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lundi 20 juillet 2026
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Assemblée nationale/ A la clôture de la première session ordinaire 2026- Patrick Achi(PAN) fait le point des travaux parlementaires

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Assemblée nationale/ A la clôture de la  première session ordinaire 2026- Patrick Achi(PAN) fait le point des travaux parlementaires


« Il est des moments qui ne se résument pas à une date dans le calendrier de nos institutions. La clôture d’une première session ordinaire est de ceux-là. Elle nous
invite à mesurer ce que nous avons fait, ce que nous avons commencé à construire
et ce que nous devons désormais poursuivre.
Il y a 162 jours, dans cet hémicycle, nous ouvrions la première session ordinaire de la
IIIe
législature de notre Assemblée nationale. Et nous venions poser une ambition
simple et exigeante : faire vivre une chambre plus ouverte et performante, plus
innovante et proche des préoccupations de nos concitoyens. Nous disions alors
« qu’une Grande Assemblée nationale ne se proclame pas, elle se construit ».
Aujourd’hui, cette première session ordinaire s’achève. Et nous pouvons dire, avec
humilité mais aussi avec confiance, que les premières pierres ont été posées.
Elles l’ont été par l’organisation de notre institution, par la qualité du travail législatif
accompli, par l’écoute des populations dont vous portez la voix, par l’ouverture au
monde de notre Chambre et par notre volonté commune de faire de cette Assemblée
un acteur utile de la vision d’une Grande Côte d’Ivoire.
Une Grande Côte d’Ivoire forte de ses institutions, prospère par son économie,
solidaire dans son développement et confiante dans son avenir.
C’est cette exigence d’utilité qui doit continuer de guider notre législature : être utiles
à la confiance démocratique, par le dialogue et la responsabilité ; utiles à l’exécution des politiques publiques, parce qu’une loi ne vaut pleinement que lorsqu’elle améliore la vie des populations ; utiles enfin à l’avenir, parce que chacune de nos décisions engage le destin des générations futures.
Avant d’évoquer les principaux enseignements de cette session, je voudrais adresser les salutations respectueuses de la Représentation nationale aux hautes personnalités qui nous honorent de leur présence. Je salue très chaleureusement Monsieur Robert Beugré Mambé, Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Représentant le Président de la République, S.E.M Alassane OUATTARA.
Monsieur le Chef du Gouvernement, votre présence fidèle aux grands rendez-vous de notre Assemblée traduit l’attachement constant du Président de la République au bon fonctionnement des institutions de notre pays. Je vous saurais gré de bien vouloir lui transmettre les sentiments de profonde reconnaissance de la Représentation nationale pour son soutien fidèle et si précieux à notre Assemblée.
J’adresse également mes salutations distinguées aux Présidents des Institutions de la
République, à leurs représentants, aux membres du Gouvernement, aux membres du
Corps diplomatique, ainsi qu’à toutes les personnalités ici présentes.

Votre présence honore notre Assemblée et témoigne de la vitalité du dialogue
républicain qui unit les institutions et les acteurs clés de notre pays.
Et je voudrais que tous ensemble, aujourd’hui rassemblés dans cette Assemblée du
peuple, nous puissions adresser, à la suite du Chef de l’Etat et du Gouvernement, notre
compassion la plus sincère aux familles qui ont été endeuillées ces derniers jours par les
pluies diluviennes qui ont touché notre pays. Qu’elles sachent que nos pensées et nos
prières sont avec elles, et que nous sommes en soutien des décisions immédiate s prises
par l’Exécutif face à ces événements tragiques.
Honorables Députés, Notre première responsabilité consistait à donner à l’Assemblée les moyens
nécessaires pour exercer efficacement les missions que lui confie la Constitution.
Le Bureau de notre institution a été installé. Les six commissions permanentes ont été constituées. La Commission d’évaluation des politiques publiques a été mise en place. Les représentants de notre Assemblée auprès des organisations interparlementaires ontété désignés.
Ces décisions sont les fondations d’une Assemblée nationale.
Au cours de cette première session, 27 projets de loi ont ainsi été examinés et adoptés, dont 26 à l’unanimité, au cours de 7 séances plénières ayant réuni en moyenne près de90 % des députés. Ces chiffres traduisent bien davantage qu’une activité soutenue. Ils révèlent une culture du dialogue, un sens élevé des responsabilités et la volonté defaire prévaloir l’intérêt supérieur de la Nation. Ils montrent aussi que l’unanimité n’est pas le silence du débat. Elle est, le plus souvent, le résultat d’un travail approfondi en commission, d’échanges constructifs avec le Gouvernement, d’une recherche constante du consensus au service de l’intérêt général et des progrès du pays.
Honorables Députés,
Le travail législatif de notre session peut se lire autour de 5 priorités clés.
La première, c’est préparer l’avenir. L’adoption du Plan national de développement 2026-2030 constitue l’acte majeur decette session. Il inscrit l’action publique dans le temps long, autour d’une ambition nationale claire : accélérer la transformation structurelle de notre économie, renforcer notre souveraineté économique et alimentaire, développer nos infrastructures, améliorer le capital humain et consolider la cohésion sociale. En l’approuvant, notre Assemblée marque son adhésion à la construction d’une Côte d’Ivoire toujours plus productive et plus compétitive, plus inclusive et plus souveraine.
La deuxième priorité, c’est protéger et inclure.
Les textes relatifs à la biologie médicale contribuent à renforcer la qualité de notre système de santé et la sécurité des patients. La ratification du Protocole relatif aux droits des personnes handicapées marque une avancée importante vers une société plus accessible et plus respectueuse de la dignité de chacun. Les mesures adoptées en faveur des retraités rappellent qu’après une vie de travail, nos compatriotes ont droit à la reconnaissance de la Nation.
La troisième priorité, c’est sécuriser la terre et moderniser notre agriculture. Avec les textes relatifs au foncier rural, aux filières agricoles, au coco, au karité et à l’amélioration génétique animale, notre Assemblée a accompagné des réformes qui touchent la vie de centaines de milliers de familles. Sécuriser la terre, structurer les filières, moderniser l’élevage, c’est agir pour la souveraineté alimentaire, les revenus des producteurs et le progrès social dans nos régions.
La quatrième priorité, c’est soutenir l’économie réelle.
Les textes consacrés aux PME, à la commande publique, aux mesures fiscales et auxdispositifs d’appui à l’activité économique traduisent une même volonté : simplifier, entreprendre, produire, investir et créer des emplois. Car la Grande Côte d’Ivoire se construira aussi par l’énergie de ses entrepreneurs, de ses artisans, de ses agricul lteurs
et de tous ceux qui créent de la valeur.
La cinquième priorité, c’est renforcer notre souveraineté et notre intégration. Les
textes relatifs à la Banque africaine de l’énergie, au Compact régional énergie, à la Zone
de libre-échange continentale africaine, au transport aérien ou au Code maritime
participent d’une même vision : faire de la Côte d’Ivoire un pays ouvert, maître de ses
leviers de développement et toujours mieux intégré à son espace régional.
Enfin, avec la création de l’Observatoire national de la détention, notre Assemblée a
contribué au renforcement de l’État de droit. La modernisation de notre pays est
économique, sociale et institutionnelle. Elle doit aller de pair avec la justice, la dignité
humaine et les garanties républicaines.
Honorables Députés,
Notre responsabilité ne se limite pas à voter la loi. Elle est aussi d’écouter, de
questionner, de suivre et d’évaluer.
Au cours de cette session, des questions écrites et orales ont été adressées au
Gouvernement, notamment sur les opérations de déguerpissements qui o nt touché
plusieurs familles.
Je veux, conformément à l’attention particulière qu’exige la situation, redire ici notre
compassion à l’égard des personnes impactées.
La Représentation nationale a vocation à entendre ces enjeux, à les porter dans le cadre
institutionnel approprié et à veiller, dans le respect des responsabilités de chacun, à ce
que l’action publique concilie l’ordre et le développement, la justice et l’attention aux
plus vulnérables. Dans le respect de l'indépendance de la justice, nous demeurerons
attentifs à l'issue des procédures engagées.
C’est également dans cet esprit républicain que nous avons avancé sur les premières
étapes de l’évaluation des politiques publiques.
Nos citoyens attendent davantage de leurs institutions. Ils veulent mesurer l’impact des
décisions prises en leur nom et constater leur traduction concrète dans la vie
quotidienne.
C’est pourquoi la nouvelle Commission d’évaluation des politiques publiques aura un
rôle essentiel au cours de cette législature. Elle devra contribuer au suivi de l’application
des lois comme à l’examen de l’impact des politiques publiques.
Nous le ferons dans le respect des compétences de chaque institution et en lien avec les
organes dont l’évaluation et le contrôle constituent également la mission, en particulier
la Cour des Comptes, cet instrument essentiel de la République avec lequel
l’Assemblée nationale entretient déjà une collaboration exemplaire.
Mesdames et Messieurs, Au cours de cette première session, notre Assemblée a également prolongé son ouverture sur le monde et multiplié les échanges avec des Parlements frères et partenaires.
La signature du Mémorandum d’entente avec l’Assemblée nationale du Sénégal, ; la rencontre avec Madame Yaël Braun-Pivet, Présidente de l’Assemblée nationale française ; notre participation aux travaux de l’Assemblée parlementaire de la
Francophonie ; nos échanges autour de la Vision CEDEAO 2050 ; notre participation à la
152ème Assemblée de l’Union interparlementaire qui a souligné la nécessité de promouvoir un multilatéralisme efficace comme instrument de prévention et de règlement des conflits en cours en Afrique, en Europe et au Moyen-Orient ; nos relations
avec plusieurs Assemblées d’Afrique et d’ailleurs ; tout témoigne du crédit majeur dont bénéficie notre institution dans le dialogue parlementaire africain, francophone et international.
Cette ouverture contribue aussi au rayonnement institutionnel de notre pays et à qualité des relations que la Côte d’Ivoire entretient avec ses partenaires.
Chers collègues,
La clôture de cette session ne signifie pas l’arrêt de notre activité parlementaire.
Elle ouvre au contraire une nouvelle séquence : celle du retour vers les populations, de l’écoute et de la pédagogie des lois adoptées.
Au cours de cette période d’intersession, nous conduirons des visites de terrain pilotées par les vice-présidents de notre Assemblée. Elles auront trois objectifs simples : dialoguer avec les citoyens, soutenir les députés dans leur mission de proximité et expliquer les lois votées au cours de cette session. C’est ce que nous appellerons « l’Assemblée nationale hors les murs ».
Car notre Assemblée ne vit pas seulement dans cet hémicycle. Elle vit aussi dans les villes, les villages, les quartiers, les marchés, partout où les populations attendent de leurs élus présence, écoute et redevabilité. Des documents de synthèse seront mis à votre disposition afin de permettre une restitution claire, pertinente et accessible aux populations.

Une loi mieux comprise est une loi mieux acceptée. Une loi mieux expliquée est une loi plus utile. Et une Assemblée qui retourne vers les citoyens est une Assemblée quirenforce la confiance démocratique.
Honorables Députés,
Les transformations engagées par la Côte d’Ivoire appellent une Assemblée nationale toujours plus efficace. Notre responsabilité est donc de préparer dès maintenant nos prochaines sessions autour de 5 chantiers très concrets. Le premier chantier sera celui de la formation et de la montée en compétences. Une Assemblée nationale plus efficace, c’est d’abord une Assemblée dont les députés
et les personnels disposent des connaissances, des méthodes et des outils nécessaires pour exercer pleinement leurs responsabilités. Nous allons renforcer les formations dans les domaines législatif, budgétaire, juridique, linguistique et technologique, mais aussi dans l’évaluation des politiques publiques. Cette montée en compétences permettra à chaque député de mieux préparer les textes, interroger l’action publique et rendre compte aux citoyens.
Le deuxième chantier sera celui du partage d’expérience parlementaire en politique publique. Dans le prolongement de l’ouverture internationale de notre Assemblée, nous souhaitons donner à nos échanges avec les Parlements partenaires une dimension plus opérationnelle. Il s’agira d’organiser des missions d’études ciblées avec les Parlements de pays modèles ou d’aspiration, pour analyser et rapporter des expériences utiles à nos débats. L’objectif est simple : mieux outiller les députés, enrichir l’examen des politiques publiques et renforcer la contribution de notre Assemblée aux avancées de notre pays.
Le troisième chantier sera celui du débat public et de la réflexion parlementaire.
Nous souhaitons faire de l’Assemblée nationale un lieu vivant d’échanges sur les grandes priorités du pays. C’est dans cet esprit que nous travaillons à la mise en place de conférences périodiques, « les Rendez-vous de la Rotonde », qui permettront de réunir parlementaires, experts, administrations, acteurs économiques ou universitaires, élus locaux et société civile autour de grandes thématiques de politiques publiques. Le quatrième chantier sera celui de la modernisation numérique. Nous souhaitons avancer concrètement vers une Assemblée plus digitale : micros individuels et pupitres de vote électronique, identification numérique, déploiement progressif de tablettes, formation aux nouveaux outils y compris l’intelligence artificielle et travail de plus en plus fréquent sur support numérique, afin d’améliorer notre productivité et d’amorcer avec pragmatisme la transition vers le zéro papier. Nous poursuivrons également le développement d’outils permettant de mieux animer nos débats et rendre compte aux citoyens, en mettant à profit notamment les canaux digitaux.
Le cinquième chantier enfin concernera nos infrastructures et notre patrimoine. Les conditions de travail des députés et des fonctionnaires parlementaires rappellent la nécessité d’engager, avec méthode et responsabilité, l’adaptation progressive de notre environnement de travail aux impératifs d’un Parlement moderne.
L’ensemble de ces cinq chantiers répond à une véritable exigence républicaine. Car donner vie à cette « Grande Assemblée nationale », c’est mieux servir notre Constitution, nos concitoyens et les grandes transformations du pays. Mesdames et Messieurs, Honorables Députés, Cette première session ordinaire marque un point de départ.
Les premières pierres ont été posées. À nous désormais de continuer à bâtir l’édifice.
Je forme le vœu que nous poursuivions ainsi cette législature avec le même esprit de responsabilité, le même sens du dialogue et la même volonté d’être utile à ce pays que nous aimons. Je tiens à remercier les Honorables Députés, les membres du Gouvernement, l’administration parlementaire ainsi que l’ensemble des partenaires de notre institution pour leur engagement tout au long de cette première session.
Avant de conclure, permettez-moi d’adresser un mot de passion ! Ce soir, à Dallas, lors de ce premier 16ème de finale de Coupe du monde pour notre pays, nos cœurs vibreront avec nos Éléphants, dans un moment historique de ferveur et d’unité !
Toute la Représentation nationale est à leurs côtés, en pensée et en prières. Qu’ils jouent avec courage, discipline et talent ! - et avec ce supplément d’âme qui fait les grandes équipes et les grandes Nations !
Alors sans nul doute, une fois de plus, la victoire nous ouvrira ses bras !
Chers collègues, C’est dans ce même esprit patriotique que nous nous retrouverons, conformément aux dispositions de notre Constitution, le jeudi 1er octobre 2026, pour la séance d’ouverture
de la deuxième session ordinaire de notre Assemblée nationale. D’ici là, continuons de travailler. Continuons d’écouter. Continuons de servir. Pour une Assemblée nationale toujours plus utile !
Je vous remercie. »
Discours de clôture de la Première session ordinaire 2026
De la troisième législature
Discours prononcé par Monsieur PATRICK ACHI Président de l’Assemblée nationale
Abidjan, le 30 juin 2026

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