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dimanche 11 avril 2021
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Pr Zirihi Guédé Noel,(Université Fhb de Cocody) //Lutte contre le Coronavirus// « Voici la recette que je pourrais proposer (…)»

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Pr Zirihi Guédé Noel,(Université Fhb de Cocody) //Lutte contre  le Coronavirus//   «  Voici la recette que je  pourrais   proposer (…)»

 Le Professeur Zirihi Guédé  Noel  est  Titulaire de Botanique et Ethnopharmacologie et   enseignant Chercheur à l'Université Félix Houphouët  Boigny  de Cocody. Face à la pandémie du Covid- 19,  il  lance un appel aux autorités ivoiriennes pour la création d'un comité d'experts scientifiques  (Ethnobotanistes, Pharmaciens, Biochimistes, Physiologistes, Médecins, Sociologues, Tradipraticiens de santé.....).  Interview
Professeur,  vous préconisé la mise en place  d’un comité d’experts scientifiques.  Pour quoi faire ?
Ce  comité va sélectionner des médicaments issus de notre pharmacopée traditionnelle et organiser des essais cliniques sur les malades du Corona virus. Pour terminer,   je  demande  aux Professeur Dosso, Institut Pasteur de CI, au  Professeur Koné Bamba Djeneba, de l’Unité  de formation et de recherches  des Sciences pharmaceutique, qui sont nos aînées de porter notre parole et de la transmettre aux autorités.    
 Vous étiez récemment  en Europe  quand la  crise  du Covid 19   est survenue. Comment avez-vous cela ?
  Oui au début le 6 mars, j'ai effectué un voyage, je suis allé en France pour 3 semaines, le retour était prévu pour le 27 mars. La situation était déjà compliquée  en France. Il fallait faire le rang à la pharmacie, au supermarché, à la banque, à l'hôpital. La circulation était réduite et plusieurs services fermés et quelques jours après, il fallait des autorisations pour sortir et finalement un couvre-feu a été instauré. C'était la psychose.
 Vous avez donc écourté votre séjour pour retour en Côte d’Ivoire. En passant par le centre de confinement de l’Institut national de la jeunesse et  des sports( Injs).  Racontez-nous un peu votre parcours…
J’ai  écourté mon séjour et j'ai décidé de revenir en Côte d'Ivoire le vendredi 20 mars 2020.   A  l'aéroport en France, une fiche qui prévoyait notre confinement à l'arrivée nous a été remise. Avant l'atterrissage de l'avion une autre fiche de renseignement a été remplie. A l'aéroport, la température a été contrôlée, après vérification, nos passeports ont confisqués. Après le retrait de nos bagages, par bus spéciaux nous sommes arrivés à l'Injs.  Non,  on  ne nous a pas fait subir des examens spéciaux  mais la température a été à nouveau contrôlée. On  m'a demandé d'aller récupérer mon passeport et de rentrer à la maison. Nous étions nombreux à rentrer chez nous.  Et une fois sur place, il fallait éviter les contacts avec la famille d'après les conseils des autorités.
 Avez-vous  rendu visite  à  des personnes confinées à l’Injs ?
 Non je n'ai pas visité des personnes confinées à l’Injs.  Mon souci à cette étape du parcours, c'est de rentrer chez moi. Oui suivant les instructions des autorités j'ai décidé de mettre en quarantaine, dans un appartement pas loin de chez moi et c'est depuis ce lieu que je réponds à vos questions. Cette crise sanitaire est très grave, et on ne sait pas encore quand elle va être stoppée. Cette pandémie décime les populations, riches ou pauvres, jeunes ou vieux, toutes les personnes sont concernées.
 Vous êtes experts et ethnobotaniste et pharmacologue.   Qu’attendez-vous pour apporter votre contribution  dans la lutte contre cette pandémie ?
  J’ai  soutenu un doctorat de troisième cycle sur les plantes médicinales de Côte d'Ivoire (1991) sous la direction de feu le Professeur Laurent Aké Assi, puis un Doctorat d'Etat en phytochimie et pharmacologie des substances naturelles (2006) sous la direction des Professeurs Traoré Dossahoua et feu le Professeur Frédéric Guédé Gunia. J'ai ensuite été formé à l'Institut de Biologie pharmaceutique à Fribourg en Allemagne, formé en développement clinique des médicaments à Caen et Rouen en France. J'ai fait une spécialisation en chimie des substances naturelles et en parasitologie au Muséum national d'histoire naturelle en France. Bref, ce sont ces spécialisations qui permettent de formuler des médicaments dérivés de plantes médicinales ouest-africaines.
 Quels sont les médicaments   que vous  avez fabriqués à ce jour et qui sont disponibles ?
 5 médicaments sont disponibles, il s'agit de: Kohi, Palutaz, Diabetaz, Tensiotaz  et Protataz. Plusieurs autres Chercheurs et Tradipraticiens détiennent des recettes, moi pour les essais sur Covid-19, j'allais proposer Kohi et Palutaz  en association. Oui ces deux produits parce que  le premier est antiviral et renforce l'immunité, le deuxième est antiparasitaire, antipaludique et lutte efficacement contre la fièvre.
 Pensez-vous que la création de ce comité est possible ?
 Oui c'est mon souhait, nous avons les compétences dans toutes les universités et instituts de recherches. Je vous signale que de tels comités sur le Covid- 19 ont vu le jour au Burkina, au Bénin et le développement de leurs médicaments est bien avancé. 
  Que  pensez- vous de la chloroquine et que dites-vous sur le débat ?
 Bonne question. Pour moi, ce qui est important c'est de savoir si le produit guérit les malades. Aux dernières nouvelles, le produit soigne donc c'est un bon produit.   Précisons  que   la  chloroquine dérive de la Quinine isolée dans les plantes du genre Cinchona de la famille des Rubiacées. Plusieurs autres plantes contiennent des alcaloïdes dont les structures chimiques sont proches de celles de la chloroquine. Il existe aussi des molécules de nature terpéniques et phénoliques capables de tuer ce virus.
Pourtant  l’Afrique regorge de plantes et substances naturelles   qui pourraient   aider  à soigner   les africains à bas coûts.  ?
L’Afrique contrairement à l’Europe, dispose d’une  diversité floristique. C’est-à-dire que sur périmètre  d’un Km2, nous avons dix fois plus de plantes que dans les pays européens. Nous avons en Afrique, une certaine diversité et ces plantes n’ont pas encore fait l’objet d’études approfondies. Nous sommes seulement peut-être à 20%  de notre potentiel qui est exploité. Donc, nous avons  encore 80%  de notre réserve qui n’a   pas encore fait l’objet de recherche. Les pays en voie de développement constituent pour moi, une réserve de plantes médicinales à même de fournir  des  molécules  capables  d’intervenir dans le traitement du cancer, du paludisme  voire même du Vih Sida.    
 Bamba Mafoumgbé,  ( In Le Temps du  30 mars 2020)
 Légende photo : Professeur Zirihi  Guédé Noel,  Titulaire de Botanique et Ethnopharmacologie. Enseignant Chercheur à l'Université Félix Houphouët  Boigny : « Je demande  à nos aînés  de porter  notre parole aux autorités »