Béréby a offert le spectacle le plus désolant. Il s’est écroulé  sous le poids des eaux de pluie comme dynamité » nous a rapport  des correspondants  locaux  de presse.  Par ailleurs,   selon les résultats du Pdna (Post-Disaster Needs Assessment) 2018 de la Ville d’Abidjan, les pertes et dommages causés par  les  inondations de Juin 2018 à Abidjan sont estimés à près de 18 milliards Fcfa et la réparation des préjudices ressort  à environ 200 milliards Fcfa. Le bilan en vie humaine est d’au moins 18 tuées dans les inondations. Pour  M. Koutoua Claude Président de la  commission Qualité Hygiène Sécurité Environnement( E-qhse) de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire( Cgeci),   « A ces risques climatiques sont venus s’ajouter ceux liés aux incendies, dus au développement technologique et industriel. A telle enseigne qu'une lutte de simples bénévoles ne répondait plus au besoin et nécessitait la substitution de moyens organisés et efficaces » Toujours au  selon  le Patronat ivoirien, via  sa    Plateforme Humanitaire du Secteur privé de Côte d’Ivoire, en partenariat avec le programme  des nations unies pour le développement,( Pnud),  ont lors d’un  atelier a donné des  précisions sur l’ampleurs des dégâts les pluies diluviennes de 2018 qui étaient d’une violence inouïe ont non seulement provoqué des inondations dans beaucoup de localités de notre pays, mais ont aussi engendré des conséquences désastreuses tant sur le plan matériel que sur le plan humain.  Ainsi,  la plateforme humanitaire  avance   le  chiffre de  35 décès et  6 950 familles affectées et cinq milliards de francs Cfa de pertes.  

Bamba M.   ( In Lginfos du  11 juin 2019)

Pluviométrie//Inondations en Côte d’Ivoire Le bilan chiffré des dégâts depuis 2013

mercredi, 12 juin 2019 11:11 Written by

 Rappelons  qu’en 2013,  la Côte d’ivoire a enregistré  plus de 13 morts. En  2014, dans le District d’Abidjan,  une  petite mosquée dans laquelle dormait une trentaine de nigériens pauvres a disparu sous un torrent de boue,  faisant six morts dans des glissements de terrain. En  2017, les décomptes macabres indiquent officieusement,   toujours  sur   Abidjan, 23 tués  en  une  quinzaine de jours.  En  2017, les pluies diluviennes   ont occasionné  officiellement  20 morts, 43 blessés et plus d’une centaine de maisons détruites sur toute l’étendue du territoire national. Pendant qu’en 2018, de fortes pluies survenues dans la nuit  du  18 au 19 juin ont fait 20 morts dans tout le pays dont 18 décès à Abidjan, la capitale économique ivoirienne, 1 mort à Tiassalé    dans le sud de la Côte d’Ivoire et un autre à Guibéroua dans le centre-ouest ivoirien. «Il y a eu beaucoup de dégât   dont  des destructions  de ponts sur  des voix menant à San Pedro. Qui abrite le premier port  mondial d’exportation de cacao. En tout,   deux ponts  ont cédé et   une buse  s’est affaissée. Ainsi, les  trois principaux axes routiers qui mènent à San-Pedro n’ont  pas  été  fonctionnels. Il a été  donc  impossible donc de joindre cette importante ville économique, pendant  plus d’une semaine. En effet,   le  pont de Baba, situé sur la voie qui relie San Pedro à Grand-Béréby a offert le spectacle le plus désolant. Il s’est écroulé  sous le poids des eaux de pluie comme dynamité » nous a rapport  des correspondants  locaux  de presse.  Par ailleurs,   selon les résultats du Pdna (Post-Disaster Needs Assessment) 2018 de la Ville d’Abidjan, les pertes et dommages causés par  les  inondations de Juin 2018 à Abidjan sont estimés à près de 18 milliards Fcfa et la réparation des préjudices ressort  à environ 200 milliards Fcfa. Le bilan en vie humaine est d’au moins 18 tuées dans les inondations. Pour  M. Koutoua Claude Président de la  commission Qualité Hygiène Sécurité Environnement( E-qhse) de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire( Cgeci),   « A ces risques climatiques sont venus s’ajouter ceux liés aux incendies, dus au développement technologique et industriel. A telle enseigne qu'une lutte de simples bénévoles ne répondait plus au besoin et nécessitait la substitution de moyens organisés et efficaces » Toujours au  selon  le Patronat ivoirien, via  sa    Plateforme Humanitaire du Secteur privé de Côte d’Ivoire, en partenariat avec le programme  des nations unies pour le développement,( Pnud),  ont lors d’un  atelier a donné des  précisions sur l’ampleurs des dégâts les pluies diluviennes de 2018 qui étaient d’une violence inouïe ont non seulement provoqué des inondations dans beaucoup de localités de notre pays, mais ont aussi engendré des conséquences désastreuses tant sur le plan matériel que sur le plan humain.  Ainsi,  la plateforme humanitaire  avance   le  chiffre de  35 décès et  6 950 familles affectées et cinq milliards de francs Cfa de pertes.  

Bamba M.   ( In Lginfos du  11 juin 2019)

Enquête/ Transports par tricycles et taxi-moto en Côte d’Ivoire:// Ces nouveaux moyens de transports qui en rajoutent à l’anarchie

jeudi, 18 avril 2019 22:17 Written by

 D’Abidjan à Bouaké en passant par Yamoussoukro à Korhogo, l’utilisation des tricycles  ou engins à trois roues  motorisés et autres mototaxis  dans le transport des personnes et  des biens, est bien une réalité vivante  depuis quelques années.  Enquête sur  un mal nécessaire qui monte en puissance…Ce mercredi 03  avril 2019, nous sommes  au marché Mo Fêtai  de Yamoussoukro.   Il est  8 heures 30mn. C’est jour de marché à Yamoussoukro ; la capitale politique et administrative de la Côte d’Ivoire. Le vent frais des derniers jours  d’harmattan nous frappent le visage. L’ambiance  est au top.  Les vendeuses de légumes et fruits  font décharger leurs bagages  des bennes   des tricycles ; sorte d’engins à tête  de moto  et  porté  par  trois roues qui   tracte   une   de benne  à  capacités variables.   Dans les alentours  de ce marché de fortune,  on les trouve  dans  les coins de rue, en attendant l’arrivée du premier client.   Ici,  les Peugeot bâchée et   pousse-pousse  en bois   d’ordinaire très visibles, ont quasiment  disparu. Renseignement pris, les pousse-poussiers se sont mués progressivement en conducteur de tricycles acquis  au prix de mille une économies. Dans le désordre et le vacarme bien organisés les braves dames, lèves tôt suivent   les différentes opérations de manutention   de leurs cartons  et autres marchandises à  exposer  ce jour de marché. Après avoir soigneusement  observé  les’ tricycliers’,   nous   nous approchons de l’un d’eux. La  trentaine révolue, les cheveux ébouriffés,  notre  interlocuteur, dit  s’appeler    Traoré  Issouf. Il y a de cela  quelques mois,     Traoré   était   serveur  de café chaud  dans l’un des sous –quartiers de Yamoussoukro. Assis à califourchon sur  son  engin,  tenant les guidons en mains et prêt à embrailler, il nous apprend avec fierté : «  Quand je suis venu  du  pays( Mali),  des frères m’ont aidé à  me trouver  un point  de vente de café chaud, au quartier Dioulabougou.  Progressivement je me suis fait une petite économie qui  m’a permis  de m’offrir   mon tricycle d’occasion  à 500 mille  Fcfa.   Avec  cet engin  je transporte les bagages des femmes   des  villages aux différents de la ville matins et soirs.  Entre temps,    je transporte les bagages   de ceux  qui viennent  faire le marché vers  les gares des gros cars qui vont à Abidjan » Mais combien  gagnent par jour  ces  débrouillards ? Après hésitation,  Traoré Youssouf qui est à ce jour propriétaire de deux tricycles nous apprend : « Avant ça marchait bien. Maintenant ça assez. Il y a trop de tricycles sur le terrain. Un voyage par quartier peut se situer entre 5 00Fcfa et 1 000fcfa voire 1500fcfa. C’est bon à prendre(…) »   Un autre jeune que nous avons pu accoster s’appelle Loukou Hycinthe. Il  est  également conducteur  de trois roues, il y a un peu plus d’un an. Selon lui, « le coût des prestations  est fixé en fonction de la distance. Si nous nous déplaçons d’un quartier à un autre, il varie entre 1 000Fcfa et 2 000Fcfa.  Mais lorsque nous devons aller chercher les produits en brousse, notamment de  la banane,  du  manioc et  les produits  maraîchers, le prix varie entre 5 000 Fcfa et 10 000 Fcfa par voyage. La recette journalière n’est pas fixe. Elle varie en fonction des jours. Le jour du marché du marché, c’est-à-dire le mercredi ça marche. On peut faire une recette de 3 000 Fcfa à 7 000Fcfa » Avant de démarrer en trombe.  Tout en  nous   jetant    au visage la fumée  noire sortie  du pot  d’échappement  de  son véhicule.  Tout comme lui,   Adama K. ,   âgé  de 25  ans,  dispose d’un tricycle depuis bientôt un an. Par le passé,  Adama  K  Travaillait avait  deux brouettes  qu’  il exploitait lui-même une.  «  Ces avec mes deux brouettes que je travaillais. Et j’ai constaté que cela n’était pas rentable et je ne  pouvais pas  de  longues distances  ni  transporter  une grande quantité de marchandises.   J’ai  vendu une d’elle  et je suis par la suite allé voir mon grand frère à Bouaké, pour m’aider à  aller à l’aventure.  Après échange, il m’a  déconseillé cette idée. Tout en promettant    m’aider à obtenir un tricycle qui pouvait m’aider à me faire  de l’argent »   nous rapporte   Adama K.  Qui dit bien s’en sortir. Non sans remercier  ce frère genereux qui est aussi propriétaire de plusieurs  engins à Bouaké.  Bouaké,  faut –il le rappeler  a été la  capitale  de l’ex-rébellion. Où en réalité, l’introduction  cet  autre  moyen de substitution  de transport  des marchandises  voire  des personnes  a pris forme  dans la mouvance de la crise militaro-politique qui a éclaté   dans la nuit  du  18 Septembre 2002. Une opération  de distribution  de remise  de   tricycles  a même a  été initiée par l’entremise  du  programme national  pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration (Pnddr).Ce  dans le cadre d’un projet d’auto-emploi auquel ils ont souscrit pour leur réinsertion socio-économique.  En principe,  avec  ces engins,  les bénéficiaires ne devraient  que pour le transport des productions agricoles et des marchandises et non des personnes. Ce qui devrait aider  les  ex- combattants  à s’insérer dans la société, en étant indépendants financièrement, mais de permettre l’évacuation des produits agricoles. M. Cissé Sindou, ex- cadre des Forces nouvelles ( ex- forces nouvelles) et  actuel président du Conseil régional du Folon, qui a géré   ce dossier  à l’époque dans le cadre du programme national de désarmement, démobilisation et réinsertion( Pnddr) a sa petite idée de la chose. Il  se souvient : «A l’époque  à la faveur du redéploiement de l’administration dans les zones Centre nord et  ouest(  ex- Cno), nous avons géré le dossier  de la distribution des engins à trois roues aux ex- combattants. Nous  avons  sensibilisé les  jeunes  en leur disant que   l’exploitation  des   tricycles  pourrait être rentable dans le cadre de leur insertion(…)  ». (Voir interview encadré). Une autre opération similaire a eu lieu au sortir de la crise militaro- politique avec l’Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réinsertion,( Addr)  Ce qu’en pensent les commerçantes et autres usagersCes  jeunes débrouillards font  l’affaire  des commerçants  qui dépensent  désormais moins que par le passé quand ils   louaient les  véhicules bâchés. Des utilisateurs, ‘ les clients’ de trois roues sont satisfaits de leurs prestations.« Au niveau du transport du manioc là où les   véhicules nous prenaient au moins 20 000Fcfa,  les trois roues nous prennent entre 5 000Fcfa et 10 000Fcfa(…)  J’ai  juré de ne plus utiliser les bâchées parce que plusieurs fois  j’ai  été grugée par ces clients. Et  je me suis  retrouvée avec une dette de plus de 400 000Fcfa »   Autres points soulevés est celui relatif à la taxe de la mairie. Le mode de paiement de cette taxe se fait sur la base d’un accord entre le service financier et les détenteurs de trois roues. Celui-ci peut choisir le règlement  journalier, mensuel, trimestriel ou annuel. Ainsi on peut payer 2 000Fcfa le jour, 15 000Fcfa les trois mois ou encore 20 000f pour les six mois.    Sans nous donner un nombre précis  de tricycle en circulation   dans la ville de Yamoussoukro,   ces jeunes débrouillards payent des taxes à la mairie. De l’avis  de   M.Yao George, responsable du service transport à la mairie de Yamoussoukro, « le tricycle étant mu moyen de transport un particulier  aux jeunes frères, ce que nous exigeons,  c’est d’être à jour vis-à-vis  de l’autorité. Et cette taxe est renouvelable » Mais pourquoi cette ruée des jeunes Yamoussoukrofouè vers cette activités de conducteurs de tricycles ? A cette  question  il nous apprend sans ambages : «  Cela  s’explique  par le fait  qu’il n’y a pas d’activités à Yamoussoukro.   Ici,  nous  n’avons pas     d’usines, pas d’entreprises pour résorber le chômage. Ceux qui veulent faire quelque chose, c'est-à-dire une activité passe au cap supérieur pour devenir soit un conducteur de Taxi soit un conducteur de Massa »  Non sans  déplorer  les accidents réguliers causés par  ces tricycles.    Ces accidents  sont selon lui  dus au fait que la plupart des conducteurs  ne sont pas formés. «  Ils n’ont aucune notion du code de la route. C’est pourquoi souvent vous voyez des accidents, dits accidents bête » dit-il  avec un brin de désolation.  Il faut donc bien organiser l’activité et former au code de la route   ces conducteurs de tricycle qui rendent de nombreux services dans le convoyage des marchandises.
Bamba Mafoumgbé, Légende photo : Les tricycles et mototaxis  sont désormais très actifs dans le convoyage  des marchandises  sur nos marchés( LGINFOS  DU 18 AVRIL 2019)

Gestion de la dette publique ivoirienne // Le fardeau s’alourdie de plus de 6573 milliards de Fcfa en 7ans

mercredi, 17 avril 2019 16:37 Written by

Il n’est pas  faux de dire  que la Côte  d’Ivoire, depuis quelques années, est entrée dans une sorte  d’engrenage  de surendettement. Même si  les autorités ivoiriennes  disent régulièrement qu’il « s’agit  d’un endettement intelligent et soutenable », avec un taux  qui est passé de  46 à 48% sur une norme source sous régionale de 70% ( Uemoa).    Si  l’on tient compte de la dernière  déclaration de M. Amadou Gon, Premier ministre, ministre du Budget et  du portefeuille de l’Etat, le 13 avril 2019, lors d’une  séance de travail  avec  le tout nouveau président de la Banque mondiale, M. David Malpass, en marge des Assemblées de Printemps des institutions de Bretton woods Fonds à Washington.  S’agissant  de l’évolution fulgurante du niveau de la  dette ivoirienne ces dernières années, Abraham Agnekpo économiste et  expert financier à Abidjan nous apprend que« La dette publique est vertigineusement, et allègrement passée, sous la gouvernance Ouattara, d’environ 6156,5 milliards de Fcfa en 2012 à environ 12730 milliards de Fcfa  en 2018 (source  rapport de la 8ème revue page 21 et rapport 17/372 de décembre 2017 du Fmi) soit plus de cinq (5) fois le budget global de l’Etat de Côte d’Ivoire en 2010.  Cette dette publique s’est accrue, irrationnellement de +106,77% (sources rapport de la 8ème revue page 21 et rapport n° 17/372 page 24 du Fmi) entre 2012 et 2018 »   Que   le gouvernement  nous  dise que la Côte d’Ivoire  s’est engagée dans un schéma   d’endettement intelligent  certes mais , il ne faudrait pas  oublier  que la Côte d’Ivoire qui s’est retrouvée avec un taux  d’endettement de 36% est remontée à environ  46% puis 48% à ce jour comme indiqué plus haut.  Soit ! «  Si prendre crédit est doux, au moment de payer  c’est souvent difficile. Surtout qu’il va falloir tenir compte des cours du dollar et la facture risque très amère  »  Fait noter  notre  économique et  expert financier.   La  Côte d’Ivoire  a terminé l’année budgétaire  2014,  avec une  dette globale de  7804 milliards deFcfa.  Si l’on ajoute donc les 500 milliards de l’Eurobonds   de Février 2015, la dette ivoirienne  tournait  autour  de 8304 milliards de Fcfa au moins  en   début d’année2015. Par définition, un Eurobond  ou euro-obligation  est un titre de créance libellé dans une monnaie différente de celle du pays de l'émetteur. Avec les Eurobonds 2017 et 2018, la dette ivoirienne  à certaine encore  pris du poids et elle ne cessera de prendre du volume.    Il est à préciser  que   L’Eurobond de début juin 2017  situe la dette de la Côte d’Ivoire  plus  de  41,9%.  Quand sa dette représente 70% de son produit intérieur brut (Pib), selon la norme établie par l’Union économique monétaire ouest africaine (Uemoa) tandis que sur le plan international, le seuil se situe à 49%.  Donc bien en-deçà du taux d’endettement communautaire. Ne  faudrait-il aller à pas modérés dans la course à l’endettement ?  Depuis quelques années, l’Etat de Côte d’Ivoire   est  entrée dans une course  à la mobilisation des ressources sur le marché international à travers  les Eurobonds dont  les taux  d’intérêts et le  niveau des stocks se chiffrent  en moins  de cinq ans, à  plus de 4 mille  milliards de Fcfa. Faut-il craindre un endettement massif de la Côte d’Ivoire ? Rappelons qu’  après, 2014, 2015 et 2017,  la Côte d’Ivoire est repartie    en  mars 2018, sur le marché international, pour mobiliser  des ressources en Euros.  Soit pour la  quatrième  fois sous  le Régime de Ouattara.  Ces  Eurobonds   lui ont permis  de non seulement    tester la qualité de  sa signature mais aussi  de  récolter  d’importantes ressources.  Pour l’ année 2018, l’Etat  de Côte d’Ivoire   recherchait   1 310 milliards Fcfa, soit près de 2 milliards d’euros,  sur les marchés financiers pour boucler son budget  qui  s’équilibre en ressources et en charges   à plus de  6 756  mille milliards de  Fcfa, en hausse de 4,8% par rapport au budget révisé de  2017, d’un montant de plus de  6 447 milliard de Fcfa  Fcfa.  Si le gouvernement ivoirien a eu   de réels motifs de  jubiler face au succès rencontrer  durant  les différentes sorties, il est à  faire  remarquer  que le compteur à ce niveau là  commence à tourner très fort et  la pullule risque d’être  amère, le temps  de remboursement arrivé pour   nos enfants.   Surtout que les taux d’intérêts appliqués à la Côte d’Ivoire diffèrent dans bien de cas  de ceux  appliqués  en la matière en Occident.  Ces Eurobonds  à taux  élevés qui risquent de faire mal Rappel des faits : Sous Kablan Duncan alors Premier ministre, le    deuxième  emprunt obligataire sur le marché financier international, a permis  de lever  1 milliard de Dollars , soit près de 500 milliards de Fcfa( Eurobonds 2015) au taux d’intérêt de 6, 25%  contre   de 375 milliards de Fcfa au taux d’intérêt de 5,375%( Eurobonds 2014),  pour une durée de dix ans courant aout 2015.  Au titre  de l’Eurobond 2017 donc  avec Amadou Gon Coulibaly, Premier ministre , ministre du Budget et  du Portefeuille de l’Etat, l’opération a permis de lever 1 milliard 250 millions de dollars et 625 millions d’euros (environ 1.140 milliards de Francs Ccfa), à des maturités de respectivement 16 et 8 ans.  Son objectif était de recourir aux places financières internationales, afin d’obtenir des ressources devant venir en appui au financement du budget de l’Etat et notamment du Plan National de Développement (Pnd) 2016-2020. Dans une déclaration faite le 13 juin 2017,  à l’occasion de son retour d’une mission de mobilisation de ressources (Eurobond 2017)  le Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly a indiqué que le succès de l’opération est le témoignage de la confiance des marchés financiers internationaux dans le leadership du Président de la République Alassane Ouattara et dans la vision qu’il a pour le développement de la Côte d’Ivoire. Malheureusement,  pour l’Eurobond 2018,  Agc et sa délégation sont rentrés  sans tambour ni trompette. Pourquoi ce silence bruissant  de parole ?  Qu’est-ce qui a pu se passer  pour qu’on serve à la Côte d’Ivoire  bien évidemment du «  blé en abondance » ( argent) mais à  un taux oscillant entre 5,50 et 5,625% pour première tranche , d’une maturité de 11 ans allant jusqu’en 2030. Pendant que pour la deuxième tranche, La seconde tranche, elle, d’une durée de 29 ans, soit jusqu’en 2048, est proposé avec un rendement de 6,875 – 7%. Cette tranche est présentée par la presse économique internationale comme la plus longue maturité jamais émise pour une obligation en Euro par un pays d’Afrique subsaharienne et l’une des plus « rentables » émises par un Etat au cours de ces dernières années.  Pourquoi avoir  accepté un tel taux ? Disons- le  clairement le taux risque pays  appliqué à la Côte d’Ivoire,  est élevé. C’est à se demander si à  la prochaine émission nous n’allons  pas frôler  les 8% sur 14 ans.  Pour le Professeur Mamadou Koulibaly  de l’Université Felix Houphouet Boigny de Cocody qui  s’était prononcé sur la question  dans la mouvance  de l’Eurobond 2018 émis par la Côte d’Ivoire avait  expliqué :   « Et pourtant, ici en Côte d’Ivoire, on nous dit que tout va pour le mieux, il  y a de la croissance mais les populations sont de plus en plus  pauvres   et  le gouvernement retourne sur le marché international  pour s’endetter à un taux d’intérêt supérieur au 1er Eurobond souscrit en 2014.  De    5,375%  la Côte d’Ivoire   va s’endetter à 6,25%.  Le risque-pays est très élevé. Aussi, il faut ajouter que cet autre prêt arrive au moment où l’Euro   est dévalué tout comme le Fcfa par rapport au dollar.   »     A quelle sauce sera mangée  la Côte d’Ivoire  à l’heure du remboursement ? «  Si le dollar est faible tant mieux pour la Côte d’Ivoire. Dans le cas contraire, c’est le fardeau de la dette qui va  davantage s’alourdir(…) »    ajoute t-il.La Côte d’Ivoire qui a vécu à   un    moment donné  de son existence sur budget sécurisé peut-elle  accepter  un tel taux ?  Comparativement au taux appliqué  aux Eurobonds en Europe,  soulignons  que  la   Roumanie a en   Février 2018, a  mobilisé plus de 2 Milliards d’Euros soit 1310 milliards de  Fcfa  à  des  taux  de  2,5% et  3,375% respectivement pour les deux tranches. Pour 2019,  les  ressources attendues des interventions de l’Etat sur les marchés monétaire et financier se situeraient à 1 418,8 milliards, dont 1 115 milliards de Fcfa au titre de l’Eurobond. Abidjan va-t-il encore   s’endetter sur le marché international avec  des taux d’intérêts aussi élevés ? Nous attendons de voir.  En ce qui concerne   les  ressources des Comptes Spéciaux du Trésor, elles seraient collectées à hauteur de 657,0 milliards pour des prévisions de 638,1 milliards de Fcfa.   La loi  de finance 2019 indique  que le budget d’Etat pour la gestion 2019  indique que le  budget d’Etat 2019 s’équilibre en ressources et en charges à 7 334,3 milliards contre 6 756,3 milliards en 2018, soit une hausse de 8,6%. 

Bamba Mafoumgbé( In Lginfos du  16 avril 2019) Légende photo : Amadou Gon Coulibaly, Premier ministre, ministre du Budget et  du portefeuille de l’Etat.  Va  lancer bientôt un autre Eurobond