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jeudi 22 août 2019
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Travail des enfants dans la Cacaoculture// Des sénateurs américains préparent un coup contre le cacao ivoirien

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Travail des enfants dans la Cacaoculture//    Des sénateurs américains  préparent  un coup  contre  le cacao ivoirien

« Les sénateurs démocrates Ron Wyden de l’Oregon et Sherrod Brown de l’Ohio ont envoyé une lettre le 16 juillet 2019 au département de Sécurité intérieurs américaine (Dhs) afin de faire appliquer les lois interdisant les importations de cacao issus du travail des enfants et invitent la Douane et à la protection des frontières (Cbp) à bloquer les importations de cacao faisant l’objet de travaux forcés et, le cas échéant, de mener une enquête pénale, souligne dans un communiqué le sénateur Wyden »L’information est rapportée par le site d’informations agricole www.commodafrica.com depuis le 26 juillet 2019. La même source publie un extrait du fameux courrier des sénateurs américains : «Nous vous écrivons pour exprimer notre inquiétude persistante face au fait que des importations de cacao contenant du travail forcé, notamment du travail forcé des enfants, continuent d’entrer aux États-Unis » En effet, cette lettre fait suite à l’enquête publié le 5 juin 2019 dans le Washington Post « Cocoa's Child Workers », qui informe à l’appui de récits et photographies l’importance du travail des enfants dans la chaine d’approvisionnement du cacao en Afrique de l’Ouest. La Côte d’Ivoire est particulièrement visée relatant que le travail forcé est très enraciné dans l’industrie ivoirienne, tellement qu’il est impossible de distinguer le travail de enfants des autres agriculteurs lors de l’importation de cacao. « Nous vous demandons de coordonner ces efforts de mise en application avec les services de l'immigration et des douanes (Ice) afin de déterminer si une enquête criminelle est justifiée ». Les grandes sociétés chocolatières importatrices des Etats Unis sont également ciblées : «Hershey,Mars, Nestlé, avaient initialement convenu d'éliminer le travail des enfants de leurs chaînes d'approvisionnement en Afrique de l'Ouest d'ici 2005. Malheureusement, elles n’ont pas respecté ce délai, et le recours généralisé au travail des enfants dans le secteur persiste ».Des mesures sont ainsi demandées : « Nous vous exhortons à utiliser l'autorité renforcée en vertu de la section 1307 pour prendre des mesures immédiates afin de mettre un terme au flot de cacao produit dans notre pays par le travail forcé », car « le bien-être de deux millions d’enfants en dépend ». Wyden et Brown n’en sont pas à leurs premiers coups d’essai. En2015, Ils ont obtenu un amendement au paquet commercial qui permettait aux États-Unis d'importer des produits fabriqués avec du travail forcé, y compris le travail forcé des enfants, si l'offre n'était pas suffisante pour satisfaire la demande intérieure. Les États-Unis ont importé pour 608 millions dollars soit plus de 304 milliards de Fcfa de cacao en provenance de Côte d'Ivoire et 100 millions soit plus de 50 milliards de Fcfa de pâte de cacao en 2018. Une information qui ne devrait pas faire plaisir aux autorités ivoiriennes et ghanéennes qui s’activent à mettre en œuvre un prix plancher fixé à 2600 dollars la tonne de cacao, soit environ 1,5 million de Fcfa. Cette option est adossée à une garantie de 400 dollars soit plus de 200 mille Fcfa la tonne. Une annonce qui est diversement appréciée par les industriels et chocolatiers dont John Ament, vice-président mondial du cacao pour Mars a déclaré à Reuters en marge de la rencontre tenue à Abidjan le 03 juillet 2019 : «Nous soutenons les mesures prises par les gouvernements pour intervenir afin d'atteindre un prix plus élevé conduisant à une augmentation substantielle de ce qui est versé à l'agriculteur » Pendant qu’un autre groupe, se prononçant sur la gestion de l’ensemble des risques, a estimé juste après la rencontre dite historique, a dit ne pas être d’accord à ce que l’ensemble du risque de chute de prix soit supporté par l’industrie. « Le mécanisme que le Ghana et la Côte d'Ivoire nous ont proposé manquent encore de clarté et de précision quant à son application adéquate, donc d'autres réunions devront se tenir », a déclaré un représentant d'industrie. Affaire à suivre…
Bamba Mafoumgbé, ( In Lginfos du 29 juillet 2019)
Légende photo : Malgré les efforts dans la lutte contre les pires formes de travail des enfants, le phénomène persiste encore Côte d’Ivoire