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mardi 12 novembre 2019
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Clôture de la 8ème édition de la Cgeci Academy// Patrick Achi ( Sg Presidence) parle au secteur privé africain

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Clôture   de la 8ème édition  de la Cgeci Academy//     Patrick Achi ( Sg Presidence)   parle au secteur privé africain

 

-« Sem Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République, était particulièrement heureux de votre invitation à présider cette 8ème édition de la CGECI Academy,  et m’a demandé de vous traduire ses profonds regrets de ne pouvoir être présent. Il aurait été en effet particulièrement heureux de partager avec vous tous, sa vision d'une "Côte d’Ivoire Nouvelle" encore plus prometteuse pour la décennie qui vient, ainsi que le rôle clé qu’il souhaite y voir jouer par le secteur privé. Cette 8ème édition a été rehaussée par la présence du Président de la République du Rwanda, Sem Paul Kagamé, dont la vision et le leadership, source des performances exceptionnelles de son pays, continue d’être un modèle pour l'ensemble du continent. Je voudrais, au nom de SEM le Président de la République, féliciter tous les membres de la délégation rwandaise et les remercier pour ces moments de partage et d’expérience.Monsieur le Président du Patronat ivoirien, je voudrais également, au nom de SEM le Président de la République, vous et votre équipe, pour le succès éclatant de cette 8ème édition.
Mesdames et Messieurs,
Ce n’est un secret pour personne que notre pays, après presque deux décennies de Gloire (1960-1980), et presque trois décennies de Déboires (1980-2010), a bel et bien renoué avec le progrès, la croissance soutenue et le développement. En effet, depuis 2011, avec la fin des conflits, la sécurité rétablie et l’apaisement social, le Gouvernement ivoirien a pu consacrer à nouveau son attention et toutes ses ressources au développement du pays, et cultiver un partenariat  fort avec le secteur privé pour infléchir positivement les tendances de l’économie.
 
 
Comme conséquence, notre croissance économique a rebondi, avoisinant 8% en moyenne annuelle sur la période 2011-2018. La stabilité macroéconomique s’est renforcée, avec une inflation maitrisée à moins de 2% par an, et un endettement public contenu à moins de 50% du PIB, tandis que l’effort d’investissement public et privé a connu un accroissement significatif pour atteindre 21% en 2018. Ces performances ont été saluées par l’ensemble de la Communauté internationale. Notre pays est désormais classé dans le peloton des 7 pays avec la plus forte croissance économique au monde, et parmi ceux où le climat des affaires s’est le plus fortement amélioré, passant de la 177ième  place à la 122ième  entre 2013 et 2019, soit une progression de 55 places selon le classement Doing Business 2019 de la Banque mondiale.
Ces résultats exceptionnels, lorsqu’on imagine où était le pays il y a à peine 8 ans, n’auraient pu être obtenus sans le secteur privé. Un secteur privé dynamique, moteur indiscuté d'une économie moderne, compétitive et ouverte. Celui-ci, certains ne le savent peut-être pas, représente 2/3 du total des investissements, 83 % des emplois et contribue à 90% des ressources budgétaires de l’État.En un mot comme en mille, le constat est clair et précis. Il montre indubitablement que c’est l’ensemble du secteur privé qui génère la richesse nationale.
 
-          Monsieur le Président du Patronat,
-          Mesdames et Messieurs,
 
Pour atteindre ces performances économiques, l’Etat a pris plusieurs mesures phares pour promouvoir l’environnement des affaires. Il s’agit notamment de :
–         L’association du secteur privé à l’élaboration des deux plans nationaux de développement 2012-2015 et 2016- 2020 ;
 
–         L’instauration d’un dialogue fructueux avec l’Etat, par la création d’un comité de concertation Secteur public- Secteur privé ;
 
–         La création d’une Autorité Nationale de Régulation des Marchés Publics (ANRMP) ;
 
 
–         La création du Tribunal de Commerce puis de la Cour d’appel du Tribunal de Commerce ;
 
–         La révision du Code des investissements et des Codes sectoriels ;
 
–         L’apurement de la dette intérieure ;
–         La création d’un Conseil National de Politique Economique (CNPE) ancré au sein même de la Présidence de la République, auquel est étroitement associé le secteur privé et qui est chargé des questions de stratégies de développement;
 
–         Le lancement d’un ambitieux programme de champions nationaux ;
–         Et, enfin, la création récente d’un Ministère exclusivement dédié à la promotion de l’investissement privé.
 
–         Monsieur le Président du Patronat,
–         Mesdames et Messieurs,
 
S’il est établi que ces actions ont effectivement permis d’avoir des résultats exceptionnels, nous devons cependant veiller à ne pas nous endormir sur nos lauriers, ce qui inhiberait notre capacité à rêver et à aller encore plus loin. Comme l’a dit un penseur, le trop grand sentiment de sécurité des peuples est le signe avant-coureur de leur déclin.
 
 
Gardons à l’esprit, que le développement est comme une libération, il ne vient que là où l’intelligence, la clairvoyance, le courage et la persévérance parviennent à mordre sur la paresse, l’improvisation, le défaitisme et la fatalité. C’est pourquoi, même si tous les analystes s’accordent à reconnaitre que notre pays recèle d’un potentiel de croissance parmi les plus importants au monde, nous devons admettre avec lucidité et humilité que le parcours est encore long. En effet,  pour parvenir à notre ambition d’une prospérité accrue et partagée à l’instar des pays qui ont réussi leur transformation, il nous faudra maintenir une  croissance soutenue de plus de 8% pendant au moins deux décennies, et pour cela, il nous reste encore à relever des défis majeurs.Il nous faudra, en effet, maintenir la paix et la sécurité, renforcer notre gouvernance et l’efficacité administrative, améliorer notre capital humain pour tirer tout le potentiel de notre dividende démographique, et par-dessus tout, relever la compétitivité de notre économie afin de soutenir le secteur privé et générer une croissance inclusive et durable sur une longue période. Et ce sont justement cette ambition et l’impérieuse nécessité de relever ces défis qui ont conduit SEM Alassane OUATTARA à lancer l’élaboration de la stratégie pays 2020-2030. Et le thème de votre conférence « Environnement des Affaires : Quel modèle à privilégier pour le développement des Entreprises en Afrique ?» nous met au cœur même de nos travaux car nous nous sommes posés les mêmes questions :
 
-          Que faire de plus, de mieux, comment le faire et avec qui le faire ?
 
-          Garder notre modèle en l’améliorant ? Le changer ?
 
Si nous nous contentons simplement de faire comme nous avons toujours fait jusqu’à présent, il n’est pas évident que nous puissions y arriver. Nous sommes donc allés plus loin, avec humilité nous avons revu tous nos schémas, en nous inspirant de modèles de pays dans le monde qui au cours des trente dernières années ont atteint des performances comparables à celles auxquelles nous aspirons. Deux exemples pratiques dans un pays nous ont particulièrement interpellés. Il s’agit du Vietnam. En 25 ans, les exportations de ce pays à destination des Etats-Unis ont été multipliées par 300, passant de 120 Milliards FCFA à 36 000 Milliards FCFA. Vous admettrez avec moi que ce ne sont pas les actions de quelques commerciaux d’entreprises privées, fussent-ils excellents, qui auraient permis seuls, d’atteindre de tels résultats. L’autre exemple concerne le secteur du riz. Les usiniers exportateurs de riz ont pu avoir accès sous l’impulsion de l’Etat à des financements de leur fonds de roulement, en devises et à des taux d’intérêt bonifiés extrêmement bas, leur donnant une compétitivité sans précédent. C’est véritablement l’action conjuguée d’un Etat conquérant et d’un secteur privé dynamique qui ont rendu possibles un tel exploit.
 
–         Monsieur le Président du Patronat,
–         Mesdames et Messieurs,
Les conclusions de nos travaux, tirées de multiples visites de terrain et d’examen de nombreux modèles, sont sans ambiguïté et nous conduisent à trois constats et leçons :  a)            Premièrement, le secteur privé est et doit rester le moteur de la croissance et l’indispensable réponse à nos défis ;
b)        Deuxièmement, l’Etat doit renforcer son rôle de promoteur, et bien plus, d’organisateur proactif du secteur privé, en particulier dans les secteurs jugés stratégiques et prioritaires ;
 
c)        Troisièmement, le secteur privé a dans ces pays, une forte composante de champions nationaux, qui ont été promus à travers une politique judicieuse et volontariste de l’Etat. Vos conclusions que nous endossons entièrement, et qui convergent, soulignent donc l’impérieuse nécessité d’instaurer une nouvelle alliance entre l’Etat et le Secteur Privé afin d’accélérer le développement de notre pays. C’est l’objet même de nos réflexions dans le cadre de la Stratégie Côte d’Ivoire 2030, qui  proposera un nouveau pacte entre le public et le privé. Celui-ci induira un véritable changement, que vous avez appelé rupture, et qui permettra à notre pays d’aller deux fois plus vite et deux fois plus loin. Dans cette alliance nouvelle que SEM le Président de la République appelle de tous ses vœux, il s’agira d’un changement absolu de paradigme, d’un changement profond de notre écosystème socio-économique, dans lequel une véritable transformation culturelle sera indispensable à la transformation structurelle de l’Economie. Cette responsabilité incombe à la fois à l’Etat, au secteur privé, et au-delà à notre société toute entière.
 
-          Monsieur le Président du Patronat,
-          Mesdames et Messieurs,
 
Encore une fois, notre ambition pour notre pays est de réaliser un second miracle ivoirien qui conduira les générations futures aux cimes du monde. Et comme l’adage le dit, on peut peut-être y arriver en allant seul mais pour aller loin, il faut y aller ensemble. Si donc, nous y croyons ensemble, si nous y travaillons ensemble, si nous persévérons ensemble, nous en sommes persuadés, the Sky is the limit.
Je vous remercie »