Félix Houphouët-Boigny, La Voix du Paternel aux Héritiers de la Nation
Mes fils, mes filles,
Vous qui vous reconnaissez en mon héritage,
Vous qui portez encore en vous l’écho de mes paroles,
Vous qui croyez en la paix comme fondement de la nation,
Écoutez ma voix, qui s’élève au-delà du temps,
Car si mon corps repose, mon esprit veille encore sur vous.
I. L’Héritage n’est pas un Nom, mais un Engagement
On ne se reconnaît pas en un homme par la simple répétition de ses mots,
On ne se réclame pas d’un héritage parce qu’on a connu son règne,
On n’honore pas un père en invoquant son nom sans en suivre le chemin.
Si vous vous reconnaissez en moi,
Si vous revendiquez mon legs,
Alors posez-vous la question essentielle :
Ai-je trahi mon propre serment de paix, d’unité et de dialogue ?
Car je vous ai laissé un héritage,
Non fait de pierre et d’or,
Mais d’une philosophie,
D’un idéal d’unité et de cohésion nationale.
"La paix est un comportement."
Ce n’était pas une devise creuse,
C’était un mode de vie, une ligne de conduite,
Un engagement au-delà des alliances, au-delà des partis.
Alors, vous qui vous réclamez de mon héritage,
Êtes-vous vraiment mes héritiers ?
Portez-vous encore la flamme de l’unité ?
Ou bien avez-vous laissé la division corrompre votre serment ?
II. La Politique est un Service, Non un Champ de Bataille
J’ai fait de la politique un instrument,
Non pour dominer, mais pour construire,
Non pour écraser, mais pour unir,
Non pour m’enrichir, mais pour servir.
Alors, vous qui marchez sur mes traces,
Dites-moi, en votre âme et conscience :
Utilisez-vous le pouvoir pour rassembler,
Ou bien l’avez-vous transformé en un outil de division ?
Ne vous cachez pas derrière mon nom,
Si vos actes trahissent mes idéaux,
Car je n’ai jamais fait de la politique une arme,
Mais un levier de transformation et de dialogue.
Un héritier authentique ne cherche pas la conquête,
Il cherche la concorde et l’harmonie.
Si vous vous reconnaissez en moi,
Alors que votre parole soit apaisante et non incendiaire,
Que votre main soit ouverte et non fermée,
Que votre action soit bâtisseuse et non destructrice.
III. L’Unité Avant Tout : Le Serment du Père à Ses Fils
La Côte d’Ivoire que j’ai aimée,
Que j’ai servie, que j’ai façonnée,
N’a jamais été un champ de haine,
N’a jamais été un puzzle brisé par les ambitions.
Le pays passe avant les partis,
La nation passe avant les hommes.
C’est pourquoi je vous exhorte :
Ne sacrifiez jamais la patrie sur l’autel des intérêts partisans.
Ne divisez pas mon peuple
Entre ceux qui sont pour et ceux qui sont contre,
Car un chef d’État digne de ce nom
Ne gouverne pas pour un camp, mais pour une nation.
À vous qui vous reconnaissez en moi,
Je vous laisse un dernier testament :
1. Ne laissez pas les conflits d’hier nourrir les guerres de demain.
2. Ne bâtissez pas des murs entre les générations, mais des ponts entre les esprits.
3. Ne cédez pas à la haine facile, mais engagez-vous dans le dialogue patient.
4. Ne faites pas de la politique un instrument de vengeance, mais une école de paix.
5. Ne servez pas votre ego, servez votre pays.
IV. Vous Qui Vous Reconnaissez en Moi : Restez Dignes
Mon nom ne doit pas être une excuse pour diviser,
Mais un flambeau qui éclaire le chemin de l’unité.
Mon héritage n’est pas un drapeau de conquête,
Mais une boussole pour guider les âmes égarées.
Alors, vous qui dites marcher sur mes pas,
Prouvez-le par votre sagesse,
Prouvez-le par votre engagement pour la paix,
Prouvez-le par votre amour véritable de la Côte d’Ivoire.
Car je ne vous ai jamais appelés à la violence,
Je ne vous ai jamais enseigné l’exclusion,
Mais toujours la main tendue, le dialogue et la réconciliation.
V. Mon Dernier Message : Bâtissez, Ne Détruisez Pas
Si aujourd’hui je pouvais vous parler en personne,
Je ne vous dirais qu’une seule chose :
Faites que la Côte d’Ivoire me survive,
Faites que mon rêve de fraternité demeure.
Ne vous battez pas en mon nom,
Ne vous divisez pas sous mon ombre,
Ne cherchez pas la victoire d’un clan,
Mais la grandeur d’une nation.
Car quand l’histoire jugera,
Elle ne demandera pas qui a gagné ou perdu une élection,
Mais qui a aimé son pays plus que lui-même.
Alors, vous qui vous reconnaissez en moi,
Soyez des bâtisseurs,
Soyez des artisans de paix,
Soyez des hommes et des femmes de devoir,
Et non des instruments de division.
La Côte d’Ivoire vous regarde,
L’avenir vous observe,
Et moi, d’outre-tombe, je vous exhorte :
Ne trahissez pas l’héritage de la paix.
"Soyez dignes, soyez unis, et que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire."
Félix Houphouët-Boigny
Par Norbert KOBENAN
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