« Mesdames et Messieurs - Chers internautes - Chers participants en salle. Avant tout propos, permettez-moi de vous remercier pour l’honneur que vous me faites d’échanger avec vous sur l’opérationnalisation de la Couverture Maladie Universelle.
Comme nous le savons tous, la Couverture Maladie Universelle a été instituée pour apporter une réponse appropriée à la précarité des conditions de vie des populations et singulièrement aux difficultés d’accès aux soins de santé. En effet, soucieux des conditions de vie et d’existence de nos populations, le Président de la République, son Excellence Alassane OUATTARA s’est engagé, dans son programme de gouvernement, à assurer l’accès aux soins de santé de qualité à l’ensemble des populations résidant en Côte d’Ivoire.
La CMU est un système national obligatoire de couverture contre le risque maladie
Mesdames et Messieurs, la Couverture Maladie Universelle est un système national obligatoire de couverture contre le risque maladie dont l’objectif est d’assurer l’accès à des soins de santé de qualité à moindre coût, à l’ensemble des populations résidant en Côte d’Ivoire, ivoiriennes et non ivoiriennes. La CMU comprend deux régimes : - Un régime contributif, dénommé Régime Général de Base (RGB) financé par les cotisations des assurés à raison de 1 000F/par personne/ par mois ; - Un régime non contributif, dénommé Régime d’Assistance Médicale (RAM), qui vise les ménages économiquement faibles ou démunis et dans lequel l’Etat se substitue aux assurés pour le paiement des cotisations.
La gestion de ces deux régimes a été confiée à l’Institution de Prévoyance Sociale, dénommée Caisse Nationale d'Assurance Maladie (IPS-CNAM), créée par le décret n° 2014-395 du 25 juin 2014. Mesdames et Messieurs, La Côte d’Ivoire a franchi des étapes importantes dans la mise en œuvre de la Couverture Maladie Universelle (CMU), tant en matière de gouvernance, de financement, de stratégie d’enrôlement, que dans l’accès aux soins. Sur le plan de la gouvernance, nous avons opté pour un modèle centralisé avec la CNAM comme cheville ouvrière de la mise en œuvre de la CMU, dotée d’un mandat clair et d’une autonomie administrative et financière. Cette structuration nous permet de piloter de manière cohérente les différentes composantes du système : identification, affiliation, recouvrement des cotisations, contractualisation avec les prestataires, remboursement, etc.
De plus, nous avons mis en place une coordination intersectorielle avec les ministères sectoriels concernés, ce qui garantit une approche intégrée des politiques sociales et sanitaires. En matière de financement, la CNAM a opté pour un modèle mixte et solidaire. L’État prend en charge l’intégralité des cotisations et du ticket modérateur des populations les plus vulnérables. Pour les travailleurs du secteur formel, les cotisations, prélevées à la source, sont réparties entre l’employeur et le salarié, conformément au principe de solidarité contributive. S’agissant du secteur informel, le paiement des cotisations peut se faire en espèces ou par mobile money.
Toutefois, l’enjeu majeur reste l’identification de mécanismes de recouvrement pérennes. À cet égard, le mécanisme de prise en charge des cotisations des producteurs de café et de cacao par le Conseil Café-Cacao constitue une piste particulièrement prometteuse déjà effective.
Par ailleurs, la loi portant institution de la CMU prévoit également la possibilité de recourir à des ressources parafiscales pour financer le système. Ce levier, bien que prévu par le cadre légal, n’a pas encore été activé à ce jour dans notre pays. Mesdames et Messieurs, En matière d’enrôlement, la Côte d’Ivoire a fait le choix d’une approche à la fois innovante et inclusive, fondée sur une identification biométrique rigoureuse visant à garantir la fiabilité des données et à limiter les risques de fraude. Cette stratégie combine des dispositifs fixes à un déploiement d’unités mobiles, permettant ainsi de rapprocher l’administration des populations, en particulier celles vivant dans les zones les plus reculées. Nos capacités opérationnelles ont été fortement renforcées grâce au recrutement de 4 000 agents, l’acquisition de 4 000 équipements, l’ouverture de 34 sites et l’opérationnalisation de 12 bureaux mobiles dédiés à la production instantanée des cartes CMU (production in situ). Ce dispositif offre l’avantage d’un enrôlement et d’une remise immédiate de la carte sur le terrain, ce qui facilite considérablement l’accès au système. À la date du 29 septembre 2025, plus de 21 millions de personnes ont été enrôlées et près de 10 millions cartes ont été distribuées. Ce qui constitue une avancée significative vers l’objectif de couverture totale de la population. Ce vaste déploiement repose sur un maillage territorial précis, élaboré en étroite collaboration avec les autorités locales, les leaders communautaires, les partenaires et notre ministère de tutelle. Mesdames et Messieurs, À ce moment dе mon discours, je tiens à exprimer ma profonde gratitude envers Monsieur le Ministre de l’Emploi et de lа Protection Sociale, Me Adama KAMARA, dont lе soutien constant et les efforts inlassables соntribuеnt de manière significative à lа réussite de la Cоuverture Maladie Universelle (CMU). Mesdames et Messieurs, Afin dе permettre aux populations du secteur informel de s’approprier la Couverture Maladie Universelle, lе Gоuvernеment а pris une mesure exceptionnelle permettаnt à cette couche de la pоpulatiоn, enrôlées, et nе bénéficiant d’aucun mécanisme de prélèvement de cotisation, d'accéder aux soins de santé. Ainsi, ce sont 13 millions de personnes, c’est-à- dire les primo assurés, qui sont concernées par cette mesure salutaire dont l’impact s’élève à près de 8,7 milliards de FCFA Initialement, cette mesure devait prendre fin le 31 août 2025. Cependant, face à l’engouement de la population cible, le gouvernement a décidé de prolonger cette initiative jusqu'au 31 décembre 2025. Cette décision reflète l'engagement continu de nos autorités d’améliorer l'accès aux soins de santé, tout en renforçant les principes d'égalité et de solidarité.
Plus de 4 millions d’actes délivrés
A la date du 22 septembre 2025, on dénombre : - près d’un million d'assurés traités ; - plus de 4 millions d’actes délivrés dont 1 800 000 ordonnances dispensées. Mesdames et Messieurs, Malgré les résultats significatifs enregistrés ces dernières années, certains défis demeurent à relever dans les années à venir, en raison de l’indéniable complexité de la mise en place de tout système de couverture contre le risque maladie. Loin de nous reposer sur nos lauriers, et conscient des enjeux persistants, la CNAM poursuit ses efforts d’amélioration et de bonification afin d’apporter les meilleures réponses aux attentes de nos populations. Convaincu que les efforts déployés aujourd'hui, façonneront sans aucun doute la santé publique de demain, en faisant de la CMU un modèle d'inclusion et de justice sociale. Je vous remercie de votre attention. »
Légende photo : Karim Bamba , Directeur général de l’Ips-Cnam :« La CNAM poursuit ses efforts d’amélioration »
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