Communiqué

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dimanche 18 janvier 2026
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Les Mardis de Nk / Réflexion sur l’errance d’un continent entre justice biaisée- Religion paralysante et illusion de développement

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Les Mardis de Nk / Réflexion sur l’errance d’un continent entre justice biaisée- Religion paralysante et illusion de développement

 

Une économie d’assistanat, une politique de parasitage

Comme le dit ce proverbe dioula, « si nous nous couchons, nous sommes morts ».
Or, l’Afrique s’est trop longtemps assoupie sur des modèles étrangers, des aides conditionnées, des discours creux.
On importe des stratégies prêtes-à-penser, des « visions » sans racines, des plans de développement cousus pour d’autres climats.

Mais peut-on se développer sur la natte des autres ?
Dormir sur la natte d’autrui, c’est se condamner à ses rêves.

Il est temps de repenser notre développement avec nos terres, nos langues, nos rythmes, nos besoins.
L’Afrique n’a pas besoin de devenir une copie conforme de l’Europe ou de l’Amérique. Elle a besoin de devenir une version accomplie d’elle-même.


Un continent riche de pauvres : paradoxe insoutenable

Comment expliquer qu’un continent regorgeant d’or, de cacao, de cobalt, d’intelligence et de jeunesse soit encore le théâtre du chômage galopant, de l’insécurité alimentaire, de la fuite des cerveaux et des guerres fratricides ?
Parce qu’il y a eu déconnexion entre ressources et gouvernance, entre peuple et projet, entre mémoire et ambition.

On a troqué les valeurs contre les valises de billets.
On a remplacé l’intégrité par l’impunité, l’exemple par le spectacle.


Vers une nouvelle sagesse africaine : réapprendre à se lever

L’heure est venue de sortir de cette lente agonie collective.
Et cela ne se fera ni par incantation, ni par lamentation, mais par :

Une réappropriation de notre système éducatif, qui forme à créer et non à réciter.

Une refondation morale, où le mérite supplante la médiocrité encensée.

Une révolution silencieuse du travail, du champ à l’usine, de la salle de classe au chantier.

Une spiritualité active, tournée vers l’engagement, et non vers le fatalisme.

Une justice reconstruite, où l’antilope cesse d’avoir peur, et où l’éléphant n’a plus besoin de courir.


Bâtir, et non fuir. Travailler, et non pleurer. Se lever, et non s’agenouiller.

L’Afrique ne sortira pas de la pauvreté par la peur, mais par la responsabilité.
Elle ne rattrapera pas son retard par la foi sans œuvres.
Elle ne prendra pas sa place dans le concert des nations avec des slogans creux, mais avec des mains calleuses, des esprits vifs, et des institutions justes.

Le développement n’est pas un miracle. C’est une œuvre. Et toute œuvre commence par un réveil.

Le temps du réveil africain a sonné.
Et ce réveil ne sonne pas dans les temples, mais dans les champs, les écoles, les laboratoires, les tribunaux intègres et les esprits libérés.


Par Norbert KOBENAN

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