L’élimination des Éléphants de Côte d’Ivoire à la CAN a laissé un silence lourd dans les cœurs. Un silence fait de déception, d’incompréhension, parfois de colère. Car lorsque l’Éléphant tombe, ce n’est pas seulement un match qui se termine : c’est une part de notre fierté collective qui vacille. Mais toute chute ne vaut pas condamnation, et toute défaite n’est pas un verdict définitif.
Dans la sagesse africaine, l’Éléphant ne se définit ni par une seule marche, ni par une seule chute. Il se définit par sa capacité à se relever sans renier sa grandeur. La force n’est pas l’absence d’échec ; la force est la fidélité à l’effort quand l’échec survient. Un peuple mature n’applaudit pas seulement quand il gagne ; il soutient quand il faut reconstruire.
Le découragement n’est pas ivoirien. Il n’a jamais été notre langue maternelle. Notre histoire en témoigne : nous avons connu des saisons sèches et des pluies tardives, des nuits longues et des aubes hésitantes. Pourtant, nous avons avancé. Parce que la Côte d’Ivoire sait une chose essentielle : on ne gagne pas toujours quand on est prêt ; on gagne quand on persévère.
Psychologiquement, la défaite agit comme un miroir. Elle révèle ce qui manque encore : cohésion, constance, lucidité, humilité. Mais elle révèle aussi ce qui demeure : le talent, l’énergie, la capacité d’apprendre. La sagesse consiste à transformer la blessure en leçon, et la leçon en discipline. Rien n’est perdu quand l’échec devient un maître exigeant.
Spirituellement, chaque chute porte une question simple et décisive : que faisons-nous de ce qui n’a pas marché ? La colère stérile consume ; l’analyse patiente féconde. Dieu n’élève pas les peuples qui se lamentent indéfiniment, mais ceux qui travaillent en silence après avoir pleuré juste ce qu’il faut. L’espérance n’est pas naïveté ; elle est une décision.
Coacher une nation, c’est rappeler l’essentiel : le mental précède la médaille. Le collectif précède l’exploit. La constance précède la gloire. À nos joueurs, à nos encadreurs, à nos supporters, l’appel est clair : restons unis dans l’exigence et la bienveillance. Soutenir n’est pas excuser ; soutenir, c’est aider à corriger.
Alors relevons la tête.
Réparons ce qui doit l’être.
Travaillons ce qui a manqué.
Et avançons.
Car l’Éléphant peut trébucher, mais il n’oublie jamais le chemin de l’eau.
Et la Côte d’Ivoire, elle, n’a jamais appris à renoncer.
Par Norbert KOBENAN
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