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samedi 11 avril 2026
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Pour sauver la filière cacao- Le gouvernement ivoirien retouche la durée des campagnes de commercialisation

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Pour sauver la filière cacao- Le gouvernement ivoirien retouche   la durée   des campagnes de commercialisation

La crise du cacao qui plombe l’économie cacaoyère mondiale n’est pas sans conséquence sur le revenu des pays producteurs dont la Côte d’Ivoire, premier pays producteur mondial. Face à la déprime des cours, le gouvernement ivoirien a pris une série de mesures rigoureuses.
Ces décisions graves et courageuses visent à sauver sa filière cacao qui, sous le poids conjugué de l’effondrement des cours mondiaux et de la formation de stocks de cacao, ne pouvait plus maintenir l’équilibre financier du secteur.

Des mesures courageuses

En effet, pour éviter une catastrophe dans le secteur, la campagne principale a été écourtée d’un mois, tandis que la campagne intermédiaire a, elle, été avancée d’un mois afin de faciliter la reprise des achats de fèves de cacao par les multinationales qui avaient arrêté leurs activités et les exportateurs locaux qui, eux, avaient réduit au minimum leurs achats.

Très concrètement, la campagne cacao s’ouvrira le 1er septembre et s’achèvera le 28 février pour la grande campagne. La petite campagne, elle, débutera le 1er mars pour s’achever le 31 août.

L’effondrement du marché mondial du cacao qu’on observe depuis novembre 2025 a plongé la filière dans une grave crise qui a poussé le gouvernement à prendre, tout d’abord, des mesures de stabilisation du prix garanti aux producteurs, en lançant un programme de rachats du stock résiduel et, ensuite, en avançant d’un mois le début de la récolte intermédiaire afin que toute l’industrie locale du cacao se remette en marche.
Si le gouvernement s’est, malgré lui, résolu à prendre une telle décision, après avoir lutter pour maintenir et stabiliser le prix garanti de 2800 fcfa/kg, c’est bien parce que le marché mondial du cacao l’exigeait mais aussi les multinationales pour reprendre les achats et les exportations.

En prenant donc cette décision, c’est toute la filière cacao qui se retrouve la tête hors de l’eau, sauver des profondeurs de l’abîme et du cul-de-sac dans lequel elle se trouvait.

Dans cette nouvelle configuration de la campagne cacaoyère en Côte d’Ivoire, les planteurs verront tout leur cacao rapidement acheter en quelques semaines, là où, depuis novembre dernier, pour certains, et décembre-janvier, pour d’autres, ils n’avaient aucune solution de vente.

La responsabilité d’un gouvernement est de savoir et de pouvoir prendre les bonnes décisions au bon moment et dans l’intérêt du peuple et pour le bien commun de tous.

Cette campagne intermédiaire interviendra dans un contexte mondial marqué par l’effondrement des cours mondiaux du cacao qui ont perdu plus de 50% de leur valeur depuis janvier 2026. La baisse du prix du cacao est consécutive à la chute de la consommation mondiale de chocolat qui a ralenti la demande mondiale de cacao dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur, exportateur et transformateur mondial

Si le gouvernement n’agissait pas et ne prenait pas une telle décision de sauver l’ensemble de la filière cacao, c’est tout le pays qui aurait été impacté.

Le cacao en Côte d’Ivoire, c’est, certes, 1,2 million de producteurs mais ce sont aussi 8 millions de personnes qui vivent indirectement de ce secteur, poumon économique et financier de notre pays et acteur majeur de notre société rurale.

C’est à juste titre que pour décanter la situation, le gouvernement ivoirien a sorti le chéquier, pour décaisser 280 milliards de Fcfa en vue de racheter un stock résiduel de plus de 123 mille tonnes de fèves de cacao, encore disponible chez les producteurs. Les opérations de déchargement qui ont été lancées, il y a environ un mois dans les entrepôts de Transcao Négoces, se déroulent normalement et rigoureusement sous l’œil vigilent Conseil café-Cacao.
Fait le point des déchargements, M Koné Bruno, le ministre de l’Agriculture, du développement durable et des producteurs vivrières, a confié récemment à Rfi : « Les enlèvements de fèves se font. 64 000 tonnes ont déjà effectivement été enlevées, il y a une quarantaine de milliers de tonnes en cours d'enlèvement, en collaboration d'ailleurs avec les organisations du secteur. » Aussi lors de cet entretien, il ajouté : « Peu importe la somme, le soutien de l'État a été assuré aux planteurs. Et il faut savoir que nous sommes dans un système de stabilisation. Une partie des ressources a été acquise au cours des bonnes années et reste toujours disponible dans les réserves du Conseil Café Cacao. Cela servira partiellement à traiter la question »

Des annonces seront faites dans les prochains jours

Faudrait-il envisager une baisse du prix du Kg aux producteurs, sans être catégorique, M. Koné Bruno a dit que des annonces
seront faites par la Côte d'Ivoire dans les prochains jours. « Mais je pense que tout esprit rationnel comprend que, dans la situation actuelle, le Conseil Café Cacao n'a pas beaucoup de choix devant lui », a ajouté le ministre ivoirien de l’agriculture.

Cette crise actuelle du secteur cacao nous rappelle la bataille engagée par le Président Félix Houphouët-Boigny en 1988/89 contre les mêmes multinationales et les spéculateurs qui ont refusé de payer le cacao ivoirien à un prix décent, forçant le Président à décréter un embargo sur les exportations mais qui a su céder face à la puissance de l’industrie du chocolat et du cacao.

Cette année encore, le marché du cacao et les spéculateurs qui ont mené une cabale à cause du prix garanti record de 2800 fcfa/kg qu’ils jugent trop cher, ont forcé le gouvernement à baisser pavillon en poussant le marché international à l’effondrement.

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de fèves de cacao, premier exportateur mondial de produits dérivés du cacao et premier broyeur mondial de cacao ne peut rien face à l’industrie du cacao et du chocolat, ce puissant cartel qui contrôle le secteur, qui génère plus de 130 milliards de dollars de chiffre d’affaires chaque année, mais dont la Côte d’Ivoire et les autres pays producteurs ne perçoivent que 6% de ce chiffre.
Bamba Mafoumgbé

 

 

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