Communiqué

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jeudi 11 décembre 2025
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ÉPÎTRE À LA CÔTE D’IVOIRE — Quand la paix doit parler plus fort que les foules

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ÉPÎTRE À LA CÔTE D’IVOIRE — Quand la paix doit parler plus fort que les foules


Il y a des heures dans la vie d’une nation où le bruit des ambitions doit s’incliner devant le silence de la conscience. Nous entrons dans l’une de ces heures.

Trois forces occupent la scène politique :
– Le camp du pouvoir, qui se réclame de la continuité et de la stabilité ;
– Les oppositions autorisées, qui promettent l’alternative et la rupture ;
– Les oppositions écartées, dont la voix, frustrée mais puissante, se fait entendre dans la rue, entre barrages, marchés éclatés et foules inquiètes.

Chacun de ces pôles incarne une vérité partielle. Aucun, à lui seul, ne contient la paix de la nation. La Côte d’Ivoire n’est pas un champ de gladiateurs — c’est une maison habitée par notre mémoire commune.

Le danger réel n’est pas la divergence des camps, mais la fracture des cœurs

La peur s’installe quand la clameur remplace le dialogue. On ne voit plus un adversaire politique : on voit un danger.
Or, un pays ne tombe jamais parce qu’il a des opposants — il tombe quand ses fils cessent de se reconnaître comme frères.

Les anciens nous l’ont appris :

« Quand la case brûle, les cheveux des ennemis et des amis prennent feu de la même façon. »

Voter n’est pas crier — c’est penser

Une élection n’est pas un règlement de compte, mais un choix de civilisation.

Avant de lever une couleur, il faut interroger une vision :

Que deviendra l’économie entre ses mains ?

Quelle morale du pouvoir incarne-t-il ?

Quel pays laisserons-nous à nos enfants si nous suivons sa voie ?

La Côte d’Ivoire n’a pas besoin que l’on sème la fureur, mais que l’on élève la réflexion.
Une nation se suicide quand elle vote avec sa colère. Elle se sauve quand elle vote avec sa conscience.

Le seul héritage durable s’appelle Paix

Ce pays a déjà vu le feu. Il sait le goût amer des lendemains sans cris, quand les larmes ont pris le relais des slogans. On a tous appris que gouverner, c’est désamorcer les passions avant qu’elles ne se transforment en tragédies.

On ne protège pas la République en humiliant les uns ni en attisant les autres.
On la protège en laissant aux institutions leur rôle, et aux consciences leur hauteur.

Appel aux camps, appel au peuple

Aux camps politiques descendez de vos estrades, faites redescendre la tension avec vous.
Il ne sert à rien de gagner une élection si l’on perd la Nation.

Aux citoyens : la paix n’est pas une faveur du pouvoir, elle est un devoir du peuple.

« On n’emprunte pas le chemin de la guerre pour trouver la paix. »,dit la sagesse akan.

Avant l’urne, il faut pacifier la bouche et le cœur

« La paix n’est pas un miracle, c’est une décision intérieure qui précède l’acte de voter. »

Que chacun parle moins pour vaincre, et davantage pour préserver.
Que Dieu veille sur cette Côte d’Ivoire debout, fragile mais promise.
Et que, dans ce moment critique, la voix de la paix porte plus loin que les cris des foules.

Norbert KOBENAN

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