•Les chiffres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao) publiés, en Juillet 2021, indiquaient que « 10 % de la population du Niger, du Mali et du Burkina Faso dépendent de l’orpaillage artisanal sur plus de 1000 sites informels (…) Une prochaine réglementation de l’orpaillage clandestin au Sahel est en vue. Ce secteur informel est devenu aussi important que l’exploitation minière industrielle. Il contribue au financement du terrorisme et recourt au travail des enfants » affirmait alors M. Sédiko Douka, en sa qualité de Commissaire de la Cédéao chargé de l'Energie et des mines.
Malheureusement, ces trois pays du Sahel, depuis plus de deux ans ont décidé de ne plus faire partie de la Cédéao et ont acté la création de l’Alliance des Etats du Sahel, (AES). Avec pour dénominateur commun, la monté en puissance de l’insécurité et du grand banditisme avec leurs lots de contrebande en tout genre.
Dans ce climat d’insécurité, l’on note un exode massif de populations du nord de ces trois pays fuyant l’insécurité, vers les pays du sud dont la Côte d’Ivoire, avec certaines de leurs pratiques économiques comme l’orpaillage illégal.
La Côte d’Ivoire qui abrite déjà une forte colonie burkinabé, fait face depuis 2021, à un flux massif de populations venant du nord. Depuis 2021, près de 70 000 Burkinabés se sont réfugiés en Côte d’Ivoire pour échapper aux violences des groupes djihadistes ou de l’armée. La présence de ces déplacés crée des tensions dans le Nord. Une source Reuters avance 80 mille y compris les maliens.
Des Camps de réfugiés, selon le Haut-commissariat aux réfugiés(Hcr), pour la plupart en transit ont été installés par le gouvernement ivoirien à Ferkéssedougou et à Bouna. Une autre partie du flux qui descend sur la Côte d’Ivoire rejoint les frères dans le sud forestiers dans les zones de production de cacao pendant que d’autres s’adonnent à l’orpaillage illégale avec la complicité de certains chefs de terres et des responsables de mutuelles.
Lors de nos investigations, une personne originaire de la zone Katiola – Tafiré , nous a indiqué : « Ceux nous voyons sur les sites ne sont que la face visible d’un cartel bien organisé, disposant de gros moyens matériels et financiers. Les cerveaux sont capables de graisser les pâtes aux insoupçonnés. Même dans l’administration. »
Au nord- ouest, dans la Région de la Bagoué, sur les sites d’orpaillage qui s’étendent à perte de vue, d’après observation de prises de vue aériennes, l’agriculture est très menacée. Des témoins racontent que des armes de petits calibres, le commerce du sexe, l’alcool coulent à gogo.
Pour faire court, l’atmosphère sent la violence avec la présence de produits dangereux et d’explosifs.
Dans le cadre des activités de recherche de la fine couche d’or et de rares granulés, pour se faire rapidement de l’argent, ils utilisent le Cyanure, sans grande précaution aussi bien pour leur propre santé que pour l’environnement. Le résultat est là, implacable. En son temps, Feu le Président Henri Konan Bédié, alors président du Pdci Rda avait levé le lièvre contre ce flux massif venant des pays voisins du nord. Cette sortie a suscité des réactions vives et controversées d’une partie de la classe politique notamment le Rhdp, ex- allier du Pdci Rda.
Face à la montée du fléau, l’ancien Président Henri Konan Bédié avait fait une sortie fracassante courant 2019, qui avait suscité de vives réactions de la part de certains pontes du Rhdp. M. Henri Konan Bedié avait dit : « L’invasion massive de toute la Côte d’Ivoire par de soi-disant orpailleurs armés, la fraude massive sur la nationalité ivoirienne sur laquelle le gouvernement ne mène aucune enquête pour arrêter le phénomène ( …) La Côte d’Ivoire subit une invasion massive, incontrôlée, de gens venus principalement des pays environnants. Le gouvernement ne fait rien pour arrêter cela. Ces problèmes dus à l’orpaillage sont répandus sur tout le territoire et bénéficient de complicités locales » En outre ajoute une source officielle, malgré les efforts du ministère des Mines et de la géologie d’alors, 20 départements étaient touchés sur 109 que comptait le pays en 2019.
Face à la dégradation de l’environnement et des exploitations agricoles, le ministère des Mines et de la géologie, puis le ministère des Mines, du pétrole et de l’énergie sur instruction du gouvernement se bat contre cet Hydre ; véritable serpent de mer. Pour légaliser la pratique et la formater. Pour parler comme le Vieux Ménékré , c’est sur ça que le gouvernement est depuis quelques années
Ayoko Mensah
Légende photo : Le siège de la Cédéao à Abuja… Avec la création de l’AES, elle est freinée dans son élan
Afrique de l’Ouest- Ces chiffres de la Cédéao qui donnent des précisions sur les origines de l’orpaillage illégal
Publié le 15 août 2026
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