C’est quoi le commerce équitable ou Fair Trade ? Selon Pauline Zéi, Directrice de Indes formation Côte d’Ivoire, qui se confiait à un de nos confrères de la place, « Il faut clarifier ce concept de commerce équitable qui est un concept qui émane du secteur privé. Il a pour objectif premier de réduire les inégalités observées en garantissant à tout producteur, qui satisfait aux exigences mentionnées dans un cahier de charge ou référentiel, une rémunération juste de son travail dans un cadre social et environnemental mieux préservé »
Ces prix rémunérateurs, selon elle, permettent aux producteurs de vivre dignement de leur travail, mais aussi d’investir dans la transformation de leurs modes de production afin qu’ils soient respectueux de l’environnement et de la biodiversité. Le commerce équitable loin d’être un simple partenariat économique, est avant tout un mouvement socio-économique qui prône une vision de la société basée sur les valeurs du respect, du dialogue, de la coopération et de la transparence. Des acteurs de pays producteurs de cacao comme le Cameroun dont la production annuelle de l’or brun de dépasse pas les 262 mille tonnes, profitent de cette niche pour obtenir de meilleurs prix sur le marché international de cette spéculation. Surtout en cette période de flambée spectaculaire des cours du cacao.
De l’avis de l’expert ivoirien, le Docteur Douka Christophe, « les producteurs camerounais tout comme ceux de Madagascar profitent ainsi des retombées du Fair Trade ou commerce équitable. « La vraie raison de la ruée des usiniers vers le Cameroun est que ce pays pratique un « Fair Trade », c'est-à-dire un commerce équitable.
Des partenariats commerciaux à long terme en Côte d’Ivoire
Le « Fair Trade » encourage les partenariats commerciaux à long terme et autonomise les producteurs par le biais de formations et d'un appui visant à améliorer la qualité et leur réactivité aux tendances du marché. » explique-t-il. Et d’ajouter que « Le commerce équitable est un partenariat commercial, basé sur le dialogue, la transparence et le respect, qui vise plus d’équité dans le commerce international. Le commerce équitable contribue au développement durable en proposant de meilleures conditions commerciales aux producteurs marginalisés, essentiellement dans les pays du Sud, et en sécurisant leurs droits. »
Selon M. S. agri- preneur, très bien connu dans la filière café-cacao en Côte d’Ivoire, ce sont environ 300 mille tonnes de cacao sur une production ivoirienne estimée 2,3 millions de tonnes annuellement, mais finalement attendue à 1,75 million de tonnes en 2023/2024 contre 1,8 million de tonnes prévu en septembre 2023 qui sont vendues à un prix un peu supérieur au prix garanti bord champ qui sont vendu par ce créneau annuellement.
C’est-à-dire que là où le prix du Kg aux producteurs ivoiriens pour la campagne de commercialisation intermédiaire est fixé à 15 00Fcfa, une poignée de coopératives qui produisent du cacao de très bonne qualité et certifié, sont dans le Fair Trade perçoivent sur chaque Kilogramme, plus de 200Fcfa. Les coopératives qui produisent du cacao de très bonne qualité et certifié, qui sont dans le Fair Trade perçoivent sur chaque Kilogramme, une prime de 221 Euros la tonne, soit plus de 144966,497 Fcfa. Ce qui donne 144,966Fcfa par Kilogramme si l’on s’en tient au barème publié pour la Cote d’Ivoire par Fair Trade International et en vigueur depuis Octobre 2023. « Il faut préciser que si la société coopérative est exportatrice c’est elle qui perçoit directement la prime. Si ce n’est pas le cas, c’est son exportateur qui perçoit et reverse à la coopérative. Ce reversement ne se passe pas dans bien de cas sans grincement de bien de cas. », nous explique un expert du négoce du cacao basé dans la zone portuaire d’Abidjan. Les prix rémunérateurs permettent aux producteurs de vivre dignement de leur travail, mais aussi d’investir dans la transformation de leurs modes de production afin qu’ils soient respectueux de l’environnement et de la biodiversité entre autres.
Le commerce équitable a un fort potentiel de développement en Côte d’Ivoire, premier exportateur mondial de cacao et de noix de cajou. En 2018 près de 200 coopératives, rassemblant plus de 120.000 producteurs étaient certifiées commerce équitable en Côte d’Ivoire en 2018, contre une seule en 2004. En 2023 le nombre de coopératives certifiées commerce équitable était de 260 pour plus de 200.000 producteurs. Sur une masse critique et officielle de 900 mille producteurs de cacao recensés par les services dédiés du Conseil café cacao ? C’est bien peu. Il y a de la marge et faut inciter les sociétés coopératives estimées à plus de 3mille, à y aller et se faire de la marge. En sensibilisant au mieux le monde agricole ivoirien. Il faut en profiter. Mais attention, Hamed Koffi Zarour ; un autre expert ivoirien bien connu dans l’univers du négoce café cacao invite à la prudence face à l’envolé des cours qui sont cyclique. (Voir encadré)
Le Conseil café-cacao bloque tout
Dans un contexte de remontée spectaculaire des cours du cacao, des acteurs ivoiriens veulent introduire dans le process du cacao de moins bonne qualité ? Nous n’en savons rien. Toutefois, le régulateur ivoirien, c’est – à dire le Conseil Café-cacao à taper du poing sur la table. Selon le site commodafrica.com, « la Côte d’Ivoire suspend temporairement sa certification Fairtrade pour le cacao »
Toujours selon cette source, il s’agit là d’une autre conséquence de la hausse vertigineuse des cours du cacao.«La Côte d’Ivoire a suspendu son programme cacao Fairtrade soupçonnant que son programme soit contaminé par des fèves non certifiées, révèle Bloomberg »
Le confrère qui cite un porte-parole de Fairtrade International, rapporte que « le Conseil café cacao (Ccc) a pris cette décision le 19 avril 2024 après qu’un volume inhabituellement élevé de cacao certifié Fairtrade ait été négocié sur sa plateforme. Les régulateurs ont soupçonné une fraude et ont immédiatement décidé de le fermer. L’incident pose un risque pour la crédibilité du commerce équitable, qui est devenu de plus en plus populaire parmi les consommateurs exigeant un cacao d’origine éthique. »
Une source très crédible nous a dit ceci : « Le Conseil café cacao a constaté une fraude sur l'utilisation du label Fair Trade consistant à transformer du cacao issu de coopératives non certifiées Fair Trade donc ordinaire en produits Fair Trade pour bénéficier de la prime. Conséquences, seulement 3% du cacao ivoirien est déclaré ordinaire. D'où la mesure de suspension temporaire de ce label dans nos systèmes »
Mais que dit la filiale ivoirienne de Fair Trade ?
Fairtrade Africa et le Conseil du Café-Cacao travaillent ensemble pour trouver une solution rapide, a indiqué le certificateur. « Pour Fairtrade, l’intégrité du cacao certifié Fairtrade est essentielle. Par conséquent, nous soutenons l’ambition du Ccc de confirmer l’intégrité du cacao certifié Fairtrade et de garantir que les fèves sont commercialisées correctement », a déclaré l’organisme de certification
Bamba Mafoumgbé,Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Encadré : L’invitation à la prudence d’un expert ivoirien
Hamed Koffi_Zarour est un opérateur économique du secteur agro industriel. Ingénieur en commerce international et économiste d’entreprise de formation. Mais aussi, il est un professionnel du négoce international des matières premières agricoles. Sur son compte x, face à l’envolé des cours du cacao, en grand connaisseur, il invite à la vigilance et à la prudence.
Il écrit : « La plateforme XTB note que si cette météo favorable se maintient, elle pourrait influencer positivement les récoltes futures, bien que la situation nécessite une observation continue pour confirmer ces espoirs. Gaëtan Heu, de Sax o Bank, attire l'attention sur les défis durables auxquels la région est confrontée, comme le vieillissement des plantations et les maladies, telles que le virus de la pousse de cacao gonflée (CSSVD) au Ghana, qui menacent la production à long terme et pourraient réduire la récolte de 15% à 50%. »
Dans ce contexte complexe, ajoute Hemed koffi Zarour, appelle à la vigilance reste essentielle. « Si les tensions sur l'offre persistent et si la demande demeure forte, les prix du cacao pourraient à nouveau augmenter. Cela souligne l'importance pour la Côte d’Ivoire et le Ghana, qui ensemble représentent 60 % de l'offre mondiale de cacao, d'adopter une stratégie proactive pour potentiellement maximiser leurs revenus à l'avenir. », alerte- t-il
B. M
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