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mardi 1 décembre 2020
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Finances Publiques
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« La redéfinition des  entreprises  via auto-disruption »  C’est  le thème autour duquel le Financial Times et Philip Morris International avaient convoqué la réflexion en début d’après-midi du jeudi 19 novembre 2020.  Un panel virtuel  qui  a permis  aux différents  spécialistes    de donner leurs positions et partager  leurs expériences  en la matière. Mais   c’est  quoi l’auto-disruption ?  En économie, la disruption désigne le bouleversement d'un marché sur lequel les positions sont établies avec une stratégie inédite.  Cette rencontre a permis  de  comment les entreprises peuvent équilibrer le risque et l’innovation au-delà de l’offre de produits et de services, afin d’opérer une transformation profonde et pertinente, en toute sécurité.  Le milieu de l’entreprise africaine semble être dans le bon tempo dans un contexte où tous les pays se projettent sur une dynamique de relance permettant de se remettre d’une crise de Covid-19 ayant frappé le cœur des économies du continent. Ce qui permet de dire que sa redéfinition via l’auto-disruption est sur la bonne voie. Cet état de fait est observé sur le continent durant cette période de Covid-19 où tous les acteurs du secteur privé étaient dans l’obligation de se réinventer pour se mouvoir dans ce contexte de mutations profondes. Les entreprises ont développé des moyens de subsistance afin de ne pas subir de plein fouet la crise.   Pour L’Économiste et entrepreneur tunisien, M. Noômen Lahimer rappelle qu’il y a quelques années, la disruption était définie comme étant un acte consistant à rompre avec l’existant, d’opérer une rupture, provoquer un choc, un changement radical au niveau d’un process d’une industrie, de l’offre ou de la demande. Quant au concept d’auto-disruption, M. Lahimer pense qu’il rajoute quelque chose d’interne à l’organisme et ou à l’entreprise. Economiquement, même si le terme est à la mode, il lui donne un sens dans le contexte actuel en convoquant le livre  « Capitalisme, socialisme et démocratie » de Joseph Schumpeter, publié en 1942 qui parlait de destruction créatrice. Ce qu’il comprend par « acte de détruire l’existant pour amener l’innovation, à être créatrice de nouvelles valeurs et de changements radicaux ». A son avis, c’est un acte de conduite de changement radical pour aller de l’avant. Mme Ramatoulaye Adama Diallo, Ceo Orange Money au Sénégal, ne voit pas de frontière entre la disruption et l’auto-disruption. Pour elle, l’auto disruption est devenue indispensable vue la vitesse à laquelle évoluent les choses. Dans le monde des télécommunications, de la technologie et des services financiers digitaux, fait-elle remarquer, « on a du mal à faire la différence entre la disruption et l’auto disruption car nous sommes obligés, par la vitesse des événements, dont la Covid-19, de le vivre tous les jours. On se remet beaucoup en question ». Sur la même dynamique, M. Fathallah Sijilmassi, Fondateur de Positive Agenda Advisory, Économiste et ancien diplomate marocain de souligner qu’au fil des années, la question des crises et devenue plus rapprochée. Ce qui, d’après lui, suppose que, in fine, pour les pouvoirs publics, les entreprises, les citoyens ; la gestion des éléments disruptifs est devenue plus structurelle que conjoncturelle. « C’est un changement de paradigme majeur », dira-t-il. Pour lui, la différence entre disruption et auto-disruption réside dans la capacité d’intégrer cette notion structurelle pour faire en sorte que les éléments disruptifs soient pris en compte ou anticipés. Ce qui va instaurer une gestion plus efficace de ces évolutions disruptives. « L’innovation joue un rôle clé car c’est ce qui permet, en quelque sorte, d’être l’élément de compétitivité permettant de passer d’un palier à l’autre ». L’auto-disruption provoquée qui révolutionne la vision de Philip Morris International Si l’évolution technologique a poussé la plupart des entreprises et organismes vers l’auto-disruption, tel n’a pas été le cas chez Philip Morris International. M. Tommaso Di Giovanni, Vice-Président en charge de la Communication du Groupe Philip Morris International, estime que la multinationale dans laquelle il travaille a pris depuis fort longtemps le train de l’auto-disruption. « Chez nous, on ne l’a pas seulement vu venir mais on l’a voulu et on la vit actuellement. On a poussé cette auto-disruption. On a fait en sorte que ça se passe pro-activement ». Ce qui, selon lui, les différencie des autres qui se sont plus appesantis sur la technologie ou l’innovation pour provoquer le changement. « Chez nous, à la base, nous avons reconnu qu’on a un produit nocif et qui a créé une dépendance. Finalement, on a eu l’idée de faire quelque chose de différent en s’appuyant sur l’évolution technologique et la science ». Avant de préciser : « même si notre business était solide et qu’il n’y avait pas de menaces extérieures dues aux changements technologiques, on s’est dit que c’était le moment de faire quelque chose de mieux ». Saluant la clairvoyance de cette vision, M. Di Giovanni juge que c’était un choix vraiment courageux du Ceo de Philip Morris qui annonça que la multinationale allait complément s’éloigner des cigarettes vendues tels quels pendant des décennies pour proposer quelque chose complétement différente, avec un produit beaucoup plus complexe basé sur la science, la technologie. Ce qui lui fait dire que « la disruption a quelque chose d’assez brutal en interne parce que ça force à penser différemment, et à changer la manière de travailler. C’est quelque chose de très énergisant aussi ». Tommaso Di Giovanni pour  sa part,  avance que la technologie ou l’innovation joue un rôle clé dans la démarche de Philip Morris. « On sait tous que fumer fait mal et ça provoque une certaine dépendance.C’est depuis les années 70-90 que certains experts se demandaient ce qu’on peut faire pour ceux qui n’arrêtent pas de fumer et qui constituent la base majoritaire des consommateurs ». A l’époque, poursuit-il, « on savait déjà que la majorité des composantes toxiques trouvées dans la fumée sont générées par la combustion. L’idée d’éliminer la combustion tout en donnant la même expérience qu’on a avec la cigarette est la clé. Pourquoi, on n’y arrivait pas ? On a essayé mais on n’avait pas la technologie des batteries ». Selon lui, l’équipe du géant de la cigarette avait essayé avec des produits moins nocifs mais qu’il ne pouvait pas commercialiser. « C’est grâce à la technologie, la science et à l’innovation développées entre 2000 et 2010, qu’on a trouvé la clé avec un produit qui ne générait pas 90% de composantes nocifs. On s’est dit qu’on va le mettre sur le marché avec des produis moins nocifs tout en continuant la recherche et sans parler des effets sur la santé, ni de la réduction des risques ». Cette opération a eu du succès vu le nombre de confirmations jugeant le produit bien meilleur que la cigarette pour ceux qui le fument.  Cinq ans après, on trouve ce produit sur 61 marchés. Aujourd’hui, notre recherche développement est 98% dédiés à des produits sans fumée qui constituent 70% de nos dépenses commerciales ». Récemment, on a eu des confirmations importantes de l’aspect santé des produits.  Ce qui lui fait dire avec assurance : « C’est un voyage très complexe mais on va dans la bonne direction ».
 Quand la  crise de  la  Covid- 19  accélère le changement
Si la pandémie de la Covid-19 a eu des impacts néfastes sur l’humanité, en Afrique, l’incidence économique a causé un réel manque à gagner. Elle a aussi été un élément ayant permis aux entreprises de se réinventer afin de faire face aux multiples défis. En Afrique du Nord,Noômen Lahimer estime que la crise a fortement secoué un pays comme la Tunisie qui accueille 8 à 10 millions de touristes par an. C’est une crise structurelle forte qui touche tout un secteur avec des vagues d’implications sur des secteurs comme l’agriculture, l’artisanat, entre autres. Il y a des secteurs où l’innovation digitale avançait à pas de caméléon. Mais grâce à la rupture provoquée par la Covid-19, une accélération de la transformation est notée. C’est à l’image des secteurs textile, mécanique, électromécanique. L’industrie 4.0 qui implique tout une chaine de valeur de l’industrie au client vers la production vit un changement avec un mouvement de relocalisation massive en Tunisie avec une intégration digitale complexe. M. Fathallah Sijilmassi confirme la perception de cette même tendance sur d’autres pays d’Afrique du Nord. Pour lui, la Covid-19 a été surtout un accélérateur de tendance déjà observé dans le passé. Prenant l’exemple du Maroc, il confie qu’avant la pandémie, le Roi avait convoqué à la réflexion qui doit mener à un nouveau modèle de développement économique et social. Un nouveau modèle de développement dont l’objectif est de replacer l’élément humain, la dimension sociale au centre de l’équation de la croissance économique et du développement. D’après lui, la crise du Covid-19 n’a fait qu’accélérer de manière plus forte la nécessité d’une approche plus inclusive, une approche de citoyenneté et de proximité avec les besoins des populations. Au Maroc, Sijilmassi fait savoir également que la crise a créé une connexion plus forte entre le monde de l’industrie et le monde des universités avec tout ce qui est recherche, développement, innovation. Pour lui, c’est cette volonté d’essayer de créer un élément plus endogène pour anticiper sur les grands développements à venir et de faire en sorte que cette recherche innovation puisse être le vecteur d’une sortie de crise positive qui garde l’élément humain au centre de l’équation. Même son de cloche pour Ramatoulaye Adama Diallo qui confirme qu’avec le Mobil Money, la COVID-19 a été un élément accélérateur. « Nous tous nous étions sur nos plan internes, plans stratégiques… Finalement, on s’est retrouvé avec un grand coup d’accélérateur car il fallait revoir les ambitions. Toutes les choses qu’il fallait faire dans cinq ans, on le fait finalement sur deux semaines ». Pour elle, cette dynamique a participé à développer l’inclusion financière en Afrique de l’Ouest, pour les jeunes et les femmes, particulièrement dans la zone Uemoa, conformément aux directives et mesures prises par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Avec la  pandémie, la Banque centrale a demandé aux acteurs qu’ils soient de la Mobil Money ou du secteur bancaire de créer un nouvel outil qui permettrait aux clients de s’inscrire avec des conditions un peu moins drastiques. Ce qui a provoqué une certaine parité entre les hommes et les femmes dans le portefeuille client.  C’est de la conduite du changement et souvent le besoin de se remettre en question n’est pas souvent très urgent. « A Orange, il y a 10 ans, il n’y avait pas une grande contrainte pour dire qu’il faut s’exercer dans les nouveaux métiers de service financier parce qu’on était encore dans la révolution du numérique. Il y’avait encore de la croissance et sur tous les indicateurs beaucoup pensaient qu’il fallait rester dans notre pré carré où tout se passait bien ». D’où l’importance de l’auto- disruption. Si le monde de l’entreprise est très enthousiaste face à la nécessité de se redéfinir via l’auto-disruption, il nourrit des craintes par rapport à la participation de l’administration publique qui est un élément clé dans le dispositif global. Cette appréhension est motivée par la réticence connue du secteur public face aux changements, mutations et innovations technologiques ; d’où sa lenteur à mettre en œuvre les réformes. Devant cet état de fait, le  tunisien M. Noômen Lahimer plaide pour une flexibilité de l’administration par rapport à l’auto-disruption. Une option qui, selon lui, passe par une digitalisation de l’administration, dictée par une volonté politique déterminée à réduire cette résistance. Selon lui, il faut que l’administration fasse son auto-disruption pour que les choses changent. « Cette auto disruption doit être endogène car si elle est imposée, cela peut développer de la résistance. Cela est également valable pour l’entreprise». Dans cette dynamique, il estime que le modèle à emprunter doit être flexible et adaptable à tout genre de situation. Ils doivent être agiles et ouverts. Ramatoulaye Adama Diallo, Ceo Orange Money au Sénégal, quant à elle, met le doigt sur la nécessité d’apporter de l’innovation qui répond aux besoins des populations ou soulage leur douleur. A son avis, une bonne auto-disruption passe par un leadership fort et que tous les pays africains travaillent pour une interconnexion de tous les acteurs de l’écosystème et développer des synergies pour le bénéfice des consommateurs. D’où l’importance, selon elle, de mettre la touche humaine au cœur du processus. Dans cette volonté d’embarquer l’administration, Fathallah Sijilmassi pense que les pays doivent aussi travailler pour que l’entreprise devienne de plus en plus citoyenne. « Elle peut certes gagner de l’argent mais le faire aussi dans un esprit citoyen ». Un appel qui, à son avis, est également adressé à la société civile dont l’importance de son rôle a une fois de plus été démontré durant la gestion de cette pandémie où par moment l’État a été défaillant.  

 Ayoko Mensah Légende photo : Ramatoulaye Adama Diallo, Ceo Orange Money au Sénégal : « Une bonne auto-disruption passe par un leadership fort »

À travers le projet Carré Lumineux, la Fondation Orange Côte d’Ivoire poursuit son engagement en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes ivoiriens par le numérique. Prolongement de la dynamique enclenchée par la Fondation en faveur de l’éducation numérique, ce nouveau projet d’envergure débute avec l’ouverture de l’appel à candidatures qui court jusqu’au 25 novembre 2020 .La Fondation Orange Côte d’Ivoire prolonge son action solidaire en lançant le projet « Carré Lumineux ». Fidèlement aux engagements de la Fondation, une équipe d’experts et de bénévoles dispensera un programme de formation à de jeunes Ivoiriens en situation d’insertion professionnelle, à des élèves et étudiants passionnés du numérique ou encore à tout jeune féru d’électronique. Le cœur du projet réside dans la conception – par les apprenants, et grâce à des outils numériques – d’un dispositif intelligent et pourvoyeur d’énergie solaire. Les différentes activités seront encadrées par des spécialistes en modélisation 3D, en ingénierie électronique et/ou télécom, ainsi que par d’autres profils experts. Au terme d’une formation de 2 mois, les apprenants sauront appliquer les savoirs et savoir-faire qu’ils auront acquis. Ces jeunes se seront mobilisés afin de concevoir et aménager une salle d’étude intelligente, susceptible d’accueillir les écoliers d’un village non électrifié. Ce projet a été proposé par un bénévole d’Orange Côte d’Ivoire. Depuis 2015, la Fondation Orange Côte d’Ivoire soutient les« Laboratoires de Fabrication », dénommés communément FabLabs avec le label « FabLab Solidaire » qui ajoute au numérique la dimension solidaire. Ces espaces, qui comportent équipements, machines et outils de pointe, offrent aux jeunes Ivoiriens de toutes conditions un nouveau mode d’apprentissage innovant. Ils font partie de ces initiatives qui aident la jeunesse ivoirienne à s’émanciper, en tirant profit de la révolution numérique. Joseph PITAH, Directeur de la Fondation Orange Côte d'Ivoire, déclare : « Le projet Carré Lumineux est triplement innovant et durable. Il encourage l’insertion professionnelle des jeunes grâce au numérique, et les forme aux énergies vertes, à travers un projet qui consiste à électrifier une école située dans une zone rurale non électrifiée. Cette initiative reflète à elle seule tous les crédos et valeurs du groupe Orange : solidarité, soutenabilité, et innovation partout et pour tous ».Qui peut y participer ?Jeunes (-35 ans) en recherche d’emploi, étudiants, jeunes artisans, toute la jeunesse ivoirienne passionnée de bricolage et du numérique ou d’énergie verte est bienvenue. Une sélection en plusieurs étapes : → Jusqu’au 25 novembre 2020, à minuit : Appel à candidatures sur www.fondation.orange.ci ou sur la page facebook du Baby Lab, à l’issue duquel une liste de profils retenus sera invitée à participer à un hackathon. → 04 et 05 décembre 2020 : Hackathon, et seconde sélection. Les participants retenus à l’issue de cet Hackathon sont ceux qui prendront part à la conception et installation du dispositif intelligent pourvoyeur d’énergie solaire, dont bénéficiera une école d’une zone rurale.

Contacts presseEmmanuel Aboua /+225 08 15 66 83 

Légende photo : Joseph PITAH, Directeur de la Fondation Orange Côte d'Ivoire, déclare : « Le projet Carré Lumineux est triplement innovant et durable.


 Le Premier Ministre, Hamed Bakayoko, a procédé, le 20 novembre à Abidjan, à l'inauguration de deux écoles primaires et de deux écoles maternelles d'une capacité totale de 780 places, à Akeïkoi, dans la commune d'Abobo. Les deux établissements primaires comprennent 12 salles de classe chacun. Ils sont dotés de bibliothèques, de salles de réunion et de bureaux. Quant aux deux écoles maternelles, elles ont été construites avec toutes les commodités pour offrir un cadre d'apprentissage idéal aux tout-petits. Pour Hamed Bakayoko, par ailleurs maire de la commune d'Abobo, la réalisation de ces infrastructures vise à augmenter la capacité d'accueil des établissements scolaires. Elle permettra également à près de 800 élèves d'avoir la chance d'étudier et de travailler dans de bonnes conditions. Le Premier Ministre a indiqué que le gouvernement fait du développement du capital humain, l'une de ses priorités. C'est pourquoi, a-t-il souligné, d'importants investissements ont été faits dans les secteurs éducatifs et sanitaires, afin que chaque enfant soit une chance pour sa famille. La réalisation de ces établissements scolaires a coûté 280 millions de Fcfa. Le financement a été assuré par la municipalité d'Abobo.

 Ayoko Mensah Source : ( Cicg) 

Légende photo : Le Premier ministre Hamed  Bakayoko,  a inauguré ce   20 novembre 2020  des  infrastructures  scolaires  dans  sa commune

 Application mobile Tv  d’Orange//Les chaines Canal+ disponibles  désormaisOrange Côte d’Ivoire et CANAL+ annoncent l’intégration des chaines CANAL+ au bouquet TV d’Orange, avec 15 nouvelles chaines premium multithématiques (Sport,Cinéma, Famille, etc.) disponibles sur l’application mobile TV d’Orange. Au travers de cette expérimentation, CANAL+ & Orange Côte d’Ivoire innovent et permettent aux clients TV d’Orange de profiter pleinement des programmes CANAL+avec des pass dédiés, sans risque d’épuiser ni le crédit téléphonique, ni le crédit Internet de base. Opérateur multiservices et conformément à sa volonté d’être un acteur de référence dans la transformation digitale du pays, Orange Côte d’Ivoire poursuit le développement des partenariats locaux et internationaux afin de mettre à la disposition de ses abonnés de l’offre TV, une plateforme donnant accès à une large variété de contenus répondant à leurs besoins et attentes. Avec plus de 500 000 abonnés mobiles, la TV d’Orange enrichit la programmation de son offre qui comptabilise désormais 56 chaines TV, nationales et internationales. Pour rappel, l’application TV d’Orange Côte d’Ivoire est disponible gratuitement sur les plateformes de téléchargement Android et iOS.L’accès aux chaines CANAL+ à partir de tout abonnement Internet Fixe ou Fibre d’Orange sera disponible ultérieurement. Pour M. Habib Bamba, Directeur de la Transformation, du Digital et des Médias chez Orange Côte d’Ivoire : « C’est la 1ère fois que CANAL+ s’associe à un opérateur  téléphonique pour proposer des offres sur le mobile. Ce partenariat traduit la confiance accordée à la TV d’Orange, qui s’impose depuis quelques années comme un acteur majeur et incontournable dans le paysage audiovisuel ivoirien. C’est le lieu pour moi de saluer et féliciter les équipes qui y ont travaillé.» Pour M. Aziz DIALLO, Directeur Général de CANAL+ Côte d’Ivoire, il s’agit d’une réelle innovation dans le domaine des médias en Côte d’Ivoire : « A travers cette expérimentation, nous espérons pouvoir élargir le cercle des téléspectateurs à nos chaînes et faire découvrir à un plus grand nombre d’ivoiriens le meilleur des contenus premium que nous diffusons dans les bouquets CANAL+. Ce partenariat avec ORANGE constitue un jalon important de notre stratégie d’exposition de nos contenus en dehors du satellite… ».

 Ayoko Mensah 

Légende photo : M. Habib Bamba, Directeur de la Transformation, du Digital et des Médias chez Orange Côte d’Ivoire : « C’est la 1ère fois que CANAL+ s’associe à un opérateur  téléphonique »A

« Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Que Dieu L'assiste, a eu, ce jour, un entretien téléphonique avec le Secrétaire Général des Nations Unies, M. Antonio Guterres. L’entretien a porté sur les derniers développements de la Question Nationale, notamment la situation dans la zone de Guergarate au Sahara marocain. Au cours de cet entretien, Sa Majesté le Roi a souligné qu’après l’échec de toutes les tentatives louables du Secrétaire Général, le Royaume du Maroc a pris ses responsabilités dans le cadre de son droit le plus légitime, d’autant plus que ce n’est pas la première fois que les milices du polisario s’adonnent à des agissements inacceptables »  Ces informations sont disponibles  sur la page Facebook de  Sem Abdelmalek Kettani, Ambassadeur du Maroc en Côte d’Ivoire.  Selon  le diplomate chérifien, « Le Maroc a rétabli la situation, réglé définitivement le problème et restauré la fluidité de la circulation. Sa Majesté le Roi, Que Dieu Le glorifie, a précisé que le Royaume du Maroc continuera à prendre les mesures nécessaires afin d’assurer l’ordre et garantir une circulation sûre et fluide des personnes et des biens, dans cette zone à la frontière entre le Royaume et la République Islamique de Mauritanie »   En claire, Sa Majesté  a réaffirmé à M. Guterres l’attachement constant du Maroc au cessez-le-feu. « Avec la même force, le Royaume demeure fermement déterminé à réagir, avec la plus grande sévérité, et dans le cadre de la légitime défense, contre toute menace à sa sécurité et à la quiétude de ses citoyens.(…)  Enfin, le  Roi Mohammed VI   assuré le Secrétaire Général que le Maroc continuera à soutenir ses efforts dans le cadre du processus politique. Celui-ci devrait reprendre sur la base de paramètres clairs, impliquant les véritables parties à ce différend régional et permettant une solution réaliste et réalisable dans le cadre de la souveraineté du Royaume »  rapporte  Sem Abdelmallek Kettani.  Ayoko Mensah Légende photo : Sem Abdelmalek Kettani, Amdassadeur  du Royaume  du Maroc en Côte d’Ivoire

Lancé en juin 2020 par Orange Ventures, le «Mae Seed Challenge» est un concours soutenu par Orange Côte d’Ivoire et visant à financer l’amorçage des start- up les plus prometteuses en Afrique et au Moyen-Orient. Orange CI et Orange Ventures Afrique et Moyen-Orient annoncent leur volonté d’investissement dans la start-up, Moja Ride, lauréate pour la Côte d’Ivoire. A l’issue d’un processus de sélection minutieux et attentionné auquel plus de 500 start-up de la Côte d’Ivoire, Cameroun, Egypte, Jordanie, Maroc, Sénégal et Tunisie ont candidaté, Moja Ride est la start-up ivoirienne lauréate parmi les 5 finalistes sur les 46 candidatures du pays. En effet, Moja Ride est une start-up basée à Abidjan fondée par Jean Claude Gouéssé et Stéphanie Assi . Moja Ride est une plateforme de paiement digital et un agrégateur de services de mobilité qui ambitionne d’aider le secteur du transport à se moderniser grâce à la vulgarisation des paiements électroniques dans ce secteur en fournissant des applications mobiles aux transporteurs tout en facilitant l’accès au terminaux mobiles et la data. Orange Ventures va investir au total dans le cadre de ce challenge plus de 600 000 soit plus de 393 millions de Fcfa dans sept start-up issues du Cameroun, Côte d’Ivoire, Egypte, Jordanie, Maroc, Sénégal et Tunisie. Pour Jean Claude Gouéssé, Cofounder et Ceo de Moja Ride,« Nous sommes enthousiastes à l’idée d’accueillir Orange Ventures comme investisseur ainsi que par les pistes de collaboration avec le groupe Orange. C’est un signe très encourageant qui nous conforte dans notre projet. Je pense aujourd’hui avec gratitude à nos clients qui nous font confiance tous les jours ainsi qu’à mon équipe qui travaille sans relâche pour une meilleure qualité des transports pour tous. » «L’immense croissance urbaine est un défi pour les villes en Afrique du fait de la pression démographique et les technologies numériques comme Moja Ride constituent une partie de la solution. Chez Orange Ventures, nous sommes fiers de soutenir Moja Ride dans leur projet de connecter et digitaliser le paiement dans le transport informel », commente Grégoire de Padirac, Principal chez OrangeVentures. Selon Habib Bamba, Directeur de la Transformation Digitale et Médias d’Orange Côte d’Ivoire, « L’écosystème Tech de la Côte d’Ivoire est en plein essor et compte un nombre croissant d’entrepreneurs de talents à l’instar de Moja Ride. Néanmoins le nombre d’investisseurs prêts à soutenir les entrepreneurs en amorçage reste très inférieur aux besoins de l’industrie. Ce Challenge d’Orange Ventures complète notre investissement récent dans Comoé Capital dans nos efforts à soutenir l’investissement local. Notre groupe poursuit son engagement d’identifier et soutenir des talents d’Afrique et Moyen-Orient, dont l’émergence est essentielle au développement du continent, ainsi qu’accroitre les axes de coopération avec les acteurs de l’innovation locale ». Orange Ventures est un fonds d’investissement technologique multi-stage de 350 millions d’euros soit plus 229 milliards de Fcfa à visée internationale. Il finance les startups innovantes dans les domaines d’intérêt stratégique d’Orange (Networks & IT, Entreprise Digitale, Cybersecurité, et Fintech) et au-delà (Consumer platforms, E-gaming, Edtech, Santé etc). Orange Ventures déploie également les initiatives dédiées à la région d’Afrique et Moyen Orient, et les entreprises à l’impact. Soutenu par le groupe Orange, le fonds propose aux startups dans lesquelles il investit un accès aux expertises du Groupe et mise en place de synergies avec ses nombreuses unités commerciales et ses 266 millions de clients répartis dans 26 pays
Ayoko Mensah
Légende photo : Une vue des lauréats pour la Côte d’Ivoire

 


MESSAGE A L’OCCASION DE LA RENTREE PASTORALE 2020-2021
THEME DE L’ANNEE : POUR VIVRE EN COMMUNION, FAITES AUX AUTRES, CE QUE VOUS VOULEZ QU’ILS FASSENT POUR VOUS Cf. Mt.7, 12 Abidjan, samedi 14 novembre 2020
INTRODUCTION
‘‘Des décennies durant, le monde a semblé avoir tiré leçon de tant de guerres et d’échecs et s’orienter lentement vers de nouvelles formes d’intégration… Mais l’histoire est en train de donner des signes de recul. Des conflits anachroniques considérés comme dépassés s’enflamment, des nationalismes étriqués, exacerbés, pleins de ressentiments et agressifs réapparaissent. Dans plus d’un pays, une idée d’unité du peuple et de la nation, imprégnée de diverses idéologies, crée de nouvelles formes d’égoïsme et de perte du sens social sous le prétexte d’une prétendue défense des intérêts nationaux.
Ceci nous rappelle que «chaque génération doit faire siens les luttes et les acquis des générations passées et les conduire à des sommets plus hauts encore. C’est là le chemin. Le bien, comme l’amour également, la justice et la solidarité ne s’obtiennent pas une fois pour toutes ; il faut les conquérir chaque jour. Il n’est pas possible de se contenter de ce qui a été réalisé dans le passé et de s’installer pour en jouir comme si cette condition nous conduisait à ignorer que beaucoup de nos frères subissent des situations d’injustice qui nous interpellent tous ».’’ Lettre Encyclique Fraterlli Tutti du Saint Père François, sur la Fraternité et l’Amitié sociale (n°10 et 11).
Aux prêtres, Aux religieux et religieuses, Aux agents pastoraux, Aux fidèles laïcs du Christ, Aux hommes et aux femmes de bonne volonté,
Tirer leçon de tant de guerres et d’échecs et s’orienter lentement vers de nouvelles formes d’intégration ; comprendre que certaines idéologies créent de nouvelles formes d’égoïsme et de perte du sens social sous le prétexte d’une prétendue défense des intérêts nationaux ; se rappeler que chaque génération doit faire siens les luttes et les acquis des générations passées et les conduire à des sommets plus hauts encore ; enfin, accepter que le bien, comme l’amour également, la justice et la solidarité ne s’obtiennent pas une fois pour toutes et qu’il faut les conquérir chaque jour. Voici en quelques mots résumés, les signes de recul dont parle le Pape François et qui sont autant de défis à relever si nous ne voulons pas assister, acteurs passifs et complices, au déroulé de notre histoire nationale !
Ces signes de recul, ce sont ceux qui finissent toujours par aboutir ‘‘aux rêves qui se brisent en morceaux’’ comme dit le Pape François, dans la même Lettre encyclique. Et ces rêves qui se brisent en morceaux, c’est le spectacle désolant que nous pouvons offrir à nos concitoyens, si notre conscience n’est pas assez aiguisée pour comprendre que le pire n’est pas derrière nous, que nous y sommes pratiquement, et que nous courons vers une tragédie si rien n’est fait!
L’an dernier, le choix du thème de notre année pastorale, ‘‘pour vivre en communion, faites aux autres ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous’’, devrait impulser notre marche commune pour bâtir ensemble l’Eglise-communion autonome au service de tous. Cette Eglise, faut-il le rappeler, a non seulement pour obligation d’organiser la solidarité en son sein, mais est tenue d’occuper sa place dans la participation à la construction d’une société pacifiée où il fait bon vivre pour tous.
Alors que nous espérions que ce thème bien vécu, amorce un nouveau contrat social dans notre pays, nous avons été freinés dans notre élan par la pandémie de la Covid-19, cette pandémie qui n’a pas encore fini de nous livrer ses secrets et qui nous invite à davantage de prudence; cette pandémie qui, comme disait le pape François, ‘‘a réveillé un moment la conscience que nous constituons une communauté mondiale qui navigue dans le même bateau, où le mal de l’un porte préjudice à tout le monde. Nous nous sommes rappelés que personne ne se sauve tout seul, qu’il n’est possible de se sauver qu’ensemble… [car] «la tempête démasque notre vulnérabilité et révèle ces sécurités, fausses et superflues, avec lesquelles nous avons construit nos agendas, nos projets, nos habitudes et priorités. […]
À la faveur de la tempête, est tombé le maquillage des stéréotypes avec lequel nous cachions nos” ego “toujours préoccupés de leur image ; et reste manifeste, encore une fois, cette [heureuse] appartenance commune […], à laquelle nous ne pouvons pas nous soustraire : le fait d’être frères.’’ Ainsi donc, a été retardé l’élan de solidarité et de fraternité que nous voulions pour notre pays et dont notre archidiocèse d’Abidjan devrait être le ferment. Mais quel est l’état des lieux alors que s’ouvre pour nous cette nouvelle année pastorale 2020-2021?
I- Etat des lieux
Vous vous rappelez encore certainement l’état des lieux que j’avais dressé l’an dernier et qui reste encore d’actualité. Je me permets de le reprendre : ‘‘…Pour ma part, je souhaite que l'Église continue patiemment et inlassablement son œuvre de bon Samaritain; en effet, dans une longue période, des régimes aujourd'hui disparus ont fortement éprouvé les Africains et affaibli leurs capacités de réaction: l'homme blessé doit retrouver toutes les ressources de son humanité. Les fils et les filles d'Afrique ont besoin de présence compréhensive et de sollicitude pastorale. Il faut les aider à rassembler leurs énergies pour le bien commun.’’ Exhortation Apostolique Ecclesia in Africa n° 41 du saint Pape Jean Paul II
Rassembler nos énergies pour le bien commun mais également faire en sorte que chaque habitant de ce continent et partant de notre pays puisse non seulement jouir des biens de la communauté nationale mais aussi mener une vie calme, paisible et digne, tel est le combat qui vaut la peine d’être mené. C’est aussi cela le combat du Christ pour notre humanité quand il affirme : ‘‘Moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance’’ Jn. 10, 10
Le constat fait hier par les Pères lors du premier synode, continue aujourd’hui encore d’être d’actualité : ‘‘dans un continent saturé de mauvaises nouvelles, comment le message chrétien est-il "Bonne Nouvelle" pour notre peuple ? Au milieu d'un désespoir qui envahit tout, où sont l'espérance et l'optimisme qu'apporte l'Évangile ? L'évangélisation promeut nombre de ces valeurs essentielles qui font tellement défaut à notre continent: espérance, paix, joie, harmonie, amour et unité’’ Ecclesia in Africa n° 40
Si le constat est alarmant, il n’est pas pour autant désespérant. En effet et comme le souligne le Saint Pape Jean Paul II dans la même exhortation, ‘‘les « vents de changement » soufflent fortement dans beaucoup de lieux du continent, le peuple demandant avec toujours plus d'insistance la reconnaissance et la promotion des droits et des libertés de l'homme. À cet égard je note avec satisfaction que l'Église en Afrique, conformément à sa vocation, se situe résolument du côté des opprimés, des peuples sans voix et marginalisés. Je l'encourage fermement à continuer à porter ce témoignage. L'option préférentielle pour les pauvres est une forme spéciale de priorité dans la pratique de la charité chrétienne dont témoigne toute la tradition de l'Église. [...] L'intérêt actif pour les pauvres - qui sont, selon la formule si expressive, les pauvres du Seigneur - doit se traduire, à tous les niveaux, en actes concrets afin de parvenir avec fermeté à une série de réformes nécessaires.’’ Ecclesia in Africa 44
Cette option préférentielle pour les pauvres, c’est celle que nous décrit d’une certaine manière le Pape émérite Benoit XVI dans l’Exhortation apostolique Africae Munus lorsque commentant l’enseignement de Jésus à la piscine de Bethesda, il affirme que ‘‘ l’accueil de Jésus offre à l’Afrique une guérison plus efficace et plus profonde que toute autre. Comme l’apôtre Pierre l’a déclaré dans les Actes des Apôtres (3, 6), je redis que ce n’est ni d’or, ni d’argent que l’Afrique a d’abord besoin ; elle désire se mettre debout comme l’homme de la piscine de Bethesda ; elle désire avoir confiance en elle-même, en sa dignité de peuple aimé par son Dieu. C’est donc cette rencontre avec Jésus que l’Église doit offrir aux cœurs meurtris et blessés, en mal de réconciliation et de paix, assoiffés de justice. Nous devons offrir et annoncer la Parole du Christ qui guérit, libère et réconcilie.’’ Africae Munus 3 § 149
Cette parole du Christ qui guérit, libère et réconcilie, est celle qui a besoin d’être davantage enracinée dans le cœur de nos fidèles, que je considère à raison comme le levain à même de faire lever la pâte d’un nouveau style de vie chez nous en Côte d’Ivoire. Ce nouveau style de vie, cette nouvelle manière de vivre avec les autres, est une urgence si nous scrutons bien ce qu’est devenu le vivre ensemble dans notre pays.
Depuis quelques années, et je l’ai déjà affirmé, en Côte d’Ivoire, on appartient avant tout à l’ethnie du lieu. La localisation est devenue importante. Même si, dans le cosmopolitisme des villes, les populations vivent ensemble, sans grandes difficultés apparentes, on désigne volontiers les personnes par leur ethnie. Qu’est-ce qu’il est ? Cela veut dire : de quelle région vient-il ? Quand on cherche quelqu’un, c’est presque toujours par son identité ethnique ou nationale qu’on vous l’indique. Nous avions déjà à cette époque, un signe annonciateur des difficultés que nous rencontrons aujourd’hui.
Toujours à propos de l’état des lieux, je voudrais rappeler à votre souvenir, les propos que j’ai tenus lors de la messe pour la paix en décembre 2018, propos où j’avais souligné des faits qu’il me plaît de reprendre ici encore :
- Il se dit de plus en plus en Côte d’Ivoire que les grands marchés de l’Etat sont passés de gré à gré et que ce sont toujours les mêmes personnes qui en tirent profit. Si cela est avéré, ne se trouvent-ils pas en Côte d’Ivoire, d’autres compétences à même de réaliser ces marchés ? Le clientélisme, le favoritisme, la corruption sont de bien vilains défauts dont nous devons nous délaisser si nous voulons une Côte d’Ivoire vraiment une et prospère et cela ne saurait se faire en se passant de compétences avérées !

- L’actualité récente de notre pays a été marquée par les élections locales et générales que nous avons tous suivi avec un certain intérêt pour la simple raison qu’elles nous apparaissaient comme un ballon d’essai pour les élections de 2020. Sans être pessimiste ou alarmiste encore une fois, ce qui nous a été donné de voir n’augure pas des lendemains calmes et sereins. Faudra-t-il qu’avant ces échéances importantes pour la vie de notre nation, nous exigions des politiques une charte de bonne conduite ? Nous n’avons qu’un seul pays, la Côte d’Ivoire ! Notre devise, ne nous invite-elle pas à l’Union ? Est-ce pour nous une simple vue de l’esprit, un slogan vide et creux, un vœu pieux ?

- Comme je le disais dans mon message de Noël pour cette année là ,si l’horizon 2020 nous interroge tous, un regard rétrospectif sur notre vivre ensemble ainsi que les dernières élections d’octobre et de décembre 2018, nous commandent de renouer au nom de Dieu avec cette sagesse qui a fait le bonheur et la joie de vivre sur cette terre de Côte d’Ivoire. Rappelons-nous que la crise postélectorale a semé désarroi et désolation. Elle a meurtri le cœur des hommes et éprouvé la foi des croyants. A tous, elle a imposé chagrin et fardeau et mis à mal ce goût d’éternité que Dieu nous propose à tous en nous donnant son Fils ! (voir message pour la messe de la paix 2018)

Les problèmes qui sont les nôtres touchent également à notre écosystème et le Pape émérite Benoit XVI ne croit pas si bien dire quand il affirme que ‘‘des hommes et des femmes d’affaires, des gouvernements, des groupes économiques s’engagent dans des programmes d’exploitation, qui polluent l’environnement et causent une désertification sans précédent. De graves atteintes sont portées à la nature et aux forêts, à la flore et à la faune, et d’innombrables espèces risquent de disparaître à tout jamais. Tout cela menace l’écosystème tout entier et, par conséquence la survie de l’humanité.’’ Africae Munus 2 § 80
C’est volontairement que je passe sous silence le phénomène des enfants en conflits avec la Loi comme on les appelle ici chez nous. Je ne voudrais pas citer non plus les récentes attaques perpétrées contre des postes de polices et autres commissariats qui ne sont pas sans nous rappeler un passé récent mais douloureux !
À dessein, je passe encore sous silence les bruits de bottes dont la teneur n’est pas du tout rassurante. Que dire de nos écoles et universités publiques toujours sous la menace de grèves ; et notre système sanitaire, que devient-il ? Puis-je me permettre de souligner en passant, la dérive de notre jeunesse, espoir de demain ? Serait-ce exagéré de dire que le pays inquiète sur le plan social à l’orée de l’année 2020 qui semble toujours cristalliser nos regards ?
Comme vous le savez certainement, ‘‘…tout programme fait pour augmenter la production, n'a en définitive de raison d'être qu'au service de la personne. Il est là pour réduire les inégalités, combattre les discriminations, libérer l'homme de ses servitudes, le rendre capable d'être lui-même l'agent responsable de son mieux-être matériel, de son progrès moral et de son épanouissement spirituel. Dire: développement, c'est en effet se soucier autant de progrès social que de croissance économique.
Il ne suffit pas d'accroître la richesse commune pour qu'elle se répartisse équitablement. Il ne suffit pas de promouvoir la technique pour que la terre soit plus humaine à habiter. Les erreurs de ceux qui les ont devancés doivent avertir ceux qui sont sur la voie du développement, des périls à éviter en ce domaine.
La technocratie de demain peut engendrer des maux non moins redoutables que le libéralisme d'hier. Économie et technique n'ont de sens que par l'homme qu'elles doivent servir. Et l'homme n'est vraiment homme que dans la mesure où, maître de ses actions et juge de leur valeur, il est lui-même auteur de son progrès, en conformité avec la nature que lui a donnée son Créateur et dont il assume librement les possibilités et les exigences. Populorum Progressio 1 § 34
Etre soi-même auteur de son progrès est une grande responsabilité qui invite à prendre conscience que l’homme ne vit pas seul mais en société. Ce vécu en société induit indubitablement des droits et des devoirs pour tous selon les lois dont nos Etats-nations se sont dotés librement. Comme vous le savez certainement, L’Eglise, a de tout temps fourni une contribution importante, et même décisive, par son engagement en faveur de la défense et de la promotion des droits de l'homme : dans des milieux fortement imprégnés d'idéologie, où les prises de position radicales obscurcissaient le sens commun de la dignité humaine, l'Eglise a affirmé avec simplicité et énergie que tout homme, quelles que soient ses convictions personnelles, porte en lui l'image de Dieu et mérite donc le respect.
C’est également au nom de l’engagement de l’Eglise en faveur de la défense et de la promotion des droits de l'homme que je m’étais autorisé à dire lors de la clôture de l’année pastorale écoulée, qu’il s’agit pour nous de comprendre qu’avec Dieu, nous devons toujours accepter d’aller en eau profonde, de comprendre que pour vivre ensemble, il faut prendre la décision de ne faire à personne ce que nous ne voulons pas que l’on nous fasse à nous-mêmes, d’où le choix du thème suivant pour cette année pastorale nouvelle que le Seigneur nous offre: Pour vivre en communion, faites aux autres, ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous. Cf. Mt. 7, 12’’ Fin de citation.
Voici l’état des lieux tel que je l’ai décrit l’an dernier. Mais des faits nouveaux s’y sont ajoutés et que j’ai décrit par ailleurs dans l’appel au respect du droit dans la concertation du 31 août dernier. Quels sont ces faits additionnels ? J’avais relevé ce jour-là ‘‘que la vie socio-politique de notre pays aborde un virage dangereux. Au fur et à mesure que s’approche l’échéance des élections présidentielles, force nous est donné de constater la radicalisation des positions de part et d’autre…
Certains citoyens ont pris les rues pour appeler au respect de la Constitution, qui, selon eux, venait d’être violée. D’autre ont pris à contrepied ces manifestations. Cette situation a conduit à des violences inacceptables. Des citoyens d’un même pays, armés de gourdins, de pierres, de machettes et d’armes à feu, se sont livrés à des massacres d’un autre âge, causant, comme il fallait s’y attendre, des morts et d’innombrables blessés, sans compter des dégâts matériels.
Devant un tel spectacle désolant et déshonorant pour notre pays et pour l’Afrique, peut-on honnêtement rester inactif et passif, pour ne pas dire indifférent? Peut-on garder le silence et laisser le présent et l’avenir de notre pays être dévorés par l’épée et le feu ?... On ne le dira jamais assez, il n’y a pas de paix sans justice et il n’y a pas de justice sans pardon. Voilà ce que je veux rappeler à ceux qui ont entre leurs mains le sort de nos populations, afin que dans les choix graves et difficiles qu’ils doivent faire,ils se laissent toujours guider par la lumière du bien véritable de l’homme, dans la perspective du bien commun…
Comment peut-on s’accommoder d’une telle tragédie, au point de ne pas s’indigner devant une violence qui a pris l’allure d’une norme ?... La Côte d’Ivoire notre pays, est un pays de dialogue par tradition. Rappelons-le-nous ! Ne mettons pas le dialogue sous éteignoir pour emprunter des chemins qui n’honorent pas notre cher pays. Tout dialogue suppose deux individus ou des groupes d’individus. Tout dialogue implique le courage de regarder l’autre en face pour entrer en communication avec lui. L’on ne peut dialoguer sans faire un pas pour rejoindre l’autre. J’invite instamment tous les ivoiriens à renouer avec le dialogue pour que la parole, respectueuse des différences, prenne le pas sur les velléités d’embraser le pays…
La réconciliation est, nous le croyons tous, l’acte qui, après une crise, permet aux antagonistes de se retrouver et de repartir sur de nouvelles bases. Sans elle, aucune cohésion sociale n’est possible, puisque la rancœur, blottie dans notre subconscient, n’attend qu’une occasion pour refaire surface et briser la cohésion sociale tant recherchée.
Vous conviendrez avec moi qu’un environnement délétère n’augure rien de bon quant à l’organisation des élections. Comment, en effet, dans une ambiance perturbée par des récriminations et des malentendus autour des questions fondamentales, pourrait-on aller à des élections dignes de ce nom ? En vérité, la réconciliation est plus importante que les élections. Voilà pourquoi, il est totalement erroné de penser qu’il suffit d’organiser des élections, d’en déclarer un vainqueur, pour que les cœurs meurtris soient guéris et que la paix s’installe. J’ose encore une fois nous supplier : laissons-nous réconcilier les uns avec les autres ! Tout le reste ira de soi.
L’un des moyens pour aller à la réconciliation, est le respect des lois que l’on se donne bien plus que les élections. C’est ici que la maxime latine prend tout son sens : « Dura lex, sed lex : la loi est dure mais c’est la loi ». Cette pensée invite au respect de la loi même quand elle nous contrarie et va à l’encontre de nos intérêts du moment. Des explications des rédacteurs de la Constitution ont été suffisamment abondantes et partagées avec la population. De même, des communications par l’exécutif sur les sites officiels ont été faites pour expliquer la Constitution.
A notre avis, il ne devrait pas avoir de lectures différentes, sources des affrontements actuels. Malheureusement la loi fondamentale de notre pays semble nourrir les violences, en ce que des écoles d’interprétations s’opposent et influencent la population qui s’engouffre dans des actes de revendications ou contre-revendications violentes. Pour ma part je crois que de tels conflits ne devraient pas avoir leur raison d’être.
En tout état de cause, qu’il me soit permis d’inviter tous les ivoiriens à emprunter les chemins scientifiques pour sortir de cette crise née de la compréhension de la loi qui fonde toutes les autres. Cela ne peut se faire à coup d’invectives, de machettes et de canons. En parlant de chemins scientifiques, je fais ici référence aux intellectuels, hommes de science capables d’indépendance intellectuelle et d’exégèse méthodique des textes, et notre pays n’en manque pas, pour que la lecture de sa loi fondamentale soit livrée à des courants politiques, au point qu’elle signifie à la fois une chose et son contraire, selon l’intérêt que l’on défend. A quoi servirait une boussole qui indique un jour le Nord, et un autre jour le Sud, selon les lunettes que l’on porte ?
La loi fondamentale, qui peut être regardée comme une boussole, ne peut signifier, à la fois, une chose et son contraire. Je voudrais inviter les uns et les autres à aller au dialogue et à la concertation, dans la recherche de solutions à cette crise qui n’augure pas d’un lendemain meilleur quant à l’organisation paisible des élections. J’insiste encore une fois pour vous rappeler que le respect de la loi est plus important que les élections.
La loi fondamentale de la Côte d’Ivoire s’ouvre par la reconnaissance des droits, des libertés et des devoirs par l’État (Cf art 1). Quel commentaire en faire sinon que, pour le législateur, ce triptyque forme un corps dont découle tout le reste. Le droit, les libertés et devoirs sont primordiaux dans toute société moderne, et l’État de Côte d’Ivoire s’est engagé à prendre les mesures pour son application effective. Les évènements de ces jours-ci laissent entrevoir que beaucoup restent à faire dans le rappel à tous des droits, des libertés et des devoirs, des individus et des collectivités. Cela ne peut se faire que loin des bruits d’intérêts électoralistes.
Seule la recherche du bien commun permettra à l’Etat et à ceux qui l’incarnent d’aider les citoyens à la connaissance et au respect des droits, des libertés et des devoirs de tous. Si le droit de la personne humaine, en général, et à la vie en particulier, est inviolable (Cf art 1-2), l’on ne peut le sacrifier sur l’autel des intérêts particuliers et des élections censées nous apporter la paix et le développement. Ma conviction profonde reste que le respect des lois est plus important et honore plus que la victoire à une élection.
Il est de notoriété que la force de la loi est et sera toujours à préférer à la loi de la force. Le premier est un chemin vers la paix dans le respect des droits, des libertés et des devoirs quand le second lui, est une voie qui éloigne de nous la paix et installe le désordre. Puissions-nous, dans un esprit civique et de concertation, donner à la loi toute sa force pour qu’elle nous aide à vivre dans la justice, la réconciliation et la paix, en vue d’une organisation consensuelle d’élection sans violence.’’ Fin de citation. Oui aujourd’hui ,le désordre s’est installé.Voici l’état des lieux tel qu’il se présente à notre analyse. Il rejoint d’une certaine manière ce que disaient déjà les Pères du premier synode sur l’Afrique : ‘‘une situation commune est, sans aucun doute, le fait que l'Afrique est saturée de problèmes : dans presque toutes nos nations, il y a une misère épouvantable, une mauvaise administration des rares ressources disponibles, une instabilité politique et une désorientation sociale. Le résultat est sous nos yeux : misère, guerres, désespoir. Dans un monde contrôlé par les nations riches et puissantes, l'Afrique est pratiquement devenue un appendice sans importance, souvent oublié et négligé par tous.’’ Exhortation Apostolique Post-Synodale Ecclesia in Africa du Saint Pape Jean Paul II, n°40.
Devons-nous nous résigner face à ce constat à la fois triste et alarmant ? Faudrait-il accuser Dieu de tous nos maux ? Faudrait-il désespérer des hommes nos frères ? Ma conviction est et restera toujours la même : de même que Dieu ne désespère pas de nous, moi non plus, je ne désespère pas des hommes mes frères. Je reste convaincu que nous pouvons, avec la grâce de Dieu et en prenant davantage conscience que si nous savons vraiment aimer l’homme, non pas comme un simple moyen, mais comme un premier terme dans la montée vers le terme suprême et transcendant, vers le principe et la cause de tout amour, nous parviendrons à nos fins. Et c’est pour parvenir à ces fins, que j’ai décidé de la reconduction du thème de notre année pastorale 2019-2020 pour cette année 2020-2021.
II- Pour vivre en communion, faites aux autres, ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous. Cf. Mt. 7, 12
‘‘Une Afrique qui avance, joyeuse et vivante, manifeste la louange de Dieu… C’est pourquoi, aujourd’hui encore, une des tâches essentielles de l’Église est de porter le message de l’Évangile au cœur des sociétés africaines, de conduire vers la vision de Dieu. Comme le sel donne goût aux aliments, ce message fait des personnes qui en vivent, d’authentiques témoins. Tous ceux qui grandissent de cette manière deviennent capables de se réconcilier en Jésus-Christ. Ils deviennent des lumières pour leurs frères. Ainsi…, j’invite « l’Église […] en Afrique à être témoin dans le service de la réconciliation, de la justice et de la paix, comme “sel de la terre” et “lumière du monde” », pour que sa vie réponde à cet appel : « Lève-toi, Église en Afrique, famille de Dieu, parce que le Père céleste t’appelle ! » Exhortation Apostolique Post-Synodale Africae Munus du Pape Benoît XVI, n°15.
La réponse à cet appel de Dieu à se lever indique bien l’action qui doit être la nôtre dans le monde de ce temps ! Cette action à mener est subordonnée à un véritable acte de foi des disciples du Christ, tant la foi se présente comme ce supplément d’énergie dont ils ont besoin, s’ils veulent répondre à leur vocation d’être “sel de la terre” et “lumière du monde” pour leurs concitoyens. En effet, de même que nul ne peut dire que Jésus est Seigneur sans la foi, de même, toute action, notre action à nous, si elle n’est pas mue et soutenue par notre foi en Jésus-Christ, sera difficile à accomplir.
1- Au commencement était la foi.
‘‘Un jour, les Apôtres dirent au Seigneur : augmente en nous la foi. Le Seigneur répondit : la foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : déracine-toi et va te planter dans la mer ; il vous obéirait.’’ Lc.17, 5-6 Dans cet extrait, il faut se répéter que Jésus ne cherche certainement pas à nous décourager dans des activités qui concernent l’annonce de l’évangile !
Augmente en nous la foi : cette prière, c’est bien souvent la nôtre surtout quand nous prenons conscience de notre faiblesse, de notre impuissance et qu’il nous semble que si nous étions plus riches de foi, nous serions plus efficaces ! A la vérité, la réponse de Jésus veut signifier que nous n’avons pas besoin d’avoir beaucoup de foi et que rien qu’une graine de moutarde, minuscule, suffirait pour faire des choses apparemment impossible. L’invitation cachée derrière ces mots, c’est que désormais, rien ne doit nous décourager, qu’aucune situation n’est définitivement perdue ; et donc qu’il n’est pas question de rendre notre tablier !
La foi est donc nécessaire, elle qui nous découvre des possibilités nouvelles. Dès lors, quand les épreuves nous accablent, gardons-nous une foi suffisante dans le Seigneur ? Quand une décision difficile s’impose à nous, gardons-nous toujours la même confiance en Dieu ? Quand nous avons l’impression que l’autre, sujet et objet de mon attention et de mon agir dépasse les bornes, gardons-nous une foi suffisante au Christ ? En considérant tout ce qui nous contrarie dans notre marche à la suite du Christ, que nous dit notre foi ? Je crois que l’acte de croire est toujours le fait d’un engagement de notre liberté et chacun ne peut parler de la foi aux autres qu’à l’intérieur de son propre acte de croire. Ainsi, nous pouvons donner le témoignage personnel de notre foi !
La foi par définition, c’est la confiance mise dans une personne, dans son engagement, dans sa parole donnée. Elle suggère davantage l’objectivité d’un lien avec une personne que la subjectivité d’une croyance en quelque chose. Dans la Bible, la foi est la source et le centre de toute la vie religieuse. Au dessein que Dieu réalise dans le temps, l’homme doit répondre par la foi. C’est bien le cas d’Abraham quand Dieu lui demande de quitter sa terre en Chaldée en lui promettant une nombreuse descendance (Gn.12). Contre toute vraisemblance et malgré son âge avancé, Abraham croit en Dieu et en sa Parole, il obéit à cette vocation et engage ainsi son existence sur cette promesse. Au jour de l’épreuve, sa foi sera capable de sacrifier le fils en qui se réalise déjà cette promesse (Gn.22).
A l’exemple d’Abraham et de Moïse, les prophètes pour leur part, plaçaient à la base de leur vie, la foi en Dieu, en leur vocation et en leur mission. Même si leur foi était d’emblée inébranlable, il arrivait parfois qu’elle hésitait à s’affirmer devant l’épreuve d’un appel trop exigeant (Jr.1) ou d’une apparente absence de Dieu (1R.19) avant de parvenir à une définitive fermeté. Cette foi des prophètes rayonnait dans un groupe plus ou moins large de disciples et d’auditeurs (Is.8, 16 ; Jr. 45). Elle apparaissait ainsi de plus en plus comme un engagement et une attitude personnels qui rassemblaient déjà le Reste annoncé par les prophètes.
Dans le Nouveau Testament, de nombreux textes font références à des actes de foi qui ont littéralement séduit le Christ dans des causes qui semblaient perdues d’avance: que ce soit le centurion romain, cet homme étranger à la foi mais qui vient demander à Jésus une guérison pour son serviteur malade (Lc.7, 6,9), ou encore la femme qui perdait du sang, se faufilant dans la foule pour aller toucher le manteau du Christ (Lc.8, 43-48), ou enfin la cananéenne qui fait preuve de persévérance et d’humilité pour sa fille tourmentée par un démon (Mt.15, 21-28).
La foi finalement, qu’elle soit imparfaite comme chez Zacharie ou exemplaire comme chez la Vierge Marie, doit pouvoir nous rassembler et même nous orienter d’une certaine manière autour de Jésus, venu parmi nous en notre humanité ! Elle doit pouvoir nous constituer ainsi en communauté de vie, communauté dont le lien, plus précieux que tout, est la foi en Lui et en sa Parole. Et c’est cette foi agissante qui sera à même de faire tenir jusqu’au bout les engagements qui sont les nôtres à la suite du Christ !
La foi est donc capable de nous elever dans nos relations interpersonnelles. Comme dit le Pape François, ‘‘la foi amène le croyant à voir dans l’autre un frère à soutenir et à aimer. De la foi en Dieu, qui a créé l’univers, les créatures et tous les êtres humains – égaux par Sa Miséricorde –, le croyant est appelé à exprimer cette fraternité humaine, en sauvegardant la création et tout l’univers et en soutenant chaque personne, spécialement celles qui sont le plus dans le besoin et les plus pauvres.’’ Pape François, Avant-propos du document sur la Fraternité Humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune (Voyage apostolique aux Emirats Arabes Unis, 3-5 février 2019)
S’il est vrai que la règle qui voudrait que je fasse aux autres ce que j’aurais voulu qu’ils fassent pour moi relève du bon sens pour un mieux vivre en société, reconnaissons que c’est la foi qui anime le chrétien qui lui permet d’aller au-delà du bon sens pour agir différemment au nom de Dieu en qui il croit mais surtout en qui il a foi ! Comment alors concrètement faire aux autres ce que je voudrais qu’ils fassent pour moi ?
2- Pour vivre en communion, faites aux autres, ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous !
Mais qui sont les autres ? La question est importante quand on sait que depuis quelques décennies, chez nous en Côte d’ivoire comme dans certains pays, le problème du rapport à l’autre est de plus en plus crucial et de plus en plus complexe parce que l’altérité ne cesse de croître en quantité, en variété et en intensité. Qui sont donc ceux à qui je dois faire ce que je veux qu’ils fassent pour moi ?
Le Pape François a cette belle réponse : ‘‘je ne peux pas réduire ma vie à la relation avec un petit groupe, pas même à ma propre famille, car il est impossible de me comprendre sans un réseau de relations plus large : non seulement mon réseau actuel mais aussi celui qui me précède et me façonne tout au long de ma vie. Ma relation avec une personne que j’apprécie ne peut pas méconnaître que cette personne ne vit pas seulement à cause de ses liens avec moi, ni que moi je ne vis pas uniquement en référence à elle. Notre relation, si elle est saine et vraie, nous ouvre à d’autres qui nous font grandir et nous enrichissent.’’
Le sens social le plus noble est aujourd’hui facilement réduit à rien en faveur des liens égoïstes épousant l’apparence de relations intenses. En revanche, l’amour authentique, à même de faire grandir, et les formes les plus nobles d’amitié résident dans des cœurs qui se laissent compléter. Le fait de constituer un couple ou d’être des amis doit ouvrir nos cœurs à d’autres cercles pour nous rendre capables de sortir de nous-mêmes ,de sorte que nous accueillions tout le monde. Les groupes fermés et les couples autoréférentiels, qui constituent un ‘‘nous’’ contre tout le monde, sont souvent des formes idéalisées d’égoïsme et de pure auto-préservation.
Ce n’est pas pour rien que de nombreuses petites villes survivant dans les zones désertiques ont développé une capacité généreuse d’accueil des pèlerins de passage et ont forgé le devoir sacré de l’hospitalité. Les communautés monastiques médiévales en ont également fait montre, comme en témoigne la Règle de saint Benoît. Même si cela pouvait compromettre l’ordre et le silence des monastères, Benoît exigeait que les pauvres et les pèlerins soient traités « avec le plus grand soin et la plus grande sollicitude ». L’hospitalité est une manière concrète de ne pas se priver de ce défi et de ce don qu’est la rencontre avec l’humanité, indépendamment du groupe d’appartenance. Ces personnes comprenaient que toutes les valeurs qu’elles pouvaient cultiver devaient s’accompagner de cette capacité à se transcender dans une ouverture aux autres. Lettre Encyclique Fraterlli Tutti du Saint Père François, (n°89 et 90).
C’est donc dire que nous ne pouvons pas nous satisfaire d’un groupe, d’un clan ,d’un cercle, car aussi large que puisse être sa circonférence, ce cercle exclura toujours des personnes ! Il s’agit de comprendre que c’est notre intérêt de voir large dans l’action que nous devons mener. Brasser large, c’est se dire que ‘‘faire aux autres ce que je veux qu’ils fassent pour moi’’, suppose de conformer mon agir à l'égard d'autrui sur ce que j'attendrais moi-même de sa part.
Le Pape François ne dit pas autre chose quand il affirme que : ‘‘la vraie sagesse suppose la conformité avec la réalité. Mais aujourd’hui tout peut être produit, dissimulé, altéré. De ce fait, la confrontation directe avec les limites de la réalité devient intolérable. En conséquence, on met en place un mécanisme de ‘‘sélection’’ et s’instaure l’habitude de séparer immédiatement ce que j’aime de ce que je n’aime pas, ce qui est attrayant de ce qui est laid. En suivant la même logique, on choisit les personnes avec qui on décide de partager le monde. Ainsi, les personnes ou les situations qui ont blessé notre sensibilité ou nous ont contrariés sont aujourd’hui tout simplement éliminées dans les réseaux virtuels ; il en résulte un cercle virtuel qui nous isole du monde dans lequel nous vivons. Lettre Encyclique Fraterlli Tutti du Saint Père François, (n°47)
Il s’agit en d’autres mots, d'inverser les rôles entre l'agent et le patient, entre moi qui agis et celui qui est le destinataire de mon action : le principe en est de ‘‘se mettre à la place de l'autre’’ et d'y ressentir les conséquences de mon action du côté de celui qui la subit, ce qui peut déboucher sur deux types de formulations, reposant soit sur l'empathie, soit sur l'équité.
• La règle d'empathie, ‘‘ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas subir’’ ou ‘‘traite les autres comme tu voudrais être traité’’, est la forme la plus fréquente. Elle vise à retourner et convertir notre égoïsme originel, nos désirs et nos craintes, dans la prise en compte des autres comme ‘‘ego’’ aussi importants et uniques que nous.
• La règle d'équité, qui est une autre forme de cette même règle d'or, retourne contre nous et sur nous les jugements de valeur portés sur les autres. Elle vise ainsi à tester l'universalité de la maxime qui inspire notre action : ‘‘Ce que tu reproches à autrui, ne le fais pas toi-même’’ ‘‘Comme tu juges qu'autrui devrait agir à ton égard, agis toi-même vis-à-vis de lui.’’
Mais l’empathie et l’équité sont-ils suffisants du point de vue de notre foi et dans le contexte qui est le nôtre ? Comme le fait remarquer le Pape Benoît XVI, ‘‘sur le plan social, la conscience humaine est interpellée par de graves injustices existant dans notre monde, en général, et à l’intérieur de l’Afrique, en particulier. La confiscation des biens de la terre par une minorité au détriment de peuples entiers, est inacceptable parce qu’immorale. La justice oblige à « donner à chacun son bien propre » – ius suum unicuique tribuere. Il s’agit donc de rendre justice aux peuples.
L’Afrique est capable d’assurer à tous les individus et à toutes les nations du continent les conditions élémentaires qui permettent de participer au développement. Les Africains pourront ainsi mettre les talents et les richesses que Dieu leur a donnés au service de leur terre et de leurs frères. La justice, vécue dans toutes les dimensions de la vie, privée et publique, économique et sociale, a besoin d’être soutenue par la subsidiarité et la solidarité, et encore plus d’être animée par la charité. « Selon le principe de subsidiarité, ni l’État ni aucune société plus vaste ne doivent se substituer à l’initiative et à la responsabilité des personnes et des corps intermédiaires ».
La solidarité est garante de la justice et de la paix, de l’unité donc, de sorte que « l’abondance des uns supplée au manque des autres ». Et la charité qui assure le lien avec Dieu, va plus loin que la justice distributive. Car si « la justice est la vertu qui distribue à chacun son bien propre […] ce n’est pas la justice de l’homme, celle qui soustrait l’homme au vrai Dieu’’ Africae Munus 44
Faire aux autres ce que nous voulons qu’ils fassent pour nous, participe donc non seulement de la justice mais également de la solidarité indispensables à toute vie en société. Comme je le disais l’an dernier, ‘‘a-t-on raisonnablement le droit d’être heureux tout seul ou seulement avec les membres de son clan ? Le bonheur à tout prix mille prix, est-il réellement un bonheur ? Est-on véritablement heureux quand on a spolié, déshérité, calomnié, dénigré, volé son frère ?... Tous nous savons que ceux qui aspirent à une vie paisible et heureuse savent qu’un rien, un accident, une maladie peut détruire leur bonheur ! Améliorer un peu les choses et pourquoi pas grandement, cela est possible si chacun de nous comprend que son aspiration au bonheur est toute aussi légitime que celle de son frère et que par conséquent, il ne devrait pas avoir de raison à le traiter de manière à ce qu’il finisse comme un indigent !’’ Fin de citation.
Il nous faut accepter que c’est ensemble, dans la conjugaison de nos efforts, sans tout attendre des autres uniquement, que nous parviendrons à ce nouveau contrat social. L’Exhortation Apostolique Africae Munus va dans ce sens quand elle affirme ceci : ‘‘Il ne fait pas de doute que la construction d’un ordre social juste relève de la compétence de la sphère politique. Cependant, une des tâches de l’Église en Afrique consiste à former des consciences droites et réceptives aux exigences de la justice pour que grandissent des hommes et des femmes soucieux et capables de réaliser cet ordre social juste par leur conduite responsable. Le modèle par excellence à partir duquel l’Église pense et raisonne, et qu’elle propose à tous, c’est le Christ. Selon sa doctrine sociale, « l’Église n’a pas de solutions techniques à offrir et ne prétend “aucunement s’immiscer dans la politique des États”. Elle a toutefois une mission de vérité à remplir […] une mission impérative. Sa doctrine sociale est un aspect particulier de cette annonce : c’est un service rendu à la vérité qui libère.’’ Africae Munus 22
Former des consciences droites et réceptives aux exigences de la justice pour que grandissent des hommes et des femmes soucieux et capables de réaliser cet ordre social juste par leur conduite responsable, telle est l’un des objectifs que nous souhaitons atteindre pour le bonheur de notre pays et comme héritage aux générations à venir. Cela ne relève pas de l’utopie. J’ai foi en Dieu qui fait toute chose bonne en son temps. Mais ce serait un leurre que de croire que ce souhait ira dans sa réalisation sans heurts et que le découragement pourrait gagner l’un ou l’autre d’entre nous.
C’est ici que l’exemple que nous donne le Pape François pourrait s’avérer fort utile pour ceux qui auraient fini par se décourager. En effet, il nous invite à recommencer : ‘‘chaque jour, une nouvelle opportunité s’offre à nous, nous entamons une nouvelle étape. Nous ne devons pas tout attendre de nos gouvernants ; ce serait puéril. Nous disposons d’un espace de coresponsabilité pour pouvoir commencer et générer de nouveaux processus et transformations. Soyons parties prenantes de la réhabilitation et de l’aide aux sociétés blessées. Aujourd’hui, nous nous trouvons face à la grande opportunité de montrer que, par essence, nous sommes frères, l’opportunité d’être d’autres bons samaritains qui prennent sur eux-mêmes la douleur des échecs, au lieu d’accentuer les haines et les ressentiments.
Comme pour le voyageur de notre histoire qui passait par hasard, il suffirait juste d’être animé du désir spontané, pur et simple de vouloir constituer un peuple, d’être constant et infatigable dans le travail d’inclure, d’intégrer et de relever celui qui gît à terre ; même si bien des fois ,nous nous sentons débordés et condamnés à reproduire la logique des violents, de ceux qui ne s’intéressent qu’à eux-mêmes, qui ne répandent que confusion et mensonges. Que d’autres continuent à penser à la politique ou à l’économie pour leurs jeux de pouvoir ! Quant à nous, promouvons le bien et mettons-nous au service du bien !
Il est possible, en commençant par le bas et le niveau initial, de lutter pour ce qui est le plus concret et le plus local, jusqu’à atteindre les confins de la patrie et du monde, avec la même attention que celle du voyageur de Samarie pour chaque blessure de l’homme agressé. Cherchons les autres et assumons la réalité qui est la nôtre sans peur ni de la souffrance ni de l’impuissance, car c’est là que se trouve tout le bien que Dieu a semé dans le cœur de l’être humain. Les difficultés qui semblent énormes sont une opportunité pour grandir et non une excuse à une tristesse inerte qui favorise la soumission.
Mais ne le faisons pas seuls, individuellement. Le Samaritain a cherché un hôte qui pouvait prendre soin de cet homme ; nous aussi, nous sommes invités à nous mobiliser et à nous retrouver dans un ‘‘nous’’ qui soit plus fort que la somme de petites individualités. Rappelons-nous que « le tout est plus que la partie, et plus aussi que la simple somme de celles-ci ». Renonçons à la mesquinerie et au ressentiment des replis sur soi stériles, des antagonismes sans fin ! Cessons de cacher la souffrance causée par les préjudices et assumons nos crimes, nos discordes et nos mensonges ! La réconciliation réparatrice nous ressuscitera et nous délivrera, aussi bien nous-mêmes que les autres, de la peur.
Le Samaritain en voyage est parti sans attendre ni remerciements ni gratitude. Le dévouement dans le service était sa grande satisfaction devant son Dieu et sa conscience, et donc, un devoir. Nous sommes tous responsables du blessé qui est le peuple lui-même et tous les peuples de la terre. Prenons soin de la fragilité de chaque homme, de chaque femme, de chaque enfant et de chaque personne âgée, par cette attitude solidaire et attentive, l’attitude de proximité du bon Samaritain. Lettre Encyclique Fraterlli Tutti du Saint Père François, sur la Fraternité et l’Amitié sociale (n°77-78-79).
Faire aux autres ce que nous voulons qu’ils fassent pour nous est exigeant. Mais dans le sillage du Pape François, et face à ce que nous vivons dans notre pays, j’ai envie de dire que ‘‘nous sommes tous responsables du blessé qui est le peuple [ivoirien]. Prenons soin de la fragilité de chaque homme, de chaque femme, de chaque enfant et de chaque personne âgée, par cette attitude solidaire et attentive, l’attitude de proximité du bon Samaritain.’’ Et comme je le fais à chaque rentrée pastorale , je voudrais vous lancer ces appels qui sont un rappel de ce que je vous disais l’an dernier, pour tenir compte de l’année étriquée que nous avons vécue.
III-Appels
1- A mes frères prêtres
Il me plait ici de commencer par vous féliciter pour les initiatives heureuses que vous avez déployés pour faire vivre les célébrations eucharistiques à vos fidèles, soit par le canal des réseaux sociaux, soit par petits groupes pour ensuite élargir ces moments d’exception quand nous sommes revenus à la normale . Merci pour votre ingéniosité pastorale. Merci pour la générosité dont vous avez fait montre, chacun à son rythme il est vrai, pour soutenir la foi de vos fidèles. Mais nous devons aller plus en avant parce que la situation interne du pays l’exige mais surtout parce que le Christ notre Maître et Seigneur nous le commande.
Avant tout propos, je voudrais souhaiter, comme je l’ai déjà dit lors de la messe chrismale, qu’après avoir revisité les promesses de nos engagements envers le Seigneur, de tout mettre en œuvre pour rendre effectif l’appel au réarmement moral et spirituel des prêtres que nous sommes ! Je ne vous apprends rien en vous disant que nous vivons à l’heure des réseaux sociaux, un véritable voyeurisme des temps nouveaux, où chaque acte posé, chaque parole prononcée, chaque geste est épié et grossi volontairement à souhait, avec des desseins parfois bien malveillants ? Nous avons une responsabilité et elle est grande : vivre toujours plus unis au Seigneur Jésus pour lui ressembler en paroles et en actes !
Encore une fois, ne craignons pas d’entreprendre, avec la confiance en Dieu et beaucoup de courage, un choix missionnaire capable de transformer toute chose, afin que les habitudes, les styles, les horaires, le langage et toute structure ecclésiale devienne un canal adéquat pour l’évangélisation du monde actuel, plus que pour l’auto-préservation.’’ Lettre du Pape François à l’occasion du centenaire de la promulgation de la lettre apostolique ‘‘Maximum Illud’’
L’invitation que je vous avais fait que chacun de nous veille sur la vie et le ministère de son confrère, je la réitère encore cette année : les aînés dans le sacerdoce, les vicaires généraux, épiscopaux et les curés doyens, veilleront à ce que s’installent entre nous, de vraies relations de fraternité, de solidarité et de partage. Peut-être, faudra-t-il instaurer un cadre de réflexion et d’accompagnement générationnel et qui consisterait à se retrouver en promotion pour nous parler régulièrement ?
L’invitation à ‘‘faire aux autres ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous’’ doit trouver chez vous un écho particulier. J’insiste pour dire que les médisances, les calomnies, les ambitions personnelles démesurées ainsi que les jugements erronés sur les autres nos confrères nous discréditent à un plus haut point. Je vous en conjure, cette année, prêchez pour vous-mêmes avant tout, il y va de la crédibilité de notre presbyterium et de l’annonce de la Parole dont nous sommes les intendants.
Comme l’an dernier, j’accueillerai avec bienveillance toutes les initiatives pastorales qui viseraient un meilleur vécu de ce thème. Je vous exhorte à être pour vos fidèles, les premiers à vivre de ce thème. Trop de reproches nous sont faits quant à notre ponctualité, à notre façon d’accueillir nos fidèles, à nos célébrations qui sont tout sauf priantes et recueillies !
C’est donc un véritable cri de cœur que je vous lance : nos fidèles ont de plus en plus soif de Dieu et attendent de nous une action, celle que nous-mêmes aurions aimé avoir en pareille circonstance. L’état permanent de mission dont parle le Pape François, c’est celui qui trouve également son origine dans le fait que ‘‘… partout dans le monde, même après la chute des idéologies qui avaient fait du matérialisme un dogme et du rejet de la religion un programme, se diffuse une sorte d'athéisme pratique et existentiel qui coïncide avec une vision sécularisée de la vie et du destin de l'homme. Cet homme « tout préoccupé de lui-même, cet homme qui se fait non seulement centre de tous les intérêts, mais ose se dire le principe et la raison de toute réalité », se trouve toujours plus dépourvu du « supplément d'âme » qui lui est d'autant plus nécessaire qu'une plus grande disponibilité de biens matériels et de ressources lui donne l'illusion de l'autosuffisance. On n'a plus besoin de combattre Dieu, on se passe tout simplement de lui.’’ Pastores dabo vobis 1 § 6
C’est à nous de montrer le chemin de Dieu à nos frères. Vous veillerez à faire en sorte que l’hymne retenue pour soutenir notre année pastorale soit connue de tous : chorales et fidèles. Je vous confie tous, dans cette mission, en ces heures particulières, à l’intercession bienveillante de la Vierge Marie, mère du Christ, mère des prêtres.

2- Aux religieux et religieuses
‘‘Le grand risque du monde d’aujourd’hui, avec son offre de consommation multiple et écrasante, est une tristesse individualiste qui vient du cœur bien installé et avare, de la recherche malade de plaisirs superficiels, de la conscience isolée. Quand la vie intérieure se ferme sur ses propres intérêts, il n’y a plus de place pour les autres, les pauvres n’entrent plus, on n’écoute plus la voix de Dieu, on ne jouit plus de la douce joie de son amour, l’enthousiasme de faire le bien ne palpite plus.’’ Evangelii Gaudium n°2
Imaginons ensemble une vie intérieure qui se ferme sur ses propres intérêts et où l’on n’écoute plus la voix de Dieu : on ne jouit plus de la douce joie de son amour et où l’enthousiasme de faire le bien ne palpite plus ! Quelle tristesse ! Quelle désolation ! Mais il y’a aussi des façons de penser et d’agir qui sont toutes aussi graves : croire que nous n’avons rien à offrir aux autres !L’an dernier, je vous faisais remarquer que votre vocation a cela de particulier que votre vie spirituelle doit se vouer également au bien de toute l’Église.
Ce bien de l’Eglise, c’est celui de l’harmonie qui doit régner entre nos concitoyens et que je vous recommande vivement dans vos prières. Enraciner et renforcer le règne du Christ dans les âmes suppose que vous aussi, vous ne soyez pas discrédités dans votre mission. A ce titre, dans vos différentes maisons communautaires, je vous exhorte vous aussi, à faire pour les autres, ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous. Comme dit le psalmiste, ‘‘ qu’il est bon, qu’il est doux pour des frères d’être ensemble et d’être unis.’’ Vous l’aurez bien compris, il ne s’agit pas seulement d’être ensemble mais d’être unis en évitant de faire aux autres, ce que vous ne voulez pas qu’ils vous fassent.
Merci de nous indiquer toujours par votre agir que Dieu est élevé au-dessus de toutes les choses terrestres et qu’il est le bonheur auquel tous nous aspirons !
3- Aux fidèles laïcs du Christ et aux jeunes
La situation actuelle que traverse notre pays rend plus qu’urgente une action de votre part. Rappelez-vous encore mes propos à votre égard : l’heure est venue pour vous, au regard de l’état des lieux que j’ai brièvement dressé en début de mes propos, de prendre ou de reprendre la place qui est la vôtre dans l’annonce de l’évangile du Christ. La recherche du bonheur et d’un mieux-être sont légitimes mais tous les moyens pour y accéder ne sont pas licites et vous le savez ! Le monde des affaires est impitoyable parfois, mais je reste convaincu que l’évangile a toute la force d’y pénétrer si vous le voulez bien, avec la force que donne le Saint Esprit !
L’appel à faire aux autres ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous est un excellent exercice spirituel dans votre marche à la suite du Christ ! Il m’est arrivé de constater, sans porter de jugement, qu’en face de certaines situations où les enjeux financiers étaient importants, votre foi au Christ a été rapidement mise sous le boisseau. Laissez-moi vous le redire : on ne peut pas être chrétien les jours pairs, et le contraire les jours impairs ! Certaines luttes entre vous, si elles sont compréhensibles ne doivent pas être l’occasion où tous les coups sont permis, au point de se demander si nous avons affaire à des croyants ! Je vous en conjure, au nom du Seigneur, ne faites pas aux autres ce que vous ne voulez pas qu’ils fassent pour vous !
Pour terminer, je voudrais que vous compreniez que ‘‘le cheminement vers la paix n’implique pas l’homogénéisation de la société ; il nous permet par contre de travailler ensemble. Il peut unir un grand nombre de personnes en vue de recherches communes où tous sont gagnants. Face à un objectif commun déterminé, il est possible d’apporter diverses propositions techniques, différentes expériences et de travailler au bien commun.
Il faut essayer de bien identifier les problèmes que traverse une société pour accepter qu’il existe diverses façons de voir les difficultés et de les résoudre. Le chemin vers une meilleure cohabitation implique toujours que soit reconnue la possibilité que l’autre fasse découvrir une perspective légitime, au moins en partie, quelque chose qui peut être pris en compte, même quand il s’est trompé ou a mal agi. En effet, « l’autre ne doit jamais être enfermé dans ce qu’il a pu dire ou faire, mais il doit être considéré selon la promesse qu’il porte en lui » promesse qui laisse toujours une lueur d’espérance.’’ Fraterlli Tutti n° 228
4- Aux acteurs politiques et aux gouvernants
Cette année encore, je voudrais rappeler à vos mémoires, les différents appels que je n’ai eu de cesse de vous adresser. Savez-vous que la politique dans notre pays fait peur ? Le constat fait par le Pape François pourrait s’appliquer malheureusement à vous : ‘‘la meilleure façon de dominer et d’avancer sans restrictions, c’est de semer le désespoir et de susciter une méfiance constante, même sous le prétexte de la défense de certaines valeurs. Aujourd’hui, dans de nombreux pays, on se sert du système politique pour exaspérer, exacerber et pour polariser.
Par divers procédés, le droit d’exister et de penser est nié aux autres, et pour cela, on recourt à la stratégie de les ridiculiser, de les soupçonner et de les encercler. Leur part de vérité, leurs valeurs ne sont pas prises en compte, et ainsi la société est appauvrie et réduite à s’identifier avec l’arrogance du plus fort.
De ce fait, la politique n’est plus une discussion saine sur des projets à long terme pour le développement de tous et du bien commun, mais uniquement des recettes de marketing visant des résultats immédiats qui trouvent dans la destruction de l’autre le moyen le plus efficace. Dans ce jeu mesquin de disqualifications, le débat est détourné pour créer une situation permanente de controverse et d’opposition.’’ Lettre Encyclique Fraterlli Tutti du Saint Père François, sur la Fraternité et l’Amitié sociale (n°15).
Pendant combien de temps allons-nous avoir peur des élections dans notre pays avec leurs lots de morts, de violence, de destruction des biens, d’intimidation, de transhumance ? Pourquoi, dans notre pays et en politique, les amis d’hier deviennent des ennemies aujourd’hui ? Que des ennemis hier deviennent des amis aujourd’hui, quel bonheur ! Mais cette amitié est-elle sincère et vraie ? Quel est l’enjeu de vos batailles ? Diriger la Côte d’Ivoire ? Pour cela, est-il besoin que le pays soit mis à feu et à sang à chaque joute électorale? Vous considérez-vous encore comme des frères ?

Que pensez-vous de ce que dit le Pape François concernant les systèmes politiques ? Je le cite : ‘‘dans ces conflits d’intérêts qui nous opposent tous les uns aux autres, où gagner devient synonyme de détruire, comment est-il possible de lever la tête pour reconnaître son voisin ou pour se mettre du côté de celui qui est tombé en chemin ? Un projet visant de grands objectifs pour le développement de toute l’humanité apparaît aujourd’hui comme un délire. Les distances entre nous augmentent, tout comme la marche, difficile et lente vers un monde uni et plus juste, subit un recul nouveau et drastique.’’ Fraterlli Tutti n° 16-17

Savez-vous que nos populations vivent dans la hantise parce que chaque petit heurt débouche sur des conflits et que tout se règle désormais dans la violence ? Dans notre pays, n’est-il pas possible de faire la politique autrement ? Serait-il possible aujourd’hui encore, comme une charte que je vous propose, que chacun de vous décide de faire aux autres ce qu’il veut qu’on fasse pour lui ? Mieux, serait-il possible que chacun de vous ne fasse pas aux autres ce qu’il ne voudrait pas qu’on lui fasse ? Faites donc aux autres ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous !
5- Aux forces de défenses et de sécurité
L’an dernier, je vous faisais remarquer que votre rôle est délicat dans le maintien de l’ordre dans nos états, et cela s’est vu encore une fois à la faveur des élections présidentielles qui viennent de s’achever dans les situations que tous nous connaissons ! Des pères et des mères de famille ont peur qui pour un époux, un frère, un ami ! La répression terminée, que vous reste-t-il ? Regagner vos domiciles avec la conscience du devoir accompli ? Mais comment ?
L’an dernier, je vous faisais remarquer que vous êtes, vous aussi, des acteurs importants dans la vie de notre patrie. Pour des forces de défenses et de sécurité, vous devez pouvoir inspirer confiance aux populations dont vous avez la garde. J’encourage les efforts que année après année, vous faites pour vous rendre plus proches de vos frères et sœurs. Comme pour les autres, des ambitions légitimes vous habitent et c’est votre droit. Mais ce droit doit-il s’exercer au détriment de vos différents corps d’arme, au point de susciter de la méfiance entre vous ?
Avec force, je vous invite dans l’exercice de vos missions, à vous laisser rejoindre par la parole de Dieu : ‘‘ne faites pas aux autres, ce que vous ne voulez pas qu’ils vous fassent !’’ Notre pays a trop souffert de ses crises à répétition ! Faites aux autres, ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous !
6- Aux hommes de médias
Dans sa Lettre encyclique portant sur la Fraternité et l’amitié sociale, le Pape parle de l’illusion de la communication. Je le cite : ‘‘ paradoxalement, alors que s’accroissent des attitudes de repli sur soi et d’intolérance qui nous amènent à nous fermer aux autres, les distances se raccourcissent ou disparaissent au point que le droit à la vie privée n’existe plus. Tout devient une sorte de spectacle qui peut être espionné, surveillé et la vie est soumise à un contrôle constant. Dans la communication numérique, on veut tout montrer et chaque personne devient l’objet de regards qui fouinent, déshabillent et divulguent, souvent de manière anonyme. Le respect de l’autre a volé en éclats, et ainsi, en même temps que je le déplace, l’ignore et le tiens à distance, je peux sans aucune pudeur envahir sa vie de bout en bout.
D’autre part, les manifestations de haine et de destruction dans le monde virtuel ne constituent pas – comme certains prétendent le faire croire – une forme louable d’entraide, mais de vraies associations contre un ennemi. Par ailleurs, « les médias numériques peuvent exposer au risque de dépendance, d’isolement et de perte progressive de contact avec la réalité concrète, entravant ainsi le développement d’authentiques relations interpersonnelles ».
Des gestes physiques, des expressions du visage, des silences, le langage corporel, voire du parfum, le tremblement des mains, le rougissement, la transpiration sont nécessaires, car tout cela parle et fait partie de la communication humaine. Les relations virtuelles, qui dispensent de l’effort de cultiver une amitié, une réciprocité stable ou même un consensus se renforçant à la faveur du temps, ne sont sociales qu’en apparence. Elles ne construisent pas vraiment un ‘‘nous’’ mais d’ordinaire dissimulent et amplifient le même individualisme qui se manifeste dans la xénophobie et le mépris des faibles. La connexion numérique ne suffit pas pour construire des ponts, elle ne suffit pas pour unir l’humanité. Fraterlli Tutti n° 42-43
Je me répète encore une fois : votre travail est trop noble et à ce titre, il convient qu’en interne et peut-être entre différentes rédactions, vous preniez les mesures nécessaires pour jouer pleinement votre partition dans la marche de notre beau pays. La dépénalisation des délits de presse si elle est une bonne chose, ne vous autorise pas à toute sorte de dérive non plus ! Au nom de vos frères et sœurs qui habitent ce pays, je vous exhorte vous aussi : ne faites pas aux autres ce que vous ne voulez pas qu’on vous fasse ! Faites donc aux autres ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous !

III- Conclusion
C’est le Cardinal Robert SARAH qui disait que ‘‘lorsque l’homme communique un bien, celui-ci sort de son cœur, comme une source d’eau qui se répand autour de lui. Le bien augmente à mesure qu’on le donne. A contrario, il s’affaiblit dans le refus de partager.’’ C’est aussi ma conviction. Il nous faut communiquer le bien autour de nous et de manière la plus large possible mais en identifiant les causes profondes de nos égoïsmes.
Pour le Pape François, ‘‘ «parmi les causes les plus importantes de la crise du monde moderne se trouvent une conscience humaine anesthésiée et l’éloignement des valeurs religieuses, ainsi que la prépondérance de l’individualisme et des philosophies matérialistes qui divinisent l’homme et mettent les valeurs mondaines et matérielles à la place des principes suprêmes et transcendants ». Il est inadmissible que, dans le débat public, seuls les puissants et les hommes ou femmes de science aient droit à la parole. Il doit y avoir de la place pour la réflexion qui procède d’un arrière-plan religieux, recueillant des siècles d’expérience et de sagesse.
Nous, croyants, nous pensons que, sans une ouverture au Père de tous, il n’y aura pas de raisons solides et stables à l’appel à la fraternité. Nous sommes convaincus que « c’est seulement avec cette conscience d’être des enfants qui ne sont pas orphelins que nous pouvons vivre en paix avec les autres » ’’ Fraterlli Tutti n° 275
Tel est le vœu mais aussi telle est la prière que je forme pour chaque habitant de notre très cher et beau pays la Côte d’Ivoire. Bonne rentrée pastorale à tous ! Paix et bien à notre cher pays la Côte d’Ivoire et à tous ceux qui l’habitent !

+ Jean Pierre Cardinal KUTWÃ Archevêque Métropolitain d’Abidjan

 

 

La Côte d’Ivoire  malgré  la crise de la Covid-19  a  exporté un  tonnage  record de noix de  cajou. En pleine campagne de commercialisation  en  2020,   les exportations de noix de cajou de la Côte d’Ivoire ont été freinées par la pandémie de la Covid-19 qui a perturbé la chaîne d’approvisionnement tant  en brousse qu’à l’export. Après quelques semaines de blocage, « les exportations ivoiriennes sont reparties à la hausse apurant les stocks invendus dans un marché où la demande d’amandes de cajou n’a pas faibli, bien au contraire. Sur les dix premiers mois de l’année, les exportations de noix de cajou brutes de la Côte d’Ivoire se sont élevées à 642 505 tonnes, soit 11% de plus qu’en 2019 » indique N’kalô dont les données sont rapportées  par  le site www.commodafrica.com.  Selon  la même source,   «Il   ne resterait aujourd’hui qu’environ 40 000 tonnes de stocks (hors stocks des transformateurs nationaux) et la majorité a déjà été venue et est en cours d’expédition, précise le spécialiste »  Vrai ? Le  Docteur  Coulibaly  Adama , Directeur  général du Conseil du coton et anacarde( Cca) ne confirme pas  ce chiffre.  Les noix de cajou se sont très largement dirigées vers le premier transformateur mondial, le Vietnam (84%). Rappelons que le Conseil du Coton et de l'anacarde, le groupe Vietnamien T& T et un groupement d'intérêt économique des exportateurs nationaux de noix de cajou ont signé, le  29 juillet 2020  à Abidjan  un  partenariat stratégique de vente achat de  150 000 tonnes de noix brutes de cajou. Du côté des exportations d’amande de cajou, le pays rattrape également le retard accumulé avec 9 083 tonnes expédiées de janvier à octobre, en hausse de 2% par rapport à la même période en 2019. Officiellement,   près de 25% à 30% de la production nationale est détournée vers les pays voisins dont  le Ghana. La récolte globale pour 2019 est estimée à 654 000 tonnes de noix, contre 761 317 tonnes en 2018. La Côte d’Ivoire a exporté 574 000 tonnes de celle-ci, contre 642 000 tonnes un an auparavant.  Pour 2020, la Côte d’Ivoire prévoit une production de quelque 800 000 tonnes, pour une production mondiale de 3,8 millions de tonnes. La campagne de commercialisation 2019 a été marquée par une vaste contrebande de la récolte ivoirienne. Le Conseil du coton et de l’anacarde (Cca), l’autorité de régulation, estime à environ 200 000 tonnes la contrebande vers les pays limitrophes que sont le Ghana, le Burkina Faso, le Mali et la Guinée.  Ce  Selon le gouvernement ivoirien, «  constitue un manque à gagner tant au niveau des recettes que de la fiscalité. Au titre des recettes fiscales et parafiscales, les pertes sont comprises entre 3,1 milliards et 7,8 milliards de Fcfa »

 Bamba Mafoumgbé, ( Source : In Le  Temps du  11 Novembre 2020) 

Légende photo :    Docteur Adama Coulibaly, Directeur général du Conseil du coton et anarcarde)   

Les derniers résultats de la présidentielle sont enfin tombés, dix jours après: selon les projections des grands médias américains, la Géorgie est allée à Joe Biden et la Caroline du Nord à Donald Trump. Ce dernier  qui s’est   exprimé publiquement le  vendredi 13 novembre  2020  pour la première fois depuis l'annonce de sa défaite. Ironie du sort, le démocrate a remporté au final 306 grands électeurs, contre 232 au président sortant, soit le score inversé de la victoire du milliardaire républicain face à Hillary Clinton en 2016. Un recomptage des votes doit avoir lieu en Géorgie, où l'écart est très faible entre les deux candidats, mais son issue ne changera rien au résultat final: Joe Biden dispose, quoi qu'il arrive dans cet Etat, des 270 grands électeurs nécessaires au minimum pour s'ouvrir les portes de la Maison Blanche. (…)Le président sortant a encore affirmé  ce vendredi être le vainqueur de la présidentielle. "Une élection truquée!" a-t-il tweeté, poursuivant sa remise en cause des résultats, un fait sans précédent dans l'histoire politique américaine. Et les partisans du président, une marée de casquettes rouges "Make America Great Again" auprès de qui Donald Trump n'a cessé de s'entourer dans les dernières heures de sa campagne, continuent d'être bombardés de demandes de participation financière pour "défendre l'élection". Certains parmi les plus radicaux d'entre eux ont prévu de manifester  ce samedi 14 novembre 2020  à Washington, même si le camp Trump est dans l'incapacité de produire un seul élément concret prouvant l'existence d'une fraude électorale à grande échelle. Donald Trump a écrit dans un tweet envisagé  de se rendre à cette manifestation: "Cela fait chaud au cœur de voir tout cet énorme soutien, surtout ces rassemblements spontanés qui fleurissent à travers le pays, dont un grand samedi à D.C. Je pourrais même essayer de passer dire bonjour". Comme dans une réalité parallèle, ses ministres et conseillers les plus fidèles assurent aussi préparer le terrain pour "un second mandat Trump"."Je pense que le président va participer à sa propre inauguration" en janvier, a assuré vendredi sur Fox News la porte-parole de la Maison Blanche Kayleigh McEnany.
- "Transition en douceur" -
Félicité par la Chine pour sa victoire, Joe Biden aura réussi, si les résultats se confirment, à faire basculer la Géorgie dans le camp démocrate pour la première fois depuis 1992. L'Arizona, où il a également été donné vainqueur jeudi à l'issue d'une longue attente, causée notamment par le recours massif au vote par correspondance, n'avait lui plus voté pour un candidat de gauche à la Maison Blanche depuis Bill Clinton en 1996. M. Biden a fait de la pandémie la priorité numéro un de son futur mandat. Il a dévoilé cette semaine le nom des membres de la cellule de crise consacrée à œuvrer sur le sujet, dès son entrée à la Maison Blanche, prévue le 20 janvier. Alimentée par une propagation effrénée du virus dans le Midwest, la moyenne des contaminations dépasse désormais les 100.000 nouveaux cas chaque jour. Une urgence qui nécessite d'accélérer la procédure de transition entre le président sortant et le président élu, affirment les démocrates. "Il y a actuellement des responsables au sein du ministère de la Santé qui préparent une campagne de vaccination pour février-mars, lorsque Joe Biden sera président", a détaillé jeudi à la chaîne MSNBC son futur chef de cabinet, Ron Klain. "Plus tôt nous pourrons faire participer nos experts en charge de la transition aux réunions avec les personnes qui planifient la campagne de vaccination, plus la transition pourra se faire en douceur..." Mais celle-ci est pour l'instant très entravée: seule une poignée d'élus républicains ont reconnu la victoire de Joe Biden."L'élection est terminée", a balayé vendredi la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, insistant sur les 78 millions de voix remportées par M. Biden, un record.
cjc-sdu/ibaLégende photo : Joe Biden, le Président des Usa 

Les Far mettent en place un cordon de sécurité en vue de sécuriser le flux des biens et des personnes. Les Forces Armées Royales (Far ) ont procédé, dans la nuit de jeudi à vendredi 13 novembre 2020, à la mise en place d'un cordon de sécurité en vue de sécuriser le flux des biens et des personnes. Ce à travers la zone tampon de Guerguarate, reliant le Maroc à la Mauritanie, indique vendredi un communiqué de l'Etat-major Général des Forces Armées Royales. « Suite au blocage par une soixantaine de personnes encadrées, par des miliciens armés du polisario, de l’axe routier traversant la zone tampon de Guerguarate reliant le Royaume du Maroc et la République Islamique de Mauritanie, et l’interdiction du droit de passage, les Forces Armées Royales procèdent à la mise en place d’un cordon de sécurité en vue de sécuriser le flux des biens et des personnes à travers cet axe » , précise la même source. « Cette opération non offensive et sans aucune intention belliqueuse se déroule selon des règles d’engagement claires, prescrivant d’éviter tout contact avec des personnes civiles et de ne recourir à l’usage des armes qu’en cas de légitime défense », conclut le communiqué.
Ayoko Mensah
( Source : MAP)
Bon à savoir

1. Statut de la zone à l’Est du dispositif de défense
Long de 2000 kilomètres, le dispositif de défense marocain a été érigé, entre 1980 et 1987, afin notamment de protéger les populations civiles et ce, dans un contexte marqué par les attaques et les incursions répétées du polisario et de l’Algérie. Son tracé n’a pas suivi, volontairement, les frontières internationales du Maroc pour éviter de nouveaux accrochages directs entre le Maroc et l’Algérie. Son dispositif sécuritaire, strictement défensif, constitue à la fois un facteur de paix et de stabilité ainsi qu’un rempart aux risques qui guettent la région sahélo-saharienne. La multiplication des actes de provocation transgresse les dispositions clairement prévues par les accords de cessez-le-feu de 1991 dans la zone à l’Est du dispositif de sécurité qui a été remise libre de toute présence ou installations militaires ou civiles, à la MINURSO. D’ailleurs ces accords stipulent qu’aucun fait accompli ou changement de statu quo n'est permis entre le dispositif de défense et les territoires algérien et mauritanien. De ce fait, le Royaume du Maroc ne saurait, en aucune manière, tolérer, toute rupture, fait accompli, modification, atteinte ou remise en cause de ce statu quo comme il ne ménagera aucun effort pour sauvegarder ses intérêts supérieurs et s’opposer à toute atteinte à l'intégrité de l'ensemble de son territoire.
2. Statut du passage de Guerguerate :
Les provocations du « polisario » au niveau du Poste frontalier de Guerguerate entre le Maroc et la Mauritanie, qui visent à altérer le statut juridique et historique de la zone située à l’est et au sud du dispositif marocain de défense, mettent gravement en danger la viabilité du cessez-le-feu.
Le dispositif marocain de défense a été établi dans une logique purement défensive, pour protéger les populations civiles du Sahara marocain contre les incursions du « polisario ».
Le dispositif marocain de défense n’établit aucune répartition de la région du Sahara marocain. Il ne s’agit en aucun cas d’une frontière internationale du Sahara.
Au moment de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, la zone située à l’est et au sud du dispositif marocain de défense a été placée par le Maroc sous la responsabilité de l’ONU.
La zone située à l’est du dispositif marocain de défense n’a été qualifiée de « territoire libéré » dans aucun rapport du Secrétaire général et dans aucune résolution du Conseil de Sécurité. La présence du « polisario » dans la zone située à l’est et au sud du dispositif est illégale, comme l’ont rappelé les résolutions 2414, 2440, 2468, 2494 et 2548 du Conseil de Sécurité, dans laquelle l’instance exécutive onusienne avait exprimé ses préoccupations quant à la présence du « polisario » dans la zone tampon, et a exigé qu’il s’abstienne de toute action de déstabilisation qui pourrait compromettre l’élan du processus politique.

3. Violation du cessez-le feu et des résolutions du Conseil de sécurité par le « polisario » :Le blocage dans la zone tampon de Guerguerate est un acte de défiance flagrant à l’endroit du Conseil de Sécurité, qui, dans ses résolutions 2414, 2440, 2468, 2494, et 2548, a exprimé sa préoccupation quant à la présence du « polisario » dans la zone tampon, qu’il s’abstienne de tout acte susceptible de déstabiliser la situation ou de compromettre la reprise du processus politique, et qu’il se retire immédiatement de la zone tampon. Ces agissements du polisario constituent une violation flagrante des accords militaires et menacent le cessez-le-feu établi depuis 1991. Cela représente également un défi vis-à-vis de l’autorité du Conseil de Sécurité, et de ses membres, qui a exhorté dans ses résolutions depuis 2017, de respecter pleinement les accords de cessez-le-feu. Le blocage dans la zone Guerguerate n’est pas un acte isolé. Il s’inscrit dans le cadre d’une stratégie visant à modifier le statut juridique et historique de la zone tampon à travers une politique du fait accompli, que le Conseil de Sécurité a fermement rejetée dans les cinq résolutions qu’il a adoptées depuis 2017, en exigeant du « polisario » de se retirer immédiatement de la zone tampon. Il s’agit également d’un acte de mépris ouvert envers le Secrétaire général de l’ONU, qui a lancé trois appels pour la préservation de la liberté de circulation civile et commerciale à Guerguerate, dont le dernier en date fût réitéré le 21 octobre 2020. Le blocage n’est que la dernière itération d’une stratégie de discréditation du Secrétaire général de l’ONU et de la MINURSO par le « polisario ». Le Conseil de Sécurité et à travers lui la Communauté internationale sont témoins des actes gravissimes du « polisario », appuyé par l’Algérie, qui cherchent à déstabiliser toute la région et à torpiller tous les efforts des Nations Unies, déployés par leur Secrétaire général, visant à parvenir à une solution politique réaliste, pragmatique, durable, et fondée sur le compromis au différend artificiel sur le Sahara marocain. Les violations sont documentées de manière approfondies dans le dernier Rapport du Secrétaire Général de l’ONU.


Ayoko M.
(Source : Map)

 

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