Les voix spirituelles au service de la paix nationale
Lorsque les chefs religieux appellent à l'attention du Président de la République que « aucun sacrifice n’est de trop », ils ne s’adressent pas seulement au Chef de l’État. Ils parlent à la conscience de toute une Nation.
Car à la veille d’échéances électorales, où les passions s’exacerbent et où les rancunes ressurgissent, la Côte d’Ivoire a besoin d’un langage qui transcende les partis et les appartenances : celui de la sagesse, du pardon et du sacrifice.
La force du sacrifice
Dans nos traditions, comme dans nos religions, le sacrifice n’est pas synonyme de perte, mais d’offrande. C’est accepter de renoncer à un intérêt immédiat pour préserver un bien supérieur : la paix, la fraternité, la vie ensemble.
En politique, ce sacrifice peut prendre la forme de la retenue dans le langage, du refus de manipuler les foules, de prise de décision salvatrice, du dépassement des rancunes. Pour un leader, il peut consister à tendre la main plutôt qu’à brandir le poing, à calmer plutôt qu’à attiser.
L’appel aux acteurs politiques
Aux leaders de tous bords, le message des guides religieux est clair : la Côte d’Ivoire vaut plus que nos ambitions personnelles. La grandeur d’un homme politique ne se mesure pas seulement au nombre de suffrages qu’il recueille, mais à la paix qu’il laisse derrière lui.
Aucun sacrifice n’est de trop si c’est pour éviter qu’une mère pleure son enfant, qu’un voisin fuie sa maison, qu’un paysan perde sa récolte.
L’appel au peuple
Mais cet appel concerne aussi le citoyen ordinaire. Être Ivoirien nouveau, c’est consentir soi-même à de petits sacrifices : écouter l’autre sans le juger, refuser la haine dans nos conversations, rejeter la rumeur et la manipulation numérique.
Une Nation ne se sauve pas seulement par ses dirigeants, mais par la sagesse de son peuple.
La paix comme héritage
« Aucun sacrifice n’est de trop ». Ces mots résonnent comme un testament moral pour la Côte d’Ivoire. Ils nous rappellent que la paix a un prix, et que ce prix est toujours moins lourd que celui de la guerre.
À l’approche des élections, que chacun – dirigeants, acteurs politiques, citoyens, jeunes et anciens – accepte de sacrifier un peu de son orgueil, de ses rancunes ou de ses intérêts, pour que demeure l’essentiel : une Côte d’Ivoire debout, fraternelle et apaisée.
Par Norbert KOBENAN
.png)

