Prix bord champs: Cacaco 825 Fcfa, Kg;  Café  700 Fcfa Kg,  Hevea 275 Fcfa; Anacarde 350 Fcfa

dimanche 11 avril 2021
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Blet Richard, président de la Démocratie pour la Liberté et la Cohésion (DLC): je fais la politique du développement

lundi, 09 juillet 2018 05:41 Written by

Bonjour Monsieur président de la Démocratie pour la Liberté et la Cohésion (DLC).

 

Vous rentrez d'une tournée qui vous a conduit dans plusieurs endroits de notre continent. Quels ont été les points saillants de ce voyage?

D’abord, ce voyage s’inscrit dans une logique. Un homme politique doit aussi se frotter aux autres. Lorsqu’on a à cœur d’apporter quelque chose de nouveau à sa nation, il faut bien aller ailleurs s’inspirer de ces expériences pour l’offrir à la nation. Parce que quand je critique, je propose pour permettre à la nation d’avancer. Je ne fais pas la politique politicienne. Mais je fais la politique du développement.

 

Vous n’êtes pas nouveau sur la scène. Est-ce que vous venez maintenant sur de bons pieds cette fois-ci ?

Oui ! Parce qu’en son temps ; nous tissions certaines relations. La politique, il ne faut pas courir à l’intérieur. Il faut savoir d’où on vient et on va. Il faut murir.

                                         

Quels sont les atouts que vous avez aujourd’hui pour tenir bon ?

C’est nos propos. Il n’y a pas meilleure manière de tenir bon que les propos que nous avons. Et c’est ces propos, ce sont des propos de cohésion, de solidarité, de paix. Aujourd’hui, nous sommes en train de mettre en avant le peuple. Depuis que nous avons commencé la politique, c’est seulement le peuple. C’est pourquoi nous disons qu’il faut replacer le peuple au centre de nos intérêts. Pendant longtemps, le peuple est resté en marge de la politique ivoirienne. De sorte que quand le gouvernement implémente des projets, le peuple ne se sent pas à l’aise.

Vous vous souvenez que lorsqu’on votait la nouvelle constitution, il est vrai qu’il y a eu des chiffres, mais pour nous qui sommes rentrés au sein du peuple, nous avons vu que les gens ne s’intéressaient pas à ça pour la simple raison qu’ils ne savaient pas ce qui est à l’intérieur de cette constitution. Premièrement, il faut qu’on arrive à replacer le peuple ivoirien au centre de nos intérêts. Et deuxièmement, nous sommes en train de promouvoir véritablement l’identité du monde paysan. La Côte d’Ivoire aujourd’hui est à 95% paysan.

Si nous parvenons à mettre en place des projets concernant le monde paysan, par exemple l’augmentation des produits comme le cacao, le café, comme la banane, l’anacarde; si nous facilitons certaines choses pour que ce monde se sente à l’aise, vous allez voir que les agglomérations vont décongestionner. Et les gens vont repartir d’où ils sont venus. Parce qu’ils ont le strict minimum. C’est en cela que nous faisons la politique (droit à l’eau potable, à l’électricité, à la santé, à l’éducation…)

 

Avez-vous maintenu le contact avec les populations depuis que vous aviez fait le tour du pays durant les années qui ont suivi ?

Nous, nous sommes foncièrement ‘‘rural’’. C’est dans le monde rural que nous allons. Vous n’allez jamais entendre que Blet Richard a fait un meeting à Abidjan. Car la politique à Abidjan, c’est la politique. Non! Il faut aller au village, vous frottez aux populations. Elles ont envie de parler mais ne trouvent pas d’interlocuteurs. Et nous, nous sommes les interlocuteurs du bas peuple. Il ne faut pas rester à Abidjan pour parler. Il faut aller rencontrer le peuple pour que le peuple dise ce qu’il pense.

Commercialisation de l'anacarde 2018: Dr Adama Coulibaly Dg du Cca « Parlons de ralentissement et non de blocage(…) »

mercredi, 30 mai 2018 01:23 Written by

Monsieur le Directeur général y a-t-il vraiment blocage dans la campagne de commercialisation de l’anacarde ?

Il n’y a pas de blocage au niveau de la commercialisation de la noix de cajou. Mais plutôt un ralentissement dans les activités d’exportations Chaque année, le mois de mai coïncide avec l’arrivée groupée de toutes les productions agricoles d’exportation au Port d’Abidjan. Citons le cacao, le coton, la mangue et la noix de cajou. Pour ne citer que ceux-là. A un moment donné, nous enregistrons un pic à ce niveau et le port est engorgé. Car, si les exportateurs n’arrivent pas à écouler ce qu’ils ont acheté, ils ralentissent les achats sur le terrain. Nous avons donc un ralentissement des achats sur le terrain. Nous insistons pour dire qu’il n’y a pas de blocage sur le terrain. Ce qui évidemment entraine depuis deux semaines, un ralentissement des achats sur le terrain. Jusqu’au 20 mai 2018, nous étions à 605120 tonnes ramassées et achetées déjà avec les producteurs. A la même date en 2017, nous étions à 578609 tonnes. Soit un gap positif en faveur de la campagne de commercialisation 2018 de 26511 tonnes. Si nous remontons deux ans en arrière( 2016), nous étions à 543 mille tonnes. Si vous comparez 543 mille tonnes à 605 mille tonnes, nous avons un peu plus de 60 mille tonnes de noix brutes de plus. Voilà la réalité des chiffres.

On parle aussi d’un différend entre exportateurs ivoiriens et partenaires Vietnamiens. Qu’en est –il exactement ?

Effectivement, il y a des contrats entre exportateurs vietnamiens qui ne sont pas tout à fait honorés comme cela se faisait les campagnes précédentes. Donc les Vietnamiens trainent les pieds pour payer les quantités de produits qui sont livrées. Nous avons eu le mercredi 23 mai 2018, une séance de travail avec l’ensemble de la communauté portuaire. Ce pour adresser toutes les difficultés qui nous avaient été signalées. Nous nous sommes rendus comme qu’il y avait des incompréhensions entre partenaires commerciaux. Mais il n’y avait pas de difficultés réelles quant à l’évacuation de la noix de cajou. Les problèmes spécifiques dans le cas d’espèce, les problèmes spécifiques ont été réglés de façon spécifique avec les acteurs cibles concernés. A partir de cette semaine ( 28 mai 2018) le problème va se résorber. Rappelons que des exportateurs avaient accumulé de gros stocks qui attendent d’être exportés. Donnons-nous deux à trois semaines et nous allons arriver à la normalité. Nous voulons profiter de votre plume pour dire aux acteurs que le prix de 500Fcfa par Kg est lié à la qualité du produit. Qui doit être bien séché, trié et donc ne comportant aucun corps étranger. Si vous envoyez une quantité de produits qui ne répond pas à ces critères, vous vous mettez dans une situation où vous êtes obligés de négocier. Ce qui n’est pas recommandé or les cinq cent francs ne sont pas négociables.

Il nous revient qu’il y a près de trois cent camions chargés d’anacarde qui bloqués au port. Que répondez- vous ?

Nous avons fait le point des véhicules en question. Un point fait avec les membres de la communauté portuaire nous donne 223 camions qui sont concernés non seulement dans la zone portuaire. En réalité, nous sommes allés au-delà de la zone portuaire avec les exportateurs et la pluparts des camions qui sont là ce sont des camions avec des chargements refoulés qu’on devrait aller sécher. Quand vous avez un chargement avec un taux d’humidité supérieur à 10%, vous ne pouvez pas déchargé conformément à nos principes et nos critères. Nos contrôleurs veillent à cela. Au lieu de refaire mouvement vers un espace où ils peuvent aller sécher, des personnes concernées attendent. Espérant qu’elles peuvent décharger. Ce qui n’est pas possible.

Malgré l’ordonnance du 03 mai 2018 prise par le gouvernement ivoirien en vue de lutter contre le trafic illicite hors frontières des produits agricoles notamment l’anacarde, il nous revient que la fuite du cajou ivoirien vers le Ghana… Où la parafiscalité est moins lourde se poursuit ?

Aucun ivoirien ne devrait soutenir ce genre de propos. Qui sont des propos inciviques. Cela traduit leur manque de patriotisme et leur très mauvaise appréciation de la notion de Nation. Je dis et j’affirme que la Côte d’Ivoire a basé son développement sur l’agriculture. Ce sont les prélèvements qui sont faits dans nos ports qui sont les principales sorties de nos produits d’exportation qui sont réinjectés dans notre économie. Pour construire des routes, des centres de santé. Lorsqu’on croit gagner 100Fcfa par kilogramme en faisant partir frauduleusement une partie de la production ivoirienne à l’extérieur, quand vous avez fini de gagner ces cent franc et que vous tombez malade et qu’il n’y a pas de centre de santé dans les environs, vous faites quoi ?(…) Ce sont des propos qui m’attristent. Parce que ce n’est qu’ en Côte d’Ivoire qu’on voit ça. Si le gouvernement ghanéen dit que l’exportation des noix de cajou par voie terrestre est interdite, il n’est pas passible qu’un ivoirien entre avec son véhicule au Ghana, parcourir des villages et charger et revenir en Côte d’Ivoire. Mais pourquoi les ghanéen le font en Côte d’Ivoire ? Quand ils viennent en Côte d’Ivoire, ce sont les ivoiriens qui font les chargements. Je trouve cela inadmissible.

Des sources régionales évaluent à plus de cent mille tonnes, la quantité de produits qui a déjà traversée la frontière est. Vrai ?

Les chiffres ont toujours été surévalués. Ils ne répondent à aucune réalité. Parceque, je ne peux pas avoir 1300acheteurs agrées en Côte d’Ivoire et 140 exportateurs et 1/6 du produit va sortir. Cent mille tonnes ? Cela veut ce sont plus de2000 camions qui traversent la frontière pour aller de l’autre côté. Le phénomène existe mais laissez-moi vous dire que les contrebandiers sont tellement traqués par le dispositif sur le terrain, qu’ils utilisent des tricycles et des motos. Ils sont devenus très astucieux avec des moyens de locomotion de petites capacités, il va falloir faire beaucoup de voyages. A chaque fois qu’il y a un kilogramme qui part hors des frontières, cela nous écœure. Nous amplifions nous même le phénomène mais en réalité, en termes de tonnage, ça n’atteint pas cinquante mille. Pour mieux lutter contre trafic, il faut mettre véritablement le cap sur la transformation locale. C’est humiliant pour nous de faire partir nos produits hors de notre pays. La transformation locale nous permettra de créer des emplois sur place et d’accroitre les ressources de l’Etat. D’ici trois à cinq ans, vous verrez l’impact de la transformation locale sur les prix aux producteurs.

Par Bamba Mafoumgbé,

Bineswaree Bolaky( Cnuced): Investissements privés en Afrique

jeudi, 17 mai 2018 23:19 Written by

« Attention, à de nouveaux endettements… »

Du partenariat public privé( Ppp), en passant par la question de l’endettement des Etats africains, au rôle de la Femme dans le développement économique de l’Afrique, Bineswaree Bolaky, chargée d’affaires économiques à la Division de l’Afrique, des Pma et des programmes spéciaux à la Conférence des nations unies sur le commerce et le développement(Cnuced) , en exclusivité s’ouvre à Lginfos

Comment le Partenariat public –privé( Ppp) peut-il contribuer à la mise en œuvre des Objectifs de développement( Od) en Afrique ?

Le partenariat public- privé, est une très bonne chose. Parce que l’Afrique a beaucoup d’objectifs de développement qui doivent être accomplis. Dans un tel contexte, la question du financement est une préoccupation majeure. Comment financer le développement ? L’endettement est inévitable en Afrique et Il faut diversifier les sources de financement sur le continent, pour mener à bien tous les projets. Dans ce sens, le Partenariat public –privé peut-être un nouveau modèle de financement. Cependant, il faut s’assurer que les Etats africains ne récoltent une dette supplémentaire. Parce que si les projets du secteur privé n’aboutissent pas, il y a un risque que les gouvernements qui se portent garants des investissements en question, peuvent s’endetter. Il faut donc être vigilant par rapport aux passifs éventuels qui peuvent contribuer à l’endettement des pays africains

Pouvez-vous revenir sur les investissements dans les Pays moins avancés( Pma) dans le secteur énergétique ?

En 2017, la Cnuced a publié un rapport Pma sur le thème : l’accès à l’énergie comme vecteur de transformation structurelle. Il est impératif que les pays africains développent leurs économies et les transforment. Aussi, ils doivent développer les secteurs à plus fortes productivités. Mais cela passe par un accès aux services énergétiques de qualité aux entreprises africaines. L’accès à l’énergie est primordial pour pouvoir développer les capacités productives en Afrique, développer les secteurs économiques et renforcer la compétitivité des Pme africaines.

Vous avez aussi parlé de transformation structurelle de l’économie. Quel rôle devrait y jouer la Femme africaine ?

La femme africaine est un atout pour l’économie de ce continent. Malheureusement, nous constatons que dans pas mal de pays, pas seulement en Afrique mais dans beaucoup de pays en développement, les femmes sont parfois confrontées à des difficultés particulières. Certains facteurs entravent leur pleine participation au processus de transformation structurelle. Par exemple, dans le milieu rural, il y a parfois des pratiques traditionnelles qui font que les femmes n’ont pas accès à la terre, aux ressources productives, aux crédits et aux intrants. Tout cela contribue à diminuer la productivité de la Femme en tant qu’acteur économique. Donc, il est impératif que les politiques impliquent davantage la Femme et donc le genre dans les politiques de développement.

Pendant combien de temps, les africains devraient continuer à agir en pourvoyeurs de Matières premières brutes ?

Je suis africaine de l’Ile Maurice et peut-être que ça été un bienfait de ne pas avoir de ressources naturelles. Mais ce pays s’en sort bien. A la Conférence des nations unies sur le commerce et le développement(Cnuced), ça fait des années et des années que nous tirons la sonnette d’alarme, sur le fait que l’Afrique ne devrait pas rester dépendante des exportations des Matières premières brutes. Il faut non seulement tisser des liens entre le secteur extractif mais aussi avec le secteur économique. Le Botswana est un très bon exemple en Afrique. C’est un pays qui a su bien gérer le secteur d’exploitation de diamant et qui a évolué dans la chaine des valeurs. En passant de l’exportation du diamant brut au développement de l’industrie local du diamant en un secteur de bijouterie sur place. Cela est un très bon exemple. Avec les ressources naturelles comme intrants, les pays africains peuvent progresser dans la mise en place des chaines de valeurs

La Côte d’Ivoire produit non seulement du cacao mais aussi du café, de la noix de cajou. Avec des faibles taux de transformation au plan local. Quels conseils pouvez-vous donner à un tel pays, pour accroitre ses taux de transformation ?

C’est d’utiliser ses ressources naturelles pour développer le secteur manufacturier. Par exemple avec le cacao, il faut passer à la fabrication du chocolat comme c’est le cas au Ghana, où l’accent est mis sur la production de chocolat local. En ce qui concerne, le coton, il faut passer à la fabrication de produits textiles (exemple du coton organique). Il y a beaucoup de secteurs où l’accent doit être mis sur la valorisation des ressources naturelles et du secteur extractif

Quel a été l’impact du terrorisme sur le développement du commerce au niveau de pays de l’Afrique de l’Ouest ( Mali, Burkina Faso) ces dernières années ?

Le développement du commerce ne peut se faire sans la sécurité. Ça été démontré dans des études. Pour développer par exemple le secteur touristique, il faut avoir un environnement sécuritaire stable. Pour attirer les Investissements directs étrangers( Ide), il faut avoir aussi un minimum de paix et de sécurité. L’Union Africaine doit sensibiliser les pays africains sur ce sujet. Mais aussi et surtout promouvoir la coopération régionale et le dialogue entre pays africains afin de maintenir la paix et la stabilité sur le continent africain.

Quel est le regard de la Cnuced sur les réformes en cours au niveau de l’Ua , notamment la zone économique de libre échange, la monnaie unique ?

L’intégration régionale est un moteur clé pour développer le continent africain. Nous pensons à la Cnudec que l’intégration régionale peut vraiment catalyser le processus de développement intégral en Afrique. Nous avons noté que le commerce intra-africain peut servir de tremplin pour le développement du secteur manufacturier local. A travers l’intégration régionale on peut mettre en place des projets régionaux pour améliorer les infrastructures. Bref, l’intégration régionale doit être une priorité. Elle doit bénéficier avant tout aux africains, aux entreprises africaines et non entreprises étrangères. Il faut certes signer des accords mais les mettre en œuvre d’une part, et d’autre part tout mettre en œuvre pour assurer des financements régionaux adéquats. Il faut aussi libérer le potentiel du secteur privé en Afrique

Pensez-vous qu’on pourra arriver à cette intégration régionale à brève échéance ?

Le grand défis, c’est la mise en œuvre. Aussi, il faut une véritable volonté politique à tous les niveaux, pour mettre en œuvre les accords et nous pensons que l’idée c’est d’avoir une Union Africaine qui pilote des grands projets de coopération régionale en Afrique. Nous pensons que ce modèle de coopération régionale peut se faire. Mais cela demandera beaucoup de volonté politique. Le secteur privé africain y a un grand rôle.

Vous avez parlé toute à l’heure dans votre exposé de tourisme médical ; en quoi ça consiste ?

Il consiste à attirer des étrangers à venir se faire soigner sur place. L’Ile Maurice et la Tunisie sont deux pays africains qui ont eu un certain degré de succès dans le développement du tourisme médical. Bien évidemment pour y réussir, il faut avoir de très bonnes infrastructures médicales, un personnel médical de haut niveau et qualifié. Dans le cas de la Tunisie, le gouvernement a fait de ce créneau, une priorité en mettant en œuvre une politique pour développer les infrastructures médicales. En ce qui concerne l’Ile Maurice, il y a eu certaine coopération avec l’Inde. Des hôpitaux indiens sont venus s’implanter dans ce pays. Ce afin d’aider ce dernier à se positionner comme un hub en termes de tourisme médical.

Avez-vous des exemples de pays africains qui ont émergé dans le domaine du Tourisme médical ?

Oui, moi – même je suis de l’Ile Maurice qui est un exemple parfait. Nous avons également les Seychelles, nous avons également le Rwanda qui est un exemple d’un pays qui veut développer le tourisme comme un produit d’exportation. C’est important de tirer les bonnes leçons des expériences des autres. Le tourisme est un secteur qui peut favoriser le développement de liens intersectoriels ; c’est-à-dire qu’à travers le tourisme, on peut aussi développer le secteur agricole, développer les infrastructures et le secteur des services. Bref, c’est un créneau à exploiter. Mais, il faut viser un développement du tourisme qui soit diversifié en essayant d’offrir un produit touristique sophistiqué et surtout éviter un tourisme de masse.

Interview réalisée à Génève(Suisse),par Bamba Mafoumgbé,

Interview Maurice Sawadogo( Exploitant agricole)/Fuite des produits agricoles «Il y a des gens qui ne vivent que de ça(…) »

mardi, 03 avril 2018 23:04 Written by

Face à une tension perceptible autour de l’exportation du café ivoirien, des exploitants agricoles ont décidé de donner de la voix. De faire des propositions en vue d’une véritable redynamisation de la filière café-cacao et d’une professionnalisation des producteurs ivoiriens. Dans cette interview, Maurice Sawadogo, exploitant agricole dans la région d’Abengourou donne sa recette.

Bonjour M. Maurice Sawadogo, vous êtes exploitant agricole à Abengourou, quel commentaire faites- vous, plus de deux semaines après la déclaration de Daloa sur la crise dans la commercialisation du Café ?

Je pense qu’à ce niveau, il faut faire une nuance. A Daloa, nous y sommes allés dans le cadre d’une sensibilisation. Nous n’étions pas allés pour faire une déclaration. Des syndicalistes avaient appelé à la grève. Comme nous ne voulions pas que notre maison commune brule, nous sommes allés à la limite des zones de production qu’est par excellence Daloa, pour appeler les producteurs au calme et la sérénité. La Côte d’Ivoire étant un pays de dialogue, tout peut se régler dans ce cadre. J’ai plus de 50ans et je n’ai jamais vu un cimetière de café. Le stock de café en souffrance sera payé. Casser les délégations du Conseil café-cacao ou faire autre chose ne serait pas la solution. Concernant spécifiquement le blocage dans la commercialisation du café contrairement à ce qui se dit, le café se paye. C’est l’exportation du café qui pose problème. C’est pourquoi, il y a eu des remorques bloquées dans nos ports notamment au port d’Abidjan. Justement parlant de ce blocage, il est bon de savoir que nous-mêmes coopératives de producteurs ou acheteurs nous ne voulons pas aller à la professionnalisation de nos activités. Aujourd’hui, pour convoyer le café au port d’Abidjan ou au port de San pedro, il faut avoir un acheteur. Dans le cas contraire, si tu n’as pas d’acheteur et que même si tu as une remorque que tu vas immobiliser au port, cela va faire le lit des spéculateurs. Le temps de trouver un preneur à ton produit. Il nous faut donc sortir de ce piège là et mettre le cap véritablement sur la professionnalisation de nos activités

Vous dites qu’il n’y a pas de blocage alors qu’il n’y a un blocage au niveau de l’Algérie ?

L’Algérie dispose d’une plate-forme par laquelle transit le café d’origine Côte d’Ivoire. Ce n’est pas l’Etat algérien qui paye le café. Au niveau de ce pays, il a été exigé des documents. Le café est un produit alimentaire et donc, il faut au moins payer une caution. Ce que des exportateurs ont trouvé beaucoup plus élevée. Face à la situation, le Directeur général du Conseil du café et du cacao a décidé de monter au créneau avec ses collaborateurs. Pour trouver une solution, étant donné que le Ccc joue le rôle d’intermédiaire entre l’Etat et les acteurs. Cette structure ne paye pas le produit mais fait la régulation, le développement et la stabilisation. Ce sont des choses à savoir et il faut aller à une grande professionnalisation. C’est pour cela que le ministère de l’Agriculture et du développement rural, nous a invités à plusieurs reprises, à mettre en place notre interprofession. Mieux, à devenir de véritables exploitants agricoles ( voire encadré) Malheureusement, des querelles entre nous font que nous n’arrivons jamais à nous mettre d’accord sur l’essentiel : la mise en place de notre interprofession. Pour que nous ayons notre mot à dire sur ce genre de situation qui s’impose en ce moment à nous. Aujourd’hui, certains d’entre nous font de la politique alimentaire. Il nous faut d’abord discuter en interne avant d’aller sur la place publique.

Il se dit que l’entrepôt de Sifca-coop aurait été cédé à des exportateurs proches de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire ?

Ce sont des rumeurs. Moi j’ai vendu mon cacao à Sifca coop qui est dirigée par M. Silué Boloba. Pensez-vous qu’on peut nommer un directeur à la tête de Sifca-coop et vendre ce site le lendemain ? Le Dg qui vient d’arriver ne peut vendre cet actif. (…) tous les Présidents ivoiriens se soucient des producteurs mais est-ce que les producteurs se soucient d’eux-mêmes ? Laissons- les travailler et jugeons – les au bilan.

Selon vous à quoi est due la fuite du café et cacao ?

C’est un phénomène qui a toujours existé dans un sens comme dans l’autre. Il y a des gens qui ne vivent que de ça. Dès qu’il y a des remous dans la filière, ils en profitent. Ce sont des hommes d’affaires qui ont de l’argent. Un producteur ne va jamais prendre un sac pour traverser la frontière. Il est dans son champ. Si tu viens et que tu lui fais une bonne proposition, il va t’envoyer son produit. Au lieu d’interroger les syndicalistes, les chaines étrangères gagneraient à venir constater les choses sur le terrain. Ce n’est pas seulement le café et le cacao qui sont touchés par ce phénomène. Il y aussi la noix de cajou. Quand nous nous faisons accompagner de nos enfants dans nos champs, ils parlent d’exploitation des enfants dans la cacaoculture. Mais jamais la communauté internationale ne s’alarme sur le trafic transfrontalier de nos produits agricoles. Tout le monde sait ce qui se passe.

Voulez-vous dire que c’est un phénomène qui est connu de tous ?

Tout à fait ! Des convois de remorques de cacao passent devant tout le monde et entrent au Ghana. Ils disent que c’est un problème de prix. Mais en vérité, ceux qui le font sont tellement rackettés qu’ils laissent sur la route. Dieu seul sait le montant des fonds que les ghanéens ont laissé dans nos zones de production en Côte d’Ivoire.

Ne pensez-vous pas qu’une transformation à grande échelle de notre café et cacao aiderait à stabiliser les prix aux producteurs ?

On ne peut pas être premier producteur mondiale et ne pas pouvoir consommer sur place 2% de cette production. Pour qu’on puisse consommer le cacao sur place, il faut le transformer. Nous devons pouvoir donner l’envie aux populations ivoiriennes et partant celles de la sous- région de le consommer. Est-ce qu’il existe une politique dans ce sens-là ? Il faut aller dans ce cadre à la coopération sud-sud qui permettra d’envoyer du café moulu au Burkina Faso, au Mali et autres. Cela nous permettra d’échapper aux effets néfastes des spéculateurs d’outre –mer.

Bamba Mafoumgbé,

Légende photo : Maurice Sawadogo,( Explotant agricole à Abengourou) :

« Pour qu’on puisse consommer le cacao sur place, il faut le transformer »

 

Encadré : Plus de 1 millions de cacaoculteurs peinent à aller à l’interprofession

A quand la mise en place de l’interprofession dans la filière café-cacao ? bien malin celui qui pourra répondre à cette question. En effet depuis plus d’une dizaine d’années et malgré tous les conseils des experts, les producteurs de café et de cacao n’arrivent jusque-là pas à s’entendre pour y arriver. Ils préfèrent travailler dans le désordre ou en groupuscule pour donner de la voix. Conséquences, quand survient une crise dans la filière café-cacao, des syndicalistes et présidents de sociétés coopératives sortent pour donner de la voix aux noms des producteurs de café et cacao. Mais combien sont t-ils officiellement ses producteurs de café et cacao grands créateurs de richesse en Côte d’Ivoire ? 700 mille ou plus de 800 mille planteurs de café-cacao ? Des sources officielles avancent le chiffre de 1 million de planteurs. Fait important, chaque producteur de cacao entretient en moyenne 6 personnes. Une masse critique dont la position devrait compter tout comme la position de la Côte d’Ivoire dans la fixation des prix aux producteurs. Ce qui visiblement n’est pas le cas. Même si les initiatives ne manquent pas, il faut véritablement mettre le cap sur la professionnalisation des acteurs. Des ateliers et séminaires ont régulièrement lieu dans ce sens. Un atelier de validation du projet de recensement des producteurs de café-cacao et de leurs vergers a eu lieu, il y a quelques années à Abidjan, a l’initiative du Conseil du café-cacao (Ccc). Cet atelier avait réuni des représentants des ministères et de l’administration agricole, des préfets de région des zones productrices, des partenaires techniques et financiers, du Comité national de télédétection et d’information géographique (Cntig) et bien d’autres. Au terme de quoi, l’opération de recensement qui devrait démarrer, devrait déboucher sur l’octroi de cartes professionnelles aux producteurs. « Ce recensement doit permettre de mieux cibler nos appuis aux producteurs, d’améliorer la traçabilité du produit et de sécuriser les transactions bord champ. Il permettra aussi la mise en place d’une interprofession forte, assise sur des organisations des producteurs crédibles » avait indiqué en temps les responsables du Conseil du Café et du cacao. Mais où en sommes avec l’octroi de cartes professionnelles ? Combien de planteurs de café et de cacao, le troisième recensement des exploitants et des exploitants agricoles( Reea) a-t-il touché ? Nous ne savons pas grand-chose. En attendant de trouver une réponse à cette violente question, il est bon de retenir que les résultats du 3e recensement des exploitants et des exploitations agricoles (Reea) qui ont été communiqué dans la mouvance du Sara 2017 par le ministère de l’agriculture et des ressources animales révèlent que la côte d’Ivoire compte plus d’un million d’exploitants agricoles. Le Coordonnateur national du Reea, Coulibaly Nouhoun qui a présenté les résultats a dit que ce sont 1 742 838 exploitants agricoles dont 379 658 femmes qui ont été recensés à la fin de cette opération. « Outre les exploitants agricoles, ce sont 1 407 451 ménages agricoles dont la taille moyenne est de 7,1 % qui ont enregistrées. A cela s’ajoutent le nombre total d’exploitants d’élevage (666 479), d’aquaculteurs (2 905), de sylviculteurs (12 580) et d’exploitants pratiquant la pêche (33 099). On dénombre également 296 exploitations modernes en Côte d’Ivoire, selon les chiffres livrés » a dit le Docteur Coulibaly Nouhoun. Se félicitant du travail effectué par ses services, le ministre de l’agriculture et du développement rural, Coulibaly Sangafowa, a rappelé à cette occasion l’importance du Reea, qui selon lui « permet d’actualiser les statistiques agricoles après le recensement national de l’Agriculture de 2001.Cette opération qui vise à doter le pays de données fiables, précises et actualisées sur les exploitants et exploitations agricoles en vue de disposer d’une cartographie vraie, a été lancée en 2015 Ce recensement cofinancé par l’Etat de Côte d’Ivoire et l’Union Européen avec l’appui technique de la Fao . Le Reea 2015 a coûté 7,5 milliards Fcfa dont 54% (3,9 milliards Ffcfa). La contribution de l’Union européenne est de cinq millions d’Euros (3,3 milliards Fcfa), soit 44% du budget, et 2% sont apportés par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) qui assure par ailleurs 80% de l’assistance technique. Aussi, en Côte d’Ivoire, on ne parle plus de planteurs de cacao et cacao mais d’exploitants agricoles. Un exploitant agricole, c’est celui qui fait un peut tout. Il a l’avantage de diversifier ses sources de revenus. En faisant de l’aquaculture, l’élevage, l’agriculture vivrière. En plus de faire les cultures de rente comme le coton, le café et le cacao en fonction des zones de productions.

 

Bamba M..

Mécanisation de l’agriculture et maîtrise d’eau: Dr Cisse Sidiki (Dg Anader) « Voici ce que préconise l’ Anader… »

jeudi, 15 mars 2018 17:07 Written by

 

De la maitrise d’eau en vue de la culture irriguée, en passant par la lutte contre le Swollen shoot ou la maladie du cacaoyer à la mécanisation et la modernisation de l’agriculture ivoirienne, le Docteur Cissé Sidiki, le Directeur général de l’Agence nationale d’appui au développement rural,( Anader), donne sa vision…

 

Monsieur le Directeur général, la Côte d’Ivoire est abondamment arrosée. Malheureusement, nous avons du mal à maitriser l’eau. Où se trouve le problème ?

S’agissant à la maitrise de l’eau, disons que nous avons été victimes du fait que nous avons été suffisamment arrosés. Les dispositions n’avaient pas été prises suffisamment en son temps, pour avoir le maximum de barrages et de batardeaux pour retenir l’eau qui tombe au lieu de la laisser couler vers la mer. Aujourd’hui, c’est plus qu’une obligation que de maitriser l’eau. Pour pouvoir avoir de l’eau en quantité pour la culture irriguée. Sans eau, il n’ y a pas d’agriculture. Comme l’eau se fait très rare maintenant, l’Etat de Côte d’Ivoire a pris des dispositions pour qu’on puisse avoir beaucoup de lacs. C’est pourquoi depuis quelques temps, tous les périmètres rizicoles développés disposent en amont un plan d’eau. Aujourd’hui, c’est systématique. Les dispositifs d’irrigation ont un coût. Ça coûte cher. Souvent quand les gens viennent nous voir nous leur expliquons tous les paramètres. Si vous n’avez pas un plan de production pour rentabiliser votre investissement à la base, c’est très difficile d’y arriver.

Est-ce que les paysans font beaucoup d’enfants pour pouvoir les utiliser dans leurs exploitations. Etant donné que l’agriculture n’est pas mécanisée. Qu’est-ce qui est prévue dans le cadre la modernisation de notre agriculture, pour inciter davantage les jeunes s’y mettre ?

Dans le cadre du Programme national d’investissement agricole ( Pnia 2) , il y a un volet important qui est dédié à la mécanisation agricole. L’option est claire sur cet aspect. Le ministère de l’agriculture est conscient que si on veut de plus en plus attirer les jeunes vers l’agriculture, il faut aller à la mécanisation. Il s’agit d’avoir une jeunesse paysanne qui soit moderne. L’Anader a son programme d’appuis à la mécanisation dans le monde rural. A l’effet d’avoir une agriculture moderne et mécanisée. Nous avons un centre de formation à la mécanisation agricole où la vulgarisation du montage d’outillages dans ce sens.

Est-ce que la Côte d’Ivoire peut atteindre l’autosuffisance en riz ?

Il faudrait parler de sécurité alimentaire. Même les grands pays importent ou exportent des denrées alimentaires de grande consommation. La Côte d’Ivoire a le potentiel pour être autosuffisant en matière de production de riz. Que ce soit le Pnia 1 que le Pnia 2, l’option est de développer les agropoles qui permettre de développer ce que le paysans produit. Cela n’est possible qu’à travers une chaine des valeurs qui profite in fine au paysan qui est un acteur majeur dans le dispositif de production. La Côte d’Ivoire produits beaucoup d’autres produits comme l’igname, le manioc et la banane plantain. Le riz est devenu un aliment de base et faut faire face à la forte demande

Monsieur le Directeur général, cela fait tout de même une dizaine d’années qu’on parle du swollen shoot en Côte d’Ivoire. Pourquoi c’est maintenant qu’on parle de projet d’arrachage de pieds contaminés ?

Les premiers de cas de Swollen shoot signalés en Côte d’Ivoire datent de 1932. En son temps, l’administration coloniale a pris des mesures draconiennes d’arrachage intensives pour stopper la pandémie. Le constat est que depuis ce temps- la maladie a récidivé. Ça vient et ça va. C’est comme le ballet de la sorcière. Les premiers cas qui ont été signalé dans la zone de Sinfra en 2005. Quand on a vu les premier cas et que les exploitants agricoles ont commencé à se plaindre, parce qu’ils ne savaient pas ce que c’était, sauf les techniciens qui ont constaté que les arbres séchaient. Ainsi, ils ont commencé à s’inquiéter. Certains cacaoyers ont commencé à avoir des boursouflures, nous nous sommes dit attention, ça peut être le Swollen shoot. Entre temps, le Cnra a commencé à prendre ses dispositions en attendant, en terme de stratégie de lutte, de programme de recherche et de mise au point de variétés tolérante et résistante à la maladie, tout cela prend du temps. Ce sont des années de travail pour pouvoir arriver à une maitrise totale de la maladie et de la situation. Le temps de conception et construction de dispositifs pour engager la cela prend du temps.

Docteur, est-ce que les 100mille ha qui seront touchés vont être remplacés par des variétés de cacao améliorés ?

Ce n’est pas ce que nous conseillons. Nous leur conseillons de diversifier leur exploitation. Dans tous les cas, c’est eux qui décident de replanter entièrement ou pas leur plantation. Mais face à la situation qui prévaut au niveau de l’économie cacaoyère mondiale marquée par la déprime des cours mondiaux du cacao, la diversification s’avère la solution idoine. Aujourd’hui ce sont les cours du cacao, demain le cacao peut repartir et après ça peut- être le café. Les cultivars comme le cacao Mercedes que nous mettons à la disposition des exploitants agricoles sont plus productives que les vieux cultivars que nous avions. Aujourd’hui, si un exploitant agricole travaille très bien, au lieu de 300 ou 500 Kg à l’hectare, il peut aller à jusqu’à 900 Kg voire une tonne de cacao. Remarquez un peu, ceux qui sont dans l’hévéa et qui ont coupé leurs pieds de cacaoyers pour faire de l’hévéa tout comme dans la caféiculture quand les cours du café ont chuté, nous sommes encore victimes de cette fluctuation. Nous pensons que la meilleure solution c’est que les exploitants agricoles opèrent dans leurs exploitations comme un véritable entrepreneur. C’est pourquoi nous conseillons l’entreprenariat et dieu merci. Nos partenaires du monde agricole sont de plus en plus sensibles à cette notion

Dans le cadre de l’opération d’arrachage est-ce que l’abatage des gros arbres sont à la charge de l’exploitant ?

Ce ne sont pas tous les gros arbres qui sont à abattre. Il est conseillé d’avoir quelques gros arbres dans la plantation. Mais il y en a qui sont les hôtes des orchidées et intermédiaires de virus. Ceux –là, il faut les abattre. Ce sont des taches qui s’exécutent et qui sont à la charge du Conseil du Café-cacao.

L’exploitant dont la plantation subit une opération d’arrachage perçoit-il une indemnisation ?

Tout à fait. Le Conseil du café-cacao vue la situation qui prévaut, a décidé d’accompagner les producteurs avec cinquante mille Fcfa par ha. Aussi, l’arrachage du verger contaminé n’aura pas d’impact sur la production de cacao de la Côte d’Ivoire qui dispose d’un verger de 600 000 à 700 000 ha. Nous avons déjà arraché plus de 22 mille ha. Au terme de cette opération si nous constatons que la maladie n’est pas freinée, les autorités vont aviser pour qu’on puisse maitriser la maladie

 

Bamba Mafoumgb,

Sem Abdelmalek Kettani (Ambassadeur du Maroc en Côte d’Ivoire) : «L’Ambassade du Maroc à Abidjan veille au suivi des conventions signées»

mercredi, 07 mars 2018 18:45 Written by

 

Abdelmalek Kettani, Ambassadeur du Maroc en Côte d’Ivoire, assure que, conformément aux instructions royales, ses services veillent à l’aboutissement des nombreuses conventions signées entre les deux pays.

Finances News Hebdo : La Côte d’Ivoire occupe une place de choix dans la coopération sud-sud, puisque Rabat et Abidjan entretiennent un partenariat exemplaire. Dans ce sens, quels sont les projets structurants de ce partenariat, sachant que des conventions couvrant plusieurs domaines sont conclues régulièrement ?

Abdelmalek Kettani : Le partenariat avec la Côte d’Ivoire est excellent à tous les niveaux depuis des décennies, mais il est à noter qu’il a connu une accélération remarquable depuis la première visite de Sa Majesté le Roi, Que Dieu L’assiste, en 2013 quand Il a affirmé dans un discours historique à Abidjan, que «l’Afrique doit faire confiance à l’Afrique». Depuis, plusieurs autres visites Royales, couronnées de succès, se sont succédées, et lors de chacune d’entre elles, de multiples conventions ont été signées devant Sa Majesté le Roi et Son Excellence le Président Ouattara. Ces conventions couvrent des domaines divers, économiques, sociaux, culturels, collaboration sécuritaire, ainsi que des projets d’infrastructures importants, dont le plus emblématique est le projet de réhabilitation de la Baie de Cocody. C’est l’ensemble de ces conventions qui structurent la relation exceptionnelle entre nos deux pays et que nous veillons à voir aboutir dans les délais impartis conformément aux Hautes Instructions de notre Souverain.

F.N.H. : Comment s’opère le suivi de leur exécution sur le terrain ?

A. K. : Les services de l’Ambassade et moi-même veillons, comme je l’ai dit, au suivi régulier des différentes conventions et, si c’est nécessaire, des visites de chantier sur le terrain sont effectuées régulièrement pour nous rendre compte de l’avancement des travaux, mais aussi pour intervenir, le cas échéant, auprès des parties prenantes pour nous enquérir des difficultés éventuelles et tenter d’y remédier. On se félicite aussi du fait que les entreprises nationales investissant en Côte d’Ivoire nous sollicitent également régulièrement pour exposer les différentes problématiques auxquelles elles font face, et nous intervenons, selon les besoins et l’opportunité, pour les assister, autant que possible, à mener leurs opérations dans les meilleures conditions. La Côte d’Ivoire étant un poste à vocation éminemment économique, les services de l’Ambassade sont disposés à accompagner les investisseurs marocains dans leurs démarches et les assister selon les besoins et les possibilités.

F.N.H. : Dans quelle mesure le retour du Maroc au sein de l’UA concourt-il à renforcer ce partenariat ?

A. K. : Le retour du Maroc au sein de sa famille institutionnelle est une étape marquante et déterminante dans l’histoire diplomatique de notre pays. Bien avant cela, grâce à la Vision stratégique et clairvoyante de Sa Majesté le Roi, Que Dieu L’assiste, prônant la coopération sud-sud mutuellement avantageuse, le Maroc est depuis des années engagé auprès des pays africains frères. En effet, Sa Majesté a effectué des dizaines de visites de travail et d’amitié, et a lancé de multiples projets d’importance qui ont obtenu l’adhésion des dirigeants et des populations qui perçoivent dorénavant, à juste titre, notre pays comme un modèle à suivre dans plusieurs domaines. Ainsi, il me semble que l’adhésion à l’Union Africaine ne fera qu’accentuer cette dynamique à travers le continent avec les pays frères et amis, pour le plus grand bénéfice de tous les pays.

F.N.H. : Quel est le rôle de l’Ambassade dans le renforcement des liens entre les deux Etats ?

K. : Le rôle de l’Ambassade est primordial, car la mission diplomatique représente l’ensemble des institutions et organismes marocains et, à ce titre, elle joue un rôle central dans la communication avec les instances du pays d’accueil à tous les niveaux. Ainsi, l’Ambassade est sollicitée en permanence, de part et d’autre, et se doit de faire passer des messages justes et clairs afin de faire avancer les dossiers et les questions qui lui sont soumis. C’est de la richesse et de la qualité de l’ensemble de ces interactions positives et constructives, à tous les niveaux, tant du pays d’accueil que du pays d’origine, que se développe et se renforce la relation diplomatique. Bien entendu, l’Ambassade joue également un rôle de veille important et se doit de signaler toutes les opportunités ou menaces qui peuvent avoir un impact sur la relation bilatérale actuelle ou à venir, dans une démarche proactive d’analyse stratégique.

Source : Par financenews du Mercredi 07 Mars 2018

Koffi Bi Guillaume, Directeur des Affaires Administratives et Financières présente Ivoire Batiroute

mercredi, 07 mars 2018 00:43 Written by

M.KOFFI BI GUILLAUME, Directeur des Affaires Administratives et Financières de Ivoire Batiroute est notre invité. Il nous parle de sa structure

 

La jeune société Ivoire Batiroute à l'image des nombreuses entreprises qui fonctionnent dans le pays fait sa route, malgré les vicissitudes énoncées par les uns et les autres dans l’acquisition et la réalisation des projets. Pour avoir une idée du fonctionnement de cette entreprise, l'Acepnuci rencontre pour vous, le Directeur Administratif et financière.

 

M. KOFFI BI GUILLAUME Bonjour, comment peut-on présenter Ivoire Batiroute?

 

C’est une société créée le 20 Octobre 2015. Elle intervient dans les domaines suivants: l’achat et la vente de terrains nus ou bâtis dans les zones urbaines et rurales. Le bitumage, l’assainissement et l’électrification sont dans son domaine d’intervention. Son champ d’action s’étend à diverses autres activités : La canalisation –voierie & réseaux divers (VRD)- les prestations avec divers engins BTP/LOCATION.

Son Siege social est à Abidjan Cocody-riviera golf immeuble Zambèze 1er étage porte 325.

 

Quels sont les projets réalisés par la société depuis son existence?

 

En février 2017, nous avons obtenu un marché de rechargement des rues à AYAME (5km)

En octobre 2017 un autre marché de : travaux reprofilage lourd et traitement de points critiques sur les routes en terre de la région du Tonkpi 25 km

 

D’autres sont en cours de réalisation?

 

Il y a le Lotissement d’un site approuvé de 48 ha à Bonoua face à la zone industrielle en partant à Aboisso.

-Et la construction de soixante (60) bâtiments moyens et haut standing sur la route de Bassam en passant par l’autoroute. 3 km après le village Anani.

 

Quelles sont vos perspectives?

 

En termes de perspectives, plusieurs projets sont à l’horizon. C’est pourquoi, moins d’un an âpres sa création, le Directeur général M.LOGOSSINA OUATTARA a demandé et obtenu son agrément d’aménageur foncier en MARS 2016 sous le numéro 008 MCU/DGUF/SAJC.

Je voudrais vous affirmer que la société Ivoire Batiroute a toutes les capacités requises pour intervenir dans les domaines précités. Ne cherchez plus loin, contactez Ivoire Batiroute : Boite postale 02 BP 469 Abidjan 02. Tel 22 43 62 56 -E-MAIL : - Site web : www.ivoirebatiroute.ci

Merci

 


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Immigration clandestine: SEM Michael Grau (Ambassadeur d’Allemagne en Côte d’Ivoire) aux jeunes ivoiriens «Il y a un avenir en Europe que pour les personnes qualifiées»

samedi, 17 février 2018 15:05 Written by

Présent en Côte d’Ivoire, depuis Septembre 2017, SEM Michael Grau, Ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne en Côte d’Ivoire, parle de coopération, d’immigration, du processus de réconciliation nationale et des prochaines élections municipales et sénatoriales en Côte d’Ivoire… Interview

Par le passé, on parlait de KfW, mais aujourd’hui c’est le sigle GIZ qui revient. Qu’est-ce qui a changé fondamentalement ?

Pas de changement notable. Ce sont deux agences pour l’implémentation de la coopération allemande avec la Côte d’Ivoire. La KfW intervient dans le financement du développement, à peu près comme la Banque africaine de développement (BAD). Elle soutient financièrement le secteur de l’énergie, le transport de l’énergie à travers la construction des lignes électriques et des projets d’énergie solaire. En un mot, La KfW est active dans le financement des infrastructures. En ce qui concerne la GIZ, elle se focalise plus sur la coopération technique. Elle travaille dans le cadre de l’encadrement des acteurs du monde rural, notamment les cacaoculteurs et ceux responsables des réserves naturelles, en matière de transfert d’expériences et de connaissances socioprofessionnelles aux acteurs du secteur.

Quel est le poids réel de la coopération allemande à ce jour en Côte d’Ivoire ?

Nous partageons les objectifs du gouvernement ivoirien en matière de développement. Nous voulons travailler avec les ivoiriens pour réduire les écarts socioéconomiques, dans l’intérêt du progrès et la stabilisation du pays. Surtout, pour donner des perspectives d’un avenir stable et prometteur à la jeunesse, pour qu’elle puisse réaliser son rêve d’une vie accomplie; et l’aider à trouver une place dans la société, à travers une formation de qualité. On veut aussi contribuer à réduire l’écart entre les pays industrialisés et les pays africains. Cela profitera aux deux partis: pour nous, la Côte d’Ivoire sera un partenaire privilégié dans le domaine de la technologique, du commercial et de la culturel ; le plus important c’est que les Ivoiriens puissent faire un meilleur usage de leurs ressources humains et naturelles, et qu’ils bénéficient largement des plus-values qui en découlent dans leur quotidien.

Par le passé, la coopération allemande était active, dans le cadre de la coopération décentralisée avec les communes rurales, en matière d’assainissement et d’adduction d’eau potable. Aujourd’hui que fait l’Allemagne avec ces communes ?

Nous avons reparti un peu le travail entre les pays membres de l’Union européenne (UE) qui ont des projets en Côte d’Ivoire. Nous ne sommes actuellement pas actifs dans le secteur de l’eau potable. Par contre, nous agissons dans le domaine du développement de l’agriculture dans les environs des parcs nationaux de Tai et de la Comoé. Ceci, dans le but d’arrêter la dégradation des forêts classées, de préserver des aires protégés et d’améliorer les conditions des agriculteurs autour de ces sites. La réhabilitation des oueds (cours d'eau temporaires) et des réserves d’eau fait partie de nos actions. Par an, la coopération bilatérale s’élève en moyenne à 20 millions d’Euros, soit 13, 1 milliards F CFA. À cette contribution, il faut ajouter notre part dans celle de l’UE. Nous sommes aussi actionnaire de la Banque africaine de développement (BAD) et de la Banque mondiale (BM). Une bonne partie des fonds multilatéraux proviennent donc de l’Allemagne. Nous contribuons également à plusieurs projets régionaux en rapport avec la migration tels que le projet d’insertion des jeunes qui retournent dans leurs pays d’origine, parce qu’ils se sont rendu compte de la futilité et des dangers de leur projet migratoire.

Qu’avez-vous concrètement à dire aux jeunes ivoiriens qui seraient tentés par l’immigration clandestine. L’avenir, c’est en Europe ou en Afrique ?

Il y a des chances en Europe pour les personnes qualifiées. En Europe, le marché du travail est très compétitif. Il y a des règles strictes en matière d’immigration qu’il faut respecter. Les entreprises européennes sont prêtes à recruter du personnel de diverses origines. Avec notre « carte bleue », il existe un moyen légal pour cela. Mais, ce qu’on cherche en Allemagne, c’est du personnel qualifié pour les besoins une l’industrie de pointe. Malheureusement, pour la plupart des migrants qui n’ont pas eu accès à une bonne formation, les perspectives ne sont pas non plus bonnes. Chez nous, il n’existe pratiquement pas de secteur informel. Là où il en existe, il constitue normalement un délit, et ceux qui s’y adonnent s’exposent à une poursuite judiciaire. On considère cela comme une concurrence déloyale aux entreprises formelles. Si ici on parle de 90% de secteur informel, en Allemagne on appelle cela l’économie noire, de l’ombre, clandestine. Il n’y a pas de voie légale pour ouvrir sa petite boutique au coin de la rue sans respecter toutes les normes fiscales, sanitaires, d’ordre publique et de zonage. Il faut du savoir et du capital d’investissement pour faire cela. Vendre des repas préparés au bord de la rue est interdit. Il n’y a pas de perspectives pour les jeunes qui n’ont que ça à offrir. Par contre, nous travaillons, entre autres, avec l’Office international de la migration (OIM) pour la réinsertion des jeunes qui retournent chez eux. En ce qui concerne la Côte d’Ivoire, nous contribuons, en collaboration avec l’OIM, au retour des jeunes ivoiriens pour leur donner non seulement des perspectives, mais aussi les aider à trouver une place ici, les orienter vers des structures d’accueil. Spécifiquement, nous sommes partie prenante dans l’opération de rapatriement des jeunes ivoiriens bloqués en Lybie avec les ressources du Fond fiduciaire de La Valette de l’Union Européenne.

Selon vous, pourquoi c’est aujourd’hui que les grandes puissances, notamment occidentales, parlent beaucoup de l’immigration clandestine ? N’ont-elles pas vu les choses venir ?

Les approches sont très différentes si vous comparez l’Europe avec les EEUU( Etats unis d’Amerique) ou avec l’Australie. Nous avons, en Europe, la particularité d’être proche des zones d’instabilité telles que le Proche-Orient avec des guerres et des conflits qui génèrent des refugiés. De l’autre côté, les Africains, ce sont nos voisins qui d’ailleurs comprennent la différence entre les économies africaines traditionnelles et celle des pays développées. Ils sont ouverts à la vie et à la civilisation européenne, ce qui est positif, mais ce qui occasionne parfois des fausses idées. Nous, par contre, on voudrait traiter les Africains comme de vrais voisins, ce qui constitue des défis en ce qui concerne le management de la migration.

Excellence, quel commentaire faites-vous sur l’environnement des affaires et le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire ?

L’Allemagne coopère avec votre pays, dans le cadre du compact des G20, afin d’attirer et de mobiliser les investissements privés en Afrique. L’implantation de grands groupes allemands, comme dernièrement la BASF, prouve que notre partenariat est sur la bonne voie. Je suis en Côte d’Ivoire depuis bientôt cinq mois et cela fait trois grandes entreprises allemandes qui se sont implantés ici. Vous demandez comment on trouve le système judiciaire. Nos hommes d’affaires ont eu une attitude très diplomatique et ont travaillé avec des clients assez sérieux pour éviter des litiges. Je ne connais pas, actuellement, des litiges qui touchent nos entreprises. Mais, je vous donne la raison, un système judiciaire fiable est une composante nécessaire pour un bon climat d’investissement.

Que pensez-vous de la réconciliation nationale?

J’essaie de comprendre le sujet, d’abord par intérêt personnel, et par la sympathie que je porte à mes nouveaux amis ivoiriens. Je parle avec nombre d’interlocuteurs. J’ai eu des témoignages bien variés. Certains disent que c’est réglé, d’autres disent que ce n’est pas encore réglé. Lors des messages de fin d’année, il y a eu des mots importants du côté du gouvernement et des confessions religieuses. Je croix qu’il est indispensable de réussir cette réconciliation aux yeux du peuple. C’est avant tout un sujet interne de la Côte d’Ivoire. Et, je crois, dans l’intérêt de mes nouveaux amis ivoiriens, pour préserver la paix et pour maximiser les bénéfices de notre coopération en matière de développement, il faut impérativement réussir cette réconciliation.

Bientôt il y aura des élections municipales et sénatoriales. Qu’attendez-vous de la Côte d’Ivoire?

Il y a eu une réforme constitutionnelle, nous sommes en démocratie, il faut régulièrement des élections pour que les gens croient au système politique de leur pays. En ce qui concerne la Cei, il y a un jugement de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. Donc je pense que la balle est dans le camp ivoirien. Je partage le point de vue du Gouvernement selon lequel un pays a besoin de structures stables, comme d’ailleurs aussi notre coopération, en matière de développement ainsi que de l’économie, en a besoin pour être efficace. C’est donc important d’aller au renforcement des institutions d’un pays, c’est la raison pour laquelle les élections sont un élément fondamental. Pour que les résultats des élections puissent contribuer à légitimer les institutions et à pacifier le pays, il faut veiller à leur crédibilité et leur transparence. Et nous, en tant que partenaire de la Côte d’Ivoire, supportons tout effort à cette fin.

Bamba Mafoumgbé,