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dimanche 18 janvier 2026
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Les Mardis de NK/Côte d'Ivoire - La vie des partis politiques, miroir des militants

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Les Mardis de NK/Côte d'Ivoire - La vie des partis politiques, miroir des militants

Introduction : Le militantisme à l’épreuve du temps

La vie d’un parti politique ressemble étrangement à celle d’un arbre. Si ses racines, ancrées dans la terre fertile de l’engagement, sont solides, ses fruits seront bons. Mais si ces mêmes racines sont fragiles ou malades, l’arbre, tôt ou tard, finira par périr. Au cœur de cette image se trouve le militant, acteur central, pivot essentiel dont les actions façonnent la destinée de toute formation politique.

Dans cette période troublée de la vie politique ivoirienne, marquée par des crises de confiance et des tensions récurrentes, il est nécessaire de rappeler aux militants leurs droits, mais surtout leurs devoirs, car ce sont eux qui, par leurs actes, influencent directement la cohésion interne et la crédibilité externe des partis auxquels ils appartiennent.


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I. Droits et devoirs des militants : la double responsabilité

Chaque militant possède des droits légitimes : droit d’expression, droit de participation aux débats internes, droit d’éligibilité, droit à la reconnaissance et au respect au sein de son parti. Cependant, à chaque droit correspond nécessairement un devoir :

Le devoir de loyauté envers les idéaux et le projet collectif du parti.

Le devoir d’intégrité, en rejetant la corruption, la manipulation, et l’achat des consciences.

Le devoir de respect, envers les instances dirigeantes, les autres militants, et même les adversaires politiques.

Le devoir d’engagement, une implication sincère, constante, désintéressée pour le bien commun plutôt que pour un intérêt personnel.


Comme le disait Nelson Mandela :

> « Une nation doit être jugée non pas sur la façon dont elle traite ses citoyens les plus aisés, mais sur la façon dont elle traite ses citoyens les plus modestes. »


Ce principe s’applique également aux partis politiques : leur grandeur ne réside pas dans la puissance de leurs chefs, mais dans la dignité et l’intégrité de leurs militants.


II. Vertus, moralité et sagesse : Les racines d’un parti fort

La vie politique est semblable à un marché ouvert où toutes les voix se mélangent, mais où seules celles porteuses de sagesse et de vertu peuvent réellement guider un peuple. Les militants, par leur comportement quotidien, reflètent directement les valeurs profondes du parti.

Les vertus cardinales du militantisme devraient être l’intégrité, l’humilité, la solidarité et la patience. Un proverbe ivoirien nous enseigne que :

> « Celui qui veut aller loin doit apprendre à écouter avant de parler. »


Les militants doivent donc privilégier la sagesse à l’impulsivité, le dialogue constructif à la confrontation destructrice. Car la politique, loin d’être un jeu où triomphe le plus habile, doit rester une noble vocation où prime l’intérêt général.


III. L’effet pervers de la transhumance : menace pour la cohésion

Le phénomène actuel de la transhumance politique, cette migration fréquente d'un parti à un autre pour des intérêts personnels, est devenu une gangrène pour notre démocratie. Cette pratique fragilise profondément les partis, crée la méfiance au sein des équipes, et sape la confiance du peuple.

Chaque départ, chaque changement opportuniste d'affiliation politique, entraîne avec lui suspicion et division, perturbant l'équilibre interne. Comme le rappelle un proverbe africain :

> « L’arbre ne peut porter de fruits si ses racines changent constamment de terre. »


La transhumance, en plus de trahir les idéaux, érode la crédibilité même du militant aux yeux de la population, pour qui la politique se résume alors à une quête égoïste de privilèges.


IV. L’impact des gestes des militants sur la cohésion du parti

Chaque geste, chaque mot d’un militant porte en lui une responsabilité immense. Une parole blessante peut créer des blessures durables, un acte irréfléchi peut semer la division. Ainsi, la sagesse et la maîtrise de soi doivent guider chaque militant, surtout en temps de crise.

Le militant doit être conscient que sa conduite personnelle a des répercussions directes sur le collectif. Pour préserver l’unité, il faut donc apprendre à privilégier l’intérêt général avant l’intérêt individuel, le consensus avant la division, le dialogue avant l’affrontement.

L’ancien président ivoirien Félix Houphouët-Boigny nous rappelle :

> « La paix n’est pas un vain mot, mais un comportement. »


Il appartient aux militants, avant toute chose, d’incarner quotidiennement cette vérité simple mais essentielle.


V. Appels à la conscience et à la responsabilité : que faire en période de crise ?

En période de crise politique, comme celle que nous traversons actuellement, le militant est appelé à faire preuve de discernement. Il doit être ce gardien vigilant, ce rempart solide contre les tentations du repli identitaire, du discours de haine, ou de la violence.

Il est nécessaire, plus que jamais, que les militants :

Respectent la démocratie interne et acceptent les décisions issues des instances dirigeantes.

Renoncent à la manipulation ou à l’intimidation, pour préserver l’honneur et la dignité du parti.

Privilegient le débat d’idées plutôt que le débat des personnes.

Évitent toute action susceptible de mettre en péril l’unité nationale ou la paix sociale.


Comme disait le philosophe grec Aristote :

> « Le courage est la première des qualités humaines car elle garantit toutes les autres. »


Ce courage politique, empreint de sagesse et d’humilité, doit guider chaque militant en cette période délicate.


Conclusion : Un appel urgent à la sagesse politique

La vie politique ivoirienne, en ce moment critique, a besoin de militants exemplaires, conscients de leurs devoirs, animés par la vertu et la moralité. La démocratie ne peut fleurir qu’à cette condition.

Aux partis politiques, rappelons cette évidence : leur force véritable réside dans la qualité morale de leurs militants. Aux militants eux-mêmes, adressons ce rappel solennel :

> « On ne construit pas une maison solide avec des pierres instables. »


Ensemble, préservons la vie politique ivoirienne de la tentation du chaos, construisons sur la base d'une éthique forte et d'une conscience citoyenne éveillée.

Que chaque militant se souvienne de cette vérité universelle :

> « Un parti est à l’image de ses militants, comme un arbre à l’image de ses racines. »


Veillons donc sur nos racines pour assurer l'avenir de notre démocratie.


Norbert KOBENAN

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