Prix bord champs: Cacaco 825 Fcfa, Kg;  Café  700 Fcfa Kg,  Hevea 275 Fcfa; Anacarde 350 Fcfa

mardi 22 octobre 2019
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Impôts : Taxe Spéciale d’Equipement (Tse)// Le régime veut dribler les industriels

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Impôts :   Taxe Spéciale d’Equipement (Tse)//   Le  régime veut dribler les industriels

 

Après celui qui vient d’être fait aux planteurs de cacao, le gouvernement réserverait une autre mauvaise surprise… Mais cette fois-ci, les victimes seraient les industriels !
Les années passent et paraissent se ressembler sur les promesses du gouvernement aux opérateurs économiques. La dernière illustration est le "blaguer-blaguer-tuer" servi en ce début de campagne aux producteurs nationaux de cacao.
Alors que le gouvernement, par la voix de son plus illustre représentant, à savoir le Président de la République, leur avait fait "miroiter" –avec conviction- un prix bord champ officiel de 1 000 FCFA/kg de cacao pour la campagne 2019-2020, les planteurs se verront annoncé finalement un montant bien plus bas de 825 F/Kg. 
En effet, prenant pour argent comptant, la déclaration du Président Alassane Ouattara, annonçant le 6 août dernier que « le 1er octobre prochain, nous augmenterons le prix du cacao… pour revenir au prix de 1 000 FCFA/Kg que nous avons connu en 2015… », nombreux sont les planteurs et leurs coopératives qui se sont montrés très optimistes dans leurs prévisions de recettes. Ils ont engagés des dépenses en conséquence. C’est dire qu’au prix en dessous de 1 000FCFA qui leur est finalement servi, ils vont devoir faire avec des déséquilibres financiers qu’ils n’ont pas envisagé. Planteurs et coopératives  en sont pour leurs frais! « Comment l’Etat peut-il nous mentir ainsi ? » s’interroge amère, le responsable d’une coopérative de planteurs active dans l’Est du pays. 
A quels opérateurs le tour prochainement ? Et quand ?
Les industriels, les prochaines victimes ? 
Divers indices tendent à montrer que les prochaines victimes des "reniements sans état d’âme" du gouvernement en matière économique, pourraient bien être les industriels. Eux qui se frottent déjà les mains à l’idée d’être définitivement "débarrassés", à partir de la fin de cette année, de la Taxe Spéciale d’Equipement (TSE), ne devront pas trop vite se réjouir. Car des indiscrétions sur la préparation du budget 2020 font état de ce que la tendance est plus à la « prorogation de l’application de cette taxe destinée au financement du programme d’investissement de la Direction Générale des Impôts (DGI) et qui génère chaque année au moins 15 milliards de FCFA ». La meilleure, dans la (mauvaise) surprise, étant même que la prorogation est envisagée pour « désormais, une durée sans limite » !  
Le gouvernement s’était pourtant bien engagé, dans l’annexe fiscale 2017, que cette TSE « est applicable pour la dernière fois le 31 décembre 2019 ». Au ministère en charge du budget, on reconnaît « l’éventualité de la prorogation sans limitation de la durée de la taxe ». Mais on insiste avec emphase que « en l’état actuel des choses, c’est plus un souhait de la CGECI, le patronat ivoirien a qui, l’Etat reverse depuis 2007, selon les années, entre 4 et 6 milliards de FCFA sur le produit de cette taxe ». En clair, s’ils ne veulent pas, comme les planteurs de cacao, se retrouver " Grosjean comme devant", les industriels seraient plus avisés de ne pas prêter trop foi à l’engagement fiscal signé par l’Etat en 2016. Et en conséquence, réintégrer dans leurs prévisions de charges fiscales pour 2020, le paiement de la TSE. 
Habitude … pernicieuse !
Il y a plus de deux ans que le Chef de l’Etat lui-même, toujours un 6 août, avait engagé officiellement le gouvernement à mettre en œuvre une grande réforme de la fiscalité ivoirienne. Le résultat, à ce jour, de cette réforme : pas plus de 15% des mesures prescrites n’ont été implémentées. C’est dire le poids des engagements que prennent les pouvoirs publics ivoiriens. Le gouvernement a-t-il seulement conscience que ruser avec ses propres engagements, comme il prend l’habitude de faire, le décrédibilise et mine la confiance que les investisseurs et les opérateurs économiques peuvent avoir en sa parole ? 

 Ayoko Mensah 

Légende photo :    La  fin  de la Taxe  spéciale    d’équipement est( Tse)   en principe prévue pour le   Décembre 2019