Le 25 octobre 2025, les Ivoiriens voteront pour élire leur prochain président. Face au président sortant Alassane Ouattara, au pouvoir depuis quinze ans, quatre candidats validés. Parmi eux : l'homme d'affaires Jean-Louis Billon se positionne en unique candidat capable de fédérer une opposition fragmentée.
La politique jalonne depuis toujours la vie de cet homme tout juste soixantenaire, héritier de l'empire agro-industriel Sifca – premier groupe privé de Côte d'Ivoire. Successivement maire du fief familial de Dabakala, président de région, directeur de la chambre de commerce ivoirienne lors de la décennie de crise, puis ministre du Commerce sous la présidence Ouattara (2012-2017) et enfin député, Jean-Louis Billon continue de peser dans l'équation politique.
Car, en l'absence du chef de file Tidjane Thiam, son affiliation au PDCI-RDA interroge les cadres de sa famille politique. Alors qu'il est qualifié de dissident par certains, perçu comme une alternative crédible par d'autres, les militants du plus ancien parti de Côte d'Ivoire attendent encore une consigne de vote. D'ici quelques clarifications, le candidat mène campagne avec son jeune mouvement transpartisan : le Congrès démocratique (Code).
Le Point Afrique : À vingt jours du premier tour de l'élection et après quinze années de présidence d'Alassane Ouattara, sentez-vous la Côte d'Ivoire apaisée ?
Jean-Louis Billon : Les Ivoiriennes et les Ivoiriens attendent de cette élection du changement. Le président Alassane Ouattara est en place depuis longtemps, et il est aujourd'hui plus difficile pour lui de convaincre le peuple de lui donner cinq ans de plus que de lui demander de m'accorder cinq premières années. Je sais que, pour beaucoup, cela revient à entrer dans l'inconnu, mais il faut oser. Je le sais en tant que chef d'entreprise, c'est parce que nous osons que nous gagnons.
Outre vos responsabilités à la tête du groupe Sifca, vous avez, il y a plus de 25 ans, été élu maire de votre fief natal, avant d'occuper des fonctions de ministre puis de député depuis 2021. Que nourrit chez vous cette ambition politique de toujours ?
Vous ne pouvez pas vivre et prospérer dans un pays sans être sensible à la politique intérieure. Mon engagement de jeunesse entendait améliorer la vie de la cité. Nous y sommes parvenus jusqu'à ce que la crise éclate. Lorsque j'étais président de la chambre de commerce [de 2002 à 2012, NDLR], j'avais pour mission de défendre les entreprises ivoiriennes et d'améliorer le climat des affaires. Au moment de la crise, alors que la Côte d'Ivoire était coupée en deux, j'ai aidé à limiter la casse de notre économie.
À compter de 2012, vous avez occupé la fonction de ministre du Commerce, sous la présidence d'Alassane Ouattara. Malgré cette collaboration, avez-vous jamais été encarté au sein du RDR – ancêtre du parti RHDP, actuellement au pouvoir ? En 2017, votre départ avec fracas du gouvernement pour devenir porte-parole du PDCI-RDA avait essuyé quelques critiques. Pourquoi un tel revirement ?
Je n'ai jamais eu qu'une seule carte de parti, celle du PDCI-RDA. En 2017, mon départ du gouvernement n'était donc pas saugrenu. Je crois qu'il faut rester sur ses bases idéologiques. Le PDCI-RDA est un parti de la droite conservatrice, libéral sur le plan économique, défendant une vision sociale dite hardie. Contrairement aux grands partis de gauche, le FPI et le PPA-CI, nous pensons que c'est la création de richesse qui doit financer le social. Le RHDP, quant à lui, veut l'économie à tout prix, même au détriment du social. Je me reconnais davantage dans l'équilibre que porte le PDCI-RDA.
Le Point Afrique
Présidentielle 2025- Les confidences de Jean Louis Billon à un journal français
Publié le 11 octobre 2025
.png)

