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vendredi 10 juillet 2020
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Bakayoko Mamadou( Pdt Fenascoop-Ci)// Pêche artisanale en Côte d’Ivoire// « Voici ce que nous préconisons pour les jeunes ivoiriens »

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Bakayoko Mamadou( Pdt Fenascoop-Ci)// Pêche artisanale en Côte  d’Ivoire//   «  Voici ce que nous préconisons pour les jeunes ivoiriens »

« La pêche artisanale contribue à plus de 70% voire 90% à la couverture de la consommation locale. Presque tous les poissons que vous voyez sur le marché local, c’est le produit de la pêche artisanale, pardon semi- moderne. C’est une pêche fraiche. Nous partons tous les matins et retournons le soir pendant que d’autres reviennent trois jours après. La preuve pendant cette pandémie de la Covid-19, c’est cette pêche-là qui approvisionne nos marchés. Parce que les bateaux industriels ont plus de difficultés(…) » Ces propos sont de M. Bakayoko Mamadou, président de la Fédération nationale des sociétés coopératives des acteurs de la filière pêche de Côte d’Ivoire, ( Fenascoop-Ci). C’était le 23 juin 2020, lors d’un entretien au siège de cette fédération à Treichville. Ce pour présenter les atouts, les enjeux et les perspectives d’un secteur porteur. Mais longtemps négligé par les acteurs nationaux. Mais c’est quoi la pêche artisanale ? « C’est la pêche semi moderne. Elle se pratique sur les côtes. En tant que telle, nous avons une zone dans laquelle nous pouvons pêcher. Pas au-delà. Les gros bateaux de pêches pour leur part, ne peuvent pas venir sur les côtes. Avec l’évolution, nous avons les vedettes de pêche. » Explique-t-il.

La place des nationaux dans la pêche artisanale

Aussi, le président de la Fenascoop-ci qui est composée d’entités légalement constituées sur la base des textes de l’Ohada précise : « Ce là fait dix à 15ans que nous sommes dans ce secteur. Quand nous sommes arrivés, c’était nos frères d’à côté. Citons les ghanéens, les béninois et les togolais qui avaient le monopole. Ces frères constituaient 80% des acteurs. Notre première bataille, c’était de faire en sorte que les jeunes ivoiriens puissent s’intéresser à la pêche. Mais c’était difficile. Surtout que le président des pêcheurs à l’époque était un ghanéen. Quand nous avons pris la tête de la Coopama, il fallait inciter et expliquer à nos frères, non seulement l’enjeu mais aussi l’importance de cette forme de pêche. C’est ainsi que le Lycée de pêches de Grand Lahou a été créée Si la formation y est théorique, nous prenons le relais au niveau de la formation pratique. En avril 2020, ils nous ont affectés plus 41 élèves mais compte tenu de la pandémie, nous n’ avons pas pu faire la formation. C’est pour dire que les jeunes ivoiriens commencent à s’intéresser davantage à la pêche artisanale. Mais le travail de communication et de sensibilisation doit continuer pour davantage attirer plus de jeunes nationaux vers ce secteur qui nourrit son homme. Notre objectif, nous disons que d’ici 2025, il nous faudra au moins 300 à 400 jeunes ivoiriens dans la pêche artisanale ». Se prononçant sur les remous au débarcadère Mohamed VI de Locodjoro qui l’actualité depuis quelques mois, M. Bakayoko Mamadou ajoute : « Les 90 millions de Fcfa sont une promesse de l’Etat de Côte d’Ivoire. C’est même plus de 90 millions de Fcfa parce que nous avons aussi le village d’accueil qui est Locodjoro et qui n’ a pas encore reçu un centime depuis 4 ans. Les procédures au niveau du Trésor public sont lentes. Quand le ministre Dosso est arrivé, il a commencé à se battre pour décanter la situation. Pour qu’enfin de compte aussi bien le village, les mareyeuses que les pêcheurs(…) soient dédommagés. L’argent n’est pas au ministère de la Production animale et ressources halieutiques. Comme elles bloquent très souvent l’administration, le ministre a envoyé des lettres de sommation. Pour mettre les fauteurs de trouble en garde.(…) » Aussi, il reconnait qu’ au débarcadère de Locodjoro, qu’il y a trop de problèmes. « Il y a beaucoup de problèmes parce que des acteurs n’ont pas encore bien cerné ce que c’est qu’un débarcadère qui n’est autre qu’un point de débarquement. Les pêcheurs qui viennent, débarquent et donnent le poisson à toutes les mareyeuses, ils payent les taxes du débarcadère et ils s’en vont. Il y a un problème : les femmes qui sont venus du site d’Abobodoumé disent que le débarcadère est leur propriété et que c’est à cause d’elles qui l’ont construit. C’est ça le problème. Le débarcadère est ouvert à tout le District d’Abidjan sans exception ». Terminant, M. Bakayoko estime que les difficultés du secteur ne sont pas insurmontables mais il faut des moyens pour aider les acteurs. « Il y a des jeunes ivoiriens, ivoiriennes, des femmes qui voudraient y travailler en qualité de mareyeuses, des transformatrices et pêcheurs : il faut les aider. Il nous faut avoir beaucoup d’embarcations, créer des fours de transformation et donner des fonds de roulement aux femmes pour pouvoir acheter du poisson. Car les femmes qui sont en activité n’ont pas assez de moyens. Lorsque nos embarcations arrivent, le poisson est acheté à crédit et elles ne peuvent pas payer. Il nous faut donc un fonds de roulement. (….) Il faut des agences de pêches et de l’aquaculture à travers le pays » conclu- t-il.

Bamba Mafoumgbé,

Légende photo : Bakayoko Mamadou, président de la Fédération nationale des sociétés coopératives des acteurs de la filière pêche de Côte d’Ivoire ( Fenascoop-Ci) : « Le débarcadère Mohamed VI est ouvert à tout le District d’Abidjan »
In le Temps du mercredi 24 juin 2020