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Journée Internationale des Droits de l’Enfant - La SODECI renforce son engagement avec deux initiatives majeures en 2025
À l’occasion de la Journée internationale des Droits de l’Enfant, la Société de distribution d’eau de Côte d’Ivoire (Sodeci) a réaffirmé son engagement envers l’éducation des jeunes à la gestion durable de l’eau. Fidèle à sa mission citoyenne, l’entreprise a organisé en cette année 2025 deux actions phares mêlant immersion technique et innovation pédagogique. Selon une note à la presse dont afrikchallenges.info a eu copie depuis plusieurs années, la Sodeci ouvre ses infrastructures aux enfants afin de leur faire découvrir les enjeux essentiels liés à l’accès à l’eau potable et aux métiers qui l’entourent.
De 2021 à 2024, ajoute la note, ces journées ont permis à des élèves d’Abatta, de Treichville, d’Abobo Akékoï et d’Odiennekourani de visiter des sites stratégiques comme le Centre de gestion Intégrée des opérations (Cgio), la station d’eau de la Djibi, le centre de dépotage du Plateau ou encore la Direction Régionale de Bouaké. Ces rencontres, encadrées par les ingénieurs et techniciens de la société, visent à sensibiliser la jeunesse aux valeurs d’intégrité, d’éthique et d’engagement portées par la Sodeci.
2025 : Au cœur de la production d’eau potable
Pour l’édition 2025, la SODECI a accueilli le mercredi 12 novembre une délégation du Lycée Français d’Abatta au sein de son usine de traitement d’eau d’Abatta. Composée de 25 élèves et 5 encadrants, la visite a permis aux jeunes de suivre de manière concrète le parcours de l’eau : captation, traitement, décantation, filtrations, analyses, contrôle qualité et distribution.
Les experts de la Sodeci, ont présenté aux élèves les technologies utilisées pour garantir une eau saine et fiable à des millions d’Ivoiriens.
Cette immersion a également permis de valoriser les métiers techniques liés à l’hydraulique, au laboratoire, à la maintenance ou encore à la supervision digitale.
Également, La grande innovation de cette édition réside dans le lancement du tout premier podcast éducatif de la Sodeci, intitulé « Le présent parle au futur ».
Enregistré dans un studio moderne à Angré (Base CIE), ce nouveau format a réuni quatre enfants âgés de 10 à 15 ans autour d’une discussion d’une heure. L’objectif : permettre aux enfants de partager leur expérience quotidienne de l’eau, tout en apprenant les bons gestes pour éviter le gaspillage.
Le podcast met ainsi en lumière des pratiques simples pour réduire le temps de douche, couper le robinet lors du brossage des dents, surveiller les fuites, modérer l’arrosage. Mais essentielles pour une gestion responsable. L’application Ma SODECI en Ligne a également été présentée de manière accessible, comme un outil essentiel pour suivre sa consommation, signaler une anomalie ou s’informer en temps réel.
Avec ces actions, la Sodeci confirme sa volonté de sensibiliser les futures générations aux responsabilités citoyennes liées à la ressource eau.
Entre tradition éducative et innovation numérique, l’édition 2025 illustre une entreprise engagée à la fois sur le terrain, sur le plan pédagogique et dans la transformation digitale. La SODECI réaffirme ainsi que l’eau n’est pas seulement un service : c’est un héritage collectif que chaque enfant doit comprendre, respecter et protéger.
Bamba Mafoumgbé
Synodalité- L’enjeu majeur de l’Église en Côte d’Ivoire ( Contribution)
Par Norbert Kobenan
La synodalité est devenue l’un des mots-clés de la réforme engagée par l’Église catholique universelle. Mais en Côte d’Ivoire, comme dans de nombreux pays africains, elle prend une signification particulière : celle d’un appel à mieux articuler tradition communautaire, vitalité spirituelle et unité ecclésiale.
Alors que les Églises du Nord traversent une lente érosion, l’Afrique vit une croissance exceptionnelle du catholicisme.
Paradoxalement, cette vitalité rend nécessaire une réflexion profonde : comment maintenir l’unité du peuple de Dieu dans un paysage ecclésial de plus en plus diversifié ?
Les CEB : un modèle africain de synodalité
Longtemps avant que Rome ne remette la synodalité au premier plan, les Communautés Ecclésiales de Base (CEB) ivoiriennes avaient déjà posé les fondations d’une Église participative et incarnée.
Elles demeurent aujourd’hui :
un lieu de prière et d’écoute;
un espace de discernement partagé;
un réseau de solidarité familiale et sociale;
un creuset de formation et de coresponsabilité laïcale.
Elles rappellent cette intuition simple : la communion se construit d’abord au pied des cases, pas au sommet des structures.
Communautés nouvelles : promesse et vigilance*
Parallèlement, les communautés nouvelles et fraternités charismatiques connaissent une expansion rapide. Elles répondent à des besoins légitimes : spiritualité personnelle, quête de sens, désir d’appartenance, dynamisme missionnaire.
Mais leur vitalité pose un défi majeur : éviter que l’Église ne se fragmente en multiples micro-communautés autonomes.
La synodalité invite donc à recevoir leurs charismes, mais à les intégrer clairement dans la vie paroissiale et diocésaine, en veillant à la fidélité au magistère et à la cohésion pastorale.
L’enjeu n’est pas de freiner ces mouvements, mais de les harmoniser.
Le Corps du Christ : la boussole universelle
Pour comprendre la synodalité, il faut revenir au cœur de la théologie chrétienne :
l’Église est un Corps, selon la vision de saint Paul.
Cette perspective est profondément en résonance avec les cultures africaines, où la famille élargie, la solidarité communautaire et l’interdépendance sociale sont des valeurs cardinales.
Être Corps du Christ, c’est reconnaître que :
aucun fidèle n’est secondaire;
aucun groupe ne peut vivre en vase clos;
aucune autorité ne peut gouverner sans écouter.
La synodalité n’est donc pas une réforme administrative : c’est un mode d’être.
Une Église au service de tous
L’objectif de la synodalité est clair : rendre l’Église plus missionnaire, plus proche et plus crédible.
En Côte d’Ivoire, cela signifie :
– écouter davantage les jeunes confrontés à l’incertitude économique;
– renforcer la présence auprès des familles;
– apaiser les blessures issues des crises politiques;
– promouvoir la cohésion sociale et le dialogue;
– combattre les divisions ethniques et identitaires.
Une Église synodale n’est pas une Église repliée : c’est une Église qui se met au service de tous, au-delà des appartenances et des frontières.
Un laboratoire pour l’Église mondiale ?
La Côte d’Ivoire, comme d’autres pays africains, dispose d’un atout unique : une tradition communautaire forte, une créativité spirituelle dynamique et un tissu ecclésial en croissance.
En articulant :
les CEB comme matrice locale de participation;
les communautés nouvelles comme moteur de renouveau ;
et la vision du Corps du Christ comme fondement d’unité;
- l’Église ivoirienne peut devenir une voix forte dans le débat mondial sur la synodalité.
L’Afrique n’est plus simplement un « terrain de mission ».
Elle est peut-être l’un des lieux où l’avenir de l’Église catholique s’invente.
Secteur de l'automobile- Un distributeur officiel marque son territoire
Dans un environnement où la concurrence fait rage, Rimco Motors, distributeur officiel d’une marque bien connue, donne le meilleur de lui-même en épousant les valeurs du temps : le modèle et le label. Et pour coller à la réalité, il a procédé le samedi 29 novembre 2025 au lancement de la nouvelle Kia Sportage Facelifg et la nouvelle Carens.
C'était dans son showroom à Treichville Zone 3. La présentation des deux modèles a été faite par M. Huart Philippe, le Directeur des Opérations. Pour lui, plus qu'un simple lancement, cet événement marque une étape importante dans l'engagement de sa structure qui est d'offrir le meilleur de Kia au marché ivoirien, avec un accompagnement en première ligne, des offres personnalisées. Adaptés aux climats Africains en général, mais en particulier à ceux de la Côte d'Ivoire, ces produits se veulent robustes. Selon le Directeur des opérations, l'intérieur et l'extérieur des deux voitures offrent des commodités exceptionnelles alliant modernité et nature.
La fiche technique des véhicules fait apparaître des données alléchantes au niveau de la motorisation, de même que la sécurité, comme les équipements clés. Le tout rimant avec la technologie moderne et épousant l’ère du temps. Ce distributeur officiel, selon son Directeur des opérations est en Côte d’Ivoire depuis 2017, avec un réseau en pleine expansion, des showrooms modernes et un excellent service après-vente.
Koné De Sayara
Vie associative dans le secteur de la presse- L’Union de la presse francophone- Section Côte d’Ivoire installée
Le jeudi 27 novembre 2025, la Maison de la Presse d’Abidjan-Plateau a accueilli l’investiture du nouveau bureau de l’Union de la presse francophone, section Côte d’Ivoire, une cérémonie parrainée par Mme Salimata Dembélé-Diarra, Cheffe de Cabinet du Ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme. A appris afrikchallenges.info, dans une note à la presse.
Selon cette note, la rencontre s’est déroulée en présence de M. Gooré Bi Hué, représentant du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, ainsi que de Mme Bernice N’Guessan, Secrétaire nationale de la Commission de la francophonie, aux côtés de nombreuses personnalités du monde médiatique et institutionnel.
Dans son allocution, Mme Salimata Dembélé-Diarra a souligné que cette investiture ne se limitait pas à une formalité protocolaire. Elle l’a décrite comme « un véritable contrat moral, un engagement solennel et une promesse envers la francophonie, envers la presse et envers la nation ».
Elle a exprimé l’espoir que cette nouvelle mandature soit marquée par « une quête constante d’excellence, un engagement renouvelé en faveur de la formation continue, un esprit de solidarité entre les organes de presse, une créativité plus affirmée dans les pratiques éditoriales, ainsi qu’une contribution active au renforcement de la cohésion et de la paix sociales ».
Dans un passage particulièrement salué par l’auditoire, elle a rappelé l’essence du métier de journaliste, affirmant que « la caméra doit éclairer et non exposer, le micro doit libérer la parole et non l’enfermer, et la plume doit ouvrir des chemins et non des blessures ». À l’heure où l’hyper communication brouille parfois les repères et favorise la propagation rapide de la désinformation, elle a insisté sur « la nécessité de préserver une éthique irréprochable, une objectivité sans faille et un attachement constant à la vérité ».
Mme Salimata Dembélé-Diarra a tenu à remercier chaleureusement Mme Viviane Mouhi Ayehui et son bureau pour leur engagement à promouvoir une presse professionnelle.
- M
Matca / Cérémonie de réconciliation- Le Dg du Haut Conseil, Diaby Brahima place le développement du secteur au cœur du débat et insiste sur la paix
Déclenchée il y a plus de six mois, la crise qui secoue la Mutuelle d'assurances des taxis compteurs d'Abidjan (Matca), se conjugue désormais au passé ? On pourrait répondre par l’affirmative, quand on s'en tient à la cérémonie du jeudi 27 novembre 2025, tenue au siège du Haut Conseil, la faîtière. Et pour cadrer à la chose, la rencontre avait pour thème : « ’Matérialisation de l'Union des propriétaires de taxis compteurs d'Abidjan Matca » et repositionnement du sous-secteur. Avec le slogan fort '' l'Union fait la force ''. Le décor a été planté par le Directeur général adjoint du Haut Conseil, Salif Samaké qui, dans son propos introductif a rassuré qu'en dépit des crises qui secouent la structure, la Matca ne mourra pas. Au chapitre des allocutions, c'est le doyen Camara Abdramane, PCA du Haut Conseil qui a ouvert le bal par des remerciements et des prières à l’endroit des disparus du secteur.
A sa suite, monsieur Abel, le porte-parole des propriétaires de taxis compteurs est monté au créneau pour solliciter la réorganisation et la professionnalisation de ce secteur par le Haut Conseil. « (…) Si nous sommes ici aujourd’hui, c’est pour venir demander l’appui et l’implication de la faitière dans la résolution définitive de la crise qui secoue notre sous-secteur. Nous nous tournons vers le Dg Diaby Brahima pour insuffler un vent nouveau à notre secteur. Oui, nous avons besoin de lancer un nouveau cycle », a-t-il plaidé. Irrésistible à cette doléance, Diaby Brahima, après avoir s'est voulu clair : « (…) Si j'ai bien écouté, vous êtes venus vous confiez au Haut conseil. Vous êtes venus nous dire de trouver des solutions à vos problèmes. Mon rôle c'est de bien vous écouter et rendre compte au Conseil d’administration. Je le ferai. Mais d’ores et déjà, sachez que je regrette que le secteur ne se soit pas adapté au changement. Il a dormi sur ses lauriers, et est donc surpris aujourd'hui de se voir surplanté par d'autres modes de transport, plus appréciés par les usagers » a-t-il dit.
Avant de sévèrement critiquer les querelles intestines qui plombent l’avancement des choses. Sur le champ, monsieur Diaby a proposé un éveil de conscience dans la paix et l'entente. « (…) Il vous appartient de vous réveiller. Donner vous les mains les uns les autres. Arrêter de dire mon camp, son camp. Mettez-vous ensemble », a indiqué le Dg du Haut Conseil. Qui a expliqué que des groupes de dix personnes seront installés dans chaque commune du District autonome d’Abidjan, dont huit transporteurs et deux conducteurs, afin de réfléchir sur les problèmes du secteur et dans un délai raisonnable, se retrouver dans le cadre d’un séminaire dont les recommandations seront transmises au ministre des Transports. A cette cérémonie, le ministre Amadou Koné était représenté par le Directeur en charge du transport routier et ferroviaire, Coulibaly Vincent qui a livré des messages de paix et fraternité du ministre.
Koné Seydou
Légende : Une vue de la table d’honneur de cette cérémonie.
Retrait tarifaire annoncé par Washington- Une bonne nouvelle pour les producteurs africains de cacao
La nouvelle est certainement bonne. L'administration Trump a opéré ce mois de novembre 2025 un virage aussi inattendu que stratégique en supprimant les droits de douane imposés quelques mois plus tôt sur le cacao et plusieurs produits agricoles. Selon le confrère Sikkafinances qui rapporte l’information, derrière cet ajustement tarifaire, décidé rétroactivement au 13 novembre, se joue une recomposition des équilibres commerciaux entre les États Unis et les grands exportateurs africains, dans un contexte mondial de tensions inflationnistes et de fragilisation des chaînes d'approvisionnement.
En effet, ajoute la source, le décret signé le 14 novembre modifie les tarifs réciproques instaurés en avril, dont le taux de base de 10% pouvait grimper à 40 selon les pays ciblés. Présentée comme un instrument de réduction des déficits commerciaux, cette politique avait rapidement suscité un tollé chez les industriels américains. Les prix du chocolat et du café s'envolaient, alimentant une inflation déjà élevée, au moment même où les géants agroalimentaires alertaient sur l'alourdissement de leurs coûts. The Hershey Company anticipait 180 millions de dollars soit plus de 90 milliards de Fcfa, de charges additionnelles, tandis que Mondelez International réclamait un allègement immédiat.
Le cacao n'étant pas produit en quantités suffisantes aux États Unis, hormis une production marginale à Hawaï, il a été requalifié comme produit indisponible sur le marché domestique. Une liste élargie incluant café, thé, épices ou fruits tropicaux a également été exemptée, actant la nécessité de sécuriser l'approvisionnement alimentaire du pays. Cette décision traduit un infléchissement politique assumé, sans renier pour autant la rhétorique protectionniste de l'administration Trump.
Le Ghana est l'un des principaux gagnants de ce revirement. Deuxième producteur mondial, le pays exporte chaque année près de 78 000 tonnes de fèves de cacao vers les États Unis. Avec un prix spot avoisinant 5 300 dollars la tonne, la levée des 15% de droits de douane représente une bouffée d'oxygène estimée à 60 millions de dollars pour les finances ghanéennes. Le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a salué le 24 novembre dernier une évolution positive qui s'étend également au cacao semi transformé, aux noix de cajou et à plusieurs produits tropicaux.
Que dit Abidjan ?
Au niveau du premier producteur mondial, c’est- à- dire la Côte d'Ivoire devrait également tirer profit de la mesure, même si les estimations n'ont pas encore été quantifiées. Dans un contexte de récoltes perturbées par le changement climatique et de prix d'achat aux planteurs historiquement élevés pour la campagne 2025-2026, cette ouverture commerciale représente un soulagement pour les finances publiques. Elle consolide aussi l'influence des deux géants ouest-africains au sein des négociations internationales sur la rémunération des cacaoculteurs. Pour Maurice Sawadogo , entrepreneur agricole à Ebilassokro dans l’Indénié Djuablin, il s’agit là d’une bonne décision pour la Côte d’Ivoire , premier pays producteur mondial de fèves de cacao , qui est engagée depuis quelques années dans une politique de diversification des destinations de sa production à l’export.
Outre les producteurs africains et latino-américains, les consommateurs américains figurent parmi les grands gagnants du retrait tarifaire. Les prix du chocolat, qui avaient bondi de 40% en 2025, devraient se stabiliser grâce à la baisse des coûts d'importation.
B. M
La décence oubliée- Quand la société confond liberté et vulgarité
La liberté devait élever l’homme ; elle l’expose désormais. Sous couvert d’émancipation, notre époque confond l’audace avec l’arrogance, la sincérité avec l’exhibition, la vérité avec l’excès. Le problème n’est plus dans l’interdit, mais dans l’absence de mesure et lorsque la décence s’efface, c’est la dignité collective qui s’érode.
« La vulgarité, c’est l’oubli de la limite qui fait l’homme. »
Nous vivons dans une ère où tout se dit, tout s’étale, tout s’exhibe. Ce qui devait libérer la parole a créé une gigantesque vitrine de soi. L’écran est devenu miroir, le micro tribunal, et la notoriété une monnaie. On choque pour attirer, on parle pour exister. Mais à force de tout dire, on finit par appauvrir la pensée. À force de se montrer, on ne se regarde plus vraiment.
Pourtant, la décence n’est pas une contrainte poussiéreuse : elle est la pudeur de l’âme. Cette élégance morale qui fait préférer la justesse à l’outrance et le silence noble au vacarme inutile. La retenue n’est pas faiblesse : elle est dignité. Mais à l’heure où la provocation se prend pour du courage et où la vulgarité se fait passer pour de la franchise, la société se creuse au lieu de se libérer.
Les réseaux sociaux amplifient cette dérive. Jamais nous n’avons eu autant d’outils pour communiquer et jamais la communication n’a semblé aussi pauvre. L’anonymat autorise la cruauté, la vitesse tue la nuance, la visibilité remplace la vérité. Le débat devient duel, le désaccord insulte, et la pensée s’efface dans le flux. Ce n’est pas le numérique qui corrompt : c’est l’usage sans éthique qui l’enlaidi.
Sous ce brouhaha permanent, un glissement s’opère : la liberté se confond avec l’impudeur. Dans les familles, la familiarité érode le respect. Dans la rue, la provocation remplace la politesse. Dans la politique, l’outrance étouffe la mesure. Nous avons cessé de chercher la vérité ; nous voulons simplement du bruit. Mais le bruit n’est pas un signe de vitalité : c’est l’aveu d’un vide intérieur.
Les médias, eux aussi, hésitent entre miroir et moteur. L’information autrefois éclairait ; aujourd’hui, elle excite. Ce qui choque se partage plus vite que ce qui éclaire. Mais une société qui confond l’indignation avec l’intelligence finit par perdre la hauteur du regard. Journalistes, artistes, éducateurs portent une responsabilité immense : réhabiliter la noblesse du verbe, la pudeur du ton, la force tranquille de la mesure.
Face à cette dérive, réapprendre la décence devient un acte de résistance. Résister à la vulgarité n’a rien de réactionnaire : c’est refuser la médiocrité. La décence ne bride pas la liberté ; elle la protège. Elle enseigne le respect du mot, du geste, du temps. Elle élève les débats, apaise les tensions et rappelle que le vivre-ensemble ne tient pas à la loi, mais à la manière de se parler.
Le défi moral de notre époque n’est pas de produire plus de voix, mais plus de sagesse. Il ne s’agit pas de réduire la parole, mais de lui rendre sa valeur. La décence est la respiration d’une civilisation : sans elle, tout devient spectacle ; avec elle, la liberté retrouve son visage, non le vacarme, mais la lumière.
« La liberté ne s’épanouit que dans les âmes capables de se contenir. »
Par Norbert KOBENAN
Le PDC2V redonne vie au CNRA de Bouaké - Un souffle nouveau pour la recherche agricole ivoirienne
Dans sa volonté de faire du vivrier le pilier de la souveraineté alimentaire nationale, le Projet de Développement des Chaînes de Valeurs Vivrières (PDC2V) poursuit ses actions structurantes à travers tout le pays. Soutenu par l’État de Côte d’Ivoire et financé par la Banque mondiale, le projet œuvre à renforcer les capacités de production, de transformation et de recherche au service des filières vivrières.
C’est dans ce cadre que le Centre National de Recherche Agronomique (CNRA) de Bouaké bénéficie d’un appui conséquent pour sa réhabilitation et sa modernisation.
Des infrastructures modernes pour une recherche de pointe
Sur le site de la Station de Recherche sur les Cultures Vivrières (SRCV) du CNRA de Bouaké, la transformation est spectaculaire. Un bâtiment R+3 ultramoderne est en cours d’achèvement, tandis qu’un bâtiment R+1, entièrement réhabilité, abritera prochainement la direction régionale du CNRA.
Ces travaux, entièrement financés par le PDC2V, s’accompagnent du bitumage de près de 3 kilomètres de voirie interne, de la mise en place d’un système d’éclairage public, de l’installation d’un nouveau système d’irrigation moderne et de la clôture complète du site, étendu sur plus de 100 hectares.
Le projet prévoit également un équipement scientifique de dernière génération pour les laboratoires, redonnant au centre toute sa vitalité après plusieurs années de dégradation.
La Station de Recherche sur la Pêche Aquacole et Continentale (SRPAC) du CNRA Bouaké situé dans le village de Kongodékro, bénéficiera d’une réhabilitation complète avec l’équipement de matériel de dernière technologie. Matériel déjà acquis en attendant le début des travaux, prévu pour le début de décembre 2025. Plus de 2,5 milliards de francs CFA sont consacrés à la réhabilitation et à l’équipement de cette station de référence.
Pour les chercheurs, c’est un véritable renouveau.
« Ces nouvelles infrastructures changent complètement notre cadre de travail et redonnent espoir à toute la communauté scientifique », se réjouit le Dr Essis Brice, chercheur au CNRA.
« C’est une renaissance pour la recherche agronomique ivoirienne. Ça sera un bon de 50 ans dans la vie du CNRA »
Des laboratoires de haut niveau pour renforcer la souveraineté scientifique
Le nouveau bâtiment du CNRA de Bouaké abritera plusieurs laboratoires de recherche de pointe destinés à appuyer la productivité agricole nationale.
Parmi eux, un laboratoire Défense des cultures, consacré à la lutte contre les maladies, insectes et nématodes touchant les plantes vivrières, ainsi qu’un laboratoire d’amélioration génétique pour la création et la sélection de nouvelles variétés performantes.
Un laboratoire de cultures in vitro (CIV) permettra d’assainir les plantes infectées par des virus et de préserver les ressources génétiques locales, tandis qu’un laboratoire d’agronomie et de physiologie végétale viendra renforcer la compréhension du fonctionnement des plantes afin d’optimiser les rendements.
« Grâce aux équipements fournis par le PDC2V, nos capacités d’analyse et d’expérimentation seront multipliées. Le CNRA de Bouaké sera désormais un centre de référence en Afrique de l’Ouest », affirme le Dr Essis Brice.
Un centre qui renaît après des années difficiles
Durant les années de crise, le CNRA de Bouaké a subi de lourds dégâts : laboratoires détruits, matériels perdus, bâtiments devenus inadaptés.
Malgré ces épreuves, les chercheurs ont maintenu leurs activités avec des moyens limités, témoignant de leur dévouement à la recherche agricole ivoirienne.
Aujourd’hui, grâce à l’appui du PDC2V, du gouvernement ivoirien et du partenaire technique et financier principal, la Banque mondiale, le centre entre dans une nouvelle ère de modernisation, d’innovation et d’autonomie scientifique.
Un pas décisif vers la souveraineté alimentaire
Le renforcement du CNRA de Bouaké s’inscrit dans la mise en œuvre du Programme National d’Investissement Agricole de deuxième génération (PNIA 2), qui vise à dynamiser les filières vivrières stratégiques et à améliorer la productivité agricole.
En soutenant la recherche, l’innovation et la formation, le PDC2V contribue directement à la sécurité alimentaire, à la création d’emplois agricoles durables et à la valorisation du savoir-faire scientifique ivoirien.
À terme, le CNRA de Bouaké deviendra un pôle scientifique régional de référence, capable de répondre efficacement aux défis de la production vivrière et du développement agricole durable en Afrique de l’Ouest.
Bamba M.
Jacqueville- Consultation populaire sous tension autour de la désignation du futur chef de village d’Akrou
Le sous-préfet central de Jacqueville, Bakayoko Saguidi était à Akrou, village situé à six kilomètres de Jacqueville, le vendredi 21 novembre 2025. Ce pour présider une consultation populaire particulièrement attendue. Cette démarche, selon nos sources, devait permettre de clarifier le processus de désignation du chef de village, de s'assurer auprès des chefs des 7 familles composant le village de l'approbation de la proposition soumise à l'ad inistration préfectorale pour recueillir l’avis des habitants à la suite de la proposition du le chef de terre, M. Kpoukpou N’Guessan Antoine, par ailleurs chef de village intérimaire.
La rencontre, avait pour objectif de voir confirmé dans ses fonctions le chef intérimaire, N’Guessan Narcisse, comme futur chef de village. Mais la réunion, organisée sur la place publique, a révélé un profond désaccord portant à la fois sur les règles coutumières et sur le choix de la personne à retenir pour la fonction de chef du village d'Akrou.au sein de la communauté.
Une mission administrative déclenchée après une saisine officielle
Il est à rappeler que ce conflit de chefferie qui secoue Akrou, est antérieure au décès survenu en 2024 de l’ancien chef, le Professeur Ignace Yacé, en 2024, a franchi une nouvelle étape. Le 25 septembre 2025, le chef de terre, Kpoukpou N’Guessan Antoine, en accord avec 5 des 7 grandes familles du village d'Akrou, a officiellement saisi le préfet de Jacqueville pour proposer la nomination de N’Guessan Narcisse, chef intérimaire, comme futur chef du village. Cette initiative du chef de terre, représentant de la famille fondatrice du village, est intervenue après une tentative d'installation de TEKRI Akadje Gervais en qualité de chef du village d'Akrou, avec le soutien de 2 des 7 familles du village.
Face à cette situation, après plusieurs rencontres, Madame le préfet du département de Jacqueville, en réponse, a mandaté le sous-préfet central de Jacqueville, Bakayoko Saguidi, pour conduire une consultation populaire afin de s'assurer du respect des us et coutumes du peuple alladian dans le processus de désignation du nouveau chef de village d'Akrou.
Ainsi, pour vérifier la conformité de cette proposition avec les us et coutumes du peuple Alladjan. Vendredi 21 novembre, cette consultation s’est tenue sur la place publique d’Akrou, dans une atmosphère tendue et sous haute surveillance policière.
Un village mobilisé, un terrain quadrillé
Dès la matinée, le ton était donné. Une foule compacte, encadrée par des éléments de la police et de la gendarmerie venus prévenir tout débordement, attendait l’autorité administrative. Dans une atmosphère lourde, le sous-préfet a rappelé l’objectif de sa mission : « Comprendre, dans le respect des us et coutumes, comment se désigne un chef en pays Alladjan et écouter chaque famille », a-t-il déclaré.
L’objectif affiché était clair : entendre les sept familles impliquées dans le processus coutumier de désignation afin d'apprécier la régularité de la proposition soumise par le chef de terre à l'administration préfectorale, au regard des us et coutumes du peuple alladian.
Les sept familles consultées : une majorité favorable à la proposition du chef de terreau chef intérimaire
Akrou compte sept cours familiales - 1 YESSOH NIMBA avec pour chef de famille KPOUKPOU N'GUESSAN ANTOINE ; 2 AMIEN AHUI avec pour chef de famille KEKÉ PIERRE ; 3 AHIVA GBATTA avec pour chef de famille DEGNI LAVRY MATHIEU ; 4 DJOUMONKOU GBATTA avec pour chef de famille N'GUESSAN FRANÇOIS ; 5 TCHAVA GBATTA avec pour chef de famille JACQUES BOGUI ; 6 LEDJOKO GBATTA avec pour chef de famille N'GUESSAN BOUHZI ASERNE ; 7 MAMBE MECE HAMBÉ MINSSÉ avec pour chef de famille YACÉ PATRICK- impliquées dans le processus traditionnel de désignation.
Chacune a été invitée à s’exprimer publiquement sur le rôle des lignages, la procédure coutumière et la légitimité de la proposition du chef de terre. Si toutes ont reconnu que la tradition constitue la base du choix du chef, une large partie d’entre elles a également affirmé que le droit de désignation appartient exclusivement au chef de terre, représentant de la famille fondatrice du village. Cette position majoritaire a été contestée par 2 familles. Ces dernières ont exprimé leur position par la voix de DEGNI LAVRY MATHIEU. Pour ces 2 familles, la désignation du chef appartiendrait à la seule famille TCHAVA, présentée par le portevoix comme la famille régnante d'Akrou. Selon lui, c'est la famille TCHAVA qui choisit le chef de village avant d'informer le chef de terre qui se charge de l'installera la famille régnante Tchava, et non au chef de terre. C’est précisément ce point qui cristallise les tensions actuelles.
Une tension persistante autour du rôle du chef de terre
Si cinq familles ont effectivement soutenu N’Guessan Narcisse, proposé par le chef de terre, la contestation demeure vive, deux autres familles n’ont pas approuvé ce choix. Selon Ce dernier, selon elles, le chef de terre ne devrait intervenir qu’après la désignation faite par la famille TCHAVA interne pour entériner rituellement le choix, non pour l’orienter.
C’est cette divergence d’interprétation qui alimente l’essentiel des tensions, malgré la majorité exprimée lors de la consultation.Par ailleurs, le sous-préfet n'a pas manqué de rappeler que la désignation doit se faire selon les us et coutumes alladian. Cette précision permettra sans doute de trouver la voie à suivre.
Un processus suspendu pour apaiser la situation
Face à la division et afin de préserver la stabilité du village, le sous-préfet a finalement décidé de renvoyer la décision à une prochaine séance, sans date communiquée. Ce report est destiné à permettre au chef de terre d'organiser une nouvelle concertation des chefs des 7 lignages d'Akrou, en vue de rapprocher les positions, et de tenter d'aboutir à un consensus sur le nom à retenir au final. « Je vous exhorte à la paix, à l’union et à la cohésion », a-t-il insisté, conscient de la sensibilité du dossier.
Encadré 1 — Les tensions foncières derrière la chefferie
Depuis l’ouverture du pont Philippe-Grégoire Yacé, la zone de Jacqueville connaît une expansion sans précédent. Akrou, village en bordure de ville, est désormais considéré comme l’un des futurs pôles immobiliers de la région, attisant les convoitises des promoteurs et accélérant la valorisation des terres.
Dans ce contexte, la désignation du chef n’est plus seulement un acte coutumier : elle devient un enjeu économique majeur. Le chef du village détient en effet un rôle central dans la validation ou la contestation des transactions foncières. Or, des litiges anciens subsistent autour de parcelles vendues au cours de la décennie précédente, parfois sans l’autorisation coutumière requise.
Certains acteurs soutiennent que des ventes ont été conclues durant des périodes de vacances où de contestation du pouvoir traditionnel.Ce qui fragilise aujourd’hui leur validité. D’autres accusent, au contraire, certaines familles de vouloir imposer leur candidat pour mieux contrôler les futures opérations foncières.
Dans ce climat de suspicion, l’absence d’un chef reconnu par l’ensemble des parties entretient les incertitudes. Les autorités administratives, conscientes des enjeux, redoutent que le conflit coutumier ne déborde vers une crise foncière ouverte, aux conséquences potentiellement lourdes pour la paix sociale dans la région.
Kouadio K., Correspondance particulière
Encadré 2 — Un conflit de légitimité
Le bras de fer autour de la succession à Akrou met en lumière une triple légitimité qui s’affronte :
• La légitimité coutumière
Selon les traditions du peuple Alladjan, le pouvoir de désigner le chef de village revient au chef de terre, représentant du lignage fondateur du village. Ce dernier consulte les chefs de famille avant de confirmer et d'annoncer son choix à la communauté villageoise.
Pour certains, ce processus ne serait pas applicable à Akrou. Ils affirment que c'est plutôt à la famille Tchava, qu'ils présentent comme le lignage régnant historique, que revient le pouvoir de désigner le chef du village. Depuis plus d’un siècle, c’est elle qui choisit le chef, avant que celui-ci ne soit présenté au chef de terre pour validation rituelle. C'est en se fondant sur cet argument que 2 familles rejettent le choix porté sur la personne de N'GUESSAN NARCISSE et soutiennent C’est dans ce cadre que les Tchava soutiennent la candidature de Tékri Akadjé Gervais.
• La légitimité du chef de terre
La famille Yessoh Nimba, dont est issu le chef de terre, est la famille fondatrice du village d'Akrou. À ce titre, elle détient l’autorité spirituelle et rituelle sur les terres du village.
En pays alladian, c'est le chef de terre qui propose aux familles la personne appelée à être chef de village. C'est ce que les membres de l'association des chefs de terre et de village alladian ont confirmé aux autorités administratives au cours des tentatives de médiation qui ont précédé la consultation populaire.
Mais elle n’a pas, selon la tradition, la prérogative de désigner le chef. La décision unilatérale du chef de terre de proposer N’Guessan Narcisse à la préfecture est donc perçue comme une intrusion dans le domaine réservé des Tchava.
Pour rappel, les 3 derniers chefs du village d'Akrou sont Yacé Ahiva, chef de canton, chef du village d'Akrou, chef spirituel des alladians, Yacé Justin, son fils, et Yacé Ignace, son neveu. Tous 3 sont membres de la famille MAMBE MECE, avec des liens de parenté les unissant aux autres lignages du village. Au cours de la consultation, il a été rappelé que le prédécesseur de Yacé Ahiva dans les fonctions de chef de village était issu de la famille TCHAVA.
À la lumière de cet historique, on peut se poser la question de l'existence d'une famille de chefs à Akrou.
• La légitimité administrative
L’État intervient en dernier ressort, notamment pour garantir l’ordre public. Le sous-préfet se trouve ainsi dans une position délicate : arbitrer sans s’ingérer dans un processus coutumier, apaiser, trancher sans prendre parti sans trancher, et maintenir la cohésion entre les deux familles fondatrices composant le village d'Akrou dont l’équilibre est essentiel à la vie communautaire.
Ce triangle — coutume, autorité de terre, administration — explique la complexité du dossier et rend toute décision particulièrement sensible.
Pour l'avenir, il serait bon de formaliser le processus de désignation des chefs coutumiers, et de faire des sensibilisations pour que nul n'ignore la coutume.
K.K, Correspondance particulière
Encadré 3 — Akrou, un village entre mémoire et promesse
Niché au cœur de la région, Akrou est l’un de ces villages où chaque arbre, chaque sentier et chaque prénom murmuré porte une histoire. Ici, la terre n’est pas seulement un espace à partager : elle est un héritage, un lien vivant entre les anciens et les générations qui montent. Akrou respire au rythme de ses traditions, de ses alliances familiales, de ses palabres sous les arbres à palabre, et d’une solidarité qui ne s’est jamais démentie, même dans les moments de tension.
Entre paysages verdoyants et rivières qui tracent leur route comme des veines d’espoir, Akrou est un lieu où l’on revient toujours. Sa force, ce sont ses femmes, ses jeunes, ses anciens qui gardent la mémoire des terres, veillent sur les rites et défendent l’identité du village. Aujourd’hui encore, Akrou se tient debout, fier, chargé de défis, mais porté par une volonté profonde : préserver son âme tout en construisant un avenir apaisé.
K. K
Les Mardis de Nk- Réapprendre à former des êtres humains
Il y a, dans chaque époque, une bataille silencieuse que les nations mènent sans tambours : celle de l’éducation.
Nous parlons souvent de réforme, rarement de sens.
Souvent de programmes, rarement de finalité.
Souvent de contenus, trop peu de conscience.
Pourtant, réformer l’école ne consiste pas simplement à changer les manuels, les horaires ou les évaluations.
C’est un geste beaucoup plus profond, presque sacré :
réapprendre à former des êtres humains.
Former des têtes ne suffit plus : il faut réveiller des consciences*
Le citoyen éclairé de demain ne sera pas celui qui empile les savoirs comme des trophées scolaires.
Ce ne sera pas celui qui sait tout,
mais celui qui comprend pourquoi il sait.
La connaissance sans sens devient vanité.
Le savoir sans conscience devient arme.
L’école ne peut plus se contenter de transmettre :
elle doit apprendre à discerner, à réfléchir, à relier.
La mission de l’éducation n’est pas de fabriquer des mémoires,
mais de forger des esprits.
Face aux écrans, la lumière intérieure doit reprendre la main
Nous vivons dans un monde où les écrans s’allument plus vite que les regards,
où l’image précède la pensée,
où la vitesse prend le pas sur la profondeur.
C’est pourquoi l’appel est urgent, vital, presque prophétique :
> « Éduquer, c’est allumer la lumière intérieure
avant d’allumer les écrans. »
— Nok
Cette phrase devrait être inscrite au fronton de toutes les écoles.
Elle résume, dans sa simplicité lumineuse,
ce que tant de réformes tentent d’exprimer sans y parvenir.
L’enfant qui apprend à penser avant de regarder,
à comprendre avant de consommer,
à réfléchir avant de suivre,
est un enfant qui s’appartient.
Un futur citoyen libre, lucide, responsable.
*Réformer l’école, c’est choisir le destin d’un peuple*
L’avenir d’une nation ne se lit ni dans ses richesses, ni dans ses routes,
mais dans la qualité humaine de ceux qu’elle élève.
Un pays qui instruit sans éduquer crée des techniciens du monde.
Un pays qui éduque en profondeur crée des bâtisseurs de sens.
Les deux sont nécessaires.
Mais le second est essentiel.
Réformer l’école, c’est réformer l’âme collective.
C’est décider si l’on veut former des exécutants
ou éveiller des consciences prêtes à porter le pays plus loin que nous.
C’est un choix de civilisation.
Par Norbert KOBENAN
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