Réunis à Yamoussoukro du 1er au 3 juillet 2026, les représentants de l'Organisation des Producteurs de Pétrole Africains (APPO) ainsi que le secrétariat de l'AIRCOP réfléchissent sur l'avancée de leur structure car leurs pays constituent les 90 % des réserves du continent. Le président du Conseil des ministres de l'APPO, le Ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, à cette occasion a donné la feuille de route de l'année 2026. Une feuille de route qui se décline en quatre priorités.
C'est M. Jean-Baptiste Aka, Directeur de cabinet du Ministère des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, représentant le Ministre, qui en a donné lecture.
« Pour l'année 2026, notre feuille de route s'articule autour de quatre priorités stratégiques. La première concerne l'opérationnalisation effective de la Banque africaine de l'énergie (BAE), projet incontestablement le plus structurant de notre organisation. Après la remise officielle, par le Nigeria, du siège de la BAE — que nous tenons une fois encore à remercier —, le recrutement de son équipe dirigeante ainsi que le lancement de ses activités devront marquer une étape décisive vers l'autonomie du financement des projets énergétiques africains », a-t-il d'abord indiqué.
Il a ensuite précisé que la deuxième priorité vise le renforcement institutionnel de l'organisation. « La restructuration du secrétariat de l'APPO, ainsi que, le cas échéant, la redéfinition de ses missions, devront permettre d'améliorer notre efficacité, notre gouvernance et la complémentarité entre nos différentes institutions », a-t-il affirmé.
Le Directeur de cabinet a par ailleurs signalé que la troisième priorité porte sur l'élargissement de l'organisation. « Nous poursuivons nos efforts en vue d'accueillir de nouveaux pays producteurs d'hydrocarbures, notamment l'Ouganda, le Mozambique et le Soudan du Sud. Une APPO plus inclusive sera également une APPO plus influente », a-t-il expliqué.
Enfin, selon le représentant du Ministre Sangafowa-Coulibaly, la quatrième priorité a trait à la promotion du contenu local. « Notre ambition est de faire en sorte que les ressources naturelles africaines profitent davantage aux populations du continent, grâce au développement des compétences des entreprises nationales, à la création d'emplois et au transfert de technologies », a-t-il déclaré.
Le Directeur de cabinet a souligné qu'à mi-parcours de l'année, les résultats obtenus sont encourageants. « Les travaux relatifs à la Banque africaine de l'énergie enregistrent des avancées notables, et nous demeurons confiants quant à son entrée en activité dans les meilleurs délais », a-t-il assuré. Au nom de son mandant, il a rappelé que la prochaine session du Conseil des ministres se tiendra le 18 novembre 2026 à Abidjan, en marge de la deuxième édition du Salon International des Ressources Extractives et de l'Energie (SIREXE 2026). « L'APPO est aujourd'hui reconnue comme un acteur crédible et respecté de la gouvernance énergétique africaine. Nous devons poursuivre les réformes engagées afin d'en faire une organisation toujours plus performante, plus moderne et davantage au service des intérêts stratégiques de notre continent », a-t-il conclu.
Pour sa part, M. Farid Ghezali, Secrétaire général de l'APPO, a fait savoir qu'une ère nouvelle s'ouvre pour l'organisation, une ère où l'efficacité, la transparence et l'amélioration continue ne sont pas de simples mots, mais le fil conducteur de chaque décision. Il a indiqué que, depuis sa prise de fonction voici six mois, son action s'est concentrée sur trois priorités claires. « Rendre l'APPO plus visible et plus influente ; satisfaire les exigences minimales requises pour le lancement de notre Banque ; et engager une restructuration ambitieuse afin de préparer l'organisation aux défis de demain. Ces trois axes sont complémentaires », a-t-il soutenu, précisant que la visibilité confère de la crédibilité, que la conformité aux exigences de la Banque ouvre l'accès aux leviers financiers et institutionnels, et que la restructuration procure l'agilité nécessaire pour transformer l'intention en impact concret.
Il a ajouté que, sur le plan de la visibilité, des initiatives de communication sont multipliées afin de renforcer les relations avec les pays membres ainsi qu'avec les organisations internationales. « S'agissant de la Banque africaine de l'énergie, nous avons mobilisé les services centraux et nos partenaires pour atteindre le seuil minimal requis, et je puis aujourd'hui annoncer que ce seuil a été dépassé », a-t-il précisé. Concernant la restructuration, il a annoncé qu'un projet de modernisation des processus a été engagé, incluant la clarification des responsabilités ainsi que le renforcement des capacités opérationnelles. Ce chantier, a-t-il ajouté, vise à rendre l'organisation plus réactive, plus efficiente et mieux outillée pour accompagner les transitions énergétiques et répondre aux besoins des États membres. « Cette restructuration sera conduite de manière transparente, inclusive et progressive, afin d'assurer l'adhésion de l'ensemble des parties prenantes », a-t-il déclaré.
De son côté, M. Karrol Kadiata Leta, Ministre des Hydrocarbures de la République démocratique du Congo et président du Conseil exécutif de l'APPO, a estimé que les travaux engagés ce jour appellent à la lucidité, à l'engagement et à un sens élevé de l'intérêt collectif. « Au-delà de l'examen des rapports et des questions de gouvernance, nous sommes appelés à prendre des décisions qui orienteront durablement l'avenir de notre organisation. Parmi celles-ci, je citerai notamment la restructuration du secrétariat, le renforcement de nos mécanismes d'éthique et de gouvernance, l'approfondissement de nos partenariats stratégiques, ainsi que l'opérationnalisation de nos objectifs et projets phares », a-t-il relevé. Il a rappelé que l'histoire de l'organisation enseigne que ses plus grandes avancées ont toujours été le fruit de l'unité et de la capacité à s'exprimer d'une seule et même voix. « Dans un monde où les rapports de force énergétiques se redéfinissent, l'Afrique ne saurait se permettre la dispersion. Elle doit, au contraire, renforcer sa cohésion, affirmer ses positions et défendre, avec clarté et détermination, ses intérêts stratégiques », a-t-il indiqué.
Bamba M.
M. Jean-Baptiste Aka, Directeur de cabinet du Ministère des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, représentant le Ministre Sangafowa-Coulibaly
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