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dimanche 18 janvier 2026
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Murmures des âmes- Plaidoyer pour une paix électorale durable

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Murmures des âmes- Plaidoyer pour une paix électorale durable


Ils ne crient plus, mais leur silence hurle. Dans les replis de notre mémoire collective, les victimes de nos joutes électorales demeurent. Leur murmure n’appelle ni vengeance ni oubli : il réclame une culture de la paix à la hauteur de nos ambitions démocratiques.

"Les morts ne sont jamais vraiment partis : ils veillent, ils parlent à qui sait entendre." – Proverbe africain

Ils ne crient plus, mais leurs soupirs traversent encore nos campagnes.
Ils ne pleurent plus, mais leurs larmes ont laissé des sillons dans la terre rouge de nos quartiers.
Ils ne parlent plus, mais leurs âmes murmurent à ceux qui prennent encore le temps de s’arrêter, de se souvenir, de réfléchir.

Voici le chant brisé des victimes de nos joutes électorales.
Celles et ceux que la passion politique a laissés sans lendemain, que l’aveuglement partisan a emportés trop tôt, que les discours enflammés ont poussés au bord du gouffre. Des enfants orphelins de leurs pères, des femmes privées de leurs fils, des villages endeuillés à jamais.
Et pourtant, chaque cinq ans, nous oublions.

La Côte d’Ivoire : édifice commun ou champ de bataille ?

La démocratie n’est pas une guerre ; c’est une construction. Elle ne se conquiert pas à coups de machettes verbales, de haines ethniques recyclées ou de manipulations numériques.
Elle se bâtit, patiemment, comme on monte un mur d’argile avec foi, responsabilité et l’idée que ce que l’on construit servira à d’autres après nous.

Mais que faisons-nous de cette démocratie quand les ambitions personnelles se déguisent en mission divine ? Quand la parole devient poison et la vérité, une marchandise ? Quand les foules sont chauffées comme du fer, pour ensuite être abandonnées dans l’oubli, une fois les urnes vidées ?

Les blessures invisibles d’une nation blessée

Ceux qui tombent dans les violences postélectorales ne sont pas seulement des corps. Ce sont des symboles, des avertissements, des balises rouges sur la route de la République.

La Côte d’Ivoire est encore debout, oui. Mais parfois, elle marche avec une jambe bandée, un œil fermé, un cœur qui saigne en silence.
Car au fond de chaque crise, il y a un deuil mal fait, une vérité non dite, une faute non reconnue.

Et c’est là que commencent les vraies blessures : celles des âmes, celles que ni la justice, ni les discours politiques ne suffisent à soigner.
« Là où l’on a trébuché, il faut savoir s’arrêter pour mieux repartir. »

Et si nous changions d’angle ?

Ce texte n’est pas un réquisitoire. Il est un appel.
Non pas à désigner des coupables, mais à mobiliser toutes les consciences.
Pas seulement l’État, ni l’opposition, ni les ONG, ni les intellectuels… mais nous tous.
Car l’avenir de la Côte d’Ivoire ne viendra pas d’un homme providentiel, mais d’un changement de posture collectif.

Et si l’on enseignait à nos enfants non pas pour qui voter, mais comment vivre ensemble après le vote ?
Et si nos leaders prêchaient moins la victoire à tout prix, et plus la dignité dans la défaite ?
Et si les réseaux sociaux devenaient des arènes de dialogue plutôt que des champs de mines virtuels ?

Les morts nous regardent. Et Dieu aussi.

Ceux qui sont tombés lors de nos crises politiques ne demandent pas vengeance, mais respect.
Respect de leur mémoire. Respect de la vie. Respect des valeurs républicaines.
Dieu ne bénit pas une nation divisée par la haine, mais une nation qui reconnaît ses fautes et cherche la réconciliation.

"Quand le tambour de la guerre se tait, que résonne la cloche de la sagesse."

Rebâtir la Côte d’Ivoire commence par un acte intérieur, un retour à soi, à nos proverbes, à nos ancêtres, à nos textes sacrés.
La paix ne s’impose pas, elle s’incarne.
Elle n’est pas absence de bruit, mais présence de respect mutuel.
Pour une nouvelle culture politique ivoirienne : nos propositions*

- Former les candidats à l’éthique du débat démocratique, en partenariat avec les universités et les institutions religieuses.

- Encadrer les campagnes sur les réseaux sociaux, pour prévenir les discours de haine et promouvoir des messages de paix.

- Créer un Conseil des Sages post-électoral, composé de personnalités neutres chargées de veiller à la pacification des discours et à la médiation immédiate.

?? *Côte d’Ivoire : à nous de bâtir une victoire qui ne tue personne

La vraie victoire, ce n’est pas celle qui écrase l’adversaire. C’est celle qui laisse chacun debout.
C’est celle où, après les élections, on peut encore se dire bonjour dans la rue, se tendre la main, célébrer ensemble un baptême, une prière, une moisson.

Le prix de la haine est trop cher pour une nation qui veut grandir.
Le murmure des âmes nous le rappelle : la paix est sacrée. Le vivre-ensemble est vital. La Côte d’Ivoire est un trésor. Protégeons-la.

"Que nul n’entre ici s’il ne veut la paix."

À ceux qui aspirent au pouvoir : ne vous contentez pas de conquérir des sièges, conquérez les consciences.

À ceux qui souffrent en silence : vos murmures sont des prières que l’Histoire doit entendre.

Pour que plus jamais une voix ne se transforme en veuvage.


Par Norbert KOBENAN

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