Prix bord champs: Cacaco 825 Fcfa, Kg;  Café  700 Fcfa Kg,  Hevea 275 Fcfa; Anacarde 350 Fcfa

dimanche 11 avril 2021
sys bannière
Finances Publiques
Interviews

Interviews (52)

Latest News

Interview / Production animale et ressources halieutiques en Ci// « Nous allons faire des efforts pour permettre aux ivoiriens de disposer d’un minimum(…) »

mercredi, 10 avril 2019 21:25 Written by

M. Kobenan Kouassi Adjoumani était l’invité de « Rti1 reçoit » le mardi 09 avril 2019. Ce autour du thème: « Politique de production animale et halieutiques : Acquis et perspectives pour l’autosuffisance en Côte d’Ivoire »
Monsieur le ministre, quel est l’Etat des lieux de l’élevage aujourd’hui en Côte d’Ivoire?
Il faut reconnaitre que, comme l’a dit Feu Felix Houphouët, le succès de la Côte d’Ivoire repose essentiellement sur l’agriculture. Lorsque nous parlons d’agriculture, il y a le volet végétal et le volet ressources animales et halieutiques. De 1972 à 1973, il y a eu la longue sécheresse qui a frappé les pays du sahel ; et le Président Felix avait pris l’engagement de décréter l’élevage comme étant une priorité nationale. A ce titre, il a mis en place des structures d’encadrement, tel que la Sodepra, pour pouvoir développer l’élevage en Côte d’Ivoire quoique notre pays n’avait pas pour vocation l’élevage. Donc, nous ne sommes pas un pays à vocation pastorale. Malheureusement, en 1993, ces structures d’encadrement ont disparu, en raison des contraintes que nous avons connues. A l’occasion de ce que vous savez, il fallait restructurer nos différents organes concernés par le développement de différents secteurs d’activités. Et avec le Président Alassane Ouattara, dès qu’il a accédé au pouvoir en 2011, il nous a autorisé de mettre en place un plan stratégique de développement de la pêche, de l’élevage et de l’aquaculture. En ce qui concerne le volet élevage, il faut considérer que nous avons, d’une part, les filières volailles, porcins et viande bétails. La filière bétail est composée de deux types, les gros ruminants et les petits ruminants. Les gros concernent les bovins, les petits sont les caprins et les ovins. Lorsque vous tenez compte de nos statistiques, nous sommes passés de 2011 à aujourd’hui, à plusieurs étapes. En 2011, notre production était de l’ordre de 47.000tonnes équivalent carcasse, en ce qui concerne les viandes et les abats. Aujourd’hui, nous sommes à 63.000tonnes, soit une progression de l’ordre de 33%. Cela veut dire qu’il y a un bon prodigieux qui a été fait. Malheureusement, nous n’arrivons pas à couvrir l’ensemble de nos besoins. Nous sommes à 48% contre 52%. Cela veut dire qu’il y a eu déficit. Et ce déficit est comblé par les importations d’animaux vivants qui nous arrivent pour la plupart du Mali et du Burkina Faso. Dans tous les cas, nous avons mis en œuvre une politique de développement qui nous permet aujourd’hui d’atteindre progressivement nos objectifs. Au niveau de la Côte d’Ivoire, nous avons des stations d’élevage et nous avons une structure d’encadrement au niveau de ces stations d’élevage qu’on appelle Progirs, qui est un projet intégré de gestion des rentes et stations. Avec la crise que nous avons connue, ces rentes ont été décimées. Nous étions en 2002, à plus de 25.000 têtes de bovins ; malheureusement, après la crise, nous avons constaté qu’il n’en restait que 400 têtes. Et même ces 400 c’était des bovins devenus sauvages, puisqu’on allait les prendre, tirer sur ces animaux et ça été une lourde perte pour la Côte d’Ivoire. Nous avons, donc, tenté de délocaliser ces stations en mettant en place une station d’élevage du coté de Yamoussoukro et une autre à Toumodi. Nous avons décidé de faire du repeuplement en achetant des animaux et en essayant même de faire des croisements. Parce que l’objectif que nous visions était de faire en sorte que la Côte d’Ivoire dispose d’animaux performants. C’est en cela que nous avons fait venir des animaux d’Europe et nous avons fait des croisements, sur la base de ceux-ci, nous avons eu des animaux performants que nous mettons à la disposition d’autres structures d’encadrement tel que Padeci qui est un programme de développement de l’élevage en Côte d’Ivoire. C’est-à-dire que nous produisons et après nous mettons à la disposition des éleveurs des noyaux de bovins, comme par le passé. Avec le Président Alassane, nous avons connu un succès ; même si les objectifs ne sont pas complètement atteints.
Aujourd’hui pouvons-nous considérer que l’élevage est encore une priorité, parce qu’on ne voit pas ce qui a remplacé la Sodepra ?
Je vous parlais du plan stratégique de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture. Ce plan est une déclinaison partielle du Pnia et nous avons prévu dans le cadre de ce plan, deux structures d’encadrement, présentées sous forme d’agence. L’agence d’encadrement de l’élevage en Côte d’Ivoire et une autre qui l’agence qui s’occupe de la pêche et de l’aquaculture. La disparition de la Sodepra, a été fatale pour la Côte d’Ivoire en ce qui concerne l’élevage. Autrefois, dans les villages, on voyait des agents de la Sodepra venir faire des vaccinations. A l’époque, l’on allait attraper soi-même les animaux pour les mettre à leur disposition. Et cet encadrement a disparu. C’est vrai qu’il y a l’Anader qui tente de faire ce qu’elle peut, mais est ce qu’aujourd’hui, nous ne pouvons pas aller au-delà de cette imagination pour mettre en place une politique adaptée qui tienne compte des réalités du moment. Donc, c’est ce travail que nous nous attelons à faire. Mais vous n’allez pas non plus dire que au niveau de la Côte d’Ivoire nous constatons de la pénurie, Nos marchés sont abondamment fournis, il suffit de s’y rendre pour se rendre compte de cette évidence.


Mais c’est fourni parce qu’il y a une bonne partie du bétail qui est importée !

Nous parlons, pour l’heure, de la filière bétail- viande. Mais nous disons que notre pays n’a pas de vocation pastorale.

Pourquoi est-ce que vous dites cela ?

Parcequ’ à un moment donné, l’on s’est plus intéressé aux productions végétales, le café, le cacao, ….

Ne peut-on pas inverser cela ?
On est en train d’inverser
Mais cela ne se sent pas vraiment ?
Vous avez mangez du poisson aujourd’hui, de la viande…
Souvent importé !
Pour l’heure nous en sommes à la filière bétail viande, mais tel que j’ai dit et soyez rassuré il y a des agences qui seront créées et qui vont permettre de booster notre élevage. Vous voyez que nous avons un salon de l’agriculture et souvent même nous effectuons des déplacements à l’extérieur pour cela. Nous avons fait venir des animaux, nous procédions par insémination artificielle. L’objectif c’est de pouvoir produire abondamment ; Aujourd’hui, rendez-vous dans nos stations, vous verrez que nous avons fait venir des animaux et effectuer des croisements avec la race locale qui sont des animaux rustiques et qui s’adaptent bien à notre climat. Mais, lorsque vous prenez les résultats que nous avons ici et que vous les comparer aux résultats de l’Europe, ils sont presque identiques. Et ici, nos animaux produisent un litre à deux litres de lait par jour par exemple, mais avec les croisements nous sommes à douze litres de lait par jour. Donc, il y a une avancée notable dans ce domaine. En matière d’animaux par rapport à la performance mentionnée plus tôt, suite aux croisements que nous faisons. Prenez un animal qui a le même âge que la race locale et un animal issu des croisements, lorsque vous les élevez, vous les mettez dans les mêmes conditions d’élevage, au bout de deux ans vous allez faire le constat que l’animal issu du croisement a plus de 200 kg de différence que l’animal local. C’est dire qu’il y a des efforts qui sont en train d’être faits.


Est-ce que la Côte d’Ivoire peut faire face à la dépendance de l’extérieur et de l’Intherland ?
Tout à l’heure, lorsque je parlais, j’ai fait allusions à ce que nous produisions et au niveau de ce que nous étions en 2011. Je vous ai dit que nous étions à 47.mille, aujourd’hui nous sommes à 63000tonnes et je vous ai dit qu’il y a 33% d’augmentation des productions. Mais voyez-vous, tout à l’heure, vous avez eu la chance de voir toutes ces stations qui n’existaient pratiquement plus et c’est en 2011 jusqu’à maintenant que nous avons procédé à leur réhabilitation. L’on a parlé de 10 stations d’élevage en Côte d’Ivoire. En son temps le Président Felix avait financé toutes ses stations à hauteur de 170 milliards de F Cfa. Elles ont été décimées. Le Président Alassane est arrivé, nous avons fait d’un programme de gestion de ses stations et aujourd’hui nous en sommes à ces résultats. Je vous dis qu’en 2011. Lorsque nous sommes allés sur le terrain, la station bovine de Béoumi n’existait pratiquement plus. Même les toits des maisons avaient été enlevés, cela veut dire qu’il y a une réhabilitation qui est en train d’être faite. Autrement dit, le gouvernement a pris à bras le corps cette question. Parce qu’autrefois on donnait des noyaux de bovins pour commencer. Il y a eu les différents témoignages des personnes bénéficiaires de ces projets. Mais c’est progressivement que nous allons atteindre nos objectifs. Nous sommes allés au-delà de nos espérances.
Vous parlez de progrès, mais le Plan stratégique, c’est 2014-2020 et à l’intérieur en 2020 nous devons atteint les objectifs. Or ici nous constatons que nous sommes très loin des objectifs. Que dites-vous ?
Le Plan stratégique ne nous dit pas qu’au bout de 2020, nous allons être auto-suffisants en protéines animales.
Mais ce sont les objectifs…
Nous allons faire des efforts pour permettre à la Côte d’Ivoire de disposer d’un minimum, pour faire face au besoin des ivoiriens.
Mais nous ne parlons pas de minimum, nous parlons d’atteintes des objectifs de l’autosuffisance
Oui, mais c’est progressivement qu’on va le faire.
Selon vous quand est ce que nous pourrons arriver à l’autosuffisance?
C’est ce que nous sommes en train de faire. Le Président Houphouët a toujours été le chantre de cette notion Après lui, des personnes sont arrivées, mais on n’a jamais atteint cet objectif, on ne peut pas dire qu’aujourd’hui d’un coup de baguette magique ça va se faire automatiquement.
Qu’est ce qui manque donc, Est-ce le financement ?
Ca dépend. Il y’a le problème de financement parce qu’aujourd’hui aucune banque n’est prête à financer le secteur de l’élevage.
Mais pourquoi ?
Il y a des programmes qui sont là. Allez-y demander aux opérateurs économiques. Même quand ils disposent d’élevage, qu’ils font des demandes pour qu’on leur mettent à disposition des moyens, cela ne marche pas. C’est pour cela que dans le cadre du Ppp, nous entendons relancer l’élevage en Côte d’Ivoire. Dieu merci aujourd’hui la Côte d’Ivoire est éligible au code d’investissement. Et je crois que lorsque les opérateurs vont venir en Côte d’Ivoire, ils trouveront qu’il y a des moyens qui sont mis en place pour faciliter leur insertion.
L’accès au financement est l’un des éléments du Plan stratégique dont vous parliez tout à l’heure. Alors comment Est-ce que vous vous arrangerez pour que les banques soient rassurés parce que si es banques ne prêtent ni n fiancent, c’est parce qu’elles constatent que peut être que les organisations fonctionnelles du secteur ne sont pas assez fiables ou solides ? Alors quel soutien l’Etat leur apporte pour qu’elles puissent bénéficier de financements ?
D’abord, au niveau de notre ministère, il ya des projets de développement dont je vous ai parlé. On a même installé des éleveurs avec les moyens que l’Etat met à notre disposition. Je vous ai parlé de repeuplement au niveau de nos différentes stations. Mais, lorsque nous faisons du repeuplement, nous les mettons à la disposition du Padeci. Mais, on ne peut pas tout faire d’un coup, il faut le faire progressivement. Mais quand vous voyez l’évolution qui a été faite de 2011, jusqu’à maintenant vous pouvez être rassurés que d’ici 5 ans ou 10 ans cet objectif peut être atteints ; C’est un plan qu’on a mis en place pour initier quelque chose et nous ne disons pas qu’au bout de ce plan, nous allons atteindre forcement l’autosuffisance en protéines animales.
Concernant la filière porcine et avicole, pouvez-vous dire que l’objectif est atteint?
La viande de porc est la troisième viande la plus consommée en Côte d’Ivoire. Et il faut dire qu’au niveau mondial, la viande porc est la plus consommée. 115 millions de T. Mais, en Côte d’Ivoire, comme je vous l’ai dit en 1996, il y a eu la peste porcine africaine qui a décimé nos élevages. Et c’était plus de 17 millions de F Cfa Il n’y a pas longtemps, il y a eu la peste porcine au niveau de San-Pedro, nos services sont intervenus efficacement pour éradiquer la maladie. Et plus tard après en 2017, c’était au tour de certaines localités du nord d’être touchées de cette maladie. Nous avons fait des efforts aussi, et chaque fois, l’Etat de Côte d’Ivoire est intervenu pour indemniser de façon partielle ces éleveurs. Mais aujourd’hui par la grâce de Dieu, nous avons mis en place vers Agboville une structure de développement de la filière porcine, à travers l’amélioration génétique qui fait qu’aujourd’hui nous avons pu distribuer 200 corps aux éleveurs, pour faire de la multiplication et je crois que tout à l’heure lorsque nous avons fait le point avec nos services, nous avons vu qu’il ya des efforts qui sont faits à ce niveau. Mais, il y a des grands éleveurs au niveau de la Côte d’Ivoire qui font des prouesses dans le domaine de la filière porcine. Mais, il faut que les ivoiriens s’intéressent à la viande de porc. Généralement, on dit la viande de porc n’est pas une bonne viande, alors que c’est l’une des meilleures viandes au monde, parce qu’il n’y a pas de graisse. Il faut dire que la graisse n’atteint pas la chair. Vous allez trouver la graisse au-dessus et lorsque vous enlevez la graisse, tout ce qui est en dessous, constitue la viande blanche. Et c’est cette viande qui mérite d’être connue, c’est pour cela que nous avons installé des structures ‘’Gaby Show’’, dans 8 localités du pays, en particulier à Yopougon, pour vulgariser la Consommation de la viande de porc. En ce qui concerne cet animal, c’est un élevage à cycle court, donc, vous ne pouvez que réussir parce que la multiplication est nette. Et on n’a pas besoin d’une truie et d’un mâle pour pouvoir atteindre l’objectif qu’on escompte, il suffit seulement d’avoir un mâle et deux femelles pour qu’au bout d’une année, on ait une production assez importante.
Les ivoiriens ne s’intéressent-ils pas à la viande de porc ?
Ils s’y intéressent ; mais il y a des tabous qui font que d’autres ne la consomment pas.

3- M. Seydou Traoré à Man ne comprend pas pourquoi notre pays importe la viande alors que nous avons les potentialités pour élever mes animaux sur place


L’un des intervenants a parlé d’agrément, c’est vrai que vous avez vu qu’il y a des élevages anarchiques qui se font partout. Vous allez dans un village, vous voyez des fermes qui se créent. Et à un moment donné de 2012 à 2014, nous avons procédé au recensement de l’ensemble des élevages en Côte d’Ivoire et également des éleveurs. L’objectif, c’est de savoir qui fait quoi dans le domaine des élevages au niveau de la Côte d’Ivoire et dans le cadre de la loi que nous avions adopté en ce qui concerne la loi sur la transhumance et le déplacement de bétail, il y a des dispositions qui vont nous permettre d’appliquer certaines règles. Parce que ne vient pas à l’élevage qui veut. Il faut d’abord s’assurer que l’espace même qui doit accueillir les animaux est un espace propice à cela. Et nous avons les services vétérinaires qui font ce travail. Donc, si vous voulez faire ce travail, vous venez à nos services, il y a les directions centrales qui sont là. Il y a la direction de l’élevage, il y a la direction des services vétérinaires, vous venez, ils vont vous orienter et vous dire ce qu’il fait faire pour atteindre l’objectif que vous visez. Donc, à ce niveau, ce sont ces réponses que je peux donner.
Est-ce qu’au niveau de notre ministère, il y a des appuis ? Vous avez vu avec l’élément (vidéo) qui est passé que Padecia installé de jeunes éleveurs. Mais, nous n’installons pas n’importe qui. Il y a des critères durs. Mais si vous remplissez ces critères, il n’y a pas de raison qu’on ne puisse intervenir pour vous aider. Mais, les moyens aussi sont limités parce que l’Etat fait des efforts dans plusieurs domaines d’activités. On ne va pas seulement donner tous les moyens à notre ministère pour faire face aux besoins de tous ceux qui veulent faire de l’élevage. Il y a des gens qui commencent, nous pouvons les appuyer, en développant leur élevage. Mais, ceux qui ne disposent de rien et qui s’adressent à nous, nous faisons aussi des études pour voir s’ils sont éligibles ou pas. Et puis, en la matière, ce n’est pas seulement dans le domaine d’élevage de bovins, il y a aussi l’élevage dans la filière volaille, avec des structures qui sont là telles que le projet de relance à la filière avicole et il y a un fonds de garantie qui permet aussi d’installer des jeunes qui veulent s’adonner à l’élevage. Il suffit de venir au niveau de notre ministère, des indications vont être données pour permettre à chacun d’être situé sur les différents appuis que nous donnons au niveau de notre ministère.
Nous avons vécu des crises sanitaires qui ont traumatisé les ivoiriens. Et comme quelqu’un l’a dit est-ce que vous pouvez nous rassurer que la qualité de la viande ne pose pas de problème ?
Il n’y a pas longtemps, nous avons vu sur les réseaux sociaux des images qui étaient présentées comme émanant de l’abattoir de Port-Bouët. Nous y sommes allés et nous y avons fait un reportage que vous avez présenté (la télévision nationale) et cela a fermé le caquet à tous nos détracteurs. Même quand on n’aime pas l’antilope, il faut admirer sa course. Qui pouvait croire que l’abattoir de Port-Bouët pouvait connaitre un tel résultat. Mais, la réhabilitation de cet abattoir a obéi à plusieurs étapes. D’abord, il y avait le parc à bétail, les petits ruminants comme les gros ruminants. Tout a été réhabilité. Après, nous avons réaménagé l’espace boucherie. Quand vous y êtes allés, vous avez vu que désormais chaque boucher a un domaine dans lequel il opère, et bien aménagé et bien entretenu aussi. Aujourd’hui, nous sommes au niveau de l’abattage des animaux. Avec tout ce dispositif que vous venez de voir, ce sont des efforts qu’il faut saluer. Le président de la République, Sem Alassane Ouattara et le Premier ministre sont au travail. Et nous voudrions profiter de ce micro pour leur dire merci de nous avoir permis d’atteindre ce résultat. Et dire merci aussi au gouverneur (du district d’Abidjan) M. Mambé (Beugré) qui dans le cadre du partenariat public-privé a pu permettre que nous ayons une telle structure au niveau de la Côte d’Ivoire. Vous avez dit aussi qu’il y a des abattoirs qui ne respectent pas les normes, c’est vrai. Mais ne pouvons pas tout faire à la fois. Et il y a un autre abattoir qui va être construit au niveau d’Anyama, l’abattoir Abidjan-Anyama, mais qui va bouleverser les donnes, parce que c’est un abattoir ultra-moderne qui va être érigé…
Sur l’abattoir de Port-Bouët, c’est encore en projet, cela veut dire que vous n’y avez pas encore abattu les animaux là-bas… donc la viande qu’on consomme… ?
Les animaux sont abattus là-bas, mais dans les mêmes conditions que ce que vous avez vu dans les abattoirs qui n’existent même pas… vous avez vu tout à l’heure les animaux qui sont trimballés d’ici et là, ce n’est pas à l’abattoir de Port-Bouët.
A quel moment, cet abattoir va être ouvert, ce site ultramoderne, à quel moment va-t-il être ouvert ?
On a presque fini. Vous avez vu. Bientôt, nous allons procéder à son inauguration. Vous avez vu qu’au niveau de l’espace boucherie, il y a eu un travail qui a été fait…
17 milliards investis, est-ce que ça ne fait pas craindre une hausse des prix du kilogramme de la viande ?
Moi, je ne parle pas de prix. Je suis là en tant que ministre des ressources animales et halieutiques. L’objectif de mon ministère, c’est d’approvisionner le marché suffisamment… pour que les prix soient bas. Mais quant aux prix, il y a un autre ministère qui s’en charge
Mais vous êtes quand même celui qui investit 17 milliards Fcfa
Pour cela, je voudrais rendre à César ce qui appartient à César. J’ai dit que c’est dans le cadre d’un partenariat public privé. Le district d’Abidjan a la tutelle financière des abattoirs. Et je profite de l’occasion pour dire que dès qu’on voit des difficultés au niveau des abattoirs, c’est notre ministère qui est indexé. Mais depuis 1986, il y a eu transfert de compétences. Et donc les abattoirs sont gérés par les communes et le district d’Abidjan pour ce qui concerne Abidjan. Nous ne sommes pas les gestionnaires des abattoirs. Tout ce que nous faisons, c’est que nous avons nos agents qui y vont pour faire les inspections et également pour vérifier si tout obéit aux normes. Sinon la tutelle financière, ce sont les mairies et ce qui concerne l’abattoir de Port-Bouët, c’est le district (d’Abidjan) qui en est le gestionnaire. Nous affectons des agents pour y travailler. Mais soyez rassurés, tout ce que nous consommons est inspecté par nos services. Bien sûr, si vous allez acheter de la viande issue des abattoirs ou de l’abattage clandestin, bien sûr que nous ne pouvons pas prendre cette responsabilité.
Mais les consommateurs ne peuvent pas le vérifier, ils ne peuvent pas savoir d’où provient la viande ?
Si quelqu’un décide d’abattre les animaux sans savoir comment mes services peuvent le savoir. Nous avons des services homologués.
Est-ce qu’il y a des saisies quand on découvre de la viande issue de l’abattage clandestin ?
Il y a toujours des saisies. Quand la viande présente des anomalies. Si on constate que l’animal a tel ou tel défaut… la viande ne va pas à l’abattoir
Est-ce que le ministère sait qui approvisionne les marchés notamment le marché Bagnon de Yopougon. Est-ce que le viande provient de Port-Bouët ou d’ailleurs, est-ce que le ministère en sait plus…
Je suis en train de vous dire que dans les abattoirs la viande est abattue. Mais si vous allez dans la broussaille pour abattre votre animal, moi en tant que ministre, je n’ai pas un don pour pouvoir détecter tous les sites anarchiques qui existent en Côte d’Ivoire…
Mais le ministère devait avoir des agents qui veillent à cela
Mais, nous avons des agents qui sont au niveau des sites reconnus. Mais, les agents ne peuvent pas aller dans la broussaille pour savoir qu’est-ce qu’on y fait
A quel degré donnez-vos une garantie à un consommateur que le produit qu’il va consommer ne lui créera aucun problème
Il faut que nous nous disions la vérité. Depuis 2011, jusqu’à maintenant, dites-moi à quel moment on a parlé de contamination dû au fait de l’insécurité alimentaire due aux animaux ou aux produits halieutiques. Parce que par exemple, il s’agit de l’importation de viande, avant même que le produit n’arrive, il y a des certificats sanitaires qui sont délivrés qui accompagnent le produit. Lorsque le produit arrive ici, il y a des prélèvements qui sont faits, qui sont analysés dans nos laboratoires et une fois que le produit peut être consommé, on délivre des certificats de salubrité. C’est ce qui existe partout dans le monde. Et en Côte d’Ivoire, nous ne sommes pas en marge de cela. Même aujourd’hui, tous les produits que vous consommez, vous devez vous dire que de la production jusqu’à la consommation finale, à tous les étapes, nos services veillent au grain, font des inspections. Et sur la base des inspections que le produit est mis sur le marché.
Je pose la question parce que je me disais quelles dispositions vos prenez pour assurer la sécurité alimentaire. Parce que des fois comme si pour la grippe aviaire ou la peste porcine vous avaient surpris
Ce sont des maladies animales qui existent. A tout moment, il peut avoir des alertes sanitaires. Et nous avons des équipes qui dans le cadre de ces alertes épidémiologiques jouent aussi leur rôle. Dès que nous constatons la survenue d’une maladie dans un secteur tel que la filière de volaille ou la peste porcine africaine, mais les équipes vont circonscrire les zones concernées par la maladie. Quand il s’agit de la volaille, on procède d’abord par des abattages pour ne pas que la maladie se propage. C’est la même chose pour les porcs. Soyez rassurés ! Mais une fois que cela est fait, il y a la désinfection qui est faite. Et nous veillons à ce que les produits ne puissent pas être déplacés dans d’autres localités. Vous avez vu que nous avons étouffé la grippe aviaire. Nous avons également éradiqué la peste porcine africaine. C’est comme l’Homme, à tout moment, on peut tomber malade. Masi à chaque fois qu’on tombe malade, nous allons à l’hôpital, on nous soigne, quand on est guéri, on nous demande de faire attention et c’est ce que nous faisons concernant les animaux.
Est-ce que le ministre à une politique de construction d’abattoir moderne dans les grandes régions de Côte d’Ivoire à l’image de celui de Port-Bouët ?
Je vous l’ai dit, le ministère des Ressources animales et halieutiques n’a pas en charge la gestion des abattoirs ; donc, ce n’est pas le ministère qui a la gestion des abattoirs. Ce sont les mairies qui doivent, en réalité, construire les abattoirs et en la matière, il y a des mairies qui l’ont fait. Mais, il y a aussi des promoteurs qui sont le domaine de la filière bétail qui, également, construisent les abattoirs. Quand vous allez à Ferké, il y a un abattoir ultra-moderne qui est construit par des italiens. Vous allez à Jacqueville, c’est la même chose. Notre ministère ne dispose pas des moyens conséquents pour construire des abattoirs. Même si on a des moyens, notre vocation n’est pas de construire des abattoirs qui ne sont pas sous notre tutelle. La tutelle technique, c’est le ministère des Ressources animales, mais la tutelle financière, ce sont les mairies, c’est le District d’Abidjan, il n’empêche que nous travaillons en collaboration.
Absolument, c’est comme cela que nous avion compris, mais nous posions la question de savoir, en tant que premier responsable du département, est-ce que si vous sentez le besoin vous pourrez attirer l’attention de ceux qui, techniquement, pourraient construire cela ?
Oui, mais justement ! C’est pour ça, je dis que dans le cadre d’un partenariat public privé. Mais quand on doit construire un abattoir, ce sont nos services qui vont pour faire des inspections. Une fois que l’abattoir est construit, ce sont nos services qui, également, vont réceptionner l’outil pour savoir s’il répond aux normes internationales.
Nous allons parler maintenant de la productivité de la pêche en Côte d’Ivoire. M le ministre, c’est le troisième point. Il manque du poisson en Côte d’Ivoire ?
Je ne sais pas s’il manque du poisson en Côte d’Ivoire. Le poisson est la protéine la plus consommée en Côte d’Ivoire…
Oui, mais il manque souvent du poisson.
Sur le marché, il y a du poisson. Est-ce que ce poisson que nous consommons provient de la production locale ou bien provient d’ailleurs ? Je crois que cette question que vous devriez, plutôt, me poser.
Mais justement, c’est de cela qu’il s’agit.
Moi, je vais vous faire savoir que, à chaque fois, où nous étions et au moment exact, où nous sommes arrivés. En 2011, notre production locale, en matière de ressources halieutiques, était dans l’ordre de 49.000 tonnes. Aujourd’hui, nous en sommes à 101.000 tonnes. Voyez donc un autre bond prodigieux qui a été fait. Mais cela ne permet pas de couvrir les besoins au niveau national. La différence, ce sont les importations. Mais quelle est la politique que nous mettons en place pour mettre fin aux importations ?
Et qu’est-ce que vous faites pour mettre fin aux importations ?
D’abord c’est d’attirer les investisseurs à venir en Côte d’Ivoire ; donc, une porte est ouverte grâce à laquelle ils peuvent arriver et il y a des facilités qui sont données. Vous voyez, notre flottille au niveau local est vieillissante et ça ne nous permet pas de pêcher convenablement. Dieu merci, nous avons des accords de pêche avec l’Union européenne qui vient pêcher dans nos eaux et, en compensation appuie la Côte d’Ivoire à développer la pêche et l’aquaculture qui sont des domaines privilégiés. Nous avons également la pêche artisanale qui ravitaille nos marchés. La pêche artisanale se fait en mer, en lagune, elle se fait de façon continentale ; c’est-à-dire, dans les fleuves, dans les lacs et dans les barrages. Mais la production ne peut pas suffire pour tous ivoiriens, c’est pour cela que nous sommes tenus de faire de l’importation.
Monsieur le ministre, sur la question de la pêche, on a ouvert le débarcadère Mohamed VI, aujourd’hui quel bilan faites-vous de cet ouvrage qui a été mis en place ?
D’abord, nous avons deux débarcadères qui ont été construits par sa Majesté le Roi Mohamed VI, que Dieu l’assiste. Nous sommes allés au Maroc, car le souci du Président de la République, c’est qu’il ait une coopération Sud Sud. Et dans le cadre de cette coopération, nous avons pu bénéficier d’abord du débarcadère de Locodjro qui a été construit, et après le débarcadère de Grand-Lahou. L’objectif de ces débarcadères, c’est de pouvoir d’abord rentabiliser la pêche au niveau de la Côte d’Ivoire. Parce que, figurez-vous, il y a des outils précieux qui y sont. Il y a des chambres froides, il y a des fours améliorés pour le fumage des poissons, il y a également toutes les dispositions qui sont prises pour permettre aux consommateurs de disposer de poisson de qualité et en abondance.
Mais est-ce que vous êtes informés que les dames qui y sont parties ont fui le coin ?
Elles n’ont pas fui. Nous avons des problèmes de ravitaillement de marché parce que les pêcheurs qui avaient leurs habitudes d’aller déverser le poisson à Abobodoumé font de la résistance. Nous avons négocié pour que ces pêcheurs-là arrivent, mais ils ont posé des conditions. Sur la base des conditions posées, nous avons introduit au Gouvernement une communication qui, bientôt, va régler leur problème.
L’un des problèmes, c’est la présence de la base navale. Il semble que les marins trouvent que, ce n’est pas sécurisant pour eux que les pirogues des Fanti passent devant leur base tous les jours ?
En tout cas, je n’en ai pas connaissance. Tout ce que nous savons, c’est que les pêcheurs avaient des engagements avec les populations d’Abobodoumé, donc en abandonnant le site d’Abobodoumé au profit du nouveau site, il y a des manques à gagner qu’il faut régler. C’est ce que nous sommes en train de régler. Par ailleurs, il y a d’autres opérateurs économiques qui veulent ravitailler ces débarcadères-là. Nous sommes en train d’y travailler et très bientôt, vous aller voir. Dans tous les cas, il y a toujours eu des réticences au départ. Mais progressivement, les choses vont s’arranger. Moi, j’étais au Maroc, ils sont partis d’un débarcadère, aujourd’hui ils sont à 42 débarcadères. Nous, nous avons commencé par un, nous sommes à deux. Et aujourd’hui, le Japon est en train de nous construire un autre débarcadère à Sassandra, c’est dire que, progressivement les choses vont s’arranger et très bientôt, toute la Côte d’Ivoire ira à Locodjro s’approvisionner en protéines halieutiques.
Le site d’Abobodoumé, considéré comme insalubre, continue de fonctionner ?
Oui, mais… Quand vous dites considéré comme insalubre…Avant, l’avènement de ce débarcadère-là à Locodjro, c’est là-bas que tout le monde partait. Mais il y a aussi des services qui sont là-bas qui vont des inspections des produits halieutiques. Et nous avons même avec la Fao nous avons mis des fours Fao –Thiaroye dont l’objet est de fumer le poisson dans des conditions vraiment saines.
M. le ministre est-ce qu’aujourd’hui, sur la pêche, la Côte d’Ivoire peut garder son leadership ; parce que, vous ne le dites pas suffisamment, tout à l’heure on parlait de déficit, mais vous parlez très peu de la pêche illicite qui a un impact incroyable. Jusqu’à présent, vous n’arrivez pas à faire face à cela ?
Mais, la pêche illicite est un drame pour toute l’Afrique et même pour le monde. Il y a des bateaux-pirates qui viennent pêcher dans nos eaux sans moyen de disposer d’une autorisation. Au niveau de la Côte d’Ivoire, avec les accords de pêche que nous avons avec l’Union européenne, nous avons mis en place, un système de surveillance satellitaire. Aujourd’hui, lorsque nous sommes dans nos bureaux au niveau des services des pêches, nous sommes à mesure de détecter tous les bateaux-pirates qui sont dans nos eaux et qui pêchent le poisson de façon frauduleuse. Dieu merci, le président de la République, S.E Alassane Ouattara, a mis à la disposition de la Côte d’Ivoire, quatre bateaux patrouilleurs, quatre navires patrouilleurs. Cela veut dire quoi ? Aujourd’hui, lorsque vous pêchez de façon illicite dans nos eaux, que vous êtes détecté à partir de notre système de surveillance, ces bateaux-là peuvent vous poursuivre. Et nous travaillons de concert avec la marine nationale. Il n’y a pas longtemps, nous avons fait des opérations de surveillance de nos eaux, et nous avons contrôlé cent (100) bateaux. Et 20 ont été arraisonnés qui ont payé des amendes de l’ordre de 120 millions Fcfa. Cela ne pouvait pas se faire. C’est pour cela je dis que le travail du Gouvernement, ce n’est pas seulement dans le domaine des routes, de la santé avec des bâtisses qui sont érigés par-ci, par-là, mais le président de la République travaille également dans tous les secteurs d’activité y compris le nôtre.
M. le ministre, quelle est la politique pour le développement de l’aquaculture en Côte d’Ivoire ; parce que j’attendais autre produit que le poisson, alors que le Brésil vous a tendu la main, nous en avons encore souvenance ; quelle est la politique que vous avez mis en place aujourd’hui ?
Plus que des mots, la politique est là sous vos yeux. Vous voyez, ce qui me plait dans cette émission, c’est que certes, nous répondons à vos questions, mais nous faisons l’effort de vous ramener sur le terrain et de vous permettre de faire le constat des réalisations qui ont été faites sous la gouvernance du Président Alassane Ouattara. Voyez-vous toutes ces stations d’alevinage n’existaient pratiquement plus avec les différentes crises qui sont intervenues. Mais nous sommes en train de les réveiller et pouvoir produire en quantité suffisante des alevins que nous allons mettre à la disposition des pisciculteurs et des aquaculteurs. Vous avez parlé de Brésil, en 1972, le Président Houphouët-Boigny a mis à la disposition des Brésiliens des Tilapias souche Bouaké. Ces Tilapias ont été développés sur la base des technologies appropriées et au bout de six mois, le Tilapia peut atteindre 1 Kg. Mais lorsque nous sommes allés au Brésil, le ministre m’a dit que les Tilapias dont ils sont bénéficiaires sont arrivés de la Côte d’Ivoire. Mais comme ils ont le monopole en matière de développement du Tilapia, ils allaient nous rétrocéder les Tilapias que la Côte d’ivoire a donnés en son temps. Et ces Tilapias ont été aéroportés par le ministre lui-même. Il est venu avec 2.400 Tilapias que nous avons confié au Cnra Bouaké, puisque nos stations que vous avez vu-là, pratiquement n’existaient pas. C’était après les crises. C’est après que nous avons pu procéder à leur réhabilitation. Aujourd’hui, nous sommes à des millions de Tilapias souche brésilien. Tenez-vous bien ! Le Ministre Brésilien nous a dit que, les mêmes Tilapias ivoiriens qui sont partis au Brésil, ce sont ces Tilapias-là qu’on a donné aux chinois. Aujourd’hui, on parle de carpe chinoise, mais la véritable origine, c’est la Côte d’Ivoire. Ce que je suis en train de vous dire est d’autant plus important qu’aujourd’hui, avec nos stations d’alevinage, nous sommes en train de faire de la vulgarisation, de la multiplication. Et nous allons multiplier ces alevins pour les mettre à la disposition des pisciculteurs, des aquaculteurs et nous allons même empoissonner nos lacs, nos fleuves à partir de ces tilapias. C’est ce que le Brésil a fait pour atteindre ce résultat. Dieu a fait que la Côte d’Ivoire a des fleuves, un plan d’eau extraordinaire et à partir de ces productions que vous voyez-là, empoissonner nos eaux. Il va arriver un moment où nous allons atteindre notre autosuffisance en protéines halieutiques.
On ne peut pas ne pas parler de volaille. M le ministre, il est presqu’inconcevable que la Côte d’Ivoire aille chercher dans des pays autour de nous (sans citer) du poulet. C’est inacceptable pour les ivoiriens, on consomme du poulet tous les jours ?
Je crois que, il faut suivre l’actualité. S’il y a un domaine dont nous sommes fiers, c’est bien dans la filière volaille qui a connu un véritable bond. Voyez-vous, avec le plan stratégique de développement avicole que nous avons mis en place, l’objectif c’était en 2020, 60.000 tonnes. Mais, nous sommes aujourd’hui en 2019, à 61.000 tonnes de production au niveau de la filière volaille. C’est dire qu’à ce niveau, nous avons vraiment un succès. Nous sommes à 96 % de notre couverture, au niveau des œufs nous sommes à 100 %, donc autosuffisant en protéine avicole et au niveau des œufs. En 2011, la consommation par habitant, et par an était de l’ordre de 0,84 Kg, aujourd’hui nous sommes à 2,1 Kg. Or, l’objectif que nous visions à travers notre plan, c’est d’atteindre 2 Kg à l’horizon 2020, nous avons dépassé cette étape. A cela s’ajoute la production traditionnelle qui est de l’ordre de 17.000 tonnes et vous savez que nous avons le projet une femme, un coq 10 poules qui, aujourd’hui, fait des heureux parce que nous avons pu installer 1800 femmes. D’après les résultats obtenus, ces installations doivent être multipliées parce que ces femmes qui en sont bénéficiaires, au bout de six mois de production, ce sont plus de 50.000 Fcfa de bénéfice qui sont générés. C’est dire que, dans le cadre de l’autonomisation de la femme et de lutte contre la pauvreté c’est un domaine privilégié qui peut nous permettre d’atteindre nos objectifs.
M. le ministre, quand on prend votre curriculum-vitae, ministre des Ressources animales et halieutiques depuis les années 2000 vous êtes au même poste ; est-ce que vous n’êtes pas fatigué un peu ? Beaucoup d’homme se posent la même question : Pourquoi lui, tous les jours, à ce même poste ?
C’est parce que grâce à mon essai tu manges tous les jours. Vous mangez le matin, vous mangez à midi, vous mangez le soir. Tout cela est dû à notre ministère parce que nous faisons de la production, de l’approvisionnement. Alors, si mes patrons me laissent à ce poste, c’est parce que quelque part, peut-être, ils estiment que je fais bien mon travail. Mais je rends gloire à Dieu pour cela.
M. le ministre quelles sont les perspectives dans votre département, et en même temps votre conclusion ?
Vous avez vu tout à l’heure tous ces projets que nous sommes en train de réveiller, que ce soit dans le domaine des ressources animales ou dans le domaine des ressources halieutiques il y a un champ d’action qui est très vaste. Les perspectives, c’est de faire de la production intensive afin d’être autosuffisant dans notre secteur d’activité en ce qui concerne toutes les filières. Vous savez, les ressources animales et halieutiques sont d’une importance capitale. Aujourd’hui, le matin, on arrive à manger. A midi, on mange, le soir on mange. C’est une prescription médicale importante, mais qui est naturelle, parce que l’organisme a toujours besoin d’être nourri. Quand vous allez dans les restaurants, le plat de résistance, c’est le poulet, la viande de mouton. Les autres autour ne sont que des accompagnements, allez en Europe, c’est la même chose. Quand vous allez au Salon de l’agriculture en France, le secteur qui attire le plus, c’est le secteur élevage. Je crois qu’aujourd’hui, le Président de la République a compris cet aspect des choses, c’est pour cela qu’il nous donne l’occasion de développer tous les secteurs d’activité depuis l’élevage jusqu’aux productions halieutiques. En la matière, vous avez vu sur le terrain tous ces efforts que font nos agents qui travaillent bien et qui maitrisent leur domaine. Vous avez dit tout à l’heure que je ne suis pas vétérinaire. Mais Dieu a fait que j’ai des agents qui réfléchissent et qui mettent à ma disposition des outils, parce que moi, en tant qu’homme politique, en tant qu’homme d’ouverture, je dois aller à la recherche des moyens pour aller développer notre secteur. Je profite du micro pour remercier le Japon qui, aujourd’hui, est en train de construire un débarcadère et qui a déjà bâti le marché dont le coût est de l’ordre de 17 milliards Fcfa présenté sous forme de don. Mais tout cela est possible grâce au leadership du Président Alassane Ouattara qui ne fait que travailler dans tous les secteurs. Partout en Côte d’Ivoire, tout est en chantier et je crois que l’opportunité que vous nous donnez aujourd’hui de parler des perspectives de notre ministère est salutaire.
Retranscrit par : Le Service Communication du Ministère des Ressources Animales et Halieutiques (SERCOM MIRAH)

 

Pr Kadjo kouamé Alphonse( Université Ao de Bouaké)/ Lutte contre le paludisme « Il faut mettre l’accent sur la gestion de notre environnement »

mardi, 09 avril 2019 09:55 Written by

Nous sommes en plein  dans la saison des pluies. Période propice  à la prolifération  des pandémies  dont le paludisme.   Le Professeur   Kadjo Kouamé,  Médecin  interne et  Directeur du Centre d’Entomologie médicale et vétérinaire   de l’Université Allassane Ouattara  parle aux populations ivoiriennes     Concrètement qu’est qu’on fait exactement au Centre d’Entomologie médicale et vétérinaire,( Cemv) ? Le Centre d’entomologie médicale et vétérinaire   étudie les insectes qui causent  des nuisances aux populations. C’est également l’étude des insectes qui transmettent des maladies aux hommes. Certaines de   ces maladies sont très graves et mortelles.   Nous parlons du paludisme par exemple. Vous savez bien que cette maladie est causée par  la première tueuse au monde ; le paludisme qui est transmis depuis la nuit des temps par  les moustiques. Nous  travaillons également sur  la Trypanosomiase humaine ou la maladie du sommeil est transmise par ce qu’on appelle les mouches Tsé Tsé, les glaucine. Nous avons aussi la cécité des rivières. C’est-à-dire l’Onchocercose. Qui est transmise par  des  simulies.  Egalement, nous avons la fièvre jaune qui a fait que la capitale de la Côte d’Ivoire a  été transférée  à l’époque coloniale, de Grand Bassam à Bingerville. Cette maladie est transmise également par des moustiques d’un type particulier, les  Aedes. Il ne faudrait pas oublier aussi l’Ulcère de Burili que les  spécialistes européens qualifient de   nouvelles lèpres.   Cette maladie est transmise par des insectes aquatiques. Elle va dans  certaines   régions du centre  et de l’ouest, entrainer des ulcérations, disons tout simplement des plaies  delabrentes. 
 Quel rôle  joue votre centre  dans la lutte contre ces maladies ?Disons que  le centre joue un rôle pré- primaire. C’est-à-dire que les chercheurs du centre  vont mettre sur pieds, des stratégies pour agir sur les vecteurs. Quand par exemple vous distribuez des moustiquaires imprégnés, c’est moustiquaires  empêchent le moustique d’atteindre les populations donc, il n’y a pas de maladie.  Notre rôle est de trouver  toutes les stratégies visant à empêcher le contact entre  les vecteurs  qui transmettent les maladies et l’Homme.  En principe, la prévention devrait être notre cheval de bataille. Puisque l’Afrique n’  a pas encore les moyens pour soigner ses malades.   Qu’avez-vous fait pour lutter contre la mouche de fruit ?Nos  chercheurs sont dans les hameaux les plus reculés. Ils échangent avec les populations.  Ils leur donnent des conseils adéquats. En outre, la distribution de moustiquaires imprégnés avec  de l’insecticide    de longue durée, constituent une arme efficace   pour faire reculer le paludisme.
 Et la contamination à la fièvre Lassa ?
 Ici aussi  il faut mettre l’accent sur la gestion  de notre environnement. Regardez Abidjan. C’est sale et comme c’est sale, évidemment,  les souries vont se  multiplier et  transmettre  cette maladies dangereuse dont vous parlez. Il faut donc dératiser.    Même si vous dératisez chez vous, vous ne pourrez pas en faire autant  chez le voisin.  Nous devons tous comprendre que la fièvre Lassa est une maladie contre laquelle, nous devons lutter et cela passe par la propreté de notre environnement.( Voir encadré)
Vous avez  toute à l’heure  que vous  avez parlez de médecine interne. C’est quoi la médecine interne ?La médecine interne, est une médecine   qui est une   spécialité d’organisme.  Par opposition aux autres spécialités qui sont des spécialités d’organes.  Pour revenir un peu sur la question, c’est Blaise Pascal le premier qui  a mieux défini  cette spécialité- là.  L’interniste  se dit   qu’il est mieux l’essentiel   de savoir toute chose, plutôt que   de savoir  tout d’une  seule  chose.  C’est dire que le médecin interniste a  une large culture en matière médicale et  c’est le médecin qui va prendre le patient, qui va l’examiner de la tête aux pieds, avant de faire un diagnostic  que  la plupart du temps, là  où les autres qui sont  des spécialistes  d’organe, lui pourra faire un diagnostic parce que lui  est un spécialiste d’organisme. 
 Une autre préoccupation à deux  volets :   Par  le passé  le Cemv recevait  des étudiants  du Sénégal, du Mali et autres. Recevez –vous encore  des stagiaires de l’extérieur  et  que faites-  vous pour lutter contre la mouche des fruits ?
Pour répondre à votre première préoccupation, nous sommes allés au-delà. Le centre  a été installé en Côte d’Ivoire, pour l’Afrique francophone.  Mais à ce jour, nous formons  des spécialistes venant du monde entier. Il y a trois ans lorsque nous avons   signé un partenariat tripartite entre  le Cemv de  l’Université Allassane Ouattara de  Bouaké, l’université de Montpellier et l’Institut de développement ( Ird) qui est l’ex- Orstom . Le partenariat permet de former des spécialistes  non seulement de l’espace francophone mais aussi  du reste du monde. En 2016 nous avions 9 apprenants pour six nationalités. ( …) pour ne citer que   le cas de cette année seulement.   Donc aujourd’hui, la formation est plutôt internationale. Ce qui est important,  c’est une fois que vous êtes admis au Master, vous avez automatiquement deux diplômes : Un diplôme africain  délivré par la partie ivoirienne  et  le diplôme étranger qui est  délivré par l’université de Montpellier.   Aussi vous avez parlé de l’éclosion de la mouche des  fruits. N’allez  pas loin, nous pensons qu’il faut voir notre environnement qui se dégrade  de façon inadmissible.   Les retenues d’eau  sans oublier les sachets d’eau  qui gisent partout avec  de l’eau à l’intérieur.  Tout ceci constitue  des foyers favorables  pour l’éclosion des moustiques.   Il est fondamental que nous nous penchons sur la gestion de notre environnement. Un ministre   a pris  un décret d’Etat,  pour interdire la production  des sacs plastiques non biodégradable.   Dans les pays développés, vous ne trouverez plus de sacs plastiques   qui font  des centaines d’années  dans  le sol. Ils font détruire  le bétail et appauvrissent  le sol. (…) manifestement les emballages plastiques constituent  un véritable danger pour  nos populations. Par ailleurs tout ce qui est retenue d’eau dans notre environnement et les carcasses de voitures constituent  des retenues d’eau  en temps de pluie.Bamba Mafoumgbé,égende photo : Professeur Kadjo Alphonse, Directeur du Centre  d’entomologie  médicale et vétérinaire  de l’Université Allassane Ouattara de Bouaké : «  Les carcasses de voitures constituent  des retenues d’eau  en temps de pluie » 

Docteur Adama Coulibaly Dg du Conseil du Coton et anacarde / Trafic illicite de l’anacarde « Voici ce que ça rapport au Ghana …»

jeudi, 20 décembre 2018 10:14 Written by

  A la faveur  d’un atelier d’échanges et de renforcement des capacités  portant sur la législation de la commercialisation  de l’anacarde qui vient  de prendre fin à Yamoussoukro, le Docteur Adama Coulibaly , Directeur général du Conseil du Coton et de l’anacarde,   situe les enjeux du renforcement  des textes. Non sans   dénoncer l’impact négatif  de la fraude  sur   la filière. 

Monsieur le Directeur général, pourquoi un atelier  sur la législation de la commercialisation de l’anacarde ?Nous  sommes venus  effectivement à Yamoussoukro pour un atelier d’échange et de renforcement de capacité  sur la législation de la commercialisation de l’anacarde. Ce avec le dispositif judiciaire de notre pays  et tous ceux   qui exercent sur le terrain.  Surtout ceux d’Abidjan – Plateau et de Yopougon qui connaissent très souvent   des litiges  de ce genre.  Ca  été un atelier nécessaire en  ce sens que  la reforme a eu lieu en 2013. Cinq ans après  la mise en œuvre  de la réforme, il était bon de revisiter les textes, la loi, les décrets d’application( …) de sorte à regarder s’il y a des solutions de continuité dans les   textes. A l’effet de combler  les  vides   et   gérer   la commercialisation  pour les années à avenir  dans d’excellentes  conditions.  En d’autres termes, il s’agissait de faire le bilan de la mise en œuvre  de la reforme au plan des textes juridiques et de voir si ces textes sont complets, satisfaisants. Pour in fine faire des propositions nouvelles.  Il s’agit à la foi   d’instruire les magistrats qui n’ont pas parfois la chance ou l’inconvénient d’avoir des affectations où on ne produit pas cette spéculation.  Pendant que d’autres  qui n’ont pas été formés viennent  dans  les  régions où l’on produit l’anacarde.  L’un dans l’autre, il s’agit de porter à la connaissance des certains  magistrats, les textes qui portent  sur la commercialisation de l’anacarde et du coton 

Concrètement sur le terrain quels sont les obstacles sur lesquels bute l’application des textes qui sont pour l’instant en vigueur ? 

 

Il  n’y a pas d’obstacle. Mais  aucune œuvre humaine n’étant parfaite, après  cinq ans après  de  mise en œuvre,  il  était bon de revisiter les textes. Mais aussi et surtout  permettre aux magistrats  d’avoir tout l’arsenal juridique, pour pouvoir  bien exercer sur le terrain. Ce dans l’intérêt de la filière. Comme nous l’avons tantôt indiqué,  la magistrature représente  la colonne vertébrale de l’Etat. Ce dernier étant lui la colonne vertébrale  de la Nation.   Pour que les investisseurs soient rassurés, il convient que l’Etat de droit s’exprime.   Ce qui se fait à travers la justice. C’est pourquoi nous sommes occupés à  bâtir des filières coton et anacarde durables, solides, conquérantes qui attirent les investisseurs du monde  entier. C’est pourquoi nous insistons  sur la qualité des jugements qui sont rendus au niveau des filières. Y a-t-il eu des sanctions  durant cette campagne qui est en train de prendre fin ? 

Nous ne pouvons pas  donner un nombre précis  de sanctions prononcées. Parce que certaines affaires  se dénouent  et ne vont pas forcement devant les tribunaux.  Nous sommes les premiers niveaux d’arbitrage. 

Les  comités de veille  qui sont présidés par les préfets sont également des niveaux  de gestion de certains conflits. Heureusement  beaucoup de conflits s’éteignent au niveau du Conseil coton et anacarde et  des comités de veilles. Tel est donc l’esprit de la filière. Il faut régler ce qu’on peut  régler à l’amiable. C’est quand on échoue à cette étape, qu’on peut  aller devant les tribunaux.   C’est comme ça  que ça marche et c’est tant mieux pour la filière.  

Un point sur la campagne de commercialisation de l’anacarde qui est en train de finir ? 

Pour la noix de cajou, nous sommes à 742 mille tonnes de produits achetées bord champs contre 630 mille tonnes exportées à la date du 17 décembre 2018. Quant au taux  de transformation locale,  nous ne sommes pas loin des 10%. Nous progressons et pensons que d’ici deux ans, vous verrez  notre taux de progression. Nous voulons ici profiter  de l’occasion pour remercier l’appareil judiciaire pour  sa contribution au renforcement de capacité de nos collaborateurs.  ( …)    qui ne baissent  pas les bras sur le  terrain  face à la fuite  de l’ anacarde dans  des zones  de production. Dans  la Région du Gontougo,   cette année, nous sommes à 47 mille tonnes produites  dans cette région. Si nous remontons deux ans en arrière, le Gontougo en 2016 avait produit  83 mille tonnes. Si nous voulons aller plus  loin en arrière, nous étions à 126 mille tonnes d’anacarde.  A ce jour nous sommes à 47 mille tonnes. Les planteurs tout comme leurs plantations sont là et nous n’avons pas enregistré une catastrophe particulière dans cette région.  Des feux  de brousse ou une baisse de pluviométrie par exemple.

  Mais pourquoi la production baisse  d’année en année ? 

A notre  avis,  nous pensons  que cela est  dû   au  trafic illicite des noix vers  des pays frontaliers.  Si nous prenons la région voisine, l’Indénié- Djuablin, en  2017, nous étions à 8510 tonnes. Cette année, nous sommes  à 2170 tonnes. Dans le département de Ouangolo, en 2015, nous étions à 3300 tonnes 2016, nous sommes tombés à 2130 tonnes. En 2017,  nous  tombés à 2400 tonnes. Ce sont des chiffres qui nous interpellent nous, en tant que responsables  de la gestion de la filière. 

Face à un tel tableau  qu’est-ce qu’il faut faire ?

Nous sommes conscients que lorsque le Ghana dit  que mon produit ne peut pas sortir par la voie terrestre ou  dit en d’autres termes qu’elle interdit  le trafic de son  produit par la voie  terrestre, nous ne voyons pas qui peut le contredire. Il ne viendra jamais à l’idée d’un ivoirien, de prendre un camion d’aller collecter des noix  de cajou au Ghana et ressortir  tranquillement. Il  en est   de même  pour le Burkina Faso. Quand  il dit  que   tel produit ne peut pas sortir, nous ne voyons quel ivoirien peut rentrer   dans les villages de ce pays avec un camion immatriculé en Côte d’Ivoire, pour aller  acheter  des noix et retourner tranquillement en Côte d’Ivoire.  Tout ça parce que dans  notre pays nous sommes préoccupé à construire un Etat de droit.  Mais en même temps, nous devons chercher l’équilibre entre nos intérêts et  l’Etat de Droit. Cela est extrêmement  important pour les investisseurs.il ne faudrait pas que notre arsenal juridique devienne un handicap au point que les gens  viennent nous narguer  sur notre propre territoire.  Pour le moment, nous avons l’impression  que les trafiquants nous narguent. Aucun ghanéen ne peut entrer en Côte d’Ivoire tout seul, acheter  des noix  de cajou  et repartir.  Pour y arriver les gens jouent sur les failles de  notre dispositif, en se disant  très bien que si on me prend, je vais aller passer quelques jours en prison et après, on va me libérer.  Nous en tant que techniciens,  nous avons le devoir de corriger  les failles qui existent dans notre dispositif juridique. Pour lutter  contre la fraude, nous prenons parfois des dispositions  qui  ne sont pas normales aux yeux  des acteurs de l’appareil judiciaire.  Quand on perd 50 mille tonnes, ça fait mal. 

Pouvez-vous nous présenter le poids réel  des  pays producteurs  de la Sous – région ? 

c’est la moitié de la production du Benin,( environ 120 mille tonnes officiellement). C’est le deuxième produit  d’exportation de pays.   Le Togo est  12 mille tonnes pendant que le Ghana  est officiellement à 85 mille tonnes. Mais quand on va regarder dans les statistiques d’exportation que nous allons capter  dans les ports d’arrivée. Le Ghana refuse de nous donner les statistiques. Nous sommes allés  au Port de Tema où s’exporte la noix de cajou. Nous avons parlé avec le Dg dudit port pour nous donner les chiffres. Il nous a bien reçu  mais quand nous avons demandé les statistiques  d’exportation, il  les a promis  et jusque –là rien depuis deux ans. Nous sommes obligés d’aller chercher  ces chiffres  dans les ports d’arrivée au Vietnam et en Inde. Le trafic  illicite transfrontalier à plusieurs conséquences.  L’une des conséquences pour une région comme le Gontougo, est en train de devenir du point  de vue de la noix de cajou, une zone désertique. Les investisseurs qui étaient motivés  d’y construire des usines,   sont en train de refuser de s’y implanter.  Parce qu’ils n’arrivent à avoir  de la Matière première. C’est mauvais la région et la création d’emplois pour les jeunes.  La deuxième conséquence, la fuite  de nos produits vers les pays limitrophes faussent les statistiques internationales. Aujourd’hui le Ghana peut se targuer  de produire plus de 150 mille tonnes alors qu’en réalité il ne produit que 75 mille  tonnes. Au plan international, lorsque nous allons aux conférences  internationales,  ce pays considéré comme un grand pays producteur de noix de cajou.  En termes  de mobilisation des financements, le Ghana  mobilise des ressources pour sa filière cajou alors qu’il n’a même pas un organe de régulation  et de gestion de la filière. C’est un marché libre  et ce produit est marginal dans  l’économie ghanéenne.  Il est reconnu que l’anacarde produit  dans le Gontougo est de très bonne qualité et il  se trouve que  ce sont  ces noix de très bonne qualité qui vont  par la fraude au Ghana.

Quels sont alors  les avantages pour le Ghana ? 

Un double avantage.  Le Ghana  du fait  de ces noix de très bonne  qualité est très bien rémunéré sur le marché international, grâce à notre production et nous passons pour un pays producteur de cajou de moindre qualité par rapport au Ghana. Là où ce dernier  peut gagner  50dollars (  25000Fcfa) en plus sur chaque tonne, nous  ne percevons rien. La dernière conséquence, c’est le manque à gagner pour l’économie nationale ( Voir encadré) le travail que nos magistrats  viennent  d’accomplir est très capital pour nos filières. Parce que cela va  renforcer l’arsenal juridique. Nous serons amenés à poser des actes forts si davantage  d’ici là, s’il y a des   failles dans notre arsenal juridique que voudraient exploiter  les trafiquants. ( …) nous  voulons travailler le plus possible dans la légalité en laissant  moins de marge aux  situations qui ne sont pas gérer par les textes. 

 Interview réalisée à Yamoussoukro par Bamba Mafoumgbé ,  Légende photo :  Docteur Adama Coulibaly, Directeur général du Conseil du Coton et de l’anacarde : « Le Ghana  du fait  de  nos  noix de très bonne  qualité,  est très bien rémunéré sur le marché international » 

Management/ Qualité du service postal // Les confidences du Dg de La Poste de Côte d’Ivoire

mercredi, 12 décembre 2018 21:54 Written by

« Nous participons à cette formation et nous nous rendons bien compte qu’il y a des choses intéressantes. Pour faire la relation avec la poste du Québec principalement, mais aussi l’ensemble du Canada en général, je constate que les entreprises comme celle que nous dirigeons sont pilotées au travers des textes qui, comme chez nous, mettent un accent particulier sur les modes de gouvernance et surtout une déclaration de service à la clientèle » Ces propos sont de M. Isaac Gnamba Yao, Directeur Général de La Poste de Côte d’Ivoire dans le cadre de la première promotion du Public-Amp 2018. Dans une interview à un confrère pro- gouvernemental, M. Isaac Gnamba Yao a indiqué que « la poste n’a pas été toujours au rendez-vous de la qualité, donc elle a perdu du terrain. D’autres entreprises se sont installées. Mais au nom de cette vision et de la volonté très affirmée de relancer l’institution La Poste, il y a maintenant des choses intéressantes qui sont en train d’être faites. C’était important de venir bénéficier d’une formation nous permettant de conduire cette mission, mais aussi de nous appuyer sur des “best practices” ou ce qu’on appelle les bons retours d’expériences » Non sans dire que : « Aujourd’hui, je peux vous dire que nous ne sommes pas hors-jeu parce que la vision qui conduit La Poste de Côte d’Ivoire aujourd’hui, c’est « la poste maison du citoyen – coursier de l’État. Donc nous avons déjà pensé à mettre le citoyen au centre de notre activité. Cela ne peut que nous réjouir. Mais nous sommes conscients qu’il ne faudrait pas que cela s’arrête au stade de slogan. Donc nous avons regardé un certain nombre de choses qui se font ici. Ce qui est bon de rappeler c’est qu’ici le citoyen est au centre et nous savons que pour emmener notre pays a un niveau de développement plus élevé, il faut que le citoyen sente qu’il y a quelque qui a changé. Or pour qu’il ait le sentiment que quelque a changé il faut qu’il ait accès aux services. Et il n’y a pas mieux que la poste en termes de représentativité, en termes de capacité de réseau pour apporter le service aux citoyens. Nous voulons jouer pleinement notre rôle, prendre notre place » Aussi, le Dg de La Poste de Côte d’Ivoire n’ a pas manqué de confier au confrère que la session du Québec a été quelque chose de très intéressant pour nous parce que nous avons écouté des modèles, nous avons appris beaucoup de choses, notre responsabilité serait maintenant de les mettre en pratique, mais surtout de montrer à monsieur le ministre qui nous a fait confiance en nous autorisant à participer à cette formation que quelque chose de bon désormais peut sortir de la poste.
De bons enseignements tirés du modèle d’affaire de la Socété des Traversiers du Quebec,( Stq)
Après la présentation dudit modèle d’affaire, Isaac Gnamba Yao dira : « C’est déjà la volonté affirmée du gouvernement d’accompagner une institution qui peut participer à l’amélioration de la vie des citoyens. La Société des traversiers du Québec, contribue à organiser le déplacement des citoyens, de leurs biens, de leurs marchandises, mais aussi de leur donner l’occasion d’avoir un cadre plus plaisant. Le Québec est très riche en cours d’eau. Ramené à la Côte d’Ivoire c’est aussi une grosse responsabilité d’apporter quelque chose qui peut améliorer la vie de nos concitoyens. Il faut aussi s’arrêter à la gouvernance qui encadre le travail de Pdg de cette entreprise d’État. On constate qu’il rend compte au conseil d’administration où ils travaillent ensemble avec le conseil d’administration pour faire évoluer la dynamique de la société. Mais la flexibilité que les Québécois ont de pouvoir escalader et parler au ministre bien entendu en rendant compte au président du conseil d’administration, élément qui nous a permis de savoir que le principal c’est de faire avancer la dynamique et de réussir les objectifs et les missions qui sont assignés, nous a inspiré que l’ensemble des innovations sur lesquels on attend la poste peuvent être des prétextes pour organiser des PPP nous permettant d’accélérer le processus de redynamisation de la poste » En sa qualité de président de la promotion désigné paire, il n’ a pas manqué de les remercier avant de préciser : « Je constate que ces personnalités qui m’ont investi de ce mandat sont pour la plupart de hauts fonctionnaires avec une plus grande expérience. Certains parmi eux ont participé à des programmes similaires, mais pour le compte du secteur privé(…) »
Bamba Mafoumgbé,
Légende photo : Isaac Gnamba Yao, Dg de La Poste de Côte d’Ivoire : « Il faut que le citoyen sente qu’il y a quelque qui a changé… »

 

Conférence de presse relative à la situation des travailleurs de fraternité matin (Déclaration)

dimanche, 02 décembre 2018 08:20 Written by

Conférence de presse relative  à la  situation des travailleurs de fraternité matinDECLARTION LIMINAIRECamarades secrétaires généraux des syndicats de base de l’Intersyndicale  du  secteur des médias de Côte d’Ivoire (ISMCI)Chers confrères journalistes,Mesdames et messieurs,Le Président du bureau exécutif de l’Intersyndicale du secteur des médias de Côte d’Ivoire (ISMCI), le camarade KOUADIO Amonzame me charge de vous présenter ses excuses pour son absence, ce matin parmi vous. Il aurait bien voulu être avec nous, mais pour des raisons indépendantes de sa volonté, il n’a pas pu être là.En son nom, au nom du bureau exécutif national de l’ISMCI, mais aussi au nom de tous travailleurs de Fraternité Matin, je remercie tous les confrères et consœurs qui ont bien voulu répondre à notre appel pour couvrir cette conférence de presse. Votre présence, il faut le dire, dénote de l’intérêt que vous accordez à notre secteur d’activité. Vous l’avez compris, lorsque qu’il y a un incendie chez le voisin, il faut commencer à nettoyer devant ta maison. Avant d’entrer dans le vif du sujet, permettez-moi de vous présenter la table de séance, chargée d’animer cette conférence (présentation de la table de séance). La présentation ayant été faite, nous allons  vous dire pourquoi nous sommes devant vous. Nous vous avons convoqué parce que la Direction générale de Fraternité matin veut procéder à un licenciement abusif de 123 travailleurs, le 18 décembre prochain. Leur liste a déjà été remise aux délégués du personnel. Elle a été également transmise à l’inspection du travail et  des lois sociales où les parties doivent se rencontrer le 11 décembre prochain. Nous avons convoqué afin de prendre l’opinion publique nationale et internationale à témoin, sur le caractère illégale et inique du licenciement pour motif économique proposé par Venance KONAN, DG de Fraternité Matin. En effet, en avril 2011, lorsque Venance  KONAN accédait à la tête de l’entreprise, Fraternité matin comptait un effectif total de 221 travailleurs. Cet effectif est passé à 339 employés en 2018, soit une hausse  de 53% en 6 ans. Pour la même période, la masse salariale, est passée de 71 millions à 180 millions de francs et représente plus de 60% des charges d’exploitation de la société, selon le rapport du cabinet commis par la direction générale elle-même.  Ces recrutements massifs et cette augmentation exagérée de la masse salariale sans tenir  compte des règles de gestion ont entrainé des difficultés de trésorerie. C’est pour apporter une solution à celles-ci qu’un cabinet a été commis. Le rapport de celui-ci constate : la dégradation des conditions de travail du personnel ; l’insuffisance de matériel de travail et de mobilité ; la dégradation des bâtiments ; la situation alarmante de l’imprimerie. A cela, il ajoute : « la politique de gestion des Ressources humaines déconnectée de l’activité et se caractérise par un effectif pléthorique traduisant un morcellement accentué de certaines tâches et plus généralement un déficit dans l’organisation. En d’autres termes le cabinet touche du doigt la mauvaise gestion du Directeur général de Fraternité matin.Pour sauver les emplois, l’Etat de Côte d’Ivoire a proposé un plan social à trois volets qui s’étend sur trois ans, pour une enveloppe globale de 1.4 milliards.Il s’agit de :
Départ volontaireDépart négociéLicenciementSans associer les travailleurs à l’étude des conditions de départ volontaire et au moment où les potentiels candidats à ce départ s’attendaient à des mesures d’accompagnement pouvant les mettre à l’abri du besoin, la direction générale leur propose de 5 à 12 mois de salaire. Face à cette situation, les syndicats de Fraternité matin saisissent la Commission nationale  du dialogue sociale qui demande à l’employeur d’associer les travailleurs à l’élaboration des conditions mise en œuvre du départ volontaire en mettant en place un comité bipartite.
 
Ce comité ne voit pas le jour quand, à la grande surprise de tous, une liste de 123 personnes à licencier a été transmise aux délégués du personnel. Pis la plupart des travailleurs dont le nom figure sur cette liste ne sont pas concernés par les conditions éditées par la direction générale elle-même.
 
A savoir :
 Les effectifs faiblement qualifiésLes emplois à faibles valeur ajoutéeLes salariés en situation particulière
Des Directeurs, des chefs de service, cadres et autres agents de maitrise qui sont régulièrement en service et ne sont nullement frappés par ces critères  sont concernés par ce licenciement pour motif économique. Encore plus grave, à ces pères de famille qui perdent définitivement leur emploi en cette fin d’année, la direction générale de Fraternité matin ne promet que les droits légaux. C'est-à-dire qu’il n’y a aucune mesure d’accompagnement. Quand on connait les salaires payés dans les entreprises de presse dans en Côte d’Ivoire qu’elles soient publique ou privée, on comprend aisément nos collègue à une mort précoce. Voilà le caractère inique de la mesure de licenciement pour motif économique de Fraternité matin.

Au demeurant,  l’ISMCI constate :
 
La direction générale de Fraternité procède au licenciement pour motif économique, dernier volet du plan social alors que les négociations sont en cours avec les employés pour la mise en œuvre du premier volet, qu’est le départ volontaire. La liste transmise aux délégués que personnel ne respecte pas les critères définis par la Direction générale
Les critères définis par la Direction général manquent de précision
C’est pourquoi l’ISMCI :Témoigne leur solidarité aux travailleurs de Fraternité matin et les rassure de son soutien pendant toutes les étapes de cette lutte. Dénonce la mesure de licenciement pour motif économique de Direction général de Fraternité matinExige que cette Direction générale:Renonce au licenciement pour motif économiqueReviennent au premier volet du plan social qu’est le départ volontaire en associant les représentants des travailleurs aux négociations .Fixe les montants des mesures d’accompagnement à 36 mois pour les travailleurs protégés et 24 mois pour les autres catégories de travailleurs.
 
 
                                                                            Pour l’ISMCI
                                                                    Le 1er  vice-président chargé des Revendications
          GLODE Francelin

Khader Y. Barry, Ministre conseiller spécial du Premier ministre de la république de Guinée/ Environnement des affaires « Nous sommes engagés dans une promotion active du contenu local »

samedi, 01 décembre 2018 12:38 Written by

En marge de la 9ème édition du focus Doing Business « Ease of doing business initiative » (EDBI 2018), nous avons approché Khader Y. Barry, ministre Guinéen conseiller spécial du premier ministre de la république de Guinée pour nous parler de l’expérience guinéenne en matière d’amélioration du climat des affaires.
Depuis 2010, la Guinée a amélioré son rang dans le Doing Business de 30 places. Quelle est la recette qui a permis au pays de réaliser une telle performance ?
La Guinée a entrepris un vaste chantier depuis 2010 après l’arrivée à la tête du pays du président Alpha Condé. Nous avons engagé des réformes dans la quasi-totalité des secteurs, notamment la gouvernance économique et financière pour rétablir les principaux équilibres macro économiques, mais également la justice, la sécurité, la défense et la gouvernance politique et administrative. D’importantes réformes ont été menées plus spécifiquement en matière de facilitation des affaires. Il est évident que l’enjeu du développement du secteur privé est étroitement lié à notre volonté d’apporter des réponses à l’amélioration des conditions de vie de nos populations et à faire reculer la pauvreté dans notre pays. La transformation structurelle de notre économie, passera par l’essor du secteur privé. Nous avons beaucoup progressé depuis 2010 et nous avons gagné près d’une trentaine de places dans le classement doing business qui est aujourd’hui le principal référentiel pour apprécier le climat des affaires. Et ces dernières années, la Guinée a été citée plusieurs fois au nombre des pays réformateurs. Mais au-delà de la capacité à faire des affaires, nous continuons à poursuivre un vaste chantier d’investissement dans les infrastructures pour réduire le coût des facteurs de production notamment dans l’énergie. Aujourd’hui, la Guinée aura une capacité de production d’environ 1000 MGW à l’horizon 2020 soit 10 fois plus que ce qu’elle produisait en 2010. Ce sont des avancées notoires de ce type qui permettront au pays de pleinement exploiter son potentiel minier, agricole, halieutique, animal, etc. notamment, en développant des chaines de valeurs et en construisons un tissu économique composé de Pme dynamiques, compétitives, qui pourront s’intégrer progressivement dans le flux des échanges internationaux.
Avec ces réformes mises en œuvre dans le cadre du Doing Business, peut-on dire que les guinéens s’intéressent véritablement à la création d’entreprises ? Combien de nouvelles entreprises ont pu être créées depuis 2010 ?

Nous y travaillons. Nous avons conscience que l’essor des Pme constitue véritablement l’un des défis majeurs à relever. A cet effet nous avons obtenu récemment 21 milliards de dollars us d’engagement de la part de la communauté internationale qui viennent s’ajouter à l’accord stratégique avec la Chine portant sur 20 milliards. Nous avons des investissements très importants dans le secteur minier. La question fondamentale aujourd’hui, c’est comment faire en sorte que ces capitaux étrangers puissent pleinement profiter aux Pmes locales. Nous sommes engagés dans une promotion active du contenu local pour que la main d’œuvre et les entreprises locales en soient les premiers bénéficiaires. Il s’agit de réformer la formation professionnelle, de prendre des mesures incitatives pour amener des investisseurs à travailler et à sous-traiter avec des entreprises locales. Il s’agit également d’accompagner des Pme en matière de financement, de renforcement de capacités, pour qu’elles puissent répondre aux exigences de la demande notamment des miniers.
En 2017, une mission économique du patronat ivoirien s’est rendue dans votre pays, démontrant l’intérêt des ivoiriens à investir en Guinée. Y a-t-il de la place pour les ivoiriens ? Comment devraient-ils s’y prendre pour intégrer le marché guinéen et saisir les opportunités qui s’y trouvent ?
Nous avons en effet rencontré le patronat ivoirien lors du CEO forum à Genève en 2017, et les avons invité à venir en Guinée. Ce qui a été fait et nous avons été heureux de réunir le secteur privé de deux pays frères et voisins et d’être parvenus à un accord cadre créant un levier pour le renforcement de la coopération économique entre les deux pays. Nous pensons que des partenariats fructueux se noueront pour se permettre ensemble d’être plus forts et plus compétitifs et de mieux affronter la compétition internationale sur nos marchés respectifs.
La Guinée a signé avec la Chine un accord stratégique en 2017 d’un montant estimé à 20 milliards de dollars. A quoi répond un si important engagement financier de l’empire du milieu aux cotés de la Guinée ?

Nous avons signé un accord stratégique avec la Chine en 2017 qui porte sur un montant de 20 milliards de dollars destiné à nous appuyer pour les investissements dans les infrastructures. En collatéral, nous mettons des revenus miniers issus justement de l’exploitation de permis miniers. C’est une manière de répondre à la problématique de financement des infrastructures dans un contexte où nous avons un potentiel minier qui est très important et qui n’est pas exploité et que nous avons des besoins urgent en infrastructures. Cet accord stratégique permet d’apporter une solution à cette problématique.
Ne pensez-vous pas que cet accord pourrait-être trop pesant pour la Guinée avec des inconvénients sur l’endettement du pays ?
Absolument pas.
L’accord porte sur un financement qui sera étalé sur près de 20 ans et essentiellement pour des investissements productifs qui contribueront à nourrir notre croissance et a généré des revenus conséquents pour l’Etat.Par ailleurs, les engagements financiers seront couverts par les revenus miniers futurs des projets issus de l’accord. Aujourd’hui, la Guinée à un niveau d’endettement considéré comme à risque modéré par le FMI avec un ratio d’endettement global sur le PIB inférieur à 40%, bien en deçà des niveaux d’endettement observés dans la zone UEMOA ou CEMAC. La Guinée est par ailleurs soucieuse de préserver la stabilité de son cadre macro économique et est engagée dans un programme économique avec l’appui du FMI pour consolider les importants acquis depuis 2010 en matière de gouvernance économique et financière.

Au niveau énergétique, la Guinée a des potentiels qui pourraient être mises au service de la sous-région. Pourquoi, cela n’est-il pas encore le cas et que faites-vous dans ce sens ?
Nous participons à plusieurs projets sous régionaux. Mais aujourd’hui avec le programme d’investissement en infrastructures, notamment la construction du barrage de Kaleta qui a été livré en 2015, nous avons augmenté notre capacité de 240 MW. Nous livrerons un autre barrage à l’horizon 2020 avec une capacité de plus de 500 MW, ce qui permettra à la Guinée de devenir exportatrice d’énergie au profit des pays voisins.

Dans votre intervention, vous avez insisté sur le fait que l’Afrique ne doit pas se borner à répliquer des réformes. Qu’entendez-vous par là ?
Nous devons en tant qu’Etats Africains, prendre le leadership de nos politiques et de nos réformes. Les partenaires, la communauté internationale nous apportent leur appui technique et financier et crée notamment des référentiels comme le DOING BUSINESS pour nous accompagner. Mais il nous revient d’inscrire notre action sur un horizon long terme, de définir nos priorités et d’assurer la mise en cohérence de l’ensemble des réformes qui sous-tendent nos politiques publiques.
Bamba Mafoumgbé,
Légende photo : Khader Barry, ministre Conseiller spécial du Premier ministre de la République de Guinée : « A l’horizon 2020, notre pays va devenir exportatrice d’énergie au profit des pays voisins »

 

 

 

Pourquoi associe -t- il son image à l’alcool ? // Un citoyen ivoirien parle à Didier Drogba et à la jeunesse ivoirienne

lundi, 12 novembre 2018 17:17 Written by

 Un citoyen ivoirien   parle à Didier Drogba et à la jeunesse ivoirienne
 L’argent ? Il en a à chier. La célébrité ? La gloire ? Je ne crois pas ! Il est suffisamment connu ! Que recherche-t-il alors? Détruire nos enfants ? Alors que je m’attendais à le voir inciter nos enfants à aller à l’école, à sortir de l’alcool, du broutage, à arrêter de fumer et de fréquenter les maquis, pour prendre le chemin de la citoyenneté. Je le vois servir un breuvage dangereux pour la santé. Je suis déçu ! Déçu parce que Monsieur, du fait de son talent et de ce qu’il représente pour cette jeunesse Ivoirienne est un modèle, une référence, un pygmalion, un porteur d’espoir. 
Mais comment ose -t-il faire cela ? 
Mais comment peut- il abuser de cette estime pour « finir » avec ceux -là même qui croient en lui ? Ces publicités font même croire à ces derniers, à cette jeunesse ; à bien y regarder, que sa réussite serait liée à la consommation de ce breuvage ! Donc plus on en boit, plus on est fort ! Je suis déçu du silence observé dans cette « para normalité », par nos autorités, nos associations de consommateurs, par la Fif, par certains parents. Parce que, c’est lui la star. Quelle image ce monsieur renvoie-t-il à la jeunesse ?
Et pourtant, il bénéficiait de mon affection(…) Cette façon de faire me pose un problème. Un problème moral. Partout dans notre pays l’on observe des panneaux publicitaires montrant les bienfaits de ce breuvage, depuis l’aéroport jusqu’aux abords des sites religieux, des écoles. A l’allure où vont les choses, où l’on a peur de rien, où rien n’arrête ces campagnes, bientôt nous ne serons pas surpris de retrouver ces publicités dans les salles de classe, sur les mobiles, au Palais de la République. L’affaire est suffisamment grave. Grave pour que nous réagissions, pour que nous gardions le silence. La raison est simple, la jeunesse est la sève d’un pays et si cette jeunesse est malade, malade de l’alcool, du tabac, de la drogue, de la mal bouffe, des Ogm alors c’est l’effondrement de notre pays. Ainsi pour comprendre cette destruction programmée de nos enfants, nous avons observé les pratiques en cours dans notre pays pour montrer à nos compatriotes comment nos enfants sont pris en otage par ceux en qui ils ont confiance naïvement. Sous le fallacieux prétexte de stratégie marketing, d’action commerciale, les producteurs de ce dangereux breuvage organisent des promotions avec pour objectifs de convertir nos enfants en ivrogne, en loques humaines. Bons à rien !  Pour y parvenir, les gérants de maquis, des stars, des chanteurs sont mis à contribution en échange de ristournes, de cachets, de cadeaux.
Leur rôle, sous prétexte de divertir la jeunesse, est de l’attirer dans des guet-apens que l’on peut résumer en dépravation, alcoolisme, facilité. Dans la pratique ils offrent des opens bars dans les soirées, des soirées dansantes, des concerts gratuits avec des représentants de ces producteurs qui vantent le breuvage et font les comptes avec les gérants de maquis dont le seul but est d’inciter les jeunes à consommer, à consommer, à consommer. Cette attitude à y voir de près s’apparente à l’assassinat du « Petit Bouba » car l’objectif reste le même: l’argent, sous le couvert de booster les ventes.
Ce business savamment orchestré est-il légal ? Pourquoi nos autorités sanitaires, la Fif, le Ministère de l’Education Nationale, etc. ne réagissent-ils pas ?  Que disent nos textes ? Que font nos élus, le Gouvernement, etc. quant à l’application de ces textes qui réglementent la consommation de l’alcool, du tabac des mineurs en Côte d’Ivoire[1] dans les bars, les maquis, partant le marketing sur l’alcool et le Tabac?
Ailleurs dans d’autres pays, des dispositions pour réglementer ces pratiques en plus d’existées, sont appliquées. Quoique sur le plan économique, l’industrie du tabac et de l’alcool représente dans le monde plus de 50 millions d’emplois et un chiffre d’affaires cumulé de plus de 400 Mds $[2]. Elle est par conséquent une puissance économique. Mais l’alcool et le Tabac tuent plus de 10 millions de personnes par an dans le monde selon les données de l’Oms[3]. Il est clair qu’une telle puissance économique n’a pas l’intention de se laisser faire. Mais il faut engager le combat avec les multinationales, en durcissant les lois anti alcool et anti tabac. Les multinationales imagineront toujours de nouveaux guet-apens, lobbies et stratégies pour contourner ces lois et augmenter leur attractivité. Nos icones comme Drogba, Murielle Ahouré, Ruth Gbagbi, Marie-Josée Tah-lou, Cissé Cheick, etc. doivent aider la jeunesse à emprunter des chemins plus valorisants. C’est un combat à vie que nous devons gagner pour notre jeunesse et partant pour l’avenir de notre nation.
DIOMANDE Moussa Elias Farakhan Citoyen  ivoirien   [1] La Côte d’Ivoire se situe au 17éme Rang des pays africains Consommateur d’alcool pur avec 3,39 litres par an par Habitants.[2] World Health Statistics 2017 OMS[3] Aide-mémoire N°349 Janvier 2015/Aide-mémoire N°339 Mars 2018 -OMS

Dr Adama Coulibaly( commissaire général du Sietta 2018 « Nous avons enregistré près de 7500 participants »

dimanche, 11 novembre 2018 07:25 Written by

Dr Adama Coulibaly( commissaire général du Sietta 2018 «  Nous avons enregistré près de 7500 participants »IntroductionLa troisième édition du Salon International des Équipements et des Technologies de Transformation de l’Anacarde s’est tenue du 08 au 10 novembre 2018 au palais de la Culture de Treichville.
Cette édition portant sur le thème : « la transformation de l’anacarde, une mine d’opportunités pour l’autonomisation de la jeunesse africaine » a enregistré près de 7500 participants. 
Le présent bilan fait ressortir la quintessence des différentes activités de ce Salon.Cette troisième édition s’est articulée autour de plusieurs activités, notamment : la cérémonie d’ouverture ; les expositions ; la conférence annuelle de l’ACA les communications en session sous formes de panels ;  les rencontres d’affaires B to B ; les visites touristiques et d’usines ; La cérémonie de clôture.

I. Cérémonie d’ouvertureLa cérémonie d’ouverture a été marquée par sept (7) allocutions :1. l’allocution du Maire de Treichville, le Ministre Albert François AMICHIA ;2. l’allocution du Commissaire Général du SIETTA, le Directeur Général du Conseil du Coton et de l’Anacarde ;3. l’allocution du secteur privé, le Président de l’Alliance du Cajou Africain,4. l’allocution des Partenaires du SIETTA, le Président de la GIZ- ComCashew 5. l’allocution du Président du Conseil International Consultatif du Cajou6. l’allocution du Président du SIETTA, le Ministre du Commerce de l’Industrie et de la Promotion des PME ;7. l’allocution d’ouverture de SEM le Vice-Président de la République de Côte d’Ivoire.
Elle a été suivie par la visite officielle des stands.
II. La Conférence annuelle de l’ACA Cette 3ème édition du SIETTA a été couplée avec la douzième Conférence Annuelle de l’ACA qui a été sanctionnée par l’organisation de l’Assemblée Générale, ayant permis le renouvellement de ses organes de gouvernance.J’en profite pour féliciter le Président de l’ACA et ses membres pour la qualité de leurs travaux.
III. Les ExpositionsLes expositions ont été organisées en deux parties : 1. Les Expositions de produits et services et 2. Les Expositions d’équipements et démonstrations.1. Les Expositions de produits et services64 stands contre 52 en 2016, ont été installés et animés par les 262 acteurs pour 78 structures issues : des Institutions publiques et paraétatiques ; des Promoteurs de produits et sous-produits de l’anacarde ; des Sociétés de services maritimes ; des Projets nationaux, sous régionaux et ONGs ; des Structures de Recherche et d’Appui-encadrement ; des Équipementiers et Transformateurs ; des Institutions bancaires ; des sociétés de Contrôleurs-qualité ; des Partenaires Techniques et Financiers.

2. Exposition d’équipements et démonstrations
20 Equipementiers; dont 17 Nationaux, contre 6 à l’édition précédente et 3 Internationaux ont été présents. Ils ont notamment exposé deux chaînes complètes et de nombreuses innovations ayant trait aussi bien à la transformation, à la récolte et au séchage des noix.
Tous ces participants nous proviennent de 37 pays avec des délégations fortement remarquées pour le Bénin, le Ghana et le Burkina Faso.
Au total 7500 visiteurs ont été enregistrés au cours de ces trois (3) jours avec un pic de près de 4000 à la première journée.
IV. Les Ateliers thématiquesLe SIETTA 2018 a été aussi une tribune pour examiner toutes les problématiques liées à la transformation de l’anacarde et à l’emploi des jeunes. Ainsi, huit (8) Sessions et quatre (04) ont été organisées autour de :1. Un environnement d’affaires favorable : promouvoir l’implication des jeunes dans le développement des chaînes de valeurs2. Production innovante : une mine d’emplois pour les jeunes 3. Transformation : une mine d’opportunités pour la création de valeur ajoutée 4. Equipements de transformation : Innovation technologique, le défi à relever ;5. Démonstration pratique de l’analyse de la qualité des noix KOR6. Forum des partenaires au développement 7. Forum d’échanges d’expériences entre les femmes de la filière 8. Forum de présentation du Projet de Promotion de la Compétitivité de l’Anacarde PPCA
Le point de ces différentes sessions sera détaillé dans les actes du SIETTA à paraître ultérieurement. C’est le lieu de féliciter les 55 panélistes et modérateurs qui ont échangé leurs expertises avec le monde scientifique, les producteurs, les étudiants et le grand public.
V. Les rencontres B to BElle se sont tenues hier, vendredi 09 novembre 2018 de 11h00 à 18h00, au Hall de la salle LOUGAH François. Au terme de l’activité, il a été enregistré :- Une vingtaine de rencontres effectuées avec des intentions de partenariats générées ;- Les centres d’intérêts suivants : o Intentions d’achats et de ventes de noix de cajou et d’amandes ;o Recherche d’équipementiers dans le cadre de futures installations d’unités de transformation ;o Recherche de financement ;o Recherche de partenariat dans le cadre de la formation et de l’information dans la filière noix de cajou ;
VI. La promotion de la consommation des produits dérivés de l’anacardeLe SIETTA a été également l’occasion pour les organisateurs de faire la promotion et la vulgarisation des dérivés du cajou en vue d’amener les populations à connaitre et à intégrer la consommation du cajou dans leurs habitudes alimentaires.Ainsi, 20 stands dédiés chacun à un produit cajou particulier ont permis au grand public de découvrir ou redécouvrir la grande diversité de produits dérivés de l’anacarde.  
VII. La cérémonie de clôtureLa présente cérémonie qui outre mon discours bilan sera marquée par : La cérémonie de remise des prix et distinctions aux acteurs du SIETTA 2018 ; Le discours de clôture du Président du SIETTA, le Ministre du Commerce de l’Industrie et de la Promotion des PME.

VIII. Les visites de sites touristiques et d’unités de transformationOn notera à ce niveau, le circuit :- De l’Usine de CILAGRI à Tridi, d’une capacité de 30 000 tonnes, extensibles à 60 000 tonnes en doublant les équipes de travail- De Tourisme dans la ville d’Abidjan, 

 ConclusionAu terme de ces trois jours riches en découvertes et relations d’affaires, je voudrais encore exprimer ma gratitude à tous les membres du Gouvernement qui ont bien voulu répondre à l’appel de leurs collègues de l’Industrie et de l’Agriculture, démontrant ainsi la solidarité gouvernementale ivoirienne.
Je ne remercierai jamais assez les partenaires techniques et financiers pour leurs appuis constants au développement de la chaîne de valeur du cajou en Afrique et particulièrement en Côte d’Ivoire. Mon regard se tourne vers la Competitive African Cashew (ComCashew), la GIZ et l’Alliance du Cajou Africain (ACA) pour leurs engagement et appuis constants à l’organisation du SIETTA.
Mes remerciements vont également à l’endroit de tous nos invités nationaux et surtout internationaux, Exposants, Conférenciers, Panelistes, Modérateurs, Participants et autres Visiteurs qui malgré leurs contraintes ont accepté de se joindre à nous. Quelques acteurs seront honorés dans quelques instants, mais sachez qu’au-delà de cette distinction, ce sont tous les participants qui sont primés pour avoir permis au SIETTA 2018 d’afficher ce niveau de satisfecit.
Je salue et remercie tous les membres du Comité d’organisation de cette troisième édition du SIETTA pour leur constante disponibilité durant les préparatifs et pendant le déroulement de cette manifestation.
Je puis affirmer que les perspectives de création d'emplois et d'insertion des jeunes dans le tissu industriel de l'anacarde sont prometteuses. Comme il a été rappelé au cours des panels, la mise en œuvre du PPCA combinée avec toutes les mesures incitatives prises par le Gouvernement pour stimuler la transformation de l'anacarde, permettra de créer une capacité supplémentaire de 200 000 tonnes de noix de cajou avec pour corollaire les nombreuses possibilités de création d'emplois.
L'avenir est encore plus rassurant avec la création effective du Conseil International Consultatif du Cajou (CICC), institution internationale de coopération des pays producteurs de cajou ayant pour objectif majeur de fédérer les énergies pour la promotion des chaines de valeur de l'anacarde. Permettez-moi à nouveau de saluer la présence distinguée du Président en exercice de cette institution, le Ministre de l'Industrie et du Commerce du Bénin.Je lance un appel aux producteurs qui détiennent encore des stocks de noix de cajou au titre de la campagne. Je les exhorte à déclarer tous leurs stocks aux Délégués régionaux du Conseil du Coton et de l'anacarde afin de trouver les voies et moyens de résorber rapidement ces quantités.Je pense que les difficultés de cette campagne seront un mauvais souvenir au regard des actions entreprises avec les autres pays producteurs et consommateurs de noix de cajou.En effet, à la suite à l'invitation de Foretell Business Solution cajou qui a eu lieu à Dubai du 9 au 13 août 2018, et à l'issue des différentes concertations entre les principales associations et agences gouvernementales mondiales de la chaine de valeur de cajou, les principales recommandations sont les suivantes:- la mise en place de paramètres standards de qualité, - la proposition de contrats standards de qualité, incluant les paramètres de qualité, - la création d'une bourse de noix de cajou dans un pays à choisir.
En outre, à la faveur de la mission qui a eu lieu début septembre au Vietnam, un comité de suivi des relations commerciales entre le CCA et Vinacas a été mis en place. Sa mission dans un premier temps est de régler les contentieux nés de l'exécution des contrats commerciaux cette campagne mais devra veiller à faciliter les transactions commerciales entre exportateurs ivoiriens et opérateurs vietnamiens regroupés au sein de Vinacas.
…Je vous remercie »