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dimanche 18 janvier 2026
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Les Mardis de NK/ ALERTE SOCIALE- LA PÉNÉTRATION BRUTALE DES STUPÉFIANTS DANS LES QUARTIERS ET VILLAGES IVOIRIENS

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Les Mardis de NK/ ALERTE SOCIALE- LA PÉNÉTRATION BRUTALE DES STUPÉFIANTS DANS LES QUARTIERS ET VILLAGES IVOIRIENS

Une menace silencieuse en marche

Autrefois cantonnée aux milieux urbains marginaux, la consommation de stupéfiants en Côte d’Ivoire gagne désormais les villages, les écoles, les zones agricoles et les quartiers périphériques. Kadhafi, tramadol, kush, crack, cocaïne, héroïne, mais aussi les drogues artisanales faites de mélanges toxiques improvisés, prolifèrent dans des réseaux de plus en plus organisés. Ce fléau n’est plus une marginalité, mais un cancer social en métastase.

Une cartographie de la dépendance : des ghettos urbains aux sentiers ruraux

Le phénomène touche aujourd’hui toutes les régions. À Abidjan, les quartiers comme Abobo, Yopougon, Koumassi ou Port-Bouët abritent des ‘fumoirs’ désormais institutionnalisés.

À l’intérieur du pays, les villages agricoles sont pris d’assaut par les revendeurs, attirés par la pauvreté, l’oisiveté et l’absence d'encadrement. Des mineurs sont initiés à la drogue comme à un rite de passage, dans l’indifférence ou l’ignorance des adultes. Le tissu social s’effrite, les valeurs s’effondrent.


Les racines de la crise : économie informelle, crise éducative, absence d’autorité

Trois facteurs alimentent la prolifération des stupéfiants :

- une économie de survie, qui pousse jeunes et femmes à devenir des ‘mules’ ou de petits trafiquants ;

- l’effondrement de l’école en milieu précaire, avec un abandon massif et des enseignants dépassés ;

- une crise de l’autorité parentale et communautaire, due à la migration, au chômage et à la perte de repères. Sans structure d’encadrement solide, les jeunes se tournent vers les stupéfiants comme échappatoire.

Conséquences sociales : violences, décrochage scolaire, dérives mentales et criminalité

Les effets de cette explosion sont alarmants : augmentation des viols, des cambriolages, des braquages, multiplication des cas de troubles mentaux chez les adolescents, décrochage scolaire massif, conflits familiaux et communautaires. La santé publique est menacée, la paix sociale en danger. L’État risque de voir émerger une génération brisée, sans repères ni avenir, proie facile pour les réseaux criminels ou les groupes extrémistes.


Recommandations : réponse multisectorielle et mobilisation communautaire

- Mettre en place une task force interministérielle sur la lutte contre les drogues en zones sensibles.

- Éduquer massivement les jeunes dans les écoles, les églises, les mosquées et les médias sur les dangers de la drogue.

- Renforcer les capacités des parents et leaders communautaires à détecter, prévenir et accompagner les cas de dépendance.

- Créer des centres de désintoxication de proximité avec appui psychosocial.

- Déployer des brigades anti-drogue dans les zones rurales.

- Favoriser les activités économiques alternatives pour les jeunes et les femmes (coopératives, formations, stages).

- Collaborer avec les pays frontaliers pour démanteler les filières de trafic transnational.

Refuser le silence, bâtir une riposte citoyenne

Face à cette pénétration brutale, le silence est complice. Il faut briser le tabou, éveiller les consciences, construire une résistance populaire. Les familles, les enseignants, les chefs coutumiers, les élus, les médias ont un rôle fondamental à jouer. La lutte contre la drogue ne peut être seulement sécuritaire ; elle doit être éducative, sociale, économique. C’est à ce prix que la Côte d’Ivoire évitera le basculement et préservera la jeunesse, qui est son avenir.


Par Norbert KOBENAN

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