La démocratie se mesure au verdict des urnes, mais la civilisation se mesure à la manière dont un peuple demeure uni après le verdict. La Côte d’Ivoire s’avance vers une nouvelle élection présidentielle. Comme toujours, les passions montent, les certitudes s’affrontent, les récits se heurtent. Pourtant, la question essentielle n’est pas : qui gagnera ? mais plutôt : dans quel état resterons-nous le lendemain ?
Notre pays sait ce que coûte la fracture politique : des vies brisées, des familles séparées, une économie blessée, et des cicatrices qui ne disparaissent jamais vraiment. Aucun programme électoral, aussi séduisant soit-il, ne justifie qu’on échange la paix contre le chaos. Une élection n’est qu’un chapitre du temps politique. Le vivre-ensemble, lui, est la totalité du destin national.
Quand les urnes seront refermées, il faudra partager les mêmes quartiers, les mêmes mosquées et les mêmes églises, les mêmes routes, les mêmes marchés, le même avenir.
La grandeur d’un peuple n’apparaît pas dans l’euphorie de la victoire, mais dans la dignité du lendemain. C’est le respect des institutions, la retenue des vainqueurs, la maturité des vaincus et le civisme des citoyens qui font la paix durable.
La Côte d’Ivoire ne doit pas se laisser voler la paix une seconde fois. Il n’y a pas de prospérité sans stabilité, pas de démocratie sans fraternité, pas d’élection qui vaille la vie d’un seul Ivoirien. Parce que nous resterons un même peuple après le scrutin, choisir la paix est un devoir, pas une option.
Norbert KOBENAN
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