Dans une publication récente sur sa page Facebook, Gnamien Konan s’est livré à une vigoureuse dénonciation de la gestion historique des filières cacao, café et anacarde en Côte d’Ivoire. Il s’est symboliquement déclaré en plainte contre les principaux dirigeants politiques qui se sont succédé à la tête de l’État, à savoir : Félix Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié, Robert Guéï, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara.
« Trop, c’est trop ! Je dépose plainte contre ceux qui, depuis plus de six décennies, ont pris des décrets pour fixer unilatéralement les prix du cacao, du café et de la noix de cajou — des produits agricoles dont ils n’étaient ni les propriétaires ni les acheteurs », déclare-t-il d’emblée.
Selon la publication de l’ancien Dg des Douanes ivoiriennes, cette pratique instaurée dès les premières années de l’indépendance constitue un véritable paradoxe économique et une injustice structurelle infligée aux planteurs ivoiriens.
« Depuis 65 ans, nous vivons dans une forme d’iniquité institutionnalisée, qui s’apparente à un vol organisé de nos paysans. Pendant que nos parents s’échinent à cultiver, ce sont des intermédiaires, souvent étrangers, qui se sont enrichis sur leur dos, avec la bénédiction de nos gouvernants. »
L’ancien ministre fustige une mainmise étatique injustifiée sur les mécanismes de fixation des prix des matières premières agricoles, soulignant que l'État ne devrait intervenir que pour définir la base fiscale des produits concernés, et non pour en imposer le prix de vente.
« Le rôle de l’État devrait se limiter à encadrer le cadre fiscal de ces produits, en fixant la base taxable. Mais jamais, au grand jamais, il ne devrait déterminer le prix de vente d’une production qui ne lui appartient pas. »
Gnamien Konan conclut par un appel pressant à une réforme radicale de la gouvernance des filières agricoles :
« Il est temps que cette arnaque prenne fin. C’est là, à mes yeux, le véritable combat à mener : celui de la justice économique au profit de nos paysans. »
Ayoko Mensah
Voir texte en encadré
TROP C'EST TROP!
« Je porte plainte contre Houphouet Boigny, Henry Konan Bedié, Guehi Robert, Gbagbo Laurent, Alassane Ouattara, toutes ces personnes qui ont pris des décrets pour fixer le prix du cacao, du café, de la noix de cajou, des biens qui ne leur appartenaient pas. Il faut qu'ils m'expliquent de quel droit ils ont pu fixer le prix d'une marchandise dont ils ne sont ni propriétaires ni acheteurs. Depuis plus de 65 ans nous vivons dans ce paradoxe, dans cette injustice pour ne pas dire dans ce vol organisé de nos parents, les planteurs par nos propres dirigeants. Ils ont permis à des étrangers, à de simples intermédiaires de s'enrichir massivement sur le dos de nos pauvres parents. IL EST TEMPS QUE CETTE ARNAQUE PRENNE FIN. Tout ce qu'ils avaient le droit de faire, c'est de fixer la base taxable de ces produits et jamais leur prix de vente.
C'est le combat, LE VRAI COMBAT. »
Gnamien Konan.
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