Au-delà des repas nourrissants, l'école offrait une autre source d'émerveillement et de modernité : la télévision éducative. Pour nous qui n'avions ni électricité ni télévision à la maison, ces moments de cours télévisés étaient de véritables événements, de la pure magie. Nous attendions avec impatience l'heure du cours par la télé. Je me rappelle encore des séries comme "Amy et Copé" et des exercices avec les images emblématiques de Mala apoi, Mala rayé. Ah, la télé, quelle magie !
Les images étaient en noir et blanc, diffusées par un gros appareil que je suppose être alimenté par des batteries. Malgré ces moyens rudimentaires, notre concentration était maximale et nous étions des élèves très studieux et sages.
Les "Cafopiens" et les Bonbons Partagés
Nos maîtres et maîtresses n'étaient pas seuls dans leur noble mission. Ils étaient aidés dans leurs tâches quotidiennes par des stagiaires que nous appelions les "cafopiens", venus du CAFOP (Centre d'Animation et de Formation Pédagogique).
Ces jeunes, orientés vers ce métier après leur baccalauréat, n'avaient pas le choix. Certains jugeaient cela injuste, car malgré leurs performances scolaires, ils devaient accepter d'être instituteurs alors qu'ils rêvaient d'un autre métier. Certes, le métier de maître était valorisant, mais ils étaient très jeunes selon eux. Cette période était marquée par la valorisation des personnes sans distinction de race ou d'ethnie ; le plus important était la Côte d'Ivoire. Aucune somme n'était versée, il n'y avait pas de réseau à connaître. Ah, la belle Côte d'Ivoire !
Je pense qu'il serait intéressant que nous y songions sérieusement si nous voulons être un grand pays. La métamorphose devrait se faire d'abord dans la qualité du recrutement des enseignants, à tous les niveaux de l'échelle de formation.
Si nous ne le faisons pas, ne soyons pas surpris demain de voir qu'après les quelques élites qui nous restent, il n'y aura plus de société. Aucune société ne peut être construite sans un minimum de rigueur et de sérieux.
J'avoue que j'ai beaucoup de mal quand j'entends parler de prétendus réseaux pour être admis aux concours d'infirmier, de sage-femme, de la fonction publique, de l'ENA, et j'en passe. Qui blaguons-nous ?
Il n'est pas encore trop tard. Si nous décidons maintenant d'agir, tout peut se rattraper en l'espace d'une génération. Dans le cas contraire, bonjour les dégâts.
Ne soyons donc pas surpris d'être en train de corriger les fautes de nos enseignants actuels lorsque nous recevons les cahiers d'évaluation des élèves pour le suivi parental, qu'un infirmier ne sache pas faire les premiers soins alors qu'il est le premier et seul espoir de tout un village ou il est affecté.
Une opportunité gourmande
Avant, ces jeunes en formation étaient logés au centre, bénéficiant du gîte et du couvert, ainsi que d'une bourse mensuelle. Ce centre n'était pas seulement un lieu de formation pour les futurs enseignants. Les meilleurs élèves de l'école étaient parfois choisis pour s'y rendre, certainement pour aider à la formation des stagiaires. Cette opportunité était très convoitée.
Au-delà de l'honneur d'être sélectionné, nous étions ravis de parcourir à pied les 200 à 300 mètres qui nous séparaient du centre. La raison était simple et délicieuse : nous étions certains de partager avec ces messieurs et dames des plats à midi, et, plus excitant encore, de recevoir quelques bonbons ! Ces moments de partage et ces petites douceurs rendaient l'expérience scolaire encore plus mémorable et attachante.
Bonne lecture et à mercredi In sha Allah
El Hadj HAROUNA KOLOGO
Sénateur JCI
4ème Adjoint au Maire de Bouafle
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