Les planteurs ivoiriens de cacao, s’attendaient à un bon prix bords champs stable et garanti pour la campagne de commercialisation du cacao 2025/2026. Ils ont été plus que comblés avec 2800 Fcfa le Kg, comme annoncé par le Chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara, à la cérémonie de lancement de la campagne au Parc des expositions d’Abidjan Port-Bouët, le mercredi 02 octobre dernier. Ce prix historique et record de 2800 Fcfa/Kg a été bien accueilli dans les zones de production. Il est certes respecté mais il nous revient que des opérations d’achats à crédit ont lieu dans certaines zones de production contre reçu d’achat . Cette opération d’achat à crédit, communément appelée dans le milieu des sociétés coopératives « dépôt vente », est diversement perçue par certains acteurs qui parlent d’arnaque des producteurs de cacao.
Des confrères en parlent. Mais qu’en est -il réellement ?
« S’il est vrai que des reçus sont délivrés aux producteurs dans les opérations d’achat en région, les opérateurs viennent, au moins une semaine après, payer l’argent du producteur. Les prix fixés par le Gouvernement en ouverture de la campagne principale de commercialisation est bien respecté, selon plusieurs sources. Mais, à la vérité, les acteurs sont confrontés à un manque de liquidité. C’est le système dépôt -vente qui marche avant que l’opérateur ne retourne reverser l’argent du producteur », nous a expliqué un confrère consultant pour agence spécialisée dans les Matières premières. Toutefois, précise le confrère, il peut arriver que le producteur qui a son cacao sur la main soit confronté à une urgence. Ce dernier, au lieu de prendre le reçu et attendre au moins une semaine voire plus, pour recevoir le prix fixé par le Gouvernement, accepte un prix inférieur en-dessous des 2800Fcfa le Kilogramme.
Avis partagé par des responsables de sociétés coopératives.
Avis partagé par Maurice S., entrepreneur agricole basé à Ebilassokro, dans l’Indénié- Djuablin. Abondant dans le même sens, joint par téléphone, il nous a expliqué que le cacao est devenu trop cher et qu’il n’y a pas de liquidité pour couvrir de façon fluide, comme d’ordinaire, les opérations d’achat.
« Les fèves de cacao sont devenues très chères. Une tonne de cacao bords champ, en ce moment,, c’est 2 800 000 Fcfa, là où, durant la campagne intermédiaire, nous étions à 2 200 000 Fcfa. Une remorque de 35 tonnes de cacao fait 98 millions de Fcfa. Imaginez un peu une localité où il y a deux coopératives. Il y a un manque de liquidité, parce que les financements tardent à se mettre en place. Surtout que le démarrage de la campagne de commercialisation a coïncidé avec la période électorale, avec les rumeurs et informations de toutes sortes sur notre pays. Ce qui a eu pour conséquences, une psychose et une grosse inquiétude impactant négativement l’activité économique en Côte d’Ivoire. Les banquiers et leurs partenaires dans la chaine de commercialisation du cacao, très prudents, ont préféré attendre d’avoir plus de lisibilité, pour injecter de gros montants (plusieurs dizaines de milliards de Fcfa) dans la commercialisation du cacao. Actuellement, il y a beaucoup de dépôt-ventes, un peu comme au Ghana, mais le prix est respecté aux producteurs. Même si cela prend un peu de temps ».
Un habitué des négoces basé à San pedro, ville qui abrite le premier port d’exportation de fèves de cacao au monde, ne dit pas le contraire. « Tout le problème résident dans le manque de liquidé suffisante pour acheter le produit. Ceux qui achètent beaucoup ce sont ceux qui ont du cash. Quand un producteur a besoin d’argent avec son cacao et qu’il veut de l’argent sur le champ, le pisteur lui propose un arrangement, en lui payant un prix inférieur au 2800 Fcfa. Dans le cas contraire, le producteur se voit remettre un reçu et attendre au moins deux semaines voire plus. Heureusement, passée la période électorale, les dossiers bancaires qui étaient en veilleuse sont en train d’être traiter avec célérité. Même la chute des cours mondiaux sur le cacao s’accentue et qu’il faut craindre une baisse du prix à l’export (…) », nous a expliqué une personne ressource qui a requis l’anonymat.
Que dit le Conseil café-cacao ?
Approché pour avoir sa version sur cette affaire d’achat de cacao contre reçu qui enfle, Le Conseil du Café -Cacao a rappelé que, quelques soient les circonstances, le prix doit être obligatoirement respecté. Le gendarme de la filière invite les producteurs à dénoncer tout contrevenant au respect du prix afin que ceux-ci subissent la rigueur de la loi, au remboursement de la différence de prix et à des poursuites judiciaires. ( Voir encadré)
A noter que, depuis quelques années, les paiements aux sociétés coopératives se font également par virement bancaire. Ce qui est plus sécurisant que les convoyages de cash avec leurs lots de braquages avec morts d’hommes.
Bamba Mafoumgbé, Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Légende photo : Koné Yves Brahima, Dg du Conseil café-cacao invite à un stricte du prix du kg aux producteurs
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