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mercredi 9 septembre 2026
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Le lancement de la campagne nationale de sensibilisation pour le recouvrement de la Taxe de développement touristique (Tdt) s’est tenu le mardi 18 août à l’Hôtel des Armées d’Abidjan-Plateau. Le relèvement du taux de 1,5 à 2,5 % et l’élargissement de l’assiette à l’ensemble des établissements touristiques et de loisirs – hôtels, restaurants, agences de voyages, sites de divertissement – marquent une étape décisive.

Le Directeur de cabinet, Daniel Andi Leal, représentant le ministre du Tourisme et des loisirs, Siandou Fofana, a insisté, d’emblée, sur une distinction fondamentale à l’endroit des opérateurs de l’écosystème touristique et ludique : « Vous n’êtes pas les redevables économiques de cette taxe. Vous en êtes les collecteurs. Et, in fine, les bénéficiaires. »
En clair, les premiers bénéficiaires sont les professionnels du secteur : hôtels, restaurants, agences de voyages, espaces de loisirs, guides… Chaque franc collecté et reversé alimente le Fonds de Développement Touristique (FDT), qui investit dans la promotion, la modernisation, la formation et l’attractivité du secteur. Dans son allocution centrale, Andi Leal Daniel a rappelé que « la mobilisation des ressources intérieures est une condition essentielle pour positionner la Côte d’Ivoire dans le Top 5 des destinations africaines d’ici 2030 ».

Le relèvement du taux de la Tdt : une étape décisive
Cette réforme fiscale, longtemps restée en berne depuis la pandémie de la Covid-19, traduit une volonté ferme de donner au secteur les moyens de ses ambitions. Le mécanisme de recouvrement, désormais assuré par les régies de l’État – Impôts, Trésor et Décentralisation – garantit une traçabilité accrue des fonds destinés au développement du secteur.


Le mécanisme de recouvrement et la traçabilité de la Tdt explicités
Le président du Fdt, Dr Marcel N’Guettia, a précisé le rôle de son institution : coordination sectorielle, production de supports pédagogiques et assistance aux opérateurs via des points focaux régionaux. Le modèle est simple et mobilisateur : le visiteur contribue, le professionnel collecte et le Fonds investit. C’est ce cercle vertueux que la Côte d’Ivoire veut instaurer, avec pour objectif de faire progresser tout l’écosystème touristique et ludique.

La Tdt un adjuvant indispensable à l’essor de l’écosystème
Les interventions successives ont clarifié les responsabilités. M. Tchétché Noël Gballou, directeur de la fiscalité locale, a détaillé les innovations fiscales introduites par l’annexe fiscale 2026. Mme Guibéhi née Ahoussi Lydie, directrice de la Paierie Générale du Secteur Parapublic, a mis l’accent sur la rigueur des procédures de reversement. Enfin, M. Fidèle Yapi, Directeur général de la décentralisation et du développement local, a souligné l’importance de l’implication des collectivités territoriales dans la mobilisation locale. Les faîtières professionnelles – FNIH, FENITOURCI, MOPEN, APV, UNP-CI – sont appelées à jouer un rôle-clé dans la diffusion de l’information et la mobilisation de leurs membres.
La cérémonie s’est conclue par un engagement unanime des acteurs, symbole d’unité autour d’un objectif commun : assurer un financement pérenne du développement touristique et ludique national et donner à la stratégie Sublime Côte d’Ivoire les moyens de ses ambitions.
Ayoko Mensah

Le soleil de plomb dardait ses rayons acérés sur les terres de Zégbégnon, un canton jadis prospère où les plantations de cacao et les champs de maïs ondoyaient sous la brise, nourris par les méandres généreux du fleuve Bandama.
Aujourd’hui, le paysage n’était plus qu’un vaste champ de désolation des cratères lunaires à perte de vue, des eaux saumâtres et stagnantes, et, par-dessus tout, un silence de mort.
Plus un seul chant d’oiseau.
Plus un seul ricanement d’enfant.
Dans l’enceinte de sa grande cour, le chef traditionnel, Nanan Koffi, contemplait d’un regard absent les jarres vides alignées le long du mur.

Autrefois, les femmes venaient y puiser l’eau fraîche aux sept matins. Aujourd’hui, le fleuve était devenu un torrent de boue empoisonnée au mercure et au cyanure, impropre même à la plus rustique des végétations.

Pourtant, Nanan Koffi s'en souvenait comme si c'était hier.
Lorsque les premières machines et les premiers convois d'aventuriers clandestins avaient fait irruption dans la forêt sacrée, il avait détourné le regard.
Les émissaires des réseaux mafieux étaient venus le voir, le respect ostentatoire en bandoulière, glissant dans son enveloppe de quoi sceller sa cécité volontaire.
Les autorités administratives et les mutuelles de développement, alertées par les notables intègres, en avaient fait de même, un silence complice acheté à coup de pourcentages sur l’or extrait, un regard bienveillant posé sur ces chantiers illégaux au nom d’une prétendue *« paix sociale »*
et du soulagement immédiat de la misère des jeunes.
Mais avec l'arrivée des orpailleurs, c'est un véritable cataclysme moral qui s'était abattu sur la communauté.
Le village s'était métamorphosé en une zone de non-droit où proliféraient les fumoirs, ouverts au grand jour comme cachés dans les recoins de la brousse, déversant leur lot de drogues dures et détruisant les derniers repères de la jeunesse. La prostitution, s'affichant désormais à ciel ouvert, avait fait affluer des vagues de nouvelles venues, qu'elles viennent de la capitale ou des pays limitrophes, attirées par l'argent facile des chantiers miniers.
La délinquance juvénile avait explosé, gangrénant toute une génération.
Les bancs de l'école s'étaient vidés de leurs élèves, désertés par des enfants pris dans l'engouement morbide de l'or, un abandon scolaire souvent encouragé par les parents eux-mêmes, aveuglés par l'illusion de gains rapides.

Au sommet de cette pyramide de compromissions,
la machine répondait à un ordre bien plus vaste. Tout ce minerai pillé, extrait au prix du sang et de la destruction des terres, était méticuleusement convoyé, nuit après nuit, vers un puissant ministre de la République.
Cet homme intouchable disposait de ses propres circuits de vente parallèles, s'accaparant les plus grandes marges de ce trafic d'État.
Dans la capitale, sa famille étalait une insolente opulence son épouse et ses enfants vivaient à l'extérieur dans des villas somptueuses, et ses protégés parcouraient les boulevards à bord de rutilantes berlines et 4x4 , s'abreuvant aux sources faciles de la curée nationale.
Pendant que ce prince éphémère régnait sur ses privilèges, distribuant les faveurs et protégeant les filières de l'orpaillage illégal, il avait totalement oublié l’essentiel, son propre héritage terrien, transmis par ses aïeux. Des centaines d’hectares de forêts denses, de magnifiques champs de café et de cacao, une terre nourricière et féconde qui faisait la fierté de sa lignée. Aveuglé par l’argent facile et l'ivresse du pouvoir, il avait laissé cet eldorado familial dépérir, pensant que l’or des sous-sols valait mieux que la sueur de la terre.

Puis, un matin, le couperet de la realpolitik est tombé.
Lors d'un énième remaniement ministériel, le nom du puissant ministre ne figurait plus sur la liste du nouveau gouvernement.
Du jour au lendemain, la chaîne s’est brisée.
Sans le sceau de l'État, sans la protection des postes officiels, les portes des circuits de vente se sont refermées. Moins d'entrées, plus de moyens financiers colossaux, et ce fut la chute brutale, vertigineuse.
Ses obligés se sont évaporés, et ses enfants, nantis de beaux diplômes mais incapables de s'assumer par le travail, se sont retrouvés à errer dans les rues de la capitale, sans emploi, désœuvrés et prisonniers du vide qu'ils s'étaient construits.
Chassé de ses illusions, ruiné et rattrapé par le vide de son existence, le déchu décida enfin de retourner au village de ses ancêtres. Il se dit qu'il allait renouer avec ses racines, reprendre la culture du cacao, exploiter enfin cet immense domaine forestier qu'il avait délaissé, et y couler des jours paisibles.
Mais à son arrivée, la réalité le frappa comme une onde de choc. Il n'y avait plus de village.
Oui, le village n'existait plus que sur les vieux papiers administratifs. Plus une âme qui vive. Les cases s'étaient effondrées dans les galeries souterraines creusées par les chercheurs d'or. Les jeunes étaient partis, perdus pour la plupart dans les affres de la drogue et de l'errance, fuyant la tombe à ciel ouvert qu'ils avaient eux-mêmes contribué à creuser.
Ses précieux hectares de cacao et de forêts, qu'il espérait léguer ou exploiter, avaient été totalement ravagés, calcinés et lessivés par les acides et les motopompes.
Il s’agenouilla sur ce sol craquelé, stérile et empoisonné, face au néant absolu. Il avait voulu régner sur un empire de milliards en bradant l'avenir de sa nation et de ses propres enfants ; il se retrouvait seul, souverain sans sujets, au milieu d'un cimetière de verdure et de vices. La terre, trahie, avait fini par reprendre ses droits en engloutissant tout, rappelant à cet homme trop tard que l'on ne bâtit pas un destin durable sur les ruines de sa propre patrie.

Une contribution de El Hadj HAROUNA KOLOGO


La caravane régionale du Prix national d’Excellence CIE du meilleur élève a achevé son parcours le 14 août2026. De Daloa à Man, de Korhogo à San Pedro, les dernières étapes ont refermé une séquence de onze rendez-vous organisés à travers le pays. À l’issue de cette campagne régionale, 87 élèves auront été récompensés pour un montant global de 50 550 000 FCFA mobilisé par la Compagnie Ivoirienne d’Électricité. Une démonstration, sur le terrain, d’un choix assumé par l’entreprise ‘’faire voyager la reconnaissance du mérite plutôt que de demander aux élèves de voyager pour la recevoir’’.
Un chiffre peut compter des élèves. Il ne raconte pas toujours les kilomètres parcourus, les établissements visités, les familles réunies ou les visages derrière chaque distinction. Pour comprendre la portée de cette 12ᵉ édition du Prix National d’Excellence CIE du meilleur élève, il faut regarder ce qui s’est passé en dehors des grands centres urbains.
Pendant plusieurs jours, la CIE a déployé sa caravane dans les régions pour aller à la rencontre des élèves distingués au CEPE, au BEPC et au Baccalauréat.
Au terme des 11 étapes régionales, ce sont 87 élèves qui auront été récompensés, avec 50,55 millions de FCFA mobilisés par l’entreprise. C’est probablement l’un des enseignements les plus significatifs de cette campagne régionale. Dans une logique classique, le lauréat se déplace vers le lieu de remise du prix. Avec le PNE CIE régional, le mouvement est inversé : c’est la reconnaissance qui se déplace vers le lauréat.
La caravane a ainsi rapproché le programme des élèves de l’intérieur du pays, en créant des rendez-vous au sein même des communautés éducatives.
Ce choix donne au programme une portée qui dépasse la simple remise d’une récompense. Il pose une question fondamentale : comment rendre visible l’excellence lorsqu’elle s’exprime loin des projecteurs habituels ? La réponse apportée par la CIE est concrète : aller sur le terrain.

La séquence régionale s’est achevée le 14 août, après onze étapes à travers le pays.
Les premières escales avaient notamment conduit la caravane à Abengourou, Abidjan, Bouaké, Yamoussoukro, Grand-Bassam, Dabou et Gagnoa. Les quatre dernières étapes à Daloa, Man, Korhogo et San Pedro sont venues compléter ce maillage territorial.
Cette couverture permet de donner une autre lecture de l’excellence scolaire en Côte d’Ivoire.
Le Prix National d’Excellence CIE est souvent résumé à une distinction remise aux meilleurs élèves. Cette lecture reste incomplète. La contribution de l’entreprise se situe aussi dans la capacité à organiser et financer un dispositif national de proximité, à identifier les lauréats sur la base des résultats officiels, à déployer les équipes sur les territoires et à créer, autour de chaque étape, un moment de reconnaissance collective.

À travers les 50 550 000 FCFA mobilisés sur les onze étapes régionales, la CIE donne une traduction concrète à son engagement en faveur du mérite scolaire au niveau régional.
La caravane régionale a terminé son parcours. Mais la 12ᵉ édition du Prix National d’Excellence CIE n’est pas encore arrivée à son terme.

Après avoir célébré le mérite au plus près des territoires, la CIE s’apprête désormais à réunir les grands champions nationaux des examens à grand tirage. La grande cérémonie nationale de remise des prix se tiendra le 22 août 2026 à l’Espace Latrille Events. Ce rendez-vous constituera le point culminant de cette nouvelle édition : après les territoires, la scène nationale ; après les parcours régionaux, la consécration des meilleurs parmi les meilleurs.

Une édition régionale qui pose une question de fond
Que reste-t-il lorsqu’une cérémonie s’achève ? Des photos. Des discours. Des récompenses.
Mais le Prix National d’Excellence CIE laisse aussi une trace différente ‘’celle d’un programme qui, depuis 2015, a choisi de faire de l’excellence scolaire un sujet de proximité.’’
B . M

La lutte contre l'orpaillage illégal demeure une priorité pour le gouvernement ivoirien. Face à la persistance du phénomène et à ses conséquences économiques, sociales, environnementales et sécuritaires, le ministère des mines, du pétrole et de l'énergie (MMPE) multiplie les actions de sensibilisation.

Selon Seydou Coulibaly, Directeur général des mines et de la géologie, qui intervenait sur les antennes de Radio Côte d'Ivoire le 15 août puis sur le plateau de NCI le dimanche 16 août2026, d'importants efforts ont déjà été consentis dans la répression des infractions au Code minier. Toutefois, les défis restent multiples et dépassent largement la seule question minière. L'orpaillage clandestin constitue désormais un véritable enjeu sécuritaire, au point d'avoir été érigé en priorité nationale par le Chef de l'État.
Ce fléau fait l'objet d'un suivi régulier du Conseil national de sécurité (CNS), dont le Secrétariat exécutif dispose de moyens de répression et de coercition à travers le Groupement spécial de lutte contre l'orpaillage illégal (GSLOI). Ses interventions portent, entre autres, sur la saisie des fonds illicites et la confiscation de l'or extrait frauduleusement.

Mais au-delà des opérations de répression, le Ministère en charge des mines insiste sur un facteur déterminant : l'implication des communautés locales. Le collaborateur du ministre des Mines, du pétrole et de l'énergie a d'ailleurs mis en avant cette approche au cours de ses deux interventions médiatiques, citant plusieurs localités ivoiriennes qui sont parvenues à faire échec à l'installation des orpailleurs grâce à la mobilisation de leurs populations.

Le ministère estime en effet que les exploitants clandestins ne peuvent s'établir durablement dans une localité sans une forme d'acceptation ou de complicité au niveau local. Propriétaires terriens, chefs de village, jeunes, cadres, élus et mutuelles de développement ont donc un rôle essentiel à jouer.

Plusieurs cas en témoignent. Dans le département de Boundiali, à Gbémou, l'opposition des élus et des cadres a empêché l'installation et le développement de l'activité : les exploitations clandestines n'ont pu y prospérer. À Sissèdougou, dans la sous-préfecture de Ganaowni, les populations ont mis en place une cellule de veille qui a permis de préserver la localité. Même constat à Yobouèkro, dans le département de Toumodi, où les habitants ont refusé l'implantation des orpailleurs : ils se sont organisés en coopérative et ont obtenu des autorisations d'exploitation minière artisanale. Dans la Région du Moronou, le village d’Andé, sous-préfecture d’Andé, a empêché l’installation de l’orpaillage illicite dans sa localité. Dans le département d’Arrah, dans le village de N’Zanfouenou, sous-préfecture de Kotobi, il n’y a aucune activité d’orpaillage illégal par la volonté des populations locales. Le village d’Assièkokorè, sous-préfecture d’Assièkokorè, a dit non à l’orpaillage illégal et il n’y en n’a pas.
Seydou Coulibaly a fait remarquer que là où les propriétaires terriens, chefs de villages, jeunes, cadres, élus, mutuelles de développement ont refusé l’orpaillage illégal, ce phénomène ne s’est pas installé. La solution est donc locale. Si dans des localités il n’y a pas de pratique d’orpaillage illégal c’est que cela peut se faire aussi ailleurs. « Les seuls endroits où l’orpaillage illégal a été définitivement contenu ce sont les localités où les communautés ont dit non »., a insisté le Directeur général des Mines et de la géologie.
Pour rappel, dans le cadre de la sensibilisation, le ministre Mamadou Sangafowa-Coulibaly a rencontré le 8 décembre 2023 à Yamoussoukro le directoire de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels de Côte d'Ivoire (CNRCT-CI) pour lancer une stratégie conjointe contre l'orpaillage illégal.
Elle avait pour objectifs de d’expliquer aux autorités coutumières les graves conséquences de l'orpaillage illicite ; impliquer les rois et chefs traditionnel pour relayer les messages au sein des communautés locales.
Cette sensibilisation s’est poursuivie dans les Districts des Savanes (Kong, Boundiali, Korhogo), des Lacs (Daoukro, Toumodi, Dimbokro) dans les régions du Moronou (Bongouanou), de l'Agnéby-Tiassa (Agboville) et de La Mé (Adzopé).
Bamba Mafoumgbé
Légende photo : le ministre Mamadou Sangafowa-Coulibaly des Mines, de l’énergie et du pétrole est sur le front de la sensibilisation sur le terrain

Les nations changent véritablement lorsque leurs citoyens cessent seulement de réclamer le progrès et commencent à en adopter les comportements. Il existe des batailles que l’on remporte avec des armées, d’autres avec des capitaux, des infrastructures ou des technologies. Mais les batailles qui décident durablement du destin des peuples se livrent ailleurs : dans les consciences.
On peut construire une autoroute en quelques années. Il faut parfois une génération pour construire une culture de la ponctualité. On peut ériger une université, mais aucun décret ne peut obliger un peuple à aimer le savoir. On peut numériser l’administration, mais aucun logiciel ne remplacera l’intégrité de celui qui l’utilise.
La Côte d’Ivoire avance. Mais pour devenir cette Grande Côte d’Ivoire que nous appelons de nos vœux, elle devra gagner une autre bataille : celle de ses habitudes collectives.
Car le développement est aussi une culture.
Premier combat — Remplacer la culture du raccourci par celle de l’effort
Le raccourci est séduisant parce qu’il promet la destination sans le voyage.
Nous devons réhabiliter cette vérité ancienne : ce qui dure demande du temps.
À l’école, dans l’entreprise, dans l’administration comme dans la vie publique, l’effort doit redevenir honorable. Une société qui enseigne à ses enfants qu’il existe toujours quelqu’un à appeler, une relation à solliciter ou une règle à contourner prépare moins des citoyens que des chercheurs de privilèges.
Le mérite doit redevenir une fierté nationale.
Deuxième combat — Faire reculer le passe-droit devant la règle
Le passe-droit paraît souvent anodin lorsqu’il nous favorise.
Nous le condamnons lorsqu’il profite aux autres et lui trouvons mille justifications lorsqu’il nous ouvre une porte.
Pourtant, chaque privilège injustifié retire une pierre à l’édifice de la confiance.
Une République devient forte lorsque le citoyen puissant et le citoyen ordinaire rencontrent la même règle.
La loi ne doit connaître ni cousin, ni ami, ni rang social. Sinon, elle cesse progressivement d’être une règle pour devenir une faveur.
Troisième combat — Cesser de célébrer la médiocrité
Chaque société finit par ressembler à ce qu’elle applaudit.
Si nous célébrons l’excellence, nous fabriquerons de l’excellence. Si nous récompensons la facilité, nous multiplierons les raccourcis. Si la compétence devient secondaire devant la proximité, nous apprendrons aux générations suivantes qu’il est plus utile de connaître quelqu’un que de connaître quelque chose.
La médiocrité devient dangereuse lorsqu’elle cesse d’avoir honte d’elle-même et commence à réclamer les mêmes honneurs que l’excellence.
Une grande nation doit avoir le courage de distinguer.
Quatrième combat — Préférer l’argument à l’insulte
Notre époque dispose d’outils extraordinaires pour communiquer et semble parfois perdre l’art de se parler.
Les réseaux sociaux ont démocratisé la parole ; ils ont aussi industrialisé l’invective.
Pourtant, insulter n’est pas argumenter. Humilier n’est pas convaincre. Faire taire un contradicteur n’est pas avoir raison.
Une démocratie devient adulte lorsque deux citoyens peuvent défendre des opinions radicalement différentes, puis se serrer la main parce qu’ils savent qu’au-dessus de leurs désaccords demeure une patrie commune.
La contradiction n’est pas une menace. Elle est l’oxygène de l’intelligence.
Cinquième combat — Réhabiliter la vérité
Jamais l’information n’a circulé aussi vite. Jamais peut-être le mensonge n’a disposé d’autant de jambes.
Une rumeur traverse désormais un pays avant que la vérité ait eu le temps de mettre ses chaussures.
Or une nation ne peut prendre de bonnes décisions sur la base de fausses réalités.
Vérifier avant de partager, distinguer les faits des opinions, reconnaître une erreur, refuser la calomnie : voilà désormais des actes de citoyenneté.
La vérité peut déranger un camp. Le mensonge finit toujours par affaiblir le pays entier.
Sixième combat — Faire triompher l’intérêt général sur les intérêts particuliers
Le grand défi d’une République commence lorsque chacun accepte que tout ce qui lui est favorable n’est pas nécessairement bon pour la nation.
Corporations, communautés, générations, partis, administrations, entreprises : chacun possède des intérêts légitimes.
Mais une nation disparaît moralement lorsque personne n’accepte plus de regarder au-delà de son propre cercle.
Le patriotisme commence précisément là : lorsque nous sommes capables de perdre un petit avantage personnel pour que le pays gagne un grand avenir collectif.
Septième combat — Passer de la revendication des droits à l’équilibre des devoirs
Nous connaissons admirablement nos droits.
Nous parlons moins volontiers de nos devoirs.
Pourtant, les deux sont les deux rives du même fleuve. Supprimez-en une, et le courant se disperse.
On ne peut réclamer une ville propre tout en jetant ses déchets dans la rue ; souhaiter des infrastructures modernes tout en dégradant les équipements publics ; exiger un État performant tout en cherchant constamment à échapper à ses obligations.
La citoyenneté n’est pas seulement ce que la République nous doit.
C’est aussi ce que nous devons à la République.
Huitième combat — Transformer notre rapport au bien public
Nous devons sortir d’une étrange conception selon laquelle ce qui appartient à l’État n’appartiendrait à personne.
Le banc public, l’école, l’hôpital, le lampadaire, la route, l’autobus ou l’argent public ont un propriétaire : nous tous.
Détruire le bien public, c’est donc détruire quelque chose que nous avons collectivement payé.
Les grandes nations ont compris une équation simple : construire coûte cher ; préserver coûte infiniment moins.
Le civisme est aussi une politique économique.
Neuvième combat — Remplacer la politique de l’adversaire par la culture du compatriote
Une démocratie a besoin de majorité et d’opposition, de critiques, de controverses et d’alternatives.
Elle n’a pas besoin d’ennemis intérieurs permanents.
Nous devons apprendre à combattre les idées sans détruire les personnes, à contester une politique sans nier l’humanité de celui qui la défend, à perdre une bataille électorale sans considérer que la République elle-même est perdue.
Les élections passent.
Les gouvernements passent.
Les générations passent.
La Côte d’Ivoire demeure.
Voilà la hiérarchie qu’un patriotisme mature ne devrait jamais oublier.
Dixième combat — Retrouver le sens du temps long
C’est peut-être le combat qui contient tous les autres.
Notre époque veut tout immédiatement : la réussite sans apprentissage, la richesse sans patience, les résultats sans sacrifices.
Mais le planteur sait ce que le monde moderne oublie parfois : on ne tire pas sur les branches d’un arbre pour le faire grandir plus vite.
Une grande nation se plante avant de se récolter.
Il faut investir dans l’enfant dont nous ne connaîtrons peut-être jamais la réussite. Construire l’institution dont d’autres récolteront les fruits. Préserver la forêt dont l’ombre profitera à ceux qui ne sont pas encore nés.
Voilà le véritable sens de l’État : organiser le présent au nom de l’avenir.
La onzième bataille est en chacun de nous
Ces dix combats ne seront gagnés ni par un gouvernement seul, ni par une génération particulière, ni par quelques institutions.
Parce que leur véritable champ de bataille est invisible.
Il se trouve dans notre rapport au travail, à l’argent, à la vérité, à la règle, à la différence, au bien public et aux générations futures.
Nous avons construit des routes ; construisons maintenant les comportements qui les préserveront.
Nous avons élevé des ponts ; élevons aussi des ponts entre nos différences.
Nous avons bâti des infrastructures ; bâtissons la confiance.
Nous avons proclamé notre ambition ; donnons-lui désormais une culture.
Car une nation ressemble à un baobab.
Ses infrastructures sont ses branches. Son économie est son tronc. Ses institutions sont son écorce.
Mais ses valeurs sont ses racines.
Et lorsque vient la grande saison des tempêtes, l’Histoire ne demande jamais aux arbres jusqu’où montaient leurs branches.
Elle regarde jusqu’où descendaient leurs racines.
La Grande Côte d’Ivoire sera donc, avant d’être une puissance économique, une victoire culturelle sur nous-mêmes.
Car le plus difficile n’est peut-être pas de changer le pays.
C’est de changer en nous ce qui empêche encore le pays de devenir grand.

Par Norbert KOBENAN

 

 

 


 

 

 

 

 

La courbe présentant les chiffres au niveau de l’enrôlement à la Couverture maladie universelle ( Cmu)continue sa trajectoire croissante avec plus de 26 millions de personnes enrôlées à ce jour. Très précisément, au vendredi 14 aout 2026, nous étions à 26124590 d’enrôlés dont 16422 le vendredi.
Le Jeudi 13 aout 26, le nombre d’enrôlés est ressortis à 14643. Ce qui donne 26 108098 enrôlés globalement.
Au 11 Aout 2026, les données de l’Institution de prévoyance sociale- Caisse nationale d’assurance maladie ( Ips- Cnam) indiquaient que nombre d’enrôlés était à 15 305 personnes. Ce qui porte à 26 07976 personnes enregistrées dans les fichiers de l’Ips- Cnam. A cette date, le nombre d’enrôlés est ressortis à 14643. Malgré ces chiffres et la tendance haussière, Bamba Karim, le Directeur général de l’Ips- Cnam et son staff continuent d’affiner la stratégie pour mieux servir les bénéficiaires du panier de soins de la Cmu.
Des défis majeurs à relever malgré les progrès
En dépit de ces avancées tangibles, les défis qui restent à relever sont réels et bien connus de l’institution. Le taux de recouvrement des cotisations, qui détermine la soutenabilité financière du système, doit être amélioré pour que le maximum de personnes assurées puisse effectivement se soigner. La qualité des soins dans les structures partenaires, particulièrement dans les zones rurales où les établissements de santé manquent de personnel qualifié et d’équipements, reste un enjeu majeur : une couverture financière sans qualité de soins ne protège pas vraiment. Et l’intégration progressive de nouvelles pathologies dans le panier de soins, au-delà du diabète et de l’hypertension, notamment les maladies mentales dont la prévalence est sous-estimée et la prise en charge quasi inexistante, constitue le prochain grand chantier.
A noter que l ’architecture de la Cmu repose sur deux régimes distincts dont la complémentarité dit la vision sociale du dispositif. Le régime général de base est contributif : chaque assuré verse 1 000 Fcfa par mois, soit environ 1,53 euro, et les caisses de l’Ips- Cnam prennent en charge 70 % des frais de soins couverts tandis que l’assuré paie son ticket modérateur de 30 %. Mille francs par mois est un montant accessible même pour les ménages à revenus modestes des zones semi-urbaines et rurales.
B. M

L’accès à l’eau potable reste un enjeu majeur dans les zones rurales, particulièrement dans le nord de la Côte d’Ivoire où les besoins en services essentiels demeurent importants. Selon le Cicg, pour y répondre, le gouvernement renforce ses actions dans le cadre de sa politique de lutte contre la pauvreté et d’amélioration des conditions de vie des populations.
Ainsi, ajoute la source, à travers le Projet d’Appui au Programme Social du Gouvernement, PA-PSGouv, des infrastructures sont réalisées pour rapprocher les services essentiels des communautés rurales. À Mamadouvogo, cette action s’est concrétisée en 2021 avec l’installation d’une Pompe à Motricité Humaine (PMH).
Avant cette réalisation, l’accès à l’eau était une véritable épreuve pour les habitants. Pour s’approvisionner, il fallait se rendre au marigot, parfois dès 4 ou 5 heures du matin. Les populations avaient également tenté de creuser un puits, mais celui-ci tarissait à l’arrivée de la saison sèche.
Une situation qui pesait particulièrement sur les femmes, chargées de l’approvisionnement en eau des ménages.
« Avant l’arrivée de la pompe, nous avons beaucoup souffert. On n’avait pas d’eau. On était obligé de se lever à 4h ou 5h du matin pour aller au marigot puiser de l’eau », raconte Yeo Bintou, présidente des femmes de Mamadouvogo.
Depuis l’installation de la pompe, le quotidien des habitants a changé.
« On n’est plus obligé de se lever très tôt tous les matins pour aller chercher l’eau loin. On se lève tranquillement, on s’approvisionne directement au village, sans conflits et sans être épuisées », témoigne-t-elle.
L’eau est désormais disponible directement dans le village, réduisant les distances à parcourir et les difficultés liées à l’approvisionnement.
L’intervention à Mamadouvogo s’inscrit dans une action plus large menée à l’échelle nationale. À fin 2024, le bilan du Programme social du gouvernement fait état de 15 527 pompes à motricité humaine réparées, 3 520 remplacées et plus de 32 000 entretenues, avec des interventions ayant permis d’améliorer l’accès à l’eau potable dans près de 10 000 localités.
Elysée Koffi

• Les chiffres sans cesse croissants sur l’orpaillage illégal et son impact en Côte d’Ivoire achèvent de convaincre qu’il faut engager un combat titanesque pour lutter contre une pratique illégale qui est en train détruire des pans entiers de notre environnement aquatique et terres cultivables de la Côte d’Ivoire. Sur les 31 régions du pays, aucune n’est épargnée par le phénomène. Elles sont toutes dans le viseur des wogobèsseurs (fouilleurs) de nos terres.
Les chiffres publiés le 23 Juillet 2026, à l’issue de la dernière réunion du Conseil national de sécurité(Cns), présidée par le Président Alassane Ouattara, au Palais présidentiel d’Abidjan-Plateau, achèvent de convaincre que l’heure est grave et qu’il faudrait que le gouvernement ivoirien manœuvre avec le bâton et la carotte, pour juguler cette gangrène qui est en train d’ulcérer et détruire les ressources en eaux et terres cultivables ivoiriennes.
La sensibilisation et la pédagogie : Les armes du ministère des mines, du pétrole et de l’énergie
Le ministre des Mines, du pétrole et de l’énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, invité au siège de la Banque mondiale le jeudi 16 avril 2026, a plaidé pour l’instauration d’une régulation mondiale stricte des produits chimiques utilisés dans l’orpaillage. C’était en marge des réunions de printemps des institutions de Bretton Woods à Washington. Rapportent les services du ministère ivoirien des Mines, du pétrole et de l’énergie.
Organisée sous l’égide de l’Extractives global programmatic support, cette rencontre a réuni des représentants du G7, des pays producteurs et acheteurs d’or, ainsi que des acteurs du secteur privé et du World Gold Council. Les échanges ont porté sur la progression des flux illicites d’or, dans un contexte marqué par des prix historiquement élevés et une expansion rapide du secteur artisanal dans plus de 80 pays.
Par ailleurs, les notes officielles consultées par le site www.afrikchallenges.info, ajoutent que M. Sangafowa-Coulibaly a insisté sur la dimension systémique du phénomène de l’orpaillage illégal, rappelant qu’en Afrique, près de 435 tonnes d’or échappent chaque année aux circuits formels, alimentant des flux financiers illicites et fragilisant les recettes publiques. Une situation que la Côte d’Ivoire illustre également, avec environ 142 tonnes d’or sorties des circuits officiels, représentant un manque à gagner évalué à 4 600 milliards de francs Cfa. Avant 2021, en Côte d’Ivoire, les données officielles du Cns affirment que « l’orpaillage illégal qui est pratiqué par 95% des populations non ivoiriennes, faisait perdre aux caisses de l’Etat, plus de 498 milliards Fcfa par an ». Ce chiffre est très certainement dépassé depuis.
Dans un tel contexte, Sangafowa-Coulibaly a appelé à une régulation rigoureuse des intrants critiques utilisés dans l’orpaillage illégal. Il a souligné que, malgré leur interdiction dans de nombreuses juridictions, le mercure et le cyanure continuent de circuler à travers des réseaux parallèles, alimentant les sites clandestins. « Il est impératif d’instaurer une régulation stricte à l’échelle mondiale de ces produits chimiques », a-t-il déclaré, mettant en garde contre leurs effets irréversibles sur les sols, les ressources en eau et la santé des populations.
Le ministre a, par ailleurs, indiqué que la Côte d’Ivoire a déjà engagé des actions significatives pour faire face à ce phénomène, notamment à travers le démantèlement de plus de 7 000 sites illégaux, la mise en œuvre du Code minier, le déploiement du Programme national de rationalisation de l’orpaillage ainsi que l’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (Emape).
Il a également plaidé pour la mise en place d’un cadre international structuré, associant États, institutions financières et acteurs privés, sous l’impulsion notamment de la Banque mondiale. À l’échelle régionale, il a souligné la nécessité de renforcer la coordination au sein de la Cédéao et de l’Uémoa, afin de mieux contenir les flux transfrontaliers et d’harmoniser les politiques minières.
Des propositions concrètes de Sangafowa Coulibaly
Évoquant les circuits d’écoulement de l’or artisanal, reliant l’Afrique de l’Ouest aux grandes places d’achat situées notamment aux Émirats arabes unis, en Suisse et en Inde, le ministre a insisté sur l’impératif d’une réponse concertée entre pays producteurs, de transit et de consommation. « Les efforts engagés à l’échelle nationale, voire régionale, ne suffiront pas à contenir un phénomène aussi tentaculaire si des réponses fortes et coordonnées ne sont pas mises en œuvre au niveau mondial », a-t-il soutenu.
Dans une Côte d’Ivoire qui entend rationnaliser l’exploitation de son potentiel minier et moderniser durablement son industrie minière et particulièrement aurifère, le gouvernement a décidé de muscler d’avantage sa stratégie de lutte contre l’orpaillage illégal.
Selon les chiffres officiels ivoiriens, produit par le Conseil national de sécurité( Cns), en charge de piloter le volet répression de ce pan de ce dossier délicat, « sur la période allant de 2021 au premier semestre 2026, des résultats tangibles ont été obtenus sur le front de la lutte contre l’orpaillage illégal »
Sur l’on s’en tient au bilan publié le jeudi 23 Juillet 2026, à l’issue d’une réunion du Conseil national de sécurité (Cns). Qui a été présidée par Président de la République, Sem Alassane Ouattara, au Palais de la Présidence de la République d’Abidjan- Plateau, il est fait état du déguerpissement de plus de 8 500 sites d’orpaillage illégal sur l’ensemble du territoire national. Les opérations conduites par le GS-LOI ont également permis le défèrement de 4 474 individus, dont 65 % de ressortissants étrangers, la saisie de plus de 960 millions de Fcfa ainsi que d’environ 136 kilogrammes d’or. Plusieurs engins et équipements utilisés dans cette exploitation illicite ont par ailleurs été confisqués puis détruits. Cette rencontre était consacrée à l’examen de la situation sécuritaire générale du pays.
La persistance et l’expansion de l’orpaillage illégal
Malgré ces résultats jugés encourageants, le Conseil national de sécurité a déploré la persistance, voire l’expansion, de l’orpaillage illégal dans plusieurs régions du pays Le Cns estime que cette activité continue de constituer une menace sérieuse en raison de ses impacts sur l’environnement, la sécurité nationale, les ressources naturelles et l’économie ivoirienne.
Face à cette situation, le Chef de l’État a instruit le Premier ministre, Chef du gouvernement, Robert Beugré Mambé de prendre toutes les mesures nécessaires pour intensifier la lutte contre ce phénomène. Parmi les principales orientations retenues figure le renforcement de la responsabilité des autorités administratives, traditionnelles et coutumières, ainsi que des Forces de défense et de sécurité, notamment à travers les Comités départementaux de sécurité (Cds) et les Cellules civilo-militaires (Ccm) placés sous l’autorité des préfets.
Le Président de la République a également demandé une collaboration accrue avec les représentations diplomatiques des pays d’origine des orpailleurs illégaux étrangers afin de renforcer les actions de sensibilisation et de faciliter le rapatriement des personnes impliquées. Il est bon de préciser qu’en ce qui concerne la pratique de l’orpaillage illégal dans plusieurs pays voisins situés au nord de la Côte d’Ivoire, des données chiffrées produites par certaines organisations crédibles donnent froid dans le dos. (Voir encadré : Afrique de l’Ouest- Ces chiffres de la Cédéao qui donnent des précisions sur les origines de l’orpaillage illégal )
Le Conseil a, en outre, insisté sur l’application rigoureuse des textes répressifs contre toute personne physique ou morale impliquée dans cette activité. À cet effet, le Premier ministre a été chargé de présenter, dans les meilleurs délais, une communication en Conseil des ministres portant sur le renforcement du dispositif national de lutte contre l’orpaillage illégal. Le Conseil national de sécurité a décidé d’accroître les capacités opérationnelles du GS-LOI ainsi que celles des unités des Forces de défense et de sécurité intervenant en coordination avec ce groupement. Le Conseil national de sécurité, à travers ces nouvelles orientations, les autorités ivoiriennes affichent leur volonté de durcir la lutte contre l’orpaillage illégal afin de préserver les ressources naturelles, protéger l’environnement et garantir la sécurité ainsi que le développement économique du pays.
Bien avant ces résultats, le gouvernement ivoirien n’est pas resté les bras croisés face à un phénomène, dont les acteurs visibles sont bien enracinés dans nos villages et hameaux où ils ont mis au chaud parfois discrètement voire ouvertement.
Ainsi, il est bon de rappeler que 114 sites d’orpaillage illégal ont été déguerpis, 96 personnes interpellées dans 12 régions de la Côte d’Ivoire, pendant que 9 000 abris de fortune détruits et d’importantes quantités de matériels saisies. Aussi, de 2018 à 2019, le gouvernement ivoirien a mis fin aux activités de 23 400 orpailleurs clandestins. En ce moment-là, l’orpaillage illégal fait perdre plus dexxx aux caisses de l’Etat.
Ces chiffres ont été communiqués le 10 décembre2021, par le Conseil national de sécurité, (Cns). Qui, au cours de ses différentes réunions, fait un point régulier des actions menées dans le cadre de la lutte contre l’orpaillage illégal. Une véritable gangrène contre laquelle, depuis quelques années, le gouvernement ivoirien a engagé une guerre sans merci. L’orpaillage clandestin est une véritable plaie qui gangrène le secteur minier ivoirien. Aussi, en plus de la répression, « il a été lancé le projet des chantiers-écoles pour encadrer et professionnaliser les acteurs de la filière minière artisanale » rapporte le Centre ivoirien de communication gouvernementale(Cicg).
Bamba Mafoumgbé, Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Légende photo : Une vue d’un site d’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire

•Les chiffres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao) publiés, en Juillet 2021, indiquaient que « 10 % de la population du Niger, du Mali et du Burkina Faso dépendent de l’orpaillage artisanal sur plus de 1000 sites informels (…) Une prochaine réglementation de l’orpaillage clandestin au Sahel est en vue. Ce secteur informel est devenu aussi important que l’exploitation minière industrielle. Il contribue au financement du terrorisme et recourt au travail des enfants » affirmait alors M. Sédiko Douka, en sa qualité de Commissaire de la Cédéao chargé de l'Energie et des mines.
Malheureusement, ces trois pays du Sahel, depuis plus de deux ans ont décidé de ne plus faire partie de la Cédéao et ont acté la création de l’Alliance des Etats du Sahel, (AES). Avec pour dénominateur commun, la monté en puissance de l’insécurité et du grand banditisme avec leurs lots de contrebande en tout genre.
Dans ce climat d’insécurité, l’on note un exode massif de populations du nord de ces trois pays fuyant l’insécurité, vers les pays du sud dont la Côte d’Ivoire, avec certaines de leurs pratiques économiques comme l’orpaillage illégal.

La Côte d’Ivoire qui abrite déjà une forte colonie burkinabé, fait face depuis 2021, à un flux massif de populations venant du nord. Depuis 2021, près de 70 000 Burkinabés se sont réfugiés en Côte d’Ivoire pour échapper aux violences des groupes djihadistes ou de l’armée. La présence de ces déplacés crée des tensions dans le Nord. Une source Reuters avance 80 mille y compris les maliens.
Des Camps de réfugiés, selon le Haut-commissariat aux réfugiés(Hcr), pour la plupart en transit ont été installés par le gouvernement ivoirien à Ferkéssedougou et à Bouna. Une autre partie du flux qui descend sur la Côte d’Ivoire rejoint les frères dans le sud forestiers dans les zones de production de cacao pendant que d’autres s’adonnent à l’orpaillage illégale avec la complicité de certains chefs de terres et des responsables de mutuelles.
Lors de nos investigations, une personne originaire de la zone Katiola – Tafiré , nous a indiqué : « Ceux nous voyons sur les sites ne sont que la face visible d’un cartel bien organisé, disposant de gros moyens matériels et financiers. Les cerveaux sont capables de graisser les pâtes aux insoupçonnés. Même dans l’administration. »
Au nord- ouest, dans la Région de la Bagoué, sur les sites d’orpaillage qui s’étendent à perte de vue, d’après observation de prises de vue aériennes, l’agriculture est très menacée. Des témoins racontent que des armes de petits calibres, le commerce du sexe, l’alcool coulent à gogo.
Pour faire court, l’atmosphère sent la violence avec la présence de produits dangereux et d’explosifs.
Dans le cadre des activités de recherche de la fine couche d’or et de rares granulés, pour se faire rapidement de l’argent, ils utilisent le Cyanure, sans grande précaution aussi bien pour leur propre santé que pour l’environnement. Le résultat est là, implacable. En son temps, Feu le Président Henri Konan Bédié, alors président du Pdci Rda avait levé le lièvre contre ce flux massif venant des pays voisins du nord. Cette sortie a suscité des réactions vives et controversées d’une partie de la classe politique notamment le Rhdp, ex- allier du Pdci Rda.

Face à la montée du fléau, l’ancien Président Henri Konan Bédié avait fait une sortie fracassante courant 2019, qui avait suscité de vives réactions de la part de certains pontes du Rhdp. M. Henri Konan Bedié avait dit : « L’invasion massive de toute la Côte d’Ivoire par de soi-disant orpailleurs armés, la fraude massive sur la nationalité ivoirienne sur laquelle le gouvernement ne mène aucune enquête pour arrêter le phénomène ( …) La Côte d’Ivoire subit une invasion massive, incontrôlée, de gens venus principalement des pays environnants. Le gouvernement ne fait rien pour arrêter cela. Ces problèmes dus à l’orpaillage sont répandus sur tout le territoire et bénéficient de complicités locales » En outre ajoute une source officielle, malgré les efforts du ministère des Mines et de la géologie d’alors, 20 départements étaient touchés sur 109 que comptait le pays en 2019.
Face à la dégradation de l’environnement et des exploitations agricoles, le ministère des Mines et de la géologie, puis le ministère des Mines, du pétrole et de l’énergie sur instruction du gouvernement se bat contre cet Hydre ; véritable serpent de mer. Pour légaliser la pratique et la formater. Pour parler comme le Vieux Ménékré , c’est sur ça que le gouvernement est depuis quelques années
Ayoko Mensah
Légende photo : Le siège de la Cédéao à Abuja… Avec la création de l’AES, elle est freinée dans son élan

La Campagne 2026-2027 de commercialisation des produits du karité est officiellement ouverte ce vendredi 14 août 2026. À cette occasion, le Conseil du coton, anacarde et du karité a présenté les principales mesures destinées à renforcer l’organisation, la compétitivité et la transformation de la filière.


• Face à la presse à Abidjan, M. Ehui Kouassi Jérôme, président du Conseil d’administration du Conseil du coton, anacarde et du karité, a dressé un bilan de la campagne précédente et de préciser les nouvelles dispositions applicables aux acteurs de la filière.
Pour la campagne 2026-2027, le prix minimum bord-champ de l’amande de karité de qualité, bien séchée, bien triée et exempte de matières étrangères, est fixé à 250 Fcfa le kilogramme. Par ailleurs, le prix minimum dans les magasins intérieurs des acheteurs est établi à 275 Fcfa le kilogramme, tandis que le prix plancher au niveau des usines est fixé à 305 Fcfa le kilogramme.
Selon Ehui Kouassi Jérôme, ces mesures visent à mieux encadrer la commercialisation et à garantir une meilleure rémunération des acteurs de la chaîne de valeur, notamment les populations rurales et les femmes qui jouent un rôle majeur dans la filière.
Aussi, au titre de la campagne 2025-2026, le prix d'achat bord- champ des amandes karité fixé à 250Fcfa/kg, a varié au cours de la campagne entre 250 et 350 Fcfa/kg, avec un prix moyen de 275 Fcfa/kg. Au total, 51 697 tonnes d'amandes de karité ont été enregistrées dans le circuit formel de commercialisation et entièrement orientées vers les unités de transformation locale. 168 acheteurs, 21 unités de transformation et 32 exportateurs ont été identifiés. Quelque 51 696 tonnes d’amandes de karité ont été enregistrées dans le circuit formel de commercialisation et orientées vers les unités de transformation locales. Par ailleurs, 14 068 tonnes de beurre de karité ont été exportées vers 13 pays d’Asie, d’Europe et d’Amérique.
La Côte d’Ivoire dispose actuellement d’une capacité de transformation estimée à environ 130 000 tonnes par an, supérieure au volume effectivement commercialisé. Cette situation conduit le Conseil à privilégier l’approvisionnement des unités industrielles locales.
Pour sa part, M. Konaté Issa, directeur général adjoint du Conseil du coton, anacarde et du Karité, a expliqué que la production sera prioritairement destinée aux usines. Dans ce contexte, l’exportation des amandes de karité est interdite jusqu’à nouvel ordre, afin de favoriser la transformation locale et la création de davantage de valeur ajoutée en Côte d’Ivoire.
L’un des objectifs de cette campagne est également d’encourager les opérateurs à franchir le cap de la seconde transformation. Le beurre de karité raffiné peut notamment être utilisé dans l’industrie cosmétique et dans la fabrication de produits à plus forte valeur ajoutée.
Il est à noter que le Conseil entend aussi renforcer la proximité avec les acteurs de la filière. Six ateliers régionaux sont ainsi prévus pour sensibiliser producteurs, collecteurs, acheteurs, transformateurs et exportateurs sur la qualité, les prix et les nouvelles règles de commercialisation.
Les transferts d’amandes de karité de qualité vers les usines seront autorisés à compter du 17 août 2026. Toute exportation d’amandes de karité par voie terrestre est, par ailleurs, formellement interdite.
À travers ces différentes mesures, le Conseil du coton, anacarde et du karité veut consolider la gouvernance de la filière, améliorer la qualité des produits et accélérer la transformation locale.
Bamba Mafoumgbé, Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Légende photo : M. Ehui Kouassi Jérôme, président du Conseil d’administration du Conseil du coton, anacarde et du karité au micro lors de la conférence de presse

 

 

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