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mercredi 9 septembre 2026
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À une quinzaine de kilomètres de Korhogo, Ponvogo s’impose progressivement comme l’un des hauts lieux de préservation et de valorisation du patrimoine culturel sénoufo. Les 7 et 8 août 2026, la localité a une nouvelle fois offert aux visiteurs une immersion au cœur de traditions ancestrales, à l’occasion de la fête de génération du bois sacré, « le Kafôhô ».

Dès les premières heures du vendredi 7 août 2026, l’effervescence gagne les différentes concessions du village. Dans leurs tenues d’apparat, les adeptes du Poro s’activent à installer bâches et chaises pour accueillir les populations et les visiteurs attendus pour cette importante célébration.

Mais, en milieu de journée, un spectacle inhabituel attire tous les regards. Une colonne de femmes d’un certain âge, vêtues de la tenue rituelle du Poro, traverse le village. Certaines portent une queue de cheval blanche, symbole associé aux rites accomplis.

Cette apparition ne doit rien au hasard. En effet, elle marque une étape particulière dans le parcours initiatique de ces femmes, qui viennent d’achever le rite dénommé « Tchehiberi ».

Selon Coulibaly Brahima, cadre de Ponvogo et promoteur du Festival des Arts et Cultures Sénoufo de Ponvogo, les femmes concernées sont celles dont les hommes de la même promotion avaient effectué ce passage initiatique quelques mois auparavant.

Les femmes initiées, au cœur de l’attraction

Dans la cour de la résidence de Coulibaly Brahima, un petit attroupement s’est formé autour d’une case sacrée. Parmi les curieux et les initiés se trouvent également les nouvelles initiées, venues accomplir un rituel de reconnaissance. « Ces femmes sont venues remercier les ancêtres et les génies pour leur assistance invisible tout au long de leur initiation », explique Coulibaly Brahima. Pour lui, cette démarche traduit une valeur profondément ancrée dans la culture sénoufo. « La reconnaissance chez le Sénoufo est non seulement une valeur cardinale, mais aussi divine et sacrée », insiste-t-il, attaché à la transmission et à la valorisation de cet héritage culturel.

Quelques heures plus tard, Ponvogo change de visage. Les populations affluent de toutes parts. À pied, à vélo, en tricycle ou en voiture, hommes, femmes et enfants convergent vers le village.

L’événement tant attendu est la fête de génération du Kafôhô, qui marque l’aboutissement de sept années de parcours initiatique. Pour les familles, cette journée représente un moment particulièrement fort, puisqu’elle consacre l’achèvement d’un long cycle d’apprentissage et d’épreuves. « En plus de célébrer notre indépendance politique, nous célébrons aussi, ce jour, notre indépendance spirituelle », confie Coulibaly Brahima, tout en veillant au bon déroulement des différentes étapes de la cérémonie.

Un rituel exceptionnel

Dans l’après-midi, l’attention se porte de nouveau sur les femmes initiées. Elles apparaissent, l’une derrière l’autre, dans leurs tenues rituelles, parées d’accessoires traditionnels. Leur arrivée sur la place de la chambre mortuaire provoque la curiosité et l’émerveillement des nombreux spectateurs.

Installées à l’ombre des bâches ou assises sur des troncs d’arbres, certaines dégustent des repas préparés pour l’occasion. À proximité, un fût de tchapalo, la bière traditionnelle locale, rappelle le caractère festif de la rencontre.

Face à elles, sous une autre bâche, prennent place les figures emblématiques du bois sacré, présentées comme les « reines » et les anciennes du Poro. Le rituel se déroule sous les yeux d’une foule de plus en plus nombreuse.

Pour les visiteurs venus des villages voisins, la scène est tout aussi impressionnante qu’inhabituelle. « C’est une première dans notre zone. Ce rituel est spécifique à Ponvogo. En tout cas, c’est beau à voir », témoigne Salif, venu de Blahouara, village allié de Ponvogo.

La transmission d’une génération à l’autre

Puis vient le tour des hommes de la même génération. Les promotionnaires des femmes initiées apparaissent à leur tour, vêtus de leurs parures traditionnelles. À la main, certains portent une queue de cheval, signe de victoire et d’accomplissement. D’autres prennent place sur des chaises en bois soigneusement sculptées.

Après sept années de parcours initiatique, leur présence symbolise la réussite d’une génération qui arrive au terme d’un cycle majeur du Poro.

Pour les parents, les épouses et les proches, l’émotion est palpable. Ces hommes et ces femmes deviennent, le temps de la cérémonie, les « stars » d’une journée qui célèbre leur endurance, leur engagement et leur passage à une nouvelle étape de la vie communautaire.

Le rituel s’achève par une procession du bois sacré à travers le village. Une manière de rendre visible la transmission entre les générations et de consacrer symboliquement le passage du pouvoir d’une génération à une autre.

À Ponvogo, la fête du Kafôhô aura ainsi été bien plus qu’une cérémonie traditionnelle. Elle aura donné à voir une culture vivante, portée par des femmes et des hommes attachés à la transmission de leur patrimoine. Une tradition qui, loin de se limiter aux seuls initiés, continue de rassembler toute une communauté autour de son histoire, de ses valeurs et de sa mémoire.

Elysee koff avec Sercom Fondation Tchépé

613 lauréats, 37 944 kilomètres parcourus et plus de 450 millions de Fcfa mobilisés en récompenses : onze éditions auront suffi à inscrire le Prix national d’excellence CIE du meilleur élève dans une histoire de proximité, de mérite et de transmission. Pour sa 12ᵉ édition, la Compagnie ivoirienne d’électricité reprend la route. Mais avant la grande cérémonie nationale qui consacrera les grands champions des examens à grand tirage, place aux régionales, lancées le 5 août et qui se poursuivent jusqu’au 14 août 2026. Selon une note à la presse, cette année encore, la CIE vient à la rencontre de l’excellence.
Il y a les élèves que l’on félicite. Et il y a ceux pour lesquels on décide de faire le déplacement.
Depuis 2015, le Prix National d’Excellence CIE du meilleur élève repose sur cette conviction : le mérite scolaire ne doit pas rester invisible, encore moins être limité à quelques grands rendez-vous. Il doit être recherché, reconnu et célébré là où il s’exprime. C’est tout le sens de la caravane régionale qui, depuis le 5 août, sillonne à nouveau les territoires ivoiriens. Son objectif est simple : aller à la rencontre des meilleurs élèves du CEPE, du BEPC et du Baccalauréat, au plus près de leurs établissements, de leurs familles et de leurs communautés.
Dans cette démarche, la CIE fait le choix d’une proximité particulière. Là où d’autres dispositifs peuvent concentrer la célébration du mérite autour d’un rendez-vous central, le PNE CIE prend la route et rapproche la reconnaissance des élèves de l’intérieur du pays.

Quand la récompense fait le voyage
D’Abidjan aux différentes régions du pays, la caravane raconte une autre manière de célébrer la réussite.
À Abengourou, Abidjan, Bouaké, Yamoussoukro, Grand-Bassam, Dabou et Gagnoa, les premières étapes ont déjà permis de rencontrer des élèves distingués pour leurs performances aux examens à grand tirage. Sept escales déjà réalisées, avec à chaque fois le même fil conducteur : mettre l’élève au centre et faire de sa réussite un moment collectif. Car lorsqu’un enfant réussit, ce sont rarement ses seuls efforts qui parlent. Il y a les parents qui ont encouragé. Les enseignants qui ont transmis. Les établissements qui ont accompagné. Les proches qui ont soutenu. La caravane vient ainsi célébrer un résultat, mais elle vient surtout raconter tout ce qui se trouve derrière ce résultat.
Dans les régions aussi, l’excellence a des visages. Le PNE CIE part d’une réalité simple : le talent scolaire ne se concentre pas dans une seule ville. L’excellence peut émerger partout. Dans une grande agglomération comme dans une localité plus éloignée. Dans un établissement connu comme dans une école dont les réussites restent parfois confidentielles. En sillonnant les régions, la CIE donne donc une visibilité à ces parcours et permet à des élèves de voir leur mérite reconnu dans leur propre environnement.
C’est là toute la portée de cette caravane : transformer la distance géographique en proximité humaine.Pour les élèves de l’intérieur du pays, la distinction ne vient plus seulement sous la forme d’un résultat sur une liste. Elle vient jusqu’à eux.

Une histoire déjà longue, une nouvelle page à écrire
Lancé en 2015, le PNE CIE a progressivement construit une véritable histoire autour de la reconnaissance du mérite scolaire.
Au terme de ses onze premières éditions, le programme a récompensé 613 élèves et parcouru 37 944 kilomètres, avec plus de 450 millions de FCFA consacrés aux récompenses. Mais ces chiffres appartiennent désormais à l’histoire.La 12ᵉ édition ouvre une nouvelle page. Et elle commence, une nouvelle fois, sur les routes de Côte d’Ivoire.

Le régional avant le national
La caravane poursuivra son parcours jusqu’au 14 août dans les différentes localités prévues au programme, notamment à Daloa, Man, Korhogo et San Pedro. Ensuite, elle préparera un autre rendez-vous : celui de la grande cérémonie nationale de remise des prix, qui réunira les grands champions des examens à grand tirage et viendra consacrer les meilleures performances à l’échelle nationale. Autrement dit, avant de célébrer les meilleurs parmi les meilleurs, la CIE prend le temps de rendre hommage au mérite dans les territoires.
B. M

« L’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana (ICCIG), au nom de ses membres, exprime sa vive préoccupation face au recours aux substituts du cacao et aux reformulations qui diminuent la proportion de cacao dans certains produits commercialisés comme chocolatés. Cette évolution intervient alors que les pays producteurs et les exploitants agricoles consentent des efforts et supportent des coûts croissants pour satisfaire aux exigences de durabilité, de traçabilité et de conformité.

Un engagement politique renouvelé en faveur d’une économie cacaoyère durable
Le 16 juin 2026 à Abidjan, S.E.M. Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire, et S.E.M. John Dramani Mahama, Président de la République du Ghana, ont réaffirmé leur engagement commun en faveur d’une économie cacaoyère durable, fondée sur une meilleure rémunération des producteurs et un partage plus équitable de la valeur. Ce sommet a été précédé, le 15 juin 2026, de la 7e session du Comité de pilotage de l’ICCIG, consacrée notamment à l’harmonisation des politiques de commercialisation, à la lutte contre les maladies du cacaoyer, à la mise en œuvre de la norme ARS 1000, au développement de la transformation locale et à l’élargissement de l’Initiative à d’autres pays producteurs.

Une évolution qui appelle une vigilance collective
Dans ce contexte, le recours aux substituts du cacao et les reformulations réduisant la teneur en cacao des produits finis soulèvent une question majeure de cohérence pour l’ensemble de la chaîne de valeur. Si l’innovation et l’adaptation des recettes relèvent des choix des entreprises dans le respect des réglementations applicables, elles ne doivent ni créer de confusion pour le consommateur ni affaiblir les objectifs économiques, sociaux et environnementaux poursuivis par les politiques de durabilité.

Des exigences croissantes supportées par les pays producteurs
La Côte d’Ivoire et le Ghana occupent une place déterminante dans l’approvisionnement mondial en cacao. Leurs producteurs sont tenus de répondre à des obligations de plus en plus exigeantes en matière de traçabilité, de lutte contre la déforestation, de conformité sociale et de qualité. La mise en conformité mobilise des investissements importants, alors même que l’amélioration durable du revenu des producteurs demeure une priorité. Il serait contradictoire que ces efforts s’accompagnent, à l’aval, d’une diminution insuffisamment transparente de la part de cacao incorporée dans les produits finis.

 

Garantir la cohérence entre durabilité, composition et information du consommateur
La crédibilité des engagements de durabilité suppose une cohérence entre l’origine responsable du cacao, la composition réelle des produits, leur dénomination et les allégations présentées au consommateur. Toute réduction substantielle ou substitution d’ingrédients issus du cacao devrait être communiquée de manière claire, accessible et non ambiguë. Les allégations environnementales, sociales ou éthiques associées aux produits devraient, en outre, demeurer proportionnées à la quantité et à la nature du cacao effectivement incorporé.

La Côte d’Ivoire et le Ghana réaffirment leurs responsabilités
À travers les engagements pris à Abidjan et les conclusions du Comité de pilotage, les deux États ont confirmé leur volonté de mieux coordonner leurs politiques de commercialisation, de renforcer la recherche sur la maladie du swollen shoot du cacaoyer et sur les variétés résilientes au changement climatique, d’approfondir la mise en œuvre de la norme ARS 1000 et d’accélérer la transformation locale. L’élargissement envisagé de l’ICCIG participe de cette ambition : construire une réponse coordonnée des pays producteurs aux défis économiques, sociaux et environnementaux de la filière.

Un appel à la responsabilité partagée tout au long de la chaîne de valeur
L’ICCIG invite les autorités de régulation, les organisations professionnelles, les industriels, les distributeurs et les organismes de normalisation à engager un dialogue structuré sur les conséquences économiques et sociales des pratiques de substitution et de reformulation. Ce dialogue devrait viser à assurer la cohérence entre les exigences imposées aux producteurs, les règles de composition des produits, les mécanismes d’étiquetage et les engagements de durabilité.

L’ICCIG appelle notamment à :
a. Une information claire du consommateur sur la teneur en cacao et sur toute substitution significative d’ingrédients issus du cacao ;

b. Une utilisation rigoureuse des dénominations et des allégations de durabilité, afin d’éviter toute présentation susceptible d’induire le consommateur en erreur ;

c. Une évaluation concertée des effets de la reformulation sur la demande de cacao, les revenus des producteurs et les investissements consentis pour la durabilité ;

d. La mise en place d’un cadre permanent de concertation réunissant pays producteurs, industriels, régulateurs, distributeurs, organisations de producteurs et représentants des consommateurs.

Poursuivre le dialogue de bonne foi
La Côte d’Ivoire et le Ghana demeurent disposés à poursuivre, de bonne foi, les échanges avec les industriels, les régulateurs, les partenaires techniques et scientifiques ainsi qu’avec les organisations de consommateurs. Une économie cacaoyère véritablement durable exige une responsabilité partagée et une cohérence effective à chaque étape de la chaîne de valeur. Les efforts croissants demandés aux producteurs doivent trouver leur juste contrepartie dans la valorisation du cacao, la transparence des produits et une répartition plus équitable de la valeur.

Publié par le Secrétariat de l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana »
Fait à Accra le 12 AOUT 2026

Le Conseil Coton Anacarde Karité (CCAK) a lancé officiellement, le 11 août 2026 à Korhogo, le Projet d’identification des exploitants et exploitations d’anacarde (IEEA). La cérémonie s’est tenue à la préfecture, en présence du préfet de la région du Poro et du département de Korhogo, Karim Diarrassouba, ainsi que des chefs traditionnels.
À l’ouverture de la cérémonie, le Pca du CCAK, Jérôme Kouassi Ehui, a insisté sur l’importance capitale de cette rencontre dont l’objectif est de sensibiliser et de mobiliser les autorités administratives et coutumières pour garantir la réussite de cette opération nationale

Le Pca a rappelé que la filière doit être mieux organisée pour répondre aux attentes des producteurs, créer une résilience face aux chocs économiques et climatiques et valoriser les sous-produits de l’anacarde (huile, jus, cosmétiques, usages industriels). Il a estimé que la transformation locale pourrait générer 12 000 emplois directs supplémentaires. Aussi a-t-il appelé les autorités à soutenir le calendrier des opérations et à faciliter l’accès des équipes.

Le directeur général adjoint du CCAK, Konaté Issa, a précisé que l’objectif est de disposer de données fiables. « Toutes nos actions de développement reposent sur des chiffres. Si nous savons combien de producteurs il y a et la taille de leurs exploitations, nous pouvons calibrer nos opérations de soutien et de développement », a-t-il expliqué.

Gué Simplice, directeur du système d’information, a présenté les avantages attendus. Ce sont notamment l’optimisation des ressources, une meilleure répartition des intrants, un renforcement de la traçabilité, la valorisation des spécificités locales et la sécurisation des transactions.

Le préfet de région, Karim Diarrassouba, a salué l’initiative et assuré que le corps préfectoral jouera pleinement son rôle pour accompagner le projet.

Avec ce lancement, le CCAK engage une dynamique nationale visant à structurer durablement la filière anacarde et à renforcer son poids économique et social en Côte d’Ivoire.
• Ayoko Mensah

AGL Côte d’Ivoire et AGL Burkina Faso ont coordonné le transport de deux cuves industrielles depuis le Port autonome d’Abidjan jusqu’au site de BRAKINA, en périphérie de Ouagadougou. Ces équipements hors gabarit, d’un poids total de 50 tonnes, ont parcouru plus de 1 300 kilomètres au terme d’une opération préparée pendant près de huit mois. Provenant de Belgique par voie maritime, les deux cuves sont destinées au renforcement des capacités de production de BRAKINA, filiale du Groupe CASTEL et acteur majeur de l’industrie des boissons au Burkina Faso.
Leur installation participera à la modernisation de son outil industriel. Parti d’Abidjan le 4 juillet 2026, le convoi a rejoint Ouagadougou après 15 jours de progression sécurisée. Les dimensions exceptionnelles du chargement ont imposé la conception d’un itinéraire spécifique, comprenant notamment un détour de plus de 100 kilomètres par Agboville afin de contourner plusieurs infrastructures incompatibles avec le gabarit des cuves. Chaque étape du parcours a été étudiée en amont, notamment le franchissement des ponts et des postes de péage ainsi que le passage sous les réseaux électriques. Cette préparation a reposé sur des études d’itinéraire, des reconnaissances de terrain et des démarches administratives transfrontalières menées conjointement par les équipes des deux pays.
La conduite du convoi s’est appuyée sur une coordination étroite avec les autorités administratives, les forces de sécurité, les gestionnaires d’infrastructures et les services techniques de Côte d’Ivoire et du Burkina Faso. Plus de 40 collaborateurs et partenaires spécialisés ont assuré la manutention, le transport, l’escorte et la supervision de l’opération, conformément aux standards HSE de l’entreprise. « La réussite de cette opération repose sur huit mois de préparation, une coordination rigoureuse et la complémentarité des équipes d’AGL Côte d’Ivoire et d’AGL Burkina Faso. En assurant l’acheminement de ces équipements, nous mettons notre expertise au service du développement des capacités industrielles de notre client et du renforcement des échanges entre les deux pays », a déclaré Asta-Rosa Cissé, Directrice Régional d’AGL Côte d’Ivoire-Burkina Faso. Cette opération illustre le rôle stratégique du corridor Abidjan-Ouagadougou dans l’approvisionnement des industries burkinabè. En reliant les infrastructures portuaires ivoiriennes aux sites de production de l’hinterland, AGL Côte d’Ivoire et AGL Burkina Faso facilitent les investissements industriels et contribuent au renforcement de l’intégration économique régionale. À propos d’AGL Côte d’Ivoire Présent en Côte d’Ivoire dans le transport, la logistique et la manutention portuaire, AGL Côte d’Ivoire emploie aujourd’hui plus de 1 500 collaborateurs ivoiriens, à travers notamment ses agences à Abidjan, San Pedro, Bouaké, Ferkessédougou et Ouangolodougou. L’entreprise participe activement au développement de la Côte d’Ivoire et s’investit dans l’amélioration des compétences de ses collaborateurs. Elle les forme à travers le Centre de Formation aux métiers portuaires (A’cademy) et développe des partenariats avec des établissements d’enseignement supérieur, à l’instar de l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB). AGL Côte d’Ivoire mène également des actions pour les populations en partenariat avec des associations pour l’aide à la scolarisation, à la réinsertion sociale des jeunes et pour leur sensibilisation à la préservation de l’environnement. Contact presse : Rachel Hounsinou Aimé, Responsable Communication-AGL Côte d’Ivoire

B. M

.LE JOUR OÙ LES NATIONS S’ÉCOUTENT ELLES-MÊMES
Pour la Côte d’Ivoire, le 7 août n’est pas seulement l’anniversaire d’une indépendance acquise. Il est une mémoire, un héritage et une responsabilité. Il rappelle le chemin parcouru, mesure celui qui reste à accomplir et pose, génération après génération, la même question essentielle : qu’avons-nous fait de la liberté reçue, et quelle Nation voulons-nous transmettre à ceux qui viendront après nous ?
Car l’indépendance n’est jamais une œuvre achevée. Elle commence dans les textes, les frontières et les symboles, mais elle doit sans cesse se prolonger dans les institutions, l’économie, l’éducation, la justice, la culture du travail et, plus profondément encore, dans la conscience citoyenne.
Ainsi, chaque 7 août devrait être moins un regard satisfait posé sur le passé qu’un rendez-vous exigeant avec l’avenir. Une Nation ne célèbre véritablement son indépendance que lorsqu’elle transforme la mémoire de sa liberté en volonté de grandeur.
Depuis soixante-six ans, la Côte d’Ivoire avance. Elle construit, entreprend, invente, produit et rayonne. Elle a connu les promesses des commencements, les vertiges de la croissance, les déchirures de l’histoire et la nécessité de se reconstruire. Comme beaucoup de nations, elle a appris que le progrès n’est jamais une ligne droite et que les peuples grandissent autant par ce qu’ils accomplissent que par les épreuves qu’ils surmontent.
Mais vient toujours, dans la vie d’une nation, un moment où la question n’est plus seulement de savoir jusqu’où elle est allée, mais ce qu’elle veut devenir.
C’est ce moment qui nous regarde.
Un pays peut multiplier les routes, les ponts, les universités, les centrales, les ports et les gratte-ciel. Il peut afficher des performances économiques remarquables et attirer les regards du monde. Mais derrière cette architecture visible existe une autre infrastructure, moins spectaculaire et pourtant décisive : la conscience collective.
Car une nation ne tient pas seulement par ce qu’elle possède. Elle tient par ce qu’elle croit, ce qu’elle respecte et ce qu’elle refuse de sacrifier.
Les infrastructures construisent un pays. Les valeurs construisent sa durée.
LE SEPT : DE LA LIBERTÉ À L’ACCOMPLISSEMENT
Depuis des millénaires, les civilisations utilisent les nombres comme des métaphores pour penser le monde. Non parce qu’ils commanderaient mystérieusement le destin des peuples, mais parce qu’ils offrent un langage symbolique à certaines aspirations humaines universelles.
Le sept appartient à ce patrimoine symbolique.
Sept jours scandent le récit biblique de la Création. Sept couleurs composent traditionnellement l’arc-en-ciel. Sept notes structurent notre représentation classique de la gamme musicale. Dans la tradition chrétienne, sept dons sont associés à l’Esprit Saint.
À travers ces images revient une même idée : celle d’un cycle qui cherche son accomplissement.
Il est alors tentant de voir dans ce 7 août une métaphore adressée chaque année à la conscience nationale : l’indépendance ne consiste pas seulement à sortir d’une tutelle ; elle oblige à apprendre ce que l’on fera de la liberté conquise.
Car être souverain ne signifie pas seulement décider par soi-même. Cela signifie aussi répondre de soi-même.
C’est ici que commence peut-être le septième matin de la Côte d’Ivoire : lorsque la liberté politique devient responsabilité historique.
À soixante-six ans, la question essentielle n’est donc plus seulement : qu’avons-nous construit ?
Elle devient : pour qui construisons-nous, selon quelles valeurs, et pour quel avenir ?
Tout bâtisseur connaît ce moment. Après avoir élevé les murs, il faut se demander quelle vie habitera la maison.
UNE NATION EST UN BAOBAB
L’Afrique possède une image magnifique pour comprendre cette responsabilité : celle du baobab.
Le baobab ne grandit pas dans la précipitation. Son existence est une alliance entre profondeur et durée. Ses racines soutiennent ce que son immense silhouette offrira un jour aux générations : l’ombre, le fruit, le refuge et la mémoire.
Une nation devrait grandir de la même manière.
Ses racines sont son histoire.
Son tronc, ses institutions.
Ses branches, ses ambitions.
Ses fruits, la prospérité qu’elle partage.
Et son ombre, la protection qu’elle offre aux plus vulnérables.
La Côte d’Ivoire ne saurait donc avoir pour seule ambition de devenir un territoire plus riche. Sa grandeur se mesurera aussi à sa capacité à faire de cette richesse un instrument de dignité, du développement un facteur de cohésion et de la puissance économique un moyen d’émancipation humaine.
Car il existe une indépendance plus difficile encore que celle proclamée dans les textes : celle qui libère le citoyen de l’indifférence au bien commun, de la corruption, de l’incivisme, du renoncement à l’effort et de cette tentation ancienne qui consiste à préférer systématiquement l’intérêt particulier à l’intérêt général.
Une nation devient réellement indépendante lorsque ses citoyens comprennent que la République n’est pas seulement ce qu’ils reçoivent de l’État : elle est aussi ce qu’ils lui apportent.
QUAND LE SEPT RENCONTRE LE DOUZE
Mais la conscience individuelle ne suffit pas.
Les bonnes intentions ne font pas, à elles seules, les grandes nations. Encore faut-il qu’elles deviennent des règles, des comportements, des institutions et une culture publique.
C’est ici qu’intervient un second symbole : le douze.
Douze mois ordonnent l’année. Douze tribus structurent symboliquement Israël dans la tradition biblique. Douze apôtres sont appelés à porter un message au-delà de leur communauté d’origine. Dans l’Apocalypse, la Jérusalem céleste est représentée avec douze portes et douze fondations.
Le douze peut ainsi être lu comme une métaphore de l’organisation : le passage de la multitude à l’ordre, de l’individu à la communauté, de l’intuition à l’institution.
Si le sept nous invite à transformer la conscience, le douze nous rappelle qu’une conscience qui ne transforme pas les institutions demeure inachevée.
Voilà peut-être l’un des grands défis ivoiriens des prochaines décennies : faire passer les valeurs du discours à la culture quotidienne.
Faire de l’intégrité une pratique.
Du mérite, une règle.
De la discipline, une habitude.
De la justice, une sécurité.
Du service public, une responsabilité.
De la solidarité, une force nationale.
Nos traditions africaines l’expriment depuis longtemps : un seul doigt ne peut laver tout le visage.
Aucun Président, aucun gouvernement, aucune administration, aucune entreprise, aucun citoyen ne peut porter seul le destin national.
Une République est une œuvre collective.
LA LIBERTÉ ET SA CONTREPARTIE
Notre époque célèbre volontiers les droits. Elle parle moins volontiers des devoirs.
Pourtant, les sociétés durables sont celles qui parviennent à maintenir les deux dans un équilibre exigeant.
La liberté sans responsabilité finit par fragiliser l’ordre commun.
L’autorité sans justice perd sa légitimité.
La richesse sans inclusion nourrit la fracture.
Le progrès sans conscience peut devenir une puissance sans direction.
Le patriotisme véritable commence donc souvent là où s’arrêtent les cérémonies.
Il existe dans le fonctionnaire qui refuse de monnayer son devoir, dans l’enseignant qui transmet davantage qu’un programme, dans l’agriculteur qui nourrit la nation, dans l’entrepreneur qui crée honnêtement de la valeur, dans le magistrat qui protège l’équité, dans le jeune qui choisit l’effort plutôt que la facilité, dans le citoyen qui respecte le bien public même lorsqu’aucun regard ne l’observe.
C’est dans ces gestes ordinaires que se construit l’extraordinaire destin des nations.
Car les pays ne sont pas seulement transformés dans les palais présidentiels ou les conseils des ministres. Ils le sont chaque matin dans les écoles, les administrations, les entreprises, les marchés, les villages, les familles et les consciences.
CONSTRUIRE MIEUX
La Côte d’Ivoire a beaucoup construit.
Le prochain défi sera peut-être de construire mieux.
Mieux dans la qualité des institutions.
Mieux dans la justice sociale.
Mieux dans l’éducation.
Mieux dans la transparence.
Mieux dans la transmission.
Mieux dans l’équilibre entre Abidjan et les territoires.
Mieux dans la capacité à transformer la croissance économique en mobilité sociale et en espérance partagée.
Car une Nation n’atteint pas sa maturité lorsque ses villes touchent le ciel ou lorsque ses performances impressionnent les marchés internationaux.
Elle devient véritablement mature lorsque le citoyen le plus modeste peut regarder ses institutions et penser : elles existent aussi pour moi.
C’est alors que la croissance devient développement, que l’État devient confiance et que la République devient appartenance.
LE BAOBAB DE L’AVENIR
Il est une sagesse ancienne que notre époque gagnerait à redécouvrir : l’avenir ne se prédit pas seulement, il se cultive.
Celui qui plante un arbre dont il ne connaîtra jamais l’ombre accomplit l’un des gestes les plus civilisés qui soient. Il accepte de travailler pour un avenir auquel il ne participera peut-être pas.
C’est ainsi que se construisent les grandes nations.
Elles pensent au-delà des mandats.
Au-delà des générations.
Au-delà des intérêts immédiats.
La Côte d’Ivoire entre dans cette saison de son histoire.
Elle dispose d’atouts considérables : une économie dynamique, une jeunesse nombreuse, une position régionale stratégique, une diversité culturelle remarquable, des infrastructures en développement et une capacité reconnue à entreprendre.
Mais les civilisations qui traversent le temps savent qu’une prospérité qui n’élève pas l’homme finit toujours par rencontrer ses limites.
La question ivoirienne des prochaines décennies sera donc moins celle de la croissance seule que celle de la qualité de la croissance.
Que produit-elle ?
Qui élève-t-elle ?
Que transmet-elle ?
Quelle société construit-elle ?
DE LA PUISSANCE AU RAYONNEMENT
La nature offre ici une dernière leçon.
Le soleil n’éclaire pas pour lui-même.
Le fleuve ne boit pas sa propre eau.
L’arbre ne mange pas ses propres fruits.
Toute grandeur véritable finit par devenir service.
Que serait alors une Grande Côte d’Ivoire ?
Une Côte d’Ivoire où l’autorité serait d’autant plus forte qu’elle serait juste.
Où l’école formerait des compétences autant que des consciences.
Où l’innovation économique rencontrerait l’exigence sociale.
Où la réussite individuelle contribuerait au progrès collectif.
Où la modernité ne demanderait pas d’effacer la mémoire.
Où la diversité ne serait plus seulement tolérée, mais vécue comme une richesse.
Où la prospérité marcherait avec la justice.
Voilà une ambition qui dépasserait largement les indicateurs économiques.
Elle ferait de la Côte d’Ivoire non seulement une puissance régionale, mais une référence.
LE RENDEZ-VOUS AVEC NOUS-MÊMES
Le 7 août n’est donc pas seulement un anniversaire.
Il est un miroir.
Chaque génération s’y regarde et reçoit la même interrogation : qu’allons-nous ajouter à l’héritage reçu ?
Les routes vieilliront.
Les bâtiments seront remplacés.
Les technologies d’aujourd’hui deviendront les antiquités de demain.
Mais certaines choses traversent les siècles : la qualité des institutions, la force de l’éducation, la confiance dans la justice, la dignité du travail, la mémoire transmise et la conscience d’appartenir à une communauté de destin.
Voilà pourquoi l’indépendance ne devrait jamais être considérée comme un monument devant lequel une nation vient se recueillir une fois par an.
Elle est une responsabilité quotidienne.
Elle n’est pas seulement un héritage à préserver.
Elle est une promesse à accomplir.
Soixante-six ans après, la Côte d’Ivoire peut légitimement regarder le chemin parcouru avec fierté. Mais les grandes nations savent que la fierté du passé n’a de sens que lorsqu’elle nourrit l’exigence du lendemain.
Alors, ne demandons pas seulement ce que l’indépendance nous a donné.
Demandons-nous ce que nous faisons de l’indépendance.
Et surtout, ce que nous laisserons à ceux qui célébreront un jour le centenaire de notre liberté.
Si nous savons transformer nos talents en espérance, nos richesses en opportunités, notre diversité en fraternité, notre puissance en responsabilité et notre liberté en conscience, alors les générations futures pourront porter sur notre époque un jugement plus précieux que tous les classements économiques :
Ils avaient reçu une indépendance. Ils en ont fait une civilisation.
C’est peut-être là le véritable sens du septième matin.
Non pas seulement célébrer le jour où la Côte d’Ivoire devint libre, mais choisir, chaque génération, de devenir plus digne encore de cette liberté.
Bonne Fête de l’Indépendance à la Côte d’Ivoire.
Par Norbert KOBENAN

                   
                   
                   

Très enthousiasmé, El Hadj Issa Sanogo, le président du Conseil Supérieur des fédérations des syndicats des chauffeurs professionnels de transports des marchandises voyageurs et assimilés de Côte d'Ivoire (Cosfesyncprotramava-CI), a produit une déclaration au petit matin du vendredi 7 août 2026 à l'occasion de la fête de l'indépendance. A cette occasion, le président El Hadj Issa Sanogo, entouré de ses plus proches collaborateurs, a exprimé toute sa gratitude au Chef de l'État Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara pour ses chefs d'œuvres en faveur du secteur du transport terrestre. Ponts, routes bitumées, échangeurs, renouvellement du parc -auto, ont été les points évoqués. Sans oublier les projets d'envergure comme le métro. A ses remerciements, il a associé le Premier ministre, chef du Gouvernement, Son Excellence Monsieur Robert Beugré Mambé. El Hadj Issa Sanogo n'a pas non plus oublié tous les membres du Gouvernement, encore moins toute la Côte d'Ivoire. Il a enfin eu une pensée pieuse pour toute la grande famille des transporteurs. Collant son propos aux accidents, il a exhorté les siens à l'extrême prudence cette année, de sorte à enrayer ce fléau à l'horizon 2027. Il en a profité pour réitérer ses condoléances aux familles de l’accident survenu le lundi 13 juillet dans le fleuve Bafing sur l’axe Touba-Odienné, occasionnant près de 40 morts.
Koné De Sayara

Du 3 au 6 août 2026, huit unités de raffinage de l’huile de coton ont été outillées sur les bonnes pratiques d’hygiène et sur la méthode HACCP (Hazard Analysis and Critical Contrôle) lors d’un atelier à la délégation régionale du Conseil Coton Anacarde Karité à Korhogo. Rapporte une note à la presse , du Conseil coton anacarde karité.


« L’HACCP est un outil qui permet d’identifier les dangers, de maîtriser les points critiques et de garantir que les produits mis sur le marché sont sains et sans danger pour la consommation humaine», a expliqué Traoré Issa, le consultant chargé de la formation.

Pendant trois jours, ajoute la source, les bénéficiaires de la formation que sont l’AIC, COTRAF SA, SHT, SAIS CI, SCOOA-CI, COOP SA, KAPARSI, IVOIRE FOODS et SATSA CI ont appris à maîtriser les sept principes HACCP, à mettre en place un guide des bonnes pratiques d’hygiène ainsi que des mécanismes de surveillance et de contrôle.


Chef du service Appui-conseil à la transformation du coton et au karité au CCAK, Coulibaly Baotrigué a souligné la nécessité d’encadrer les unités pour garantir la sécurité sanitaire de l’huile de coton destiné à la consommation humaine. « L’huile de coton est destinée à la consommation. Elle doit donc satisfaire aux normes de qualité les plus exigeantes », a-t-il fait savoir.


Bénéficiaire de la formation, Diallo Issa de l’entreprise SAIS CI a indiqué que cet atelier est une étape décisive. «Nous connaissons mieux les normes de qualité. Nous allons renforcer nos pratiques afin de mettre sur le marché une huile comestible répondant aux exigences de sécurité alimentaire », s’est-il réjoui.


A travers cette initiative, le Conseil Coton Anacarde Karité veut améliorer la qualité de l’huile de coton produite en Côte d'Ivoire, accroître la compétitivité des entreprises ivoiriennes sur le marché international et rassurer les consommateurs.
B. M

LE JOUR OU LES NATIONS S’ECOUTENT ELLES-MEMES

Il existe des dates qui appartiennent au calendrier. Et il en existe d’autres qui appartiennent à l’âme.

Le 7 août est de celles-là.

Chaque année, les drapeaux se déploient, les hymnes retentissent, les places publiques se remplissent et les générations se succèdent dans le même mouvement de mémoire. Pourtant, derrière le faste des cérémonies, une question demeure suspendue au-dessus de la nation, semblable à cette étoile que les voyageurs aperçoivent lorsque le soleil disparaît : que signifie véritablement être libre ?

Depuis soixante-six ans, la Côte d’Ivoire avance. Elle construit, entreprend, invente, produit, rayonne. Son histoire est celle d’un peuple qui a appris à transformer les blessures en semences, les épreuves en espérance et les défis en promesses.

Mais les anciens initiés d’Afrique enseignaient qu’un arbre ne devient pas grand parce que son tronc est épais. Il devient grand parce que ses racines plongent plus profondément que son ombre ne s’étend.

Il en est ainsi des nations.

Le monde admire leurs routes, leurs ponts, leurs gratte-ciel, leurs performances économiques. Les sages, eux, observent une autre architecture : celle de la conscience collective. Car une civilisation ne s’effondre presque jamais par manque de richesses ; elle vacille lorsque ses valeurs cessent d’alimenter ses institutions.

C’est pourquoi le 7 août ne devrait jamais être seulement la célébration d’une indépendance acquise. Il devrait être le jour où un peuple accepte de regarder son propre visage avec vérité, sans complaisance mais sans découragement, comme le cultivateur examine son champ avant les prochaines semailles.

Les traditions spirituelles, qu’elles soient africaines, bibliques ou philosophiques, nous rappellent qu’il existe un langage discret inscrit dans les nombres. Non parce qu’ils gouverneraient mystérieusement notre destin, mais parce qu’ils servent depuis des millénaires de métaphores pour exprimer des réalités humaines profondes.

Le chiffre sept s’invite à cette sagesse universelle.

Sept jours pour achever la Création. Sept couleurs pour composer une seule lumière. Sept notes pour faire naître toutes les musiques. Sept dons de l’Esprit pour élever l’homme. Dans toutes ces images, le sept n’est pas une quantité : il est l’accomplissement d’un cycle, le moment où l’œuvre cesse d’être une simple construction pour devenir une création porteuse de sens.

Quelle étrange coïncidence porte alors notre histoire : c’est précisément un 7 août que la Côte d’Ivoire célèbre sa naissance comme État indépendant.

Comme si le calendrier lui rappelait chaque année que la liberté véritable ne se mesure pas seulement à l’absence de domination, mais à la capacité d’un peuple à faire de sa liberté une œuvre de justice, de responsabilité et de fraternité.

Aujourd’hui, notre pays atteint soixante-six années d’existence souveraine.

Le double six évoque le temps du labeur, de la construction, de l’effort patient. Pendant ces décennies, la Côte d’Ivoire a bâti des infrastructures, développé son économie, renforcé ses institutions et ouvert des chemins nouveaux vers la modernité.

Mais tout bâtisseur sait qu’il arrive un moment où l’on ne demande plus seulement : « Qu’avons-nous construit ? » On demande : « Pourquoi l’avons-nous construit ? Et pour qui ? »

Le septième matin commence précisément lorsque les pierres deviennent une maison, lorsque la richesse devient une responsabilité et lorsque la puissance accepte d’être éclairée par la sagesse.

L’Afrique possède une image magnifique pour exprimer cette vérité.

Le baobab ne pousse jamais dans la précipitation. Pendant longtemps, il semble presque immobile. Pourtant, dans le secret de la terre, il prépare une force capable de traverser les siècles. Les anciens disaient que le baobab ne grandit pas pour lui-même ; il grandit pour offrir un jour son ombre au voyageur, ses fruits à l’enfant et sa mémoire au village.

Ainsi devrait grandir une nation.

La Côte d’Ivoire n’est pas appelée seulement à devenir un territoire prospère. Elle est appelée à devenir une terre où la prospérité sert la dignité humaine, où le développement nourrit la paix et où la réussite individuelle élève le destin collectif.

Car la plus haute indépendance n’est pas celle qui délivre un pays d’une domination extérieure. C’est celle qui libère chaque citoyen de l’indifférence, de la corruption, du mépris du bien commun et de la tentation de préférer l’intérêt particulier à l’espérance nationale.

Peut-être est-ce là le véritable message que murmure chaque année le 7 août à ceux qui savent encore écouter le silence : une nation ne devient pas grande le jour où elle conquiert sa liberté. Elle devient grande le jour où chacun décide intérieurement de devenir digne de cette liberté.


QUAND LE SEPT RENCONTRE LE DOUZE

De la conscience des hommes à l’architecture d’une Nation

Les anciens maîtres de sagesse disaient qu’il existe deux manières de bâtir une cité.

La première consiste à élever des murs.

La seconde consiste à élever des consciences.

La première protège les frontières.

La seconde protège l’avenir.

Toutes les grandes civilisations ont compris cette vérité avant même d’écrire leurs lois. Les pyramides n’ont pas seulement résisté parce qu’elles étaient faites de pierre ; elles ont traversé les siècles parce qu’elles étaient d’abord portées par une vision. Les cathédrales d’Europe ne sont pas devenues éternelles uniquement grâce au génie de leurs architectes, mais parce qu’elles traduisaient une foi capable d’unir plusieurs générations autour d’une même œuvre. Les grands empires africains – du Ghana ancien au Mali, du Songhaï au royaume baoulé – ne tenaient pas seulement par leurs armées ; ils tenaient par une idée du bien commun, de la parole donnée et de la responsabilité.

Une nation survit rarement grâce à sa puissance seule.

Elle survit parce qu’elle conserve un principe d’ordre supérieur.

C’est ici que le langage symbolique nous conduit vers un autre nombre : le douze.

Depuis l’aube des civilisations, le douze représente moins une quantité qu’une organisation. Douze mois ordonnent l’année. Douze heures rythment le jour et la nuit. Douze tribus fondent Israël. Douze apôtres sont envoyés pour porter un message au monde. Dans l’Apocalypse, la Jérusalem céleste repose sur douze fondations et s’ouvre par douze portes, image d’une cité où chaque élément trouve sa juste place.

Le douze est le chiffre de la communauté lorsqu’elle cesse d’être une foule pour devenir un peuple.

Si le sept invite chaque homme à transformer son cœur, le douze demande à ce cœur transformé de construire des institutions justes.

Voilà le grand passage que toute nation est appelée à franchir.

La Côte d’Ivoire n’est plus une promesse ; elle est une responsabilité.

Elle n’est plus un projet ; elle est une œuvre en cours.

Et une œuvre de cette ampleur exige davantage que des talents individuels. Elle demande une intelligence collective, une discipline librement consentie et une fidélité au bien commun.

Nos anciens Akan avaient une manière lumineuse de dire cette vérité : « Un seul doigt ne peut laver tout le visage. »

Aucun citoyen, aucun dirigeant, aucune institution ne peut, à lui seul, porter le destin national. Mais lorsque chaque main accepte sa part de l’effort, le pays devient comme une grande kora dont chaque corde participe à la même mélodie.

C’est peut-être là le plus grand défi de notre époque.

Nous vivons dans un monde où chacun revendique sa liberté. Pourtant, les peuples qui durent sont ceux où chacun accepte aussi sa responsabilité.

La liberté sans devoir devient le désordre.

L’autorité sans justice devient la domination.

La richesse sans partage devient une fracture.

Le progrès sans conscience devient une illusion.

Le véritable patriotisme ne consiste donc pas seulement à aimer son pays lorsque l’hymne national retentit ou lorsque le drapeau flotte au vent. Il consiste à accomplir avec excellence ce que personne ne voit : respecter la loi lorsqu’elle ne nous avantage pas, servir avec intégrité lorsque personne n’applaudit, protéger le bien public comme s’il était notre propre héritage.

Car les nations ne meurent presque jamais sous les coups de leurs ennemis.

Elles s’affaiblissent lorsque leurs enfants cessent de croire que l’intérêt collectif mérite davantage d’efforts que leurs intérêts particuliers.

Le sept nous apprend que toute renaissance commence dans le cœur.

Le douze nous enseigne que cette renaissance ne prend toute sa force que lorsqu’elle devient une culture, une administration, une école, une justice, une économie et une gouvernance inspirées par les mêmes valeurs.

Autrement dit, la conscience doit finir par prendre la forme d’institutions.

C’est ainsi que le visible devient le reflet de l’invisible.

À soixante-six ans, la Côte d’Ivoire possède aujourd’hui les moyens de franchir une nouvelle étape de son histoire. Le temps n’est plus seulement à construire davantage ; il est à construire mieux.

Mieux dans la confiance.

Mieux dans la transparence.

Mieux dans la solidarité.

Mieux dans la transmission.

Car une Nation n’atteint sa véritable maturité ni lorsque ses villes touchent le ciel, ni lorsque son économie impressionne les marchés. Elle atteint sa maturité lorsque chaque citoyen comprend que la grandeur d’un pays ne dépend jamais uniquement de ceux qui le gouvernent, mais aussi de la qualité morale de celles et ceux qui le servent, l’éduquent, le cultivent, le protègent et l’aiment.

Alors le sept rejoint le douze.

La transformation intérieure devient une organisation collective.

La sagesse devient gouvernance.

La foi dans l’avenir devient civilisation.

Et la liberté cesse d’être une conquête du passé pour devenir une responsabilité quotidienne.

C’est à ce prix seulement qu’une indépendance devient un héritage vivant, transmis de génération en génération comme un flambeau que chacun reçoit avec gratitude et remet, plus lumineux encore, à ceux qui viendront après lui.

LE BAOBAB DE L’AVENIR

La prophétie d’une Nation qui choisit la lumière

Il est une vérité que les anciens d’Afrique transmettaient sans jamais l’écrire : l’avenir ne se prédit pas, il se cultive.

Le vieillard qui plante un baobab sait qu’il ne s’assiéra probablement jamais sous son ombre. Pourtant, il plante. Non par naïveté, mais parce qu’il comprend que la plus haute forme de sagesse consiste à offrir demain à ceux que l’on ne connaîtra jamais.

Toute nation digne de ce nom est un baobab.

Ses racines plongent dans la mémoire de ses ancêtres. Son tronc est fait des sacrifices de celles et ceux qui l’ont servie avec loyauté. Ses branches portent les rêves de la jeunesse. Ses fruits appartiennent aux générations futures.

Ainsi se mesure la véritable grandeur d’un peuple : non à ce qu’il possède aujourd’hui, mais à ce qu’il prépare pour demain.

La Côte d’Ivoire entre désormais dans une saison décisive de son histoire.

Le temps de la conquête est derrière elle.

Le temps de la maturation est devant elle.

Il ne s’agit plus seulement d’accumuler des performances économiques, d’attirer des investissements ou de multiplier les infrastructures. Tout cela demeure nécessaire. Mais les civilisations qui traversent les siècles savent qu’une prospérité qui n’élève pas la dignité humaine finit toujours par s’épuiser.

Les maîtres spirituels de toutes les traditions convergent sur ce point : la lumière véritable n’est jamais une domination ; elle est un rayonnement.

Le soleil ne choisit pas les maisons qu’il éclaire.

La pluie ne demande pas l’identité des champs qu’elle féconde.

Le fleuve ne refuse pas son eau à celui qui vient s’y désaltérer.

La nature enseigne sans discours que la grandeur consiste moins à posséder qu’à irriguer.

Que serait alors une Côte d’Ivoire fidèle à sa vocation profonde ?

Ce serait un pays où l’autorité inspire davantage qu’elle n’impose.

Un pays où la justice rassure avant de punir.

Un pays où l’école ne transmet pas seulement des connaissances, mais forme des consciences.

Un pays où la réussite individuelle devient une promesse collective.

Un pays où l’État est fort parce que la confiance entre les citoyens est plus forte encore.

Car le destin d’une nation ne dépend jamais uniquement de ses dirigeants. Il dépend du niveau de conscience de son peuple.

Chaque fonctionnaire intègre, chaque enseignant passionné, chaque agriculteur courageux, chaque entrepreneur honnête, chaque artisan consciencieux, chaque parent qui transmet le respect, chaque jeune qui refuse la facilité participe silencieusement à l’édification de la République.

Les grandes révolutions commencent rarement dans les palais.

Elles naissent dans les consciences.

À cet instant précis, le symbolisme du sept et du douze prend toute sa profondeur.

Le sept rappelle que la première victoire est toujours intérieure. Aucune réforme durable ne peut remplacer un cœur qui choisit librement la vérité, l’intégrité et le service.

Le douze rappelle que cette victoire personnelle ne prend toute sa force que lorsqu’elle devient une culture commune, des institutions solides, une gouvernance juste et une fraternité vécue.

Lorsque le cœur et la cité se rejoignent, la nation cesse d’être une addition d’individus. Elle devient une communauté de destin.

Peut-être est-ce cela que nous invite à méditer le 7 août.

L’indépendance n’est pas un monument devant lequel on dépose des gerbes une fois par an. Elle est une responsabilité que l’on renouvelle chaque matin.

Elle n’est pas un héritage que l’on consomme.

Elle est une promesse que l’on honore.

Alors, en célébrant les 66 ans de notre souveraineté, ne demandons pas seulement ce que notre pays nous a donné.

Demandons-nous aussi ce que nous ajoutons, chaque jour, à son patrimoine moral.

Les routes finiront par être remplacées.

Les bâtiments seront rénovés.

Les technologies deviendront anciennes.

Mais une conscience juste traverse les générations.

Un peuple qui choisit la vérité laisse une empreinte plus durable que celui qui accumule les richesses sans préserver son âme.

C’est pourquoi la plus belle ambition pour la Côte d’Ivoire n’est peut-être pas de devenir uniquement l’une des plus grandes économies du continent.

Sa vocation pourrait être plus élevée encore : devenir une nation où la prospérité marche avec la justice, où la modernité dialogue avec les traditions, où l’excellence économique s’accompagne d’une excellence morale.

Alors, le sept aura porté son fruit.

Le douze aura trouvé son ordre.

Et les soixante-six années parcourues ne seront plus seulement le récit d’un temps écoulé, mais les fondations d’un siècle nouveau.

Les anciens Akan disaient que « le palmier ne boit pas sa propre sève ». Tout ce qu’il puise dans la terre devient huile, vin, ombre, fibres ou nourriture pour les autres.

Qu’il en soit ainsi de notre Nation.

Qu’elle transforme ses talents en espérance, ses richesses en solidarité, sa puissance en paix et sa liberté en responsabilité.

Alors, le monde ne regardera plus seulement la Côte d’Ivoire comme une terre de croissance.

Il la reconnaîtra comme une terre de sagesse.

Et lorsque les générations futures ouvriront le grand livre de notre histoire, elles pourront écrire avec gratitude :

« Ils avaient reçu une indépendance. Ils en ont fait une civilisation. »

C’est peut-être là la plus haute signification du 7 août.

Non pas seulement célébrer le jour où un peuple est devenu libre, mais choisir, chaque année, de devenir plus digne encore de cette liberté.

Bonne Fête de l’Indépendance à la Côte d’Ivoire.


Par Norbert KOBENAN

AGL Côte d’Ivoire a récompensé, le jeudi 30 juillet 2026, les dix meilleurs étudiants de l’Académie régionale des sciences et techniques de la mer (ARSTM), à l’occasion de la sortie officielle de la 37ᵉ promotion de l’établissement. Issus des filières de transport et logistique, ces jeunes diplômés bénéficieront chacun d’un stage pré- emploi de 6 mois au sein des différentes entités d’AGL Côte d’Ivoire. Ils pourront ainsi découvrir concrètement les métiers de la logistique, du transport et des activités maritimes, tout en mettant en pratique les connaissances acquises au cours de leur formation. Cette distinction s’inscrit dans la stratégie DRIVE 2030 d’AGL, qui fait du développement du capital humain l’un de ses piliers.
En renforçant les passerelles entre le monde académique et l’entreprise, AGL Côte d’Ivoire entend offrir aux jeunes talents des expériences professionnelles structurantes et favoriser leur insertion dans les secteurs du transport et de la logistique. « À travers ces stages d’immersion, nous souhaitons permettre aux meilleurs étudiants de découvrir les réalités de nos métiers, d’acquérir une expérience pratique et de développer les compétences nécessaires à leur future carrière. Encourager l’excellence et accompagner les jeunes talents constituent des priorités pour AGL Côte d’Ivoire », a déclaré Dieudonné Gaibai, Directeur général d’AGL Côte d’Ivoire.
Noué en 2017, le partenariat entre AGL Côte d’Ivoire et l’ARSTM permet chaque année à près de 30 étudiants d’effectuer un stage d’immersion au sein de l’entreprise. Cette collaboration contribue à rapprocher durablement la formation de l’emploi et à constituer un vivier de compétences qualifiées au service des secteurs maritime, portuaire et logistique en Côte d’Ivoire.
B. M

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