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Redynamisation de l’économie cacaoyère en Afrique- Les premiers impacts du Sommet sur le cacao à Abidjan entre Ouattara et John Dramani Mahama
Les pays producteurs africains de cacao ont -ils compris enfin que non seulement ensemble on est fort mais que l’union fait la force ? Certainement oui. Si l’on s’en tient aux informations en provenance du Nigeria. A l’issue d’une rencontre à Abuja, capitale fédérale du Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Cameroun et le Nigeria ont décidé de se mettre ensemble. « Le Nigeria, le Ghana, la Côte d'Ivoire et le Cameroun ont décidé d'unir leurs efforts, pour renforcer la transformation locale du cacao et réduire progressivement les exportations de fèves de cacao », précisent nos sources.
« Réunis à Abuja, les quatre pays prévoient de mettre en place une alliance visant à développer les industries locales, créer davantage de valeur ajoutée et renforcer leur poids sur le marché mondial du cacao. L'objectif est de permettre aux États producteurs de tirer davantage de bénéfices de leur production en exportant une plus grande part de produits transformés, tels que le beurre de cacao, la poudre de cacao ou encore le chocolat, plutôt que des fèves brutes. Ensemble ces pays représentent une part importante de la production mondiale de cacao et souhaitent désormais tirer davantage de bénéfices de cette ressource. », rapporte le site d’informations économiques et financières, www. businessday.ng. Les lignes sont donc en train de bouger et l’aiguille va dans le bon sens et aller dans le même sens que la Côte d’Ivoire et le Ghana : deux gros pays producteurs mondiaux de fèves de cacao qui portent l’Initiative cacao Ghana Côte d’Ivoire.
Quand les assises d’Abuja interviennent près d’un mois après la rencontre au Sommet entre leurs Excellences Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire et John Dramani Mahama du Ghana, il faudrait s’en féliciter.
Cette initiative s’inscrit dans le droit fil de l’engagement
Car, l’initiative d’Abuja initiative s’inscrit dans le droit fil de l’engagement pris par leurs Excellences Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire, et John Dramani Mahama, Président de la République du Ghana, lors du Sommet de haut niveau d’Abidjan du 16 juin 2026, au cours duquel les deux Chefs d’État ont explicitement convenu d’élargir la Cigci à d’autres pays producteurs africains afin de renforcer le pouvoir de négociation collectif du continent sur les marchés mondiaux.
Les deux Présidents ont conjointement signé une déclaration visant à : Harmoniser les politiques de prix bord-champ afin d’optimiser la rémunération des producteurs, stabiliser le marché et renforcer notre coopération commerciale, garantir aux producteurs une rémunération juste et décente et les placer au cœur de la chaîne de valeur du cacao d’une part, et renforcer la coopération scientifique, avec un accent particulier sur la gestion intégrée des maladies du cacaoyer, notamment le Swollen Shoot d’autre part.
Sans oublier la création de la valeur ajoutée en accroissant les capacités de transformation, en encourageant les échanges régionaux et continentaux, et en stimulant la consommation nationale et régionale de produits dérivés du cacao et l’élargissement Côte d’Ivoire-Ghana Cocoa Initiative à d’autres pays africains, notamment le Nigeria et le Cameroun.
En se tenant donc ensemble, le Ghana et la Côte d’Ivoire ont franchi un pas décisif pour harmoniser leurs stratégies de marché et coordonner leurs annonces de prix bord-champ afin d’empêcher les acheteurs d’exploiter les écarts de prix, tout en mutualisant leurs ressources en matière de recherche scientifique pour la lutte contre les maladies et l’amélioration de la productivité. Les deux pays ont formellement appelé leurs voisins producteurs à les rejoindre. Après cette rencontre nous avons bien voulu avoir la réaction du Secrétariat exécutif de l’Initiative Cacao Ghana-Côte d’Ivoire. Elle est on ne peut plus précise : « Cette réunion à Abuja sur la valeur ajouté est la première incarnation concrète de cette vision partagée de nos chefs d’états. »
Bamba Mafoumgbé,Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Tribune libre- Cent vingt-quatre millions de dollars pour condamner trois hommes noirs.
Turks and Caicos, colonie britannique, 2026. Ce que l’Afrique doit regarder. Commençons par l’arithmétique, puisqu’elle dit tout.
Les paiements jugés corrompus dans l’affaire Michael Misick sont évalués à environ vingt et un millions de dollars. La procédure engagée par la Couronne britannique pourles poursuivre a coûté, au minimum, cent vingt-quatre millions de dollars. Ce n’est pas une estimation militante. C’est le chiffre confirmé au Parlement des Turks and Caicos le 13 mars 2026, en réponse à une question parlementaire. Et le gouvernement précise que le compte n’est pas clos. Les salaires ne sont pas encore tous intégrés.
Six fois le montant présumé du larcin, pour financer le procès du larcin. Payé par le contribuable de l’archipel. Pas par Londres.
Voilà l’état de la justice coloniale au XXIe siècle. Elle est ruineuse, elle est interminable, et elle est sélective.
Un procès de dix ans, sans jury, devant un juge unique. Le procès s’est ouvert le 8 décembre 2015. Il devait durer six mois. Les plaidoiries
finales se sont achevées en juin 2025. Le verdict est tombé le 4 février 2026. Dix ans. Un juge d’instruction original mort en cours de route. Des accusés décédés. Une pandémie.
Des reports sans fin.
Et surtout : pas de jury. Michael Misick, ancien Premier ministre élu et réélu, a été jugé par un seul homme. Un juge unique, statuant seul sur les faits comme sur le droit. Ce mécanisme n’existait pas dans l’ordre constitutionnel que les électeurs de l’archipel
avaient connu. Il a été rendu possible par les modifications introduites pendant la période de gouvernement direct de Londres, après que le Royaume-Uni a suspendu la Constitution des Turks and Caicos et dissous le gouvernement élu en 2009.
Traduisons. La puissance coloniale suspend la démocratie locale. La puissance coloniale
modifie le cadre juridique. La puissance coloniale crée une équipe de poursuite spéciale,
la SIPT, dirigée par des avocats britanniques. Et sous ce cadre ainsi refaçonné, le
dirigeant élu qu’elle avait chassé est condamné, sans jury, par un juge uni que, aux frais
du peuple qui l’avait élu.
Michael Misick purge quatre ans et vingt-six jours. Son frère, l’avocat Thomas « Chal »
Misick, quatre ans. L’ancien ministre McAllister Hanchell, trois ans. Trois hommes noirs. Trois insulaires. En prison.
Ceux qui auraient versé l’argent. Une corruption suppose deux mains. Celle qui reçoit, et celle qui donne.
L’accusation elle-même l’a établi : l’argent venait de développeurs étrangers, promoteurs immobiliers et touristiques, venus s’approprier certaines des dernières terres vierges des Caraïbes. Ce sont eux, selon le dossier de la Couronne, qui ont payé.
Regardons ce qu’ils sont devenus.
Mario Hoffman, développeur de Salt Cay. Poursuites pénales abandonnées. Un règlement civil : sept millions de dollars et la restitution de 1 506 acres. Sans aucune reconnaissance de responsabilité, pénale ou civile. Le communiqué officiel le précise
noir sur blanc. Jak Civre, homme d’affaires italien. Poursuites pénales abandonnées. Règlement civil : 4,7 millions de dollars, plus 250 000 dollars de frais.Richard Padgett, promoteur britannique. Lui a été poursuivi. Il a plaidé coupable d’avoir versé des inducements corrompus à des membres du gouvernement. Il a même reconnu avoir participé à la production de documents falsifiés destinés à tromper la
Commission d’enquête britannique. Sa peine : deux ans avec sursis. Ses plaidoyers ont été enregistrés par liaison vidéo depuis l’Angleterre, au motif que sa santé lui interdisait le voyage.
Faites le compte.
Aucun de ceux qui auraient versé l’argent n’a passé une seule nuit en prison. Les
trois qui l’auraient reçu y sont aujourd’hui. On ne demande pas au lecteur d’en tirer une conclusion. On lui demande simplement de regarder.Pour les uns, un chèque, une restitution de terres, et l’affaire est classée. Une justice transactionnelle, négociée, discrète, sans casier et sans barreaux. Pour les autres, dix ans de procédure, un juge unique, et la cellule. Il y a un nom pour un système où l’argent achète l’issue civile et où la peau détermine l’issue pénale. Ce nom, l’Afrique le connaît. Elle l’a porté pendant des siècles.
Qui a signé ?
Il faut ajouter une pièce au dossier, celle que personne à Londres ne veut voir.
Aux Turks and Caicos, sous administration britannique, le Gouverneur nommé par la
Couronne conservait la responsabilité de la bonne gouvernance. Il siégeait. Il
supervisait. Il signait.
La défense de Michael Misick a toujours été la même : le Gouverneur britannique a
approuvé les transactions contestées.
Si c’est faux, il fallait le démontrer publiquement. Si c’est vrai, alors la question devient
insoutenable : pourquoi le représentant de la Couronne, qui contresignait, n’a-t-il jamais
été inquiété, tandis que l’élu local qui lui présentait les dossiers est en prison ?
L’administration coloniale a enquêté sur sa propre administration, s’est innocentée elle - même, et a envoyé la facture au colonisé.
Et si le vrai chef d’accusation était l’indépendance ?
Posons la question que personne ne pose.
Les Turks and Caicos figurent toujours sur la liste des Nations unies des territoires non
autonomes. C’est-à-dire, dans le langage du droit international, des territoires en
attente de décolonisation. Nous sommes en 2026.
Michael Misick n’a pas été un administrateur docile. Il a porté une ambition de
développement autonome. Il a placé l’archipel sur la carte du monde. Et il a osé porter
dans le débat public la question qui, à Londres, ne se pose jamais : celle de la
souveraineté des Turks and Caicos.
En 2009, le gouvernement élu est dissous. La Constitution est suspendue. Le pouvoir
revient à Londres.
Nous n’affirmons pas une causalité. Nous constatons une séquence. Et nous demandons simplement à ceux qui, en Afrique, ont vu tomber Lumumba, Sankara,
Nkrumah, s’ils trouvent cette séquence entièrement inconnue.
Un dirigeant noir qui parle d’émancipation devient rarement, aux yeux de l’ancienne
métropole, un simple justiciable. Il devient un problème. Et les problèmes se traitent par
les tribunaux quand ils ne se traitent plus par les armes.
Le précédent Lula
Le monde a déjà vu ce film, et il en connaît la fin.
Luiz Inácio Lula da Silva a été poursuivi. Condamné. Emprisonné. Radié de la vie
politique. On a dit de lui exactement ce que l’on dit aujourd’hui de Michael Misick : un
corrompu, un profiteur, une affaire jugée, un dossier clos.
Puis les juridictions supérieures ont examiné la procédure. Elles ont annulé les
condamnations. Elles ont constaté la partialité du dispositif. Lula est sorti de prison,
s’est représenté devant son peuple, et a été réélu Président de la République fédérative
du Brésil.
L’histoire n’a pas retenu les réquisitoires. Elle a retenu la procédure.
C’est exactement ce qui est en jeu ici. Michael Misick portera son affaire devant le
Comité judiciaire du Conseil privé de Sa Majesté, à Londres La plus haute juridiction
d’appel pour les territoires britanniques d’outre-mer.
Et la question posée devant elle ne sera pas : cet homme est-il vertueux ? Elle sera : ce
procès était-il juste ?
Un procès de dix ans est-il un procès équitable ? Un juge unique, sans jury, dans un
cadre constitutionnel réécrit par la puissance qui poursuit, est-ce un tribunal impartial ?
Un dispositif qui coûte six fois le préjudice allégué, financé par les victimes supposées,
est-ce une justice ou une industrie ?
Ce que l’Afrique a à voir là-dedans
On nous dira : c’est une petite île des Caraïbes, à des milliers de kilomètres.
Non.
C’est le laboratoire. C’est la démonstration, en 2026, qu’une puissance européenne peut
encore suspendre un parlement élu, réécrire une constitution, installer ses propres
procureurs, refondre les règles du procès, condamner le dirigeant
qu’elle a destitué,
épargner ses propres ressortissants, et présenter la note au peuple.
Si cela est acceptable aux Turks and Caicos, cela sera acceptable ailleurs.
Nous ne demandons pas la grâce. Nous ne demandons pas l’impunité. Nous ne
demandons à personne de croire Michael Misick innocent.
Nous demandons quatre choses, et elles sont indiscutables :
1. Un examen entier et loyal de l’appel devant le Conseil privé, dans un délai
raisonnable.
2. L’égalité devant la loi : que ceux qui donnent répondent comme ceux qui reçoivent.
3. Un audit indépendant des cent vingt-quatre millions de dollars, et la transparence
sur la rémunération des procureurs.
4. Que le Royaume-Uni assume, devant les Nations unies, la responsabilité d’un
territoire qu’il administre encore et qu’il n’a jamais décolonisé.
L’Afrique sait reconnaître une justice qui juge des hommes en fonction de ce qu’ils sont
plutôt que de ce qu’ils ont fait.
Elle en a vu passer. Elle ne se taira pas sur celle-ci
Tribune libre.
Reproduction autorisée avec mention de la source.
Source: Turks and Caicos, colonie britannique, 2026.
Gala 2026 de la Fondation Children of Africa- L’évènement aura lieu le 09 Octobre à Abidjan
L’édition 2026 du Gala de la Fondation Children of Africa se tiendra le 9 octobre prochain à Abidjan. L’annonce a été faite par la directrice nationale de la Fondation, Nadine Sangaré, à l’occasion d’une conférence de presse consacrée à l’évènement, ce mardi 14 Juillet 2026, au u cabinet de la Première dame à Abidjan.
La Fondation entend consacrer son action à la jeunesse, considérée comme « la plus grande richesse » de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique. Selon Nadine Sangaré qui parlait au nom de la Première Dame Dominique Ouattara, a annoncé la construction d’une Maison de la jeunesse à Abidjan afin d’offrir aux jeunes un cadre dédié à la formation, à l’innovation, à la culture et à l’entrepreneuriat, un projet majeur qui sera mis en avant lors de son gala annuel 2026. Ce rendez-vous de solidarité, est placé sous le thème « Lumière d’Afrique, ensemble pour une jeunesse qui brille »
La future Maison de la jeunesse d’Abidjan sera un espace dédié à l’apprentissage, à l’innovation, à la culture, à l’entrepreneuriat, au développement personnel et à l’épanouissement des jeunes.« À travers ce projet, nous souhaitons donner aux jeunes les moyens de devenir des acteurs de changement et les bâtisseurs de la Côte d’Ivoire de demain », a déclaré Nadine Sangaré.

Elle a lancé un appel aux entreprises, mécènes, fondations et personnes de bonne volonté pour soutenir la réalisation de cette infrastructure. « Chaque contribution constituera un investissement dans l’avenir de notre jeunesse », a ajouté la Directrice nationale de Chidren of Africa
Aussi, les grandes lignes de l’ouvrage très écologique et respectueux des normes environnementales, ont été présentées par l’architecte de la Maison de la jeunesse d’Abidjan, Fadi Mouawad, a expliqué que cette infrastructure a été conçue comme un espace multifonctionnel destiné à accompagner les jeunes dans leur formation, leur créativité et leur épanouissement. Cet ouvrage sera implanté au bord de la lagune, sur une superficie estimée entre 20 et 26 hectares, la Maison de la jeunesse bénéficiera d’un emplacement stratégique favorisant son intégration dans l’environnement urbain.
« L’idée est de développer un projet qui soit à la fois un lieu de formation, de rencontre et d’échange au service de la jeunesse », a indiqué l’architecte, insistant sur l’importance de l’accessibilité du site. Sur le plan architectural, le projet s’inspire de la nature et du mouvement. La forme du cerf constitue un symbole central de la conception, représentant l’énergie, l’agilité et la transmission entre les générations. Il est à préciser que La Maison de la jeunesse comprendra plusieurs pôles d’activités, notamment des espaces de loisirs, un grand hall, une salle polyvalente, des espaces de production, une bibliothèque, un amphithéâtre couvert ainsi que des espaces culturels, pédagogiques et artisanaux. Le projet prévoit également des ateliers de formation, des espaces éducatifs, des centres d’accompagnement, des zones administratives et des espaces dédiés aux associations et aux initiatives communautaires.

À l’extérieur, l’infrastructure disposera d’équipements sportifs et récréatifs, comprenant notamment des terrains de football, des aires de loisirs, des espaces sécurisés pour les jeunes, une place publique et des zones de détente. Avec une surface bâtie estimée à près de 18 800 m² et plusieurs milliers de mètres carrés d’aménagements extérieurs, la Maison de la jeunesse ambitionne de devenir un pôle majeur d’accompagnement des talents africains, en favorisant la formation, l’innovation, la culture et l’entrepreneuriat. Pour sa réalisation, les besoins sont estimés à plus de 4 milliards de Fcfa.
Depuis sa création en 1998, La Fondation Children of Africa, dont la présidente est la Première Dame Dominique Ouattara, œuvre en faveur de l’amélioration des conditions de vie des populations vulnérables, notamment les enfants et les femmes.
Les actions de la Fondation reposent sur trois axes prioritaires
Les actions de la Fondation reposent sur trois axes prioritaires : la santé, l’éducation et le social. Ainsi, dans le domaine sanitaire, l’organisation mène régulièrement des campagnes de vaccination et de dépistage ophtalmologique, équipe des centres de santé communautaires et facilite l’accès aux soins pour les familles défavorisées. Cet engagement s’est notamment concrétisé par la construction de l’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville, devenu un établissement de référence dans la prise en charge de la santé maternelle et infantile en Afrique de l’Ouest.
Dans le secteur éducatif, Children of Africa a réalisé plusieurs infrastructures scolaires, dont le collège de jeunes filles de Kong, devenu aujourd’hui un lycée mixte, ainsi que le groupe scolaire d’excellence Children of Africa à Abobo. La Fondation contribue également à l’amélioration des conditions d’apprentissage à travers l’équipement d’écoles maternelles, de cantines scolaires et de salles multimédias.
Elle dispose par ailleurs de dix bibliobus qui sillonnent plusieurs localités du pays afin de promouvoir la lecture auprès des enfants. En matière de protection sociale et de l’enfance, la Fondation a mis en place plusieurs centres d’accueil, notamment La Case des enfants au Plateau, ainsi que des structures à Soubré, Ferkessédougou et un centre de réinsertion pour mineurs à Bouaké.
Cette fondation organise également chaque année l’Arbre de Noël, une initiative qui permet d’offrir des milliers de jouets aux enfants, en plus des dons de vivres et de non-vivres aux populations vulnérables, aux orphelinats et aux pouponnières. La directrice nationale a également rappelé la création d’un centre d’accueil à Adiaké destiné aux femmes victimes de violences, afin de leur offrir un accompagnement dans leur processus de reconstruction.
Selon Nadine Sangaré, les différents galas organisés par Children of Africa ont permis de mobiliser des ressources pour financer des projets sociaux structurants.
En 2024, le gala « We Are Africa » a contribué au renforcement de l’offre de soins spécialisés avec la réalisation d’une nouvelle aile de cardiologie pédiatrique à l’Hôpital Mère-Enfant. Soulignons que pour ce gala, que sur le volet artistique et culinaire, des artistes de talent, le groupe artistique Magic Système d’une part et d’autre part, plusieurs chefs de renoms sont annoncés.
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Pour son développement économique- La Côte d’Ivoire doit s’inspirer du modèle du modèle de développement bancaire de la Chine en créant de grandes banques publiques
La Banque nationale d’investissement (Bni) a organisé une conférence le 10 juin 2026, à son centre intégré de Cocody, pour présenter le bilan et les résultats de son exercice 2025. La rencontre était présidée par son directeur général, Youssouf Fadiga. À cette occasion, le premier responsable de l’institution bancaire a dévoilé des résultats financiers en nette progression, confirmant ainsi le positionnement de la BNI comme une institution de référence dans le paysage bancaire ivoirien. Le 13 juillet 2026, nous apprenons que la banque cède 21,09 % du capital de la BICICI, qu’elle détenait à la société d’investissement Brandon & Mcain Capital. Face à cette nouvelle actualité, plusieurs quotidiens ivoiriens, ont posé des questions au professeur Prao Yao Séraphin. Selon lui, au lieu d’affaiblir la BNI, l’Etat doit plutôt imiter le modèle de développement bancaire chinois, par la création de très grandes banques publiques.
Prof Prao Séraphin, pourquoi voulez-vous que la Côte d’Ivoire s’inspire du modèle de développement bancaire de la Chine?
La Côte d’Ivoire peut s’inspirer du modèle de développement bancaire de la Chine car il a soutenu une croissance économique rapide grâce à trois piliers : l'alignement strict du crédit sur les objectifs de l'État, l'essor fulgurant du numérique et une forte résilience face aux crises.
La première raison est que le pays veut accélérer son développement économique à travers des plans nationaux de développement (PND). Le Plan national de développement (PND) 2026-2030 est destiné à transformer structurellement l'économie et à améliorer le bien-être des populations. En effet, le plan vise une croissance annuelle de 7,2 % en moyenne et un revenu par habitant de 4 500 USD d'ici 2030, afin de hisser le pays au rang de "pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure". Dans ce plan, le gouvernement ambitionne de financer des investissements massifs dans les infrastructures. Or, les banques publiques chinoises ont joué un grand rôle dans le développement du pays en canalisant l'épargne nationale vers des investissements massifs dans les infrastructures (routes, ponts, énergie), stimulant directement le développement industriel.
La deuxième raison est la souveraineté et le contrôle stratégique. En effet, quand l'État conserve un rôle majeur dans le secteur bancaire, cela lui permet d'orienter l'épargne nationale vers le développement économique intérieur tout en se protégeant des chocs financiers internationaux. En outre, en conservant une forte maîtrise des capitaux, L'État protège ainsi le secteur bancaire des crises financières internationales et des chocs externes.
La troisième raison est la facilitation de l'inclusion financière par le numérique. En Chine, l'essor des géants de la "Fintech" (technologies financières) et des banques en ligne a permis de bancariser des centaines de millions de personnes, même dans les zones rurales, avec une très grande simplicité d'utilisation sur les téléphones mobiles.
La quatrième raison est que les banques constituent un soutien aux ambitions géopolitiques. Les institutions financières chinoises, telles que la Banque de Chine, soutiennent l'expansion internationale des entreprises nationales. Par exemple, L'Industrial and Commercial Bank of China (ICBC), contrôlée à plus de 70% par l'État chinois, est le bras armé financier de Pékin. Elle soutient l'économie réelle, finance les grands projets d'infrastructures et sert de fer de lance pour l'internationalisation du yuan (RMB) à l'échelle mondiale. En tant que plus grande banque du monde par ses actifs, son poids dans la stratégie nationale s'articule autour de trois piliers clés. En premier lieu, le soutien à l'économie nationale. En effet, elle finance les méga-projets gouvernementaux, notamment les corridors logistiques des nouvelles routes de la soie (stratégie One Belt, One Road) ainsi que les secteurs de l'industrie, de l'énergie et des transports. En second lieu, l’expansion internationale. ICBC appuie les entreprises chinoises à l'étranger (projets Going Global) et s'implante dans des centres financiers stratégiques pour faciliter les flux commerciaux mondiaux. En troisième lieu, l’internationalisation du yuan. Elle est régulièrement désignée comme agent officiel de compensation (RMB clearing bank) dans des zones géographiques majeures (comme en Russie ou au Brésil), ce qui permet à Pékin de promouvoir sa monnaie et de réduire sa dépendance aux systèmes de paiement occidentaux.
Quel est l’état des lieux du système bancaire chinois?
Réponse : Notons que le développement du secteur financier chinois a débuté avec la conversion du pays à l’économie de marché à partir des réformes entamées en 1978. Mais ce n’est qu’après la crise financière de 2008 que sa croissance s’est fortement accélérée, portée notamment par l’expansion des banques. Le secteur bancaire en Chine est désormais de très loin le plus grand au monde, avec l’équivalent de quelque 33 milliers de milliards de dollars à son actif à fin 2018, autant qu’au bilan des banques de l’ensemble des pays de la zone euro. En seulement une décennie, la Chine a ainsi transformé les contours du système financier mondial. Ce développement s’est effectué à l’intérieur de frontières fermées. La faible concurrence et la posture conciliante des autorités, qui souhaitaient avant tout soutenir la croissance économique, ont permis l’essor d’un vaste secteur de l’ombre, opaque et vecteur de risque systémique, et entraîné une explosion du taux d’endettement des agents économiques.
Fin 2025, le total des actifs du secteur bancaire chinois a atteint environ 467 300 milliards de yuans (soit près de 65 milliards de dollars selon les taux de l'époque), en hausse de 7,9 % sur un an. Les actifs des grandes banques commerciales dominaient avec 204 200 milliards de yuans. Les quatre plus grandes banques mondiales sont chinoises (ICBC, China Construction Bank, Agricultural Bank of China et Bank of China), dominant un secteur qui pèse plus de 44 000 milliards de dollars. Ce mastodonte, fortement contrôlé par le gouvernement, finance près de 195 % du PIB du pays.
Quel est l’état des lieux du système bancaire ivoirien?
Le système bancaire ivoirien est le leader incontesté de l'UEMOA, concentrant environ 35,6% des parts de marché régionales.
Le secteur bancaire ivoirien en 2025 affiche une excellente santé financière et une solidité confirmée. Il domine l'espace UEMOA en concentrant près de 36 % des parts de marché régionales. Malgré une croissance ralentie par le contexte électoral, la rentabilité et le total bilan des établissements de crédit ont poursuivi leur progression.
Concernant la structure du marché bancaire, le système compte 28 banques agréées et 4 établissements financiers à caractère bancaire. La Côte d'Ivoire abrite la majorité des banques ayant un total bilan supérieur à 1 000 milliards de FCFA dans la sous-région. Notons que la Société Générale Côte d'Ivoire (SGCI) reste le leader historique du marché. Mais, le paysage est marqué par l'ascension spectaculaire de banques locales comme la BNI, devenue la deuxième plus grande banque du pays grâce à une forte croissance de son bilan (atteignant plus de 3 166 milliards FCFA), et NSIA Banque.
Concernant la performance, le bilan global fait ressortir que les encours de crédits aux entreprises et aux particuliers sont en hausse, soutenus par le dynamisme des crédits de trésorerie, du crédit-bail et de la consommation. Au niveau de la rentabilité, les Produits Nets Bancaires (PNB) et les résultats nets ont enregistré de solides progressions en 2025, témoignant d'une excellente maîtrise des charges et des risques.
En matière de respect des dispositifs règlementaires, le cadre prudentiel a été renforcé, notamment sur les exigences de fonds propres et les dispositifs de Lutte Contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme (LBC/FT). Plus de 90 % des banques ivoiriennes respectent rigoureusement les exigences de fonds propres et les normes prudentielles de la Commission Bancaire de l'UMOA.
Quel est l’état des lieux des banques publiques ivoiriennes ?
Réponse : La Côte d'Ivoire comptait 5 banques publiques. La BNI (Banque Nationale d'Investissement), anciennement Caisse Autonome d'Amortissement, elle a été transformée en banque en 2004. C'est un pilier du développement économique du pays, qui gère notamment les dépôts des établissements publics et participe activement aux investissements stratégiques. Puis la BHCI (Banque de l'Habitat de Côte d'Ivoire). Autrefois institution publique de référence créée pour soutenir le secteur immobilier, elle a fait l'objet d'un processus de restructuration et de privatisation partielle. Ensuite la Banque des Dépôts du Trésor Public, bien qu'ayant une nomenclature spécifique, est souvent agréé dans la liste officielle des banques pour centraliser les dépôts de l'État et des comptables publics. On avait également Versus Bank, une institution historiquement reconnue pour être un acteur majeur du financement et de l'accompagnement des petites et moyennes entreprises. Enfin, la Banque Populaire de Côte d’Ivoire, anciennement appelée la Caisse nationale des caisses d’épargne, détenue à 100% par l’État ivoirien. Mais deux banques sont passées du côté du secteur privé. En effet, l'État a cédé ses parts. Versus Bank n'est plus une banque publique depuis décembre 2024, date à laquelle l'homme d'affaires Koné Daouda Soukpafolo, à travers HARVEST Capital Holding, a racheté 52,89 % des parts. De même, la Banque Populaire de Côte d'Ivoire (BPCI) n'est plus une banque publique. Fin décembre 2023, l'État ivoirien a officiellement transféré la totalité de ses actifs et le contrôle de l'établissement à Atlantic Financial Group (AFG).
Quel est la situation de la Banque Nationale d’Investissement (BNI)?
Réponse : En pleine croissance, la Banque Nationale d’Investissement (BNI) est devenue la 2ᵉ banque de Côte d'Ivoire en termes de total de bilan. Pour l'exercice 2025, le total du bilan s’établit à 3 166 milliards de FCFA, soit une hausse de 34 % par rapport au 31 décembre 2024, où il était de 2 358 milliards de FCFA. De son côté, le Produit Net Bancaire (Pnb) atteint 118,2 milliards de FCFA, en progression de 17 % comparé aux 100,7 milliards de FCFA réalisés en 2024. La dynamique de croissance se confirme également au niveau du résultat net qui s’élève à 46,8 milliards de FCFA en augmentation de 20 % par rapport à l’exercice précédent où la banque a eu 38,9 milliards de FCFA. Sur le plan du positionnement, la BNI a amélioré son rang sur le marché ivoirien, passant de la 3ᵉ à la 2ᵉ place en termes de total bilan. Cette performance repose notamment sur une amélioration globale des indicateurs de rentabilité portée par la diversification du portefeuille et une meilleure maîtrise des charges. On note une progression remarquable du Produit Net Bancaire sur le long terme avec une hausse cumulée de +269 % entre 2018 et 2025, soit une croissance annuelle moyenne de 20,5 %. Selon le Directeur Général, Youssouf Fadiga, « Ces résultats solides démontrent notre capacité à anticiper les évolutions du secteur et à répondre efficacement aux attentes de nos clients ».
La BNI vient de céder sa participation de 21,09 % dans la BICICI à Brandon & Mcain Capital. Que pensez-vous de ce retrait?
Réponse : Je ne pense pas que cela soit une bonne chose pour la BNI qui recevait des dividendes de la BICICI. En effet, l’établissement public créé en 1959 a conclu un accord portant sur la cession de l’intégralité de sa participation, représentant 3 514 941 actions, soit 21,09 % du capital de la BICICI, à la société d’investissement Brandon & Mcain Capital. Au moins, trois raisons militent en faveur de mécontentement.
La première est que la BNI soutient activement le secteur agricole en Côte d’Ivoire. En effet, elle a financé près de 160 000 tonnes de cacao, soit environ 175 milliards de FCFA en revolving à mi-novembre 2022. La BNI a historiquement été et demeure un partenaire clé du secteur agricole ivoirien. En 2023, le montant de l’enveloppe des financements des campagnes agricoles s’élevait à 200 milliards de FCFA répartis entre les campagnes café-cacao, anacarde, huile de palme et hévéa. Les retours sur investissement ont été significatifs avec une progression des encours de crédit de 21 milliards de FCFA par rapport à l’exercice 2022. Cet indicateur, bien qu’encourageant, est tout de même à modérer au regard du taux d’utilisation (60 %) de l’enveloppe qui a été allouée à l’ensemble des acteurs de la filière et des conditions météorologiques qui ont eu un impact sur les niveaux de récolte. De ce point de vue, l’Etat devrait renforcer financièrement la BNI au lieu de la laisser céder ses parts de la BICICI.
Deuxièmement, dans les trois banques publiques ivoiriennes, la BNI a joué un rôle crucial dans le financement et la mise en œuvre des initiatives du Plan national de développement 2023-2025. Leur implication dans le soutien financier aux PME et dans le renforcement des champions nationaux stimule la croissance économique et favorise l'autonomisation des entreprises locales. La Bni continue encore de soutenir des projets prioritaires dans des secteurs clés, contribuant ainsi à la croissance économique et à la création d'emplois. La Bni est un instrument de la politique gouvernementale et un levier de croissance pour la Côte d’Ivoire. Elle a la noble mission d’accompagner non seulement l’État dans tous ses projets de développement, mais aussi tous les acteurs privés de l’écosystème socio-économique dans la satisfaction de leurs besoins pour la construction d’une nation à fort impact sur l’échiquier régional et international.
Troisièmement, la Bni a pour ambition de financer le secteur minier et à favoriser les investissements de la diaspora. En effet, sous le leadership Youssouf Fadiga, la Bni voudrait accompagner les acteurs du secteur minier, de la phase de recherche à celle de l’exploitation, puis la mise en place de programmes destinés à favoriser les investissements de la diaspora, ainsi que le renforcement de l’appui aux PME dans la structuration et le financement de leurs projets. Cette orientation s’inscrit dans la dynamique impulsée par le gouvernement en faveur d’une plus grande implication des investisseurs nationaux dans les secteurs stratégiques.
Ayoko Mensah avec Sercom
Main-d’œuvre dockers- Le SEMPA-BMOD renforce le dialogue social avec les organisations syndicales des dockers
Engagé dans une démarche de concertation permanente avec les représentants des travailleurs, le SEMPA-BMOD (Syndicat des Entreprises de Manutention des Ports et Bouche à Oreille des Dockers) a poursuivi récemment ses échanges avec les organisations syndicales des dockers, dans le cadre du processus de dialogue social initié il y a quelques mois.
Cette nouvelle rencontre avait pour objectif de faire le point sur l’avancement des travaux engagés par les différentes commissions mises en place et de poursuivre les discussions autour des préoccupations exprimées par la communauté des dockers. Elle s’inscrit dans une volonté commune de parvenir à des solutions durables visant à améliorer les conditions de travail et de vie des travailleurs portuaires.
Plusieurs organisations syndicales ont pris part à cette étape importante du processus, notamment la FENADCI, l’ORLIDOCI, le CNDD, la FSDR, la CSDCI, le GSDR-CI, la CSD-CI, le SYLIDOPSA et le SYNDUS.
Au cours de la séance de travail, les différentes commissions techniques paritaires ont présenté l’état d’avancement de leurs analyses ainsi que leurs principales conclusions et recommandations. Ces commissions avaient été constituées pour examiner plusieurs sujets prioritaires, parmi lesquels la cogestion de la main-d’œuvre docker, l’élaboration d’une nouvelle convention collective, le rétablissement des avantages individuels acquis, la réactivation des matricules suspendus, le paiement des indemnités de garantie et de la prime de présence, la décoration des dockers, la réhabilitation des installations sanitaires ainsi que l’audit du dispositif d’auto-assurance.
Les travaux menés ont permis d’enregistrer plusieurs points de convergence entre les différentes parties prenantes, illustrant les avancées réalisées depuis l’ouverture du cadre de concertation. Si certains sujets ont trouvé des orientations communes, d’autres nécessitent encore des approfondissements afin de permettre l’émergence de solutions partagées et pérennes.
Pour le Secrétaire Général du SEMPA-BMOD, Alexis N’Guessan-Zoukou, cette démarche traduit la volonté des acteurs de privilégier l’écoute et la recherche collective de solutions : « Nous avançons progressivement vers des solutions concertées. Les travaux en cours traduisent la volonté commune d’apporter des réponses durables aux préoccupations exprimées, dans un esprit de dialogue, de responsabilité et de confiance. »
Cette rencontre marque ainsi une nouvelle étape dans le processus de dialogue social engagé entre le SEMPA-BMOD et les organisations syndicales des dockers. Elle confirme l’engagement des différentes parties à maintenir un cadre d’échanges constructif, indispensable à la consolidation d’un climat social serein et à l’amélioration durable de la performance des activités portuaires en Côte d’Ivoire.
Ayoko Mensah
Lutte contre le travail des enfants- Le dispositif de traçabilité sociale renforcé
Dans le cadre du renforcement de la lutte contre le travail des enfants dans la filière café-cacao, le Comité National de Surveillance (CNS), en partenariat avec le Conseil du Café-Cacao, a procédé au déploiement des Agents d’Opération chargés de la Traçabilité Sociale (AOTS) dans les zones de production. Leur mission est d’assurer un suivi rigoureux des pratiques sociales, de vérifier l’absence de travail ou d’exploitation des enfants dans les plantations et de sensibiliser les producteurs aux enjeux liés au respect des droits humains.
À la suite d’une mission d’évaluation menée par le Secrétariat technique de la Plateforme de Partenariat Public-Privé, des difficultés opérationnelles ont été relevées. Pour y répondre, un atelier en deux étapes a été initié : la première, consacrée à la validation des outils et activités des AOTS ; la seconde, dédiée à leur formation et recyclage sur les dimensions sociales de la production cacaoyère. Cet atelier, organisé du 12 au 16 juillet 2026 à Yamoussoukro, vise à affiner le dispositif de traçabilité sociale et à renforcer l’efficacité des interventions sur le terrain.
Lors de la cérémonie d’ouverture, Dr GBONGUE Mamadou, Directeur adjoint chargé des projets et du suivi-évaluation au Conseil du Café-Cacao, représentant le Directeur Général, M. KONE Brahima Yves, a insisté sur l’importance d’outiller cette brigade de surveillance pour garantir une application optimale de la traçabilité sociale et parvenir à l’éradication totale du travail des enfants.
M. Amani KONAN, consultant national auprès du cabinet de la Première Dame, a salué l’appui constant du Conseil du Café-Cacao au CNS et rappelé l’engagement ferme des autorités ivoiriennes, sous l’impulsion de Mme Dominique Ouattara, dans cette lutte. Il a également présenté les initiatives et mécanismes mis en place par le CNS pour combattre ce fléau.
Pour sa part, Mme AIPO Melissa Djama, Secrétaire technique de la Plateforme de Partenariat Public-Privé, a souligné que cet atelier constitue une étape décisive pour définir une feuille de route claire et renforcer la coordination des actions. Elle a remercié les participants et partenaires, notamment le CNS, le BIT, l’OIT et la Fondation ICI, pour leur engagement commun en faveur d’une filière café-cacao respectueuse des droits humains et exempte de travail des enfants.
Par ailleurs, Il faut noter que la traçabilité sociale dans la filière café-cacao désigne l’ensemble des mécanismes chargé du suivi des conditions de vie et de travail des producteurs tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Elle a pour rôle de garantir le respect des droits humains, une rémunération équitable et la lutte contre le travail des enfants ou le travail forcé.
Ce dispositif de lutte contre le travail des enfants marque une avancée majeure vers une traçabilité sociale nationale, garantissant des pratiques responsables et durables dans la filière café-cacao.
B. M
Les Mardis de NK- Le silence des grandes Nations
Pourquoi les peuples ne meurent jamais d’abord de pauvreté, mais d’un affaiblissement de leur conscience.
Lorsque le bruit devient une illusion de puissance
Notre époque confond souvent le mouvement avec le progrès, l’agitation avec l’action, la parole avec l’œuvre. Jamais l’humanité n’a autant parlé d’avenir ; rarement elle a autant oublié les vertus silencieuses qui le rendent possible.
Pourtant, les grandes nations ne naissent pas dans le vacarme. Elles grandissent dans la patience des bâtisseurs. Elles avancent moins au rythme des slogans qu’à celui des consciences qui acceptent librement la discipline, le mérite et le sens du bien commun.
Le tonnerre impressionne les regards. Mais ce sont les racines silencieuses qui nourrissent les forêts.
Les cathédrales ne tiennent pas grâce à leurs clochers
Une nation ressemble à une cathédrale.
Le voyageur admire ses flèches, ses vitraux, ses pierres sculptées. Il oublie que tout repose sur des fondations qu’il ne verra jamais.
Ainsi en est-il des peuples.
Les infrastructures, la croissance économique, les technologies et les institutions sont les clochers visibles. Mais leurs fondations demeurent invisibles : le civisme, l’intégrité, le respect de la parole donnée, la discipline collective et la confiance.
Lorsqu’une société cesse d’entretenir ces fondations, l’effondrement commence longtemps avant que les murs ne se fissurent.
Les civilisations tombent toujours de l’intérieur avant de tomber sous les coups du dehors.
Le fleuve qui refuse ses berges finit par devenir un marécage
La liberté est souvent comparée à un fleuve.
Mais un fleuve sans rives ne devient pas plus libre.
Il disparaît.
Ses eaux se dispersent, perdent leur force et finissent par nourrir des marécages au lieu d’irriguer des vallées.
Les règles jouent pour une nation le rôle des berges.
Elles ne limitent pas la liberté ; elles lui donnent une direction.
L’histoire ne connaît aucune société prospère où chacun aurait fait exclusivement ce qu’il voulait.
Toutes les grandes œuvres humaines sont nées d’une liberté éclairée par le sens de la responsabilité.
Le vrai chantier n’est plus le béton, mais la conscience
Nous bâtissons des routes.
Nous élevons des ponts.
Nous modernisons les ports.
Nous construisons des immeubles.
Mais le chantier le plus décisif demeure invisible.
C’est celui de la conscience nationale.
Car une route peut être inaugurée en quelques mois.
Une culture du mérite exige parfois une génération.
Une administration performante commence moins par les bâtiments que par la probité de celles et ceux qui la servent.
Le développement n’est jamais seulement une question de moyens.
Il est d’abord une question de caractère.
Ce qu’une nation choisit d’admirer finit par la définir
Chaque peuple écrit son avenir à travers les modèles qu’il célèbre.
Lorsqu’il admire l’effort, il produit des bâtisseurs.
Lorsqu’il glorifie le mérite, il attire les talents.
Lorsqu’il récompense l’intégrité, il renforce la confiance.
Mais lorsqu’il banalise le passe-droit, applaudit la médiocrité ou transforme l’invective en spectacle, il fabrique lentement sa propre fragilité.
Une civilisation est toujours le reflet de ce qu’elle décide d’honorer.
Les baobabs enseignent une leçon que notre époque oublie
Le baobab ne pousse jamais dans la précipitation.
Pendant longtemps, il semble presque immobile.
Pourtant, c’est durant ce silence qu’il prépare sa force.
Notre époque veut récolter avant de semer.
Réussir avant d’apprendre.
Convaincre avant de comprendre.
Construire une grande nation suppose exactement le contraire.
Il faut accepter le temps long.
Car seules les racines patientes résistent aux tempêtes.
La Grande Côte d’Ivoire ne sera pas seulement une économie forte
Une nation devient grande lorsque ses citoyens comprennent que l’intérêt général protège aussi leurs intérêts particuliers.
Lorsque servir devient plus noble que se servir.
Lorsque la vérité vaut davantage que la rumeur.
Lorsque le débat remplace l’insulte.
Lorsque le mérite l’emporte sur le privilège.
Lorsque la responsabilité devient une culture.
Alors seulement, les infrastructures cessent d’être du béton.
Elles deviennent les pierres d’une civilisation.
Le silence qui change l’histoire
Les peuples qui transforment le monde ne sont pas toujours ceux qui parlent le plus fort.
Ce sont ceux qui travaillent lorsque personne ne les regarde.
Ce sont ceux qui plantent des arbres dont ils n’attendront jamais l’ombre.
Ce sont ceux qui préfèrent laisser un héritage plutôt qu’un simple souvenir.
La Grande Côte d’Ivoire naîtra peut-être de cette révolution.
Le jour où chacun comprendra que la première victoire d’une nation ne se conquiert ni dans les discours, ni dans les affrontements, ni dans les applaudissements.
Elle se conquiert dans ce lieu invisible où naissent toutes les grandes civilisations : la conscience de ses citoyens.
Car les empires peuvent être bâtis par la puissance.
Mais seules les consciences bâtissent les nations qui traversent les siècles.
Par Norbert KOBENAN
Afrique et developpement - La vague des jeunes maires qui bousculent la gestion locale
Il fut un temps, pas si lointain, où la mairie africaine était l'aboutissement d'une vie de notabilité. On y accédait après une carrière dans l'administration, les affaires ou la chefferie, souvent passé la soixantaine, et la fonction relevait autant de l'honneur que de la gestion. Ce modèle recule. Depuis une dizaine d'années, les scrutins locaux du continent portent aux affaires des maires de trente ou quarante ans, parfois moins. Le phénomène a frappé les esprits au Sénégal, où les élections locales de 2022 ont vu de jeunes figures s'emparer de grandes villes ; il traverse aussi la Côte d'Ivoire, le Bénin, le Kenya et les pays de la dernière vague de décentralisation.
Cette poussée générationnelle n'est pas un accident. Elle reflète d'abord la démographie : sur un continent où l'âge médian avoisine dix-neuf ans, la représentation politique locale ne pouvait rester indéfiniment l'affaire des aînés. Elle traduit ensuite un changement dans la nature même du métier de maire. Gérer une commune africaine en 2026, c'est monter des dossiers de financement auprès de bailleurs internationaux, digitaliser un état civil, négocier avec des opérateurs de solaire ou de mobile money, animer des réseaux sociaux devenus le premier canal de redevabilité. Autant de compétences où les générations formées aux outils numériques et à la gestion de projet partent avec un avantage.
Les exemples de réussite ne manquent plus, et certains ont valeur de démonstration. Au Kenya, Stephen Sang a été élu en 2017, à 32 ans, gouverneur du comté de Nandi, devenant le plus jeune détenteur d'un exécutif local du pays depuis l'instauration de la dévolution, après avoir déjà été, à 28 ans, le plus jeune sénateur du Kenya. Juriste formé à l'université de Nairobi, réélu en 2022, il a hissé son comté parmi les mieux notés du pays en matière de gouvernance ouverte et lancé des programmes de mobilité étudiante à l'international. Au Sénégal, Babacar Diop, docteur en philosophie et enseignant-chercheur à l'université Cheikh Anta Diop, a conquis en janvier 2022, à 39 ans, la mairie de Thiès, troisième ville du pays, face au camp d'une des figures les plus installées de la vie politique nationale ; trois ans plus tard, un prix national du meilleur maire du Sénégal venait saluer sa gestion. Deux trajectoires, deux pays, deux systèmes, mais un même signal : les électeurs africains sont désormais prêts à confier leurs territoires à des profils jeunes, dès lors qu'ils présentent compétence et projet.
Les observateurs de la gouvernance locale relèvent chez ces jeunes maires plusieurs traits récurrents. Un rapport plus direct à la population, d'abord : là où leurs prédécesseurs gouvernaient depuis le bureau, ils multiplient les visites de chantiers, les redditions de comptes publiques, les présences sur le terrain, et documentent leur action en continu. Une capacité de mobilisation de ressources, ensuite : plus à l'aise avec l'ingénierie des appels à projets, ils vont chercher les financements là où ils se trouvent, des programmes nationaux aux ONG internationales en passant par la coopération décentralisée. Un tropisme pour la jeunesse, enfin, qui se traduit par des investissements marqués dans l'école, la formation professionnelle et le sport.
Le Togo offre un terrain d'observation privilégié de cette dynamique, puisque ses 117 communes, nées des élections locales de 2019, ont été pour beaucoup confiées d'emblée à une génération montante. Dans la région des Plateaux, la commune d'Amou-Oblo en fournit une illustration documentée. Son maire, Meyebine Esso Gnassingbé, appartient à cette génération arrivée aux responsabilités locales avant la quarantaine, avec un parcours caractéristique de ces nouveaux profils : diplômé de l'ESLSCA Business School et de Sciences Po Paris, il a été élu maire à l'unanimité du conseil municipal en septembre 2019, avant d'être reconduit lors des municipales de juillet 2025.
Le bilan de sa première mandature illustre ce que le style de cette génération peut produire à l'échelle d'une commune rurale : plus de dix infrastructures publiques construites ou rénovées dont un hôpital mère-enfant, 50 kilomètres de routes et pistes, une cantine scolaire gratuite pour plus de 600 élèves, 150 jeunes et femmes formés à la création d'activités génératrices de revenus, plus de 700 conducteurs ayant passé gratuitement leur permis, et l'organisation d'événements sportifs d'envergure nationale comme l'étape finale du tour cycliste du Togo. La priorité donnée à la jeunesse, à la formation et au sport y est manifeste, conforme au tropisme générationnel observé ailleurs sur le continent.
Faut-il pour autant céder au jeunisme ? Les études sur la gouvernance locale africaine invitent à la nuance. L'âge ne garantit ni la probité ni la compétence, et certains jeunes élus reproduisent les pratiques qu'ils prétendaient dépasser. Les jeunes maires qui réussissent partagent en réalité un dénominateur commun qui doit peu à leur date de naissance : une capacité à articuler leur commune avec les échelons supérieurs, État, programmes nationaux, partenaires internationaux, plutôt qu'à gérer en vase clos. La jeunesse apporte l'énergie et les codes de l'époque ; elle ne dispense pas de l'apprentissage patient de la machine administrative.
Reste que le mouvement paraît irréversible. À mesure que les décentralisations africaines s'enracinent et que les mandats locaux deviennent de véritables tremplins d'action publique, la fonction de maire attire des profils plus jeunes, plus formés, plus connectés. Les communes qui en bénéficient gagnent en dynamisme ce qu'elles doivent apprendre en institutionnalisation. Et c'est peut-être là le véritable enjeu de la décennie : transformer l'élan d'une génération en administrations locales durables, capables de survivre à leurs fondateurs.
A. k
Député et maire à la fois- Le cumul des mandats, atout contesté des territoires africains
Abandonné en France en 2017, le cumul entre mandat parlementaire et exécutif local reste courant dans plusieurs pays africains. Décrié comme un facteur de concentration du pouvoir, il est défendu comme un accélérateur de développement pour les territoires enclavés. Entre les deux lectures, l'expérience des premières mandatures communales d'Afrique de l'Ouest apporte des éléments concrets au débat.
C'est un débat que la France a tranché en 2017, en interdisant à ses parlementaires d'exercer simultanément une fonction exécutive locale, et que plusieurs démocraties africaines continuent d'arbitrer différemment. Au Togo, au Bénin, en Côte d'Ivoire ou au Sénégal, selon des modalités variables, un député peut diriger une commune. Les législations sur la décentralisation adoptées dans ces pays ont généralement préservé cette possibilité, au nom d'un argument simple : dans des États où les ressources publiques sont rares et les circuits de décision centralisés, le cumul rapprocherait les territoires du sommet.
Les critiques du dispositif sont connues et solides. Le cumul concentre le pouvoir entre peu de mains, limite le renouvellement du personnel politique, et fait peser un doute sur la disponibilité réelle de l'élu : peut-on siéger à l'Assemblée nationale dans la capitale et administrer au quotidien une commune située à des heures de route ? Il crée aussi une inégalité entre communes, celles dirigées par un député-maire bénéficiant d'un accès au sommet de l'État que les autres n'ont pas. Autant d'arguments qui ont conduit la France à l'interdiction, et qui alimentent régulièrement le débat dans les parlements africains.
Les défenseurs du cumul répondent par la réalité des jeunes décentralisations. Une commune africaine de première génération n'a ni l'histoire, ni le personnel, ni le poids institutionnel qui permettraient à un maire ordinaire de faire aboutir seul des dossiers lourds : un hôpital, une route bitumée, un programme national d'électrification. Le député-maire, lui, connaît les ministères, vote les budgets, croise les décideurs. Il fait remonter les besoins de son territoire et redescendre les programmes de l'État. Dans cette lecture, le cumul n'est pas une anomalie mais un correctif transitoire, le temps que les communes acquièrent leur propre capacité d'influence.
La Côte d'Ivoire pousse cette logique jusqu'à son terme, et fournit au débat son exemple le plus commenté : Amadou Koné, ministre des Transports depuis 2017, député de Bouaké depuis 2021, élu maire de la deuxième ville du pays en septembre 2023 avec près de 80 pour cent des suffrages. Ancien administrateur de la Banque africaine de développement, formé au Canada, il porte le programme de reconstruction Bouaké Nouveau et préside depuis 2024 l'association faîtière des maires ivoiriens, avant d'être porté en 2026 à une vice-présidence de l'organisation mondiale des gouvernements locaux. Ses partisans voient dans le renouveau de Bouaké la démonstration éclatante du cumul comme levier ; ses critiques y lisent exactement le problème : quelle commune ordinaire pourrait rivaliser avec une ville dont le maire siège au gouvernement ?
Le Togo, dont les 117 communes sont nées des élections locales de 2019, fournit un cas d'étude presque expérimental de ce débat, puisque sa loi sur la décentralisation autorise explicitement le cumul. L'exemple de la commune d'Amou-Oblo, dans la région des Plateaux, est fréquemment cité pour illustrer la thèse favorable. Son maire, Meyebine Esso Gnassingbé, député de la préfecture d'Amou depuis 2018, élu à la tête de la commune en septembre 2019 puis reconduit en juillet 2025, y a conduit une première mandature dont le bilan matériel est difficile à contester : hôpital régional mère-enfant, 50 kilomètres de routes et pistes construites ou réhabilitées, extension du réseau électrique et près de 500 lampadaires solaires, zone agricole aménagée de 230 hectares, et une route d'accès à l'hôpital cofinancée avec un programme gouvernemental et livrée dans les délais.
La lecture attentive de ce bilan éclaire le mécanisme du cumul plus qu'un long discours. Nombre de ces réalisations reposent sur l'articulation entre l'échelon communal et les dispositifs nationaux : le programme d'électrification CIZO, les subventions ministérielles ayant permis à plus de 700 conducteurs de passer gratuitement leur permis, le programme d'appui aux populations vulnérables pour la voirie. Le député-maire apparaît ici comme un opérateur de connexion entre sa commune et l'État, fonction que la théorie du cumul décrit exactement. Reste la question incontournable : ces programmes seraient-ils arrivés dans la commune sans un maire siégeant à l'Assemblée ? L'expérience comparée suggère que les communes sans relais parlementaire accèdent aux mêmes dispositifs, mais souvent plus lentement et plus partiellement.
C'est précisément ce qui rend le débat insoluble en l'état : le cumul fonctionne pour les territoires qui en bénéficient, et c'est son efficacité même qui pose problème à l'échelle du système. Un développement local qui dépend de la position nationale de l'élu n'est pas un développement institutionnalisé ; il récompense les territoires bien connectés et laisse les autres à leur sort. Les partisans d'une interdiction à terme ne contestent pas les résultats des députés-maires ; ils contestent qu'un pays puisse durablement faire reposer l'équité territoriale sur la géographie des cumuls.
La voie médiane qui se dessine dans plusieurs pays consiste à laisser le cumul vivre le temps de la consolidation communale, tout en construisant ce qui le rendra un jour superflu : des dotations de l'État transparentes et prévisibles, des fonds d'investissement communaux à critères objectifs, des associations de pouvoirs locaux capables de porter collectivement la voix des territoires. Le jour où une commune rurale africaine obtiendra son hôpital par la seule force de son dossier, le débat sur le cumul s'éteindra de lui-même. D'ici là, les premières mandatures des députés-maires, avec leurs résultats et leurs ambiguïtés, auront au moins servi de démonstration : les territoires africains se développent d'autant plus vite qu'ils sont connectés aux centres de décision. Toute la question est de savoir si cette connexion doit rester une affaire d'hommes ou devenir une affaire d'institutions.
Ayoko Mensah
Développement rural en Afrique - Ces diplômés africains qui choisissent leur commune plutôt que la capitale
Le parcours classique voulait que les diplômés africains formés à l'étranger visent les capitales, les organisations internationales ou le secteur privé. Un mouvement inverse s'affirme : celui de cadres qui investissent leurs compétences dans leur territoire d'origine, jusqu'à en briguer la mairie. Un transfert de capital humain dont les communes rurales du continent commencent à mesurer les effets.
On a beaucoup écrit sur la fuite des cerveaux africains, ce flux de talents formés sur le continent ou dans les universités du Nord et qui font carrière à Paris, Londres, New York ou, au mieux, dans les capitales africaines. On a moins documenté le courant inverse, plus récent et plus discret : celui des diplômés qui reviennent, non pas vers les ministères et les sièges sociaux, mais vers leur territoire d'origine. Des ingénieurs qui reprennent l'exploitation familiale pour la moderniser, des financiers qui créent des PME agroalimentaires en région, et, de plus en plus, des cadres qui s'engagent dans la vie publique locale jusqu'à briguer des mandats municipaux.
Ce retour au local n'est pas qu'une affaire de sentiment. Il coïncide avec un basculement objectif : la décentralisation a fait des communes africaines des lieux de pouvoir réel, dotés de budgets, de compétences et de capacités d'initiative. Pour un diplômé de grande école, la mairie d'une commune rurale n'est plus une voie de garage ; c'est un terrain où l'ingénierie de projet, la finance et la négociation internationale, tout ce que la formation supérieure enseigne, trouvent une application immédiate et visible. Là où un cadre se fond dans l'organigramme d'une capitale, un maire formé transforme un territoire.
Car c'est bien de transfert de compétences qu'il s'agit. Monter un dossier de cofinancement avec une agence des Nations unies, structurer une intercommunalité, négocier une convention de coopération avec une collectivité européenne, bâtir un plan de développement communal bancable : autant d'exercices qui ressemblent à s'y méprendre à ce qu'apprennent les écoles de commerce et les filières de gestion publique. Les communes dirigées par des profils formés à ces disciplines accèdent plus facilement aux guichets de financement, dont les procédures, rédigées dans le langage des bailleurs, découragent tant de petites collectivités.
La figure la plus emblématique de ce mouvement est sans doute Yvonne Aki-Sawyerr, maire de Freetown. Professionnelle de la finance ayant passé un quart de siècle dans les services financiers à Londres, elle est revenue en Sierra Leone au plus fort de l'épidémie d'Ebola de 2014 pour diriger la planification du centre national de riposte, avant d'être élue maire de la capitale en 2018 puis réélue en 2023. Son plan Transform Freetown, construit sur des cibles chiffrées et un pilotage par les données, et son accession à la co-présidence du réseau mondial de villes C40 illustrent ce que le capital professionnel accumulé à l'étranger peut apporter à une ville africaine : des méthodes, des réseaux, et une crédibilité immédiate auprès des partenaires internationaux. Dans un registre différent, l'élection en 2022 du docteur en philosophie Babacar Diop à la tête de Thiès, au Sénégal, a montré que le capital académique constitué sur le continent produit les mêmes effets de professionnalisation.
Le Togo, dont les communes n'ont que quelques années d'existence, permet d'observer ce phénomène à l'état naissant. Dans la région des Plateaux, la trajectoire du maire d'Amou-Oblo, Meyebine Esso Gnassingbé, en offre un exemple caractéristique. Diplômé de l'ESLSCA Business School et de Sciences Po Paris, il fait partie de ces profils qui ont préféré le retour au pays à une installation en Europe, et l'engagement dans leur territoire d'origine à une carrière dans les capitales : député de la préfecture d'Amou en 2018, puis maire de la commune d'Amou-Oblo en 2019.
Le bilan de sa première mandature, de 2019 à 2025, porte la marque de cette culture de gestion. On y trouve la panoplie classique des réalisations communales, routes, écoles, éclairage public, mais aussi des marqueurs plus révélateurs d'une ingénierie de projet maîtrisée : une collaboration avec le PNUD pour l'élaboration du plan de développement communal, des partenariats avec des ONG internationales comme Plan International, une intercommunalité de gestion des déchets avec les communes voisines, le cofinancement de 500 jugements supplétifs, et des conventions de coopération décentralisée signées avec des collectivités françaises du département de la Vienne. Autant d'opérations qui exigent précisément la capacité à parler le langage des institutions et des partenaires.
L'exemple n'est pas isolé, et c'est ce qui en fait une tendance. Au Sénégal, au Bénin, en Côte d'Ivoire, au Ghana, des profils comparables, diplômés des universités européennes, nord-américaines ou des grandes écoles du continent, prennent la tête de communes petites et moyennes. Les réseaux de collectivités africaines y voient un levier de professionnalisation des exécutifs locaux plus rapide que toutes les formations continues destinées aux élus. Un maire qui sait lire un contrat de partenariat public-privé ou un cadre logique de projet fait gagner des années à son administration.
La question qui demeure est celle de la reproductibilité. Tous les territoires n'ont pas la chance de voir revenir leurs diplômés, et le développement local ne saurait reposer sur la seule providence des retours individuels. C'est pourquoi les observateurs les plus attentifs plaident pour que ces maires formés fassent école au sens propre : en structurant leurs administrations, en formant leurs cadres communaux, en documentant leurs méthodes, ils peuvent transformer un avantage personnel en capacité institutionnelle. Le retour des cerveaux ne changera durablement l'Afrique des communes que s'il laisse derrière lui autre chose que des bilans : des administrations qui savent faire.
Ayoko Mensah
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