Communiqué

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samedi 17 janvier 2026
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Les Mardis de NK- Au-delà des camps, la Nation

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Les Mardis de NK- Au-delà des camps, la Nation

Appel aux députés de la majorité et de l’opposition, représentants du peuple ivoirien

Les élections sont passées.
Les résultats sont connus.
Une nouvelle législature s’ouvre.

Commence alors le moment le plus décisif de la démocratie : celui où les élus cessent d’être des candidats pour redevenir ce qu’ils n’auraient jamais dû cesser d’être — des représentants du peuple, députés de la Nation.

Dans une Côte d’Ivoire encore marquée par des cycles de tensions, cette législature s’inscrit dans un contexte particulier : celui d’une Nation en réparation, engagée dans la consolidation de sa cohésion sociale, de sa stabilité politique et de sa crédibilité démocratique. L’expérience, ici comme ailleurs, enseigne une vérité constante : ce ne sont pas les scrutins qui fragilisent les États, mais la manière dont l’après-élection est géré.

Le Parlement occupe donc une place centrale. Il ne peut être le prolongement des affrontements électoraux, ni la scène où se rejouent les rivalités partisanes. Il doit devenir un espace de médiation, de compromis et d’intelligence collective, où majorité et opposition se souviennent qu’elles partagent une responsabilité commune : construire une Nation prospère, stable et compétitive, au service du mieux-être de la population.

La liberté d’expression demeure un pilier fondamental de la démocratie parlementaire. Mais dans les contextes sensibles, elle appelle une exigence accrue de responsabilité. La parole publique peut apaiser ou raviver des fractures. Lorsqu’elle est mesurée, elle restaure la confiance ; lorsqu’elle est excessive, elle fragilise le vivre-ensemble. La retenue n’est pas une faiblesse politique : elle est une compétence républicaine.

Il revient aux députés, au-delà de leurs appartenances partisanes, d’incarner l’intérêt général, de traduire l’unité nationale dans le travail législatif, dans le contrôle de l’action publique et dans la qualité du débat démocratique. Le Parlement n’est pas seulement une chambre de lois ; il est le symbole vivant de la capacité d’un peuple à se gouverner sans se diviser.

Dans un monde interconnecté, cette responsabilité est aussi internationale. La stabilité parlementaire est un indicateur de crédibilité extérieure. Les partenaires régionaux et internationaux observent la capacité des Assemblées à préserver la paix civile, à protéger le pluralisme sans dérive et à inscrire l’alternance politique dans la continuité de l’État. La diplomatie parlementaire devient ainsi un levier stratégique de rayonnement et de confiance.

Mais cette responsabilité ne repose pas uniquement sur les élus. Elle engage également les citoyens. La démocratie ne s’arrête pas au bulletin de vote ; elle commence après, dans l’attitude, la vigilance et le refus de la violence, qu’elle soit verbale ou physique. Un peuple n’est pas grand parce qu’il crie fort, mais parce qu’il veille.

Citoyennes et citoyens,
veillons sur nos mots,
veillons sur nos enfants,
veillons sur la paix.

Aux députés de la majorité comme de l’opposition, ce message est clair : vous êtes d’abord les députés de la Nation. Avant les partis, il y a le peuple. Avant les stratégies, il y a le pays. Avant les intérêts de camp, il y a l’avenir commun.

Une législature passe.
Mais les institutions demeurent.
Et avec elles, la responsabilité collective de préserver ce qui rend la démocratie possible : la confiance, la stabilité, la cohésion nationale et la paix.

Par Norbert KOBENAN

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