Admin
dimanche, 26 avril 2026 14:37
Création du fonds souverain en Côte d’Ivoire- Salutaire à condition de maitriser les risques associés ( Prof Prao)
En Côte d’Ivoire, le Conseil des ministres du mercredi 15 avril 2026 a adopté une ordonnance portant création, organisation et fonctionnement du Fonds souverain stratégique pour le développement de la Côte d’Ivoire (FSD-CI). Le dispositif inclut un projet de loi de ratification et un décret d’application. Dans cette interview, le professeur PRAO YAO SERAPHIN, répond aux questions des journalistes ivoiriens sur la création de ce fonds et les potentiels risques associés.
Pouvez-vous nous donner la définition d’un fonds souverain ?
Un fonds souverain (ou sovereign wealth fund) est un fonds d'investissement public, un fonds de placement financier détenu et contrôlé par un État. Contrairement aux fonds privés, il gère l'épargne nationale et les excédents financiers du pays pour atteindre des objectifs macroéconomiques à long terme. Le fonds souverain investit à long terme dans des actifs variés (actions, obligations, immobilier) pour diversifier l'économie et préparer l'avenir. Contrairement aux réserves de change classiques, les fonds souverains visent des rendements élevés en investissant dans des actifs variés (actions, obligations, immobilier, infrastructures) partout dans le monde.
En définitive, la création d'un fonds souverain est un acte stratégique par lequel un État décide de placer ses excédents financiers (issus des ressources naturelles ou du commerce) dans un véhicule d'investissement à long terme. Ces fonds visent à stabiliser l'économie face aux chocs, à épargner pour les générations futures ou à financer des projets de développement stratégiques.
Pouvez-vous nous donner les raisons de la création de ce fonds souverain?
Réponse : Vous savez que la Côte d’Ivoire devient un pays avec un sous-sol riche et ses découvertes d’hydrocarbures invitent à penser non seulement sa gestion mais également aux générations futures. Le sous-sol de la Côte d'Ivoire, en pleine valorisation, contribue à environ 4,5 % du PIB grâce à l'or (58 tonnes en 2024), au manganèse, au nickel, et surtout à l'émergence d'hydrocarbures (gisements Baleine et Calao). Cette richesse minière et pétrolière en essor, générant des centaines de milliards de Fcfa, transforme le pays en un pôle énergétique majeur en Afrique de l'Ouest. En effet, avec des découvertes majeures comme le champ Baleine, la Côte d'Ivoire vise une production de plus de 200 000 barils de pétrole par jour à l'horizon 2027, s'affirmant comme un exportateur net. Le champ Baleine est estimé à 2,5 milliards de barils de brut. La production d'or a plus que doublé en dix ans, passant à 58 tonnes en 2024. Le secteur, avec des sites comme la mine d'Ity, génère des recettes fiscales importantes (plus de 94 milliards Fcfa en 2019). Le pays exploite également du manganèse (production multipliée par 30), du nickel, de la bauxite, du diamant, et prospecte du lithium et du coltan.
Quels sont les objectifs assignés par le gouvernement ivoirien à la création de ce fonds souverain?
Selon Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement, la création du FSD-CI s’inscrit dans la continuité des réformes engagées depuis 2012 pour structurer un pôle financier public. Ce dispositif s’appuie notamment sur la Caisse des dépôts et consignations de Côte d’Ivoire, le Fonds de garantie pour les PME et les caisses de retraite réformées.
Le nouveau Fonds vient compléter cet ensemble afin de renforcer les capacités de financement de l’économie et de soutenir la mobilisation de ressources adaptées aux besoins d’investissement. Cette intégration traduit une évolution du rôle de l’État dans l’allocation des ressources et dans l’accompagnement des projets d’infrastructures. Elle vise à structurer l’intervention financière sur des horizons de moyen et long terme.
Le FSD-CI est une personne morale chargée de la gestion et de la valorisation des actifs de l’État, ainsi que du financement et de la structuration de projets d’infrastructures et d’investissements liés à la transformation de l’économie. Le Fonds est créé pour répondre à trois objectifs. Le premier est de financer les infrastructures stratégiques et prioritaires de la Côte d’Ivoire. Le second est la stabilisation économique face aux chocs exogènes liés à un environnement international aléatoire. Le troisième est la constitution d’une épargne publique de long terme.
A quoi servent les fonds souverains et les types de fonds ?
Les fonds souverains sont devenus des acteurs majeurs de la finance internationale, si l’on en juge notamment par leur encours total sous gestion, estimé en 2017 à 9,4 trillions de dollars. En 2025, les fonds souverains du Golfe contrôlaient collectivement environ plus de 5 350 milliards de dollars, soit près de 40 % des AUM (Assets Under Management) des fonds souverains dans le monde, estimés à 13 000 milliards de dollars. Leur essor rapide au cours des 20 dernières années a été favorisé par la hausse des prix des matières premières ou celle des excédents de balances des paiements de certains pays, notamment émergents. Leur origine tient à la nécessité de lisser l’impact de la volatilité des prix des hydrocarbures, après que les années 1970-1980 ont vu nombre de pays exportateurs victimes de ce que l’on a qualifié de « Dutch disease » (maladie hollandaise) : leurs recettes liées à l’exportation d’hydrocarbures ont alors conduit à une surévaluation des devises nationales et à une détérioration de la compétitivité de l’économie non pétrolière, et ainsi à une très forte vulnérabilité aux fluctuations des prix des matières premières. On peut également souligner que la création d’un fonds souverain a fréquemment été recommandée par le FMI dans ses programmes d’ajustement structurel appliqués aux pays exportateurs de matières premières, afin d’encourager l’épargne nationale et de lisser les fluctuations cycliques.
Concernant la typologie des fonds souverains, on peut en dénombrer trois types de fonds souverains :
• Les fonds de stabilisation, destinés à faire face à des chocs macroéconomiques et à une crise soudaine de la balance des paiements, notamment dans le cas d’une forte baisse des prix des matières premières ;
• Les fonds d’épargne, destinés à mettre de côté une partie des excédents courants pour faire face à la raréfaction à long terme des ressources naturelles détenues ;
• Les fonds de développement, qui ont pour objectif principal d’investir dans l’économie locale pour favoriser son développement.
Leurs différences d’objectifs se traduisent par des allocation d’actifs très typées :
• Prudentes dans le cas des fonds de stabilisation, sujets à d’importants risques de retraits en cas de besoin de ressources supplémentaires de la part de leur gouvernement,
• Largement dominées par les actifs risqués mondiaux, actions et alternatifs, dans le cas des fonds d’épargne disposant d’un horizon d’investissement très long,
• Essentiellement domestiques dans le cas des fonds de développement.
Le recul est désormais suffisant pour établir un diagnostic des fonds souverains, qui jouent un rôle majeur dans la gestion des revenus spécifiques et des surplus budgétaires des pays concernés, et dont on sait à présent qu’ils doivent être régis par des principes clairs en matière d’épargne et de distribution de revenus.
Quels sont les 10 premiers fonds souverains dans le monde et les zones d’investissement ?
Le premier est le Government Pension Fund Global (norges bank) avec plus de 2000 milliards de dollars. Le deuxième est le Safe Investment company (chine) avec 1 690 milliards $, le troisième est le China Investment Corporation (CIC) avec 1570 milliards de dollars. Le quatrième est Abu Dhabi Investment Authority (ADIA) avec 1200 milliards de dollars et le cinquième Public Investment Fund (PIF) (Arabie Saoudite) avec 1150 milliards de dollars. Le sixième est Kuwait Investment Authority (KIA) avec 1000 milliards de dollars puis le septième Danantara Investment Authority avec 1000 milliards de dollars. Le huitième est le GIC Private Limited (singapour) avec 940 milliards de dollars, le neuvième HKMA Investment Portfolio (Hong Kong) avec 532 milliards de dollars. Le dixième est le Qatar Investment Authority (QIA) avec 530 milliards de dollars.
Concernant les zones d’investissement, après avoir longtemps investi leurs réserves dans des bons du Trésor américain, des actifs non risqués et liquides, ou dans des fleurons du capitalisme européen et américain, ils font le pari d’une gestion plus dynamique en investissant dans des produits plus risqués et plus rémunérateurs (capital-investissement, hedge funds ou infrastructures). De nouveaux horizons d’investissements plus longs et diversifiés contribuent à inclure progressivement d’autres classes d’actifs, avec des exigences de rendement et de performances de plus en plus élevées.
L’Amérique du Nord est la destination principale de leurs investissements (elle représente par exemple 52 % des actifs d’ADIA). Ces dernières années, les fonds ont tous augmenté leur exposition sur cette zone. Le PIF a investi près de 7,6 milliards de dollars dans une vingtaine d’entreprises américaines, dont Alphabet, Microsoft et Zoom. L’Europe demeure également une destination privilégiée : le Royaume-Uni, mais aussi la France, l’Allemagne et de plus en plus l’Italie et l’Espagne ont vu les investissements augmenter de manière significative ces dix dernières années. En 2025, MGX a décidé d’investir 50 milliards de dollars dans l’IA et les data centers en France.
La chine a connu un accroissement significatif des investissements des fonds souverains du Golfe, intéressés notamment par son potentiel technologique et par la qualité des relations politiques nouées au fil des ans. Dans le même temps, l’interdépendance avec Pékin s’est renforcée : la Chine est aujourd’hui le premier partenaire commercial des monarchies du Golfe.
Ces dernières années, les fonds du Golfe ont considérablement accru leurs investissements en Asie et dans des pays émergents. C’est le cas pour l’Inde, où les Émirats arabes unis comptent doubler leurs investissements à moyen terme pour atteindre 50 milliards de dollars, pour l’Asie du Sud-Est (Indonésie et Malaisie) ou encore pour l’Égypte, la Turquie, le Maroc et, de plus en plus, l’Amérique du Sud.
Question 6 : La création du FSD-CI est-elle une innovation majeure? quels sont les mécanismes de financement de ce fonds souverain ?
Réponse : Oui, la création du fonds est une innovation majeure dans le financement des infrastructures et la gestion des ressources financières du pays. La création d'un fonds souverain est un acte stratégique par lequel un État décide de placer ses excédents financiers (issus des ressources naturelles ou du commerce) dans un véhicule d'investissement à long terme. Ces fonds visent à stabiliser l'économie face aux chocs, à épargner pour les générations futures ou à financer des projets de développement stratégiques. Comme rappelé plus haut, la création du FSD-CI s’inscrit dans la continuité des réformes engagées depuis 2012 pour structurer un pôle financier public. Ce dispositif s’appuie notamment sur la Caisse des dépôts et consignations de Côte d’Ivoire, le Fonds de garantie pour les PME et les caisses de retraite réformées.
Pour ses ressources financières, le financement du Fonds repose sur les ressources extractives et sur les actifs publics du pays. En effet, le financement du Fonds repose sur l’affectation d’une part des revenus issus de l’exploitation des ressources minières et énergétiques, ainsi que sur le transfert d’actifs publics. Ce mode de financement permet de mobiliser des ressources en dehors du budget classique et de soutenir le financement de projets d’infrastructures sans impact direct sur le solde budgétaire.
Quels sont les risques associés à la création du FSD-CI ?
Réponse : Selon le gouvernement, le dispositif prévoit des mécanismes de gestion des risques, de contrôle interne, de transparence et de reddition des comptes alignés sur les pratiques des fonds souverains. Il intègre également une fonction de stabilisation visant à constituer des réserves mobilisables en cas de chocs externes, notamment en cas de variations des prix des matières premières ou de tensions financières. Mais fort de la gestion connue des deniers publics, des risques potentiels existent.
►Le risque lié à un défaut de transparence dans les nominations et organes
Si on prend le cas de la Norvège, nous constatons qu’après la découverte du pétrole en 1969, un comité d’experts a été mis en place (Comité TEMPO) et a proposé, en 1983, la création du fonds souverain. La législation relative à la création a été adoptée en 1990 et les fonds déposés sur le compte, en 1996. En 2001, une nouvelle loi a fixé le plafond des dépenses du fonds à 4% du rendement annuel des investissements du fonds. Ce pourcentage a été ramené à 3% en 2017. En 2022, le gouvernement a actualisé les conditions du fonds afin de se désengager des entreprises associées aux risques climatiques et d’investir dans celles qui s’alignent sur l’objectif d’émissions nettes nulles d’ici 2050. Dans ce cas qui sert de benchmark, la création n’a rien de politique et les parlementaires contrôle les ressources et ses utilisations.
►Des règles précises en matière de dépenses de l’Etat à respecter
Les découvertes de ressources minières et pétrolières, ne doivent pas autoriser l’Etat, à avoir un comportement dispendieux et hasardeux. En Norvège par exemple, le gouvernement construit en effet un budget hors pétrole, qui peut être déficitaire à hauteur de 4 % maximum des actifs du fonds souverain, ce chiffre de 4 % correspondant à la rentabilité annuelle anticipée en termes réels pour le portefeuille du fonds. Cette règle des 4 % représente un engagement implicite à court terme pour GFPG (Government Pension Fund Global (GPFG) of Norway). Elle est appliquée avec une certaine souplesse puisqu’en cas de conjoncture économique très favorable, un budget contra-cyclique peut être voté, nécessitant de moindres transferts de la part de GFPG. On peut également remarquer qu’avec l’accroissement de la taille du fonds souverain, cette règle des 4 % donne au gouvernement la possibilité de fixer un déficit budgétaire hors pétrole de plus en plus élevé en pourcentage du PIB. Des discussions ont d’ailleurs eu lieu dès 2013 pour réviser cette « règle de dépenses », et une réduction de 4 à 3 % a finalement été décidée en février 2017.
►Des règles précises en matière de recettes de l’Etat
GPFG bénéficie des taxes et royalties générées par l’extraction de pétrole et gaz, mais aussi des revenus nets issus de la cession sur les marchés financiers des titres de la compagnie pétrolière nationale Statoil, ainsi que de la rentabilité générée par le fonds au-delà du seuil de rendement annuel, initialement fixé à 4 %, transféré au budget de l’Etat norvégien.
► Il faut clarifier l’utilisation des fonds par l’Etat
Créé en 2006, le Government Pension Fund Global, ou GPFG, a succédé au Petreoleum fund qui avait vu le jour dès 1990 pour gérer les excédents de réserves de change provenant de l’exportation de pétrole norvégien. Il se range clairement dans la catégorie des fonds d’épargne, et même s’il n’a pas un objectif explicite de financement des retraites futures, son intitulé souligne clairement son caractère intergénérationnel. En Norvège, chaque année, le gouvernement n’est autorisé à dépenser que l’équivalent du rendement réel du fonds, estimé à 3-4%. Chaque fois qu’il y’a un déficit dans le budget du gouvernement, il est couvert par l’argent du fonds, tandis que les excédents sont transférés au fonds, afin de garantir la capacité du gouvernement à dépenser plus en temps de crise.
► Il faut respecter la règle de hotelling en matière de gestion des ressources épuisables
Harold Hoteling (1895-1973), économiste-mathématicien, est l’un des économistes de l’environnement du 20e siècles, les plus connus avec Arthur Pigou (l’écotaxe), Garrett Hardin (tragédie des communs) et Ronald Coase (l’un des inspirateurs du marché des « droits à polluer »). La règle de Hotelling, décrivant la trajectoire optimale de long terme du prix d’un actif épuisable, est utilisée de longue date en économie des ressources naturelles. En effet, la règle énoncée en 1931, labélisée par Robert Solow en 1974, porte sur l’allocation inter-temporelle optimale d’une ressource finie. Elle stipule qu’à l’équilibre, en situation de libre concurrence, il y a égalisation entre le taux de croissance du prix net de la ressource et le taux d’intérêt de marché. L’intuition derrière ce principe est simple. Le détenteur d’un stock fini de ressources a deux options devant lui : vendre son stock pour placer sur les marchés la somme reçue de la vente ou bien conserver son stock en attendant que le prix augmente en raison de la rareté accrue promise par le caractère fini de la ressource. Le point d’équilibre du producteur se situe à l’égalisation des deux rémunérations potentielles, quand l’intérêt issu du placement est identique à l’accroissement du prix de la ressource.
►Il faut miser sur une allocation prudente des actifs
La première étape de la construction du portefeuille de GFPG consiste à définir un portefeuille de référence, dont l’objectif est de maximiser le profil rendement/risque à l’intérieur des contraintes fournies par le management. La référence actuelle du fonds en matière d’allocation d’actifs est constituée à hauteur de 70 % d’actions internationales et de 30 % d’obligations internationales. Le poids des premières a progressivement été accru, de 20 % à l’origine à 40 % en 2002, puis 60 % en 2007, pour atteindre 70 % en 2017. La structure géographique des placements en actions est très proche de celle des grands indices de référence internationaux (elle est représentée par l’indice FTSE Global All Cap Index), et exclut le marché domestique, en raison de son étroitesse par rapport à la taille des actifs du fonds et par conséquent du risque qu’il soit déstabilisé par des mouvements d’allocation. La structure du portefeuille obligataire est également internationale, avec une prédominance des investissements en obligations gouvernementales, et représentée par une référence composée d’indices Bloomberg Barclays Global. Le fonds est donc essentiellement exposé en devises étrangères.
Quelles sont donc les bonnes pratiques à imiter dans le cas de la Côte d’Ivoire ?
Il est possible de citer les cas de la Norvège (GPFG), du Koweït (KIA) et du Botswana (Pula Fund).
Prenons l’exemple de la Norvège (GPFG).
Le fonds souverain norvégien, du fait non seulement de la taille de ses actifs mais aussi des qualités qui lui sont reconnues en termes de gouvernance, mérite dans ce cadre une analyse particulière.
En 2025, le fonds souverain norvégien est le plus important au monde. Il gère les actifs de la Norvège et les investit dans le but de générer des rendements à long terme pour les générations futures. Il gère un portefeuille de 2 100 milliards de dollars et détient environ 1,5 % de toutes les actions mondiales.
Plus grand fonds souverain au monde, le fonds norvégien Government Pension Fund Global dispose de plusieurs outils pour s’assurer que les entreprises de son portefeuille défendent ses intérêts financiers à long terme.
Norges Bank Investment Management (NBIM), gestionnaire des actifs du Fonds, publie des « documents relatifs aux attentes » qui exposent les priorités et les normes de placement du Fonds. L’un de ces documents est consacré à la lutte contre la corruption. Il explique en quoi la corruption nuit à la performance à long terme des entreprises et à leur efficience économique, et propose trois piliers sur lesquels les bénéficiaires des investissements peuvent s’appuyer pour promouvoir leur intégrité :
- (i) établir des politiques claires en matière de lutte contre la corruption ;
- (ii) intégrer la lutte contre la corruption dans les activités des entreprises ;
- (iii) rendre compte des programmes anticorruption et s’engager dans ce domaine. Conformément aux attentes détaillées dans ces documents, NBIM procède à un suivi actif des entreprises pour s’assurer que leurs pratiques s’inscrivent dans le droit fil du programme d’investissement du Fonds. Selon les résultats de ce suivi, le gestionnaire peut alors choisir d’investir, de céder des actifs ou de s’engager.
En outre, le Conseil d’éthique, dont le fonctionnement est indépendant du NBIM, assure également un contrôle du portefeuille du Fonds, et il peut recommander que le NBIM suive de près ou exclue une entreprise donnée jusqu’à ce que les risques de corruption aient été gérés. Lorsqu’il enquête sur une entreprise, le Conseil d’éthique assure une veille de plus de 80 000 sources médiatiques, dans 20 langues différentes. Il examine également les documents judiciaires et demande des informations à l’entreprise afin de déterminer s’il existe un risque inacceptable que celle-ci contribue à une corruption flagrante ou à une autre infraction financière grave, ou qu’elle en soit responsable. Bien que le NBIM ne soit pas tenu de suivre les préconisations du Conseil d’éthique, il a tendance à suivre les recommandations de cet organe.
Disons-le tout net, le fonds souverain norvégien constitue une référence en matière de gouvernance, en particulier s’agissant :
• De la séparation des pouvoirs entre les différents intervenants,
• D’engagement en matière de transparence,
• D’une approche consensuelle dans la prise de décision, qui permet de limiter l’influence des changements de gouvernement.
Chaque partie prenante dispose ainsi d’un rôle bien précis :
• Le Ministre des Finances joue le rôle du propriétaire du fonds et définit ses orientations stratégiques. Le ministère des finances détermine la stratégie d’investissement-tout changement majeur doit être approuvé par le parlement ;
• Le Parlement vote toute législation concernant le fonds, approuve son budget annuel, nomme le conseil de surveillance et analyse les rapports sur les « guidelines » d’investissement du fonds et ses performances.
• Le Comité exécutif de la banque centrale joue le rôle de gérant opérationnel du fonds. Il est composé de 7 membres : le gouverneur de la banque centrale, qui le préside, le sous-gouverneur, qui joue le rôle de vice-président, et 5 membres externes, dirigeants d’entreprises, représentants des salariés ou issus du monde académique. Les administrateurs doivent jouir d’une bonne réputation, d’indépendance d’esprit, d’intégrité et d’expertise. Le Comité délègue la gestion quotidienne du fonds à NBIM, département de la banque centrale dédié à la gestion des actifs du fonds. Le management opérationnel du fonds est ainsi assuré par une entité publique indépendante. Le conseil de surveillance de la banque centrale supervise ses activités et fait état de son analyse au Parlement.
• Le conseil d’éthique indépendant procède à des évaluations éthiques de toutes entreprise avant que l’investissement n’ait lieu, et fournir des recommandations à la NORGES BANK sur toute entreprise qui devrait être exclue pour des raisons éthiques.
• La banque centrale est responsable de sa gestion opérationnelle ;
• L’auditeur général est chargé de l’audit de l’activité du fonds.
Cette organisation a pour objectifs de prévenir la corruption et la survenance du Dutch disease, ainsi que de veiller à une gestion rigoureuse des ressources publiques. Certes, il n’existe pas de règle absolue en matière de gouvernance, mais force est de constater que les objectifs d’indépendance, de transparence, de limitation de la volatilité ont jusqu’ici été bien respectés par le fonds souverain norvégien.
Prenons à présent l’exemple du Botswana (Pula Fund)
Le Botswana est reconnu pour la transparence de la gestion de ses fonds souverains, notamment le Pula Fund, souvent cité comme l'un des plus transparents d'Afrique, affichant un indice Linaburg-Maduell élevé (6/10). Créé en 1993, il gère les excédents des revenus diamantaires, plaçant environ 80% des réserves via la Banque du Botswana pour les générations futures.
Points clés de la transparence et gestion :
- Transparence des données : Le Pula Fund publie des informations sur ses objectifs, ses rapports d'audit et la stratégie d'investissement.
- Indice Linaburg-Maduell : Avec une note de 6, il figure parmi les rares fonds africains jugés transparents (avec l'Angola et le Nigeria).
- Gestion Institutionnelle : Environ 80 % des actifs sont gérés par la Banque du Botswana, tandis que les 20 % restants appartiennent directement au gouvernement via le Compte d'investissement public.
- Contrôle : La gestion est partagée entre la Banque du Botswana et des gestionnaires externes, garantissant une certaine surveillance.
- Gestion prudente et réglementée : Il vise la préservation du capital et la diversification, souvent avec une règle d'investissement ne dépassant pas 1% du capital des entreprises cibles et excluant des secteurs comme l'armement ou le tabac.
- Le fonds a deux missions principales : absorber les chocs externes et préserver la richesse issue des diamants pour les générations futures.
Aujourd’hui face à la baisse de la demande de diamants, le pays s'oriente vers de nouveaux partenariats et le renforcement des investissements stratégiques, comme en témoigne un accord d'investissement de 12 milliards de dollars signé en septembre 2025 avec le groupe qatari Almansu Holdings pour financer des centrales solaires et des zones industrielles. L’objectif étant la diversification économique (énergies renouvelables, infrastructures).
Quel est votre mot de fin dans cette interview ?
Je voudrais dire que la création du fonds souverain en Côte d’Ivoire est une bonne chose pour le développement économique du pays. Mais il faut se référer aux meilleurs cas de gestion dans le monde. Nous pouvons nous inspirer des cas norvégien et Botswanais. Par-dessus tout, la Côte d’Ivoire doit adopter les principes de Santiago, qui sont un ensemble de bonnes pratiques concernant les fonds souverains, définies par le FMI lors d'une réunion à Santiago en octobre 2008. Rédigés par le Groupe de Travail International sur les Fonds Souverains (L’international Forum of Sovereign Wealth Funds (IFSWF)) et approuvés par le Comité monétaire et financier international du FMI, les Principes de Santiago sont un ensemble de 24 principes et bonnes pratiques régissant la gouvernance, l’investissement et la gestion des risques des fonds souverains. Ce code de bonne conduite encourage la transparence, la bonne gouvernance, la responsabilité et les pratiques d’investissement prudentes. Les fonds souverains contribuent ainsi à la stabilité du système financier, réduisent les pressions protectionnistes et participent au maintien d’un climat d’investissement ouvert et stable. Les Principes de Santiago ont pour objectifs :
- D’aider à maintenir un système financier mondial stable ainsi que la libre circulation des capitaux et des investissements ;
- De se conformer à toutes les exigences règlementaires et de divulgation applicables dans les pays dans lesquels les fonds souverains investissent ;
- De s’assurer que les fonds souverains investissent sur la base de risques économiques et financiers et de considérations liées au rendement ;
- De s’assurer que les fonds souverains ont mis en place une structure de gouvernance transparente et saine qui assure des contrôles opérationnels, une gestion des risques et une responsabilité adéquats.
- Bamba Mafoumgbé avec Sercom Prof Prao
Published in
Economie
Tagged under
dimanche, 26 avril 2026 12:22
Reconnaissance et mérite- Pacoci et SUV distinguent 62 collaborateurs à la médaille d’honneur du travail
Pacoci, filiale d’Africa Global Logistics (AGL) et de MAERSK Africa Holding Limited (MAHL), spécialisée dans la fabrication de palettes, l’entreposage de denrées alimentaires et la réparation des conteneurs, et SUV, société d’usinage de Vridi intervenant dans le conditionnement du cacao, ont organisé, le 24 avril, au Palais de la Culture de Treichville à Abidjan, une cérémonie de remise de médailles d’honneur du travail à leurs collaborateurs.
À travers la remise de médailles d’honneur du travail, les deux entreprises ont souhaité saluer l’engagement, la fidélité et la qualité de la contribution de leurs équipes à leur développement, en présence de Bintou COULIBALY, Directrice de Cabinet adjoint, du ministre de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle.
Au total, 62 collaborateurs ont été distingués, dont 57 issus de Pacoci (pour 61 médailles) et 5 de SUV (pour 5 médailles). Les récipiendaires se répartissent en quatre catégories : 5 médaillés de Grand Or, 6 médaillés d’Or, 19 médaillés de Vermeil et 36 médaillés d’Argent. Ces distinctions récompensent des parcours professionnels allant de 15 à 35 années d’ancienneté, marqués par le professionnalisme, la rigueur et l’engagement.
Cette cérémonie témoigne de la politique de ressources humaines des deux entreprises, orientée vers l’attraction, le développement et la fidélisation des talents. Elle traduit également leur volonté de reconnaître durablement des parcours exemplaires et de mettre en lumière des femmes et des hommes qui constituent, par leur constance et leur loyauté, de véritables repères pour les générations futures.
« Recevoir ces médailles est une grande fierté pour nous. Elle vient récompenser plusieurs années de travail, d’engagement et de persévérance au sein de nos différentes entreprises. C’est aussi une reconnaissance collective, car derrière chaque parcours, il y a des équipes, des collègues et des managers qui nous accompagnent au quotidien », a indiqué Honoré Daté, porte-parole des récipiendaires.
« Cette cérémonie est un moment fort pour Pacoci et SUV. Elle nous rappelle que notre première richesse, ce sont nos femmes et nos hommes. À travers ces médailles, nous rendons hommage à leurs parcours faits de rigueur, de loyauté et d’engagement constant. Ces collaborateurs incarnent l’histoire et l’avenir de nos entreprises, et leur dévouement est une source d’inspiration pour l’ensemble de nos équipes. », a expliqué Gunther Rogge, Directeur général de Pacoci et directeur d’exploitation de SUV.
À travers la médaille d’honneur du travail, c’est également la contribution de chaque récipiendaire au développement et au rayonnement des entreprises qui est ainsi reconnue. Cette remise de médailles s’inscrit dans une démarche plus large de valorisation des collaborateurs. Au-delà de cette cérémonie, Pacoci et SUV déploient plusieurs initiatives en faveur de la reconnaissance des métiers : programme de « reconnaissance du travailleur », mise en lumière des métiers techniques, organisation de journées portes ouvertes dédiées aux enfants des collaborateurs, ainsi que des actions de formation professionnelle visant à accompagner le développement des compétences
Filiale d’Africa Global Logistics (AGL) et de MAERSK Africa Holding Limited (MAHL), Pacoci est spécialisée dans la fabrication de palettes, l’entreposage de denrées alimentaires et la réparation des conteneurs standards et frigorifiques. S’appuyant sur ses 400 collaborateurs, Pacoci est devenu un partenaire stratégique des filières fruitières grâce à son expertise dans la gestion de la chaîne de froid. Certifié ISO 9001 version 2015, l’entreprise participe activement au développement socio-économique de la Côte d’Ivoire.
Ayoko Mensah
Published in
Economie
Tagged under
dimanche, 26 avril 2026 11:55
90 ans de l’Epp Boudépé- Le Conseil du café- Cacao offre des salles de classe, une cantine scolaire et des logements de maîtres
Pour ses 90 ans d’existence, l’École primaire publique de Boudépé (Sous-préfecture d’Agou), dans le département d’Adzopé, a reçu un cadeau bien particulier le samedi 25 avril 2026.
En effet, le Directeur général du Conseil du Café-Cacao, Monsieur KONÉ Brahima Yves a procédé à la remise officielle des clés d’un bâtiment de trois classes, de deux logements de maîtres, d’une cantine scolaire et de latrines construites dans ledit établissement, dans le cadre du Fonds d’investissement en milieu rural (Fimr).
Cette remise a été faite lors de la cérémonie officielle de célébration organisée par la Mutuelle de Développement de Boudépé (Mudeb) et placée sous le haut parrainage du président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Sem Patrick ACHI, représenté, pour l’occasion, par le Député d’Agou, Yakassé-Mé, Bécédi Brignan, l’Honorable YAPI Florent.
Chefferie du canton TCHOYASSO, populations, anciens élèves de cette école primaire fondée en 1936, fils et cadres du village sont sortis massivement pour célébrer cet anniversaire et traduire leur gratitude au Directeur général pour ce don symbole « de la performance du Conseil du Café-Cacao et de son engagement pour des actions sociales en faveur des communautés productrices », selon le Président de la Mudeb, M. SÉKA Yvan Serge.
En réponse à cette reconnaissance, le Directeur générale du Conseil du Café-Cacao a relevé que cette action s’inscrit dans le cadre des missions du Conseil du Café-Cacao et vise à donner des chances de réussite sociale aux enfants des producteurs de café-cacao et à lutter contre le travail des enfants.
Prenant la pleine mesure du don du Conseil du Café-Cacao, l’honorable YAPI Florent, représentant le parrain de la cérémonie a déclaré « qu’il n’y a pas de développement sans école » avant d’exprimer la gratitude de toute la région de la MÉ, dont l’Epp Boudépé est l’établissement scolaire le plus ancien.
Notons que cette célébration des 90 ans de l’EPP Boudépé a été ponctuée de rites traditionnels, de témoignages et décorations d’anciens élèves, de ballets et d’une superbe fresque réalisée par 90 élèves de l’établissement.
Rappelons également que le Fonds d’investissement en milieu rural (Fimr), grâce auquel ces infrastructures ont été réalisées, intervient dans les domaines de la santé, l’éducation, le reprofilage des pistes de desserte agricole, l’hydraulique villageoise, l’électrification rurale et l’appui au système se sécurité en zone de production.
Au titre de l’éducation, depuis 2012, ce sont 413 classes avec tables bancs, 372 logements de maîtres, 79 cantines scolaires qui ont été construits, ainsi que 336 588 kits scolaires, 28 mille tenues scolaires qui ont été offerts par Le Conseil du Café-Cacao en zones de production.
B. M avec Sercom
Published in
Société
Tagged under
dimanche, 26 avril 2026 08:02
Première édition des Journées de mobilités- Les vérités crues de Diaby Brahima, Sako Oumar coincé.
La table ronde de la première édition des journées de mobilités (J. Mobilités), organisée le 22 avril 2026 par l'Amuga était houleuse entre les panelistes.
A cette table ronde, les transporteurs étaient représentés par M. Diaby Brahima, Directeur général du Haut Conseil et Touré Adama, président de la Coordination nationale des gares routières de Côte d'Ivoire (Cngr-CI).
Défendant sa corporation, accusée à tort ou à raison d'être à l'origine de l’anarchie, source des innombrables embouteillages, Diaby n'est pas allé du dos de la cuillère pour asséner ses vérités.
Sans faux-fuyant et dans un langage tranchant avec la langue de bois, le premier responsable des transporteurs a dit : « (…) Nous n’y sommes pour rien. Comment voulez -vous qu'on injecte énormément d'argent dans nos matériels de travail, qu'on paye les patentes, qu'on fasse les visites techniques, qu'on ait les pièces administratives et qu'on ne cherche pas à rentabiliser notre métier ? s’est-il interrogé.
Et de préciser : « (…) Nous les transporteurs, nous ne sommes pas désorganisés. Bien au contraire nous sommes très disciplinés. Que faire quand la route est prise d'assaut par des gens qui ne le doivent pas. Au niveau des collectivités, que les maires prennent leurs responsabilités, car on ne peut pas comprendre que des gens construisent des hangars sur les trottoirs », dit-il. Et de rappeler une ligne de conduite : « (…) Si on applique la discipline dans toute sa rigueur, ce n’est pas possible ». Il ajoute aussi la présence des forces de l’ordre partout et qui contrôlent tous les véhicules au même moment. Sans chercher à esquiver sa solution, Diaby es clair : « (…) Il faut la construction de gares modernes ».
Vers l'Amuga, il s'est voulu sans équivoque : Il faut que les arrêts minutes soient des arrêts minutes et non des lieux de chargements ou d'embarquements ».
Touré Adama a profité de sa prise de parole pour soutenir son aîné et demandé que les deux structures soient dans le Conseil d'administration de l'Amuga. Il faut signaler que le Directeur général du transport terrestre et de la circulation, M. Oumar Sako était, par erreur de protocole, coincé au bout du fauteuil. Il était pourtant le représentant du ministre des Transports et des affaires maritimes Amadou Koné à cette cérémonie. Malheureusement, personne n'y a prêté attention et c'est dommage.
Koné de Sayara
Légende : La photo de la table ronde. A l'extrême droite, Oumar Sako, le représentant du ministre Amadou Koné
Published in
Société
Tagged under
samedi, 25 avril 2026 13:46
Crise dans le cacao- Démenti officiel et mise au point de l’Oia Café-Cacao
L’Organisation Interprofessionnelle Agricole (OIA) de la filière café-cacao tient à apporter un démenti formel et à faire une mise au point claire, suite aux informations erronées et aux propos mensongers relayés dans certains médias et sur les réseaux sociaux, relatifs à la gestion actuelle de la filière.
Contrairement aux insinuations diffusées, il n’existe aucun malentendu entre l’OIA Café-Cacao et le Conseil du Café-Cacao. Les deux institutions travaillent en parfaite synergie, dans le respect des orientations des plus hautes autorités de l’État, en vue d’assurer une gestion rigoureuse, transparente et efficace de la filière.
L’OIA tient également à préciser avec la plus grande clarté que Monsieur Siaka Diakité demeure pleinement et légitimement le Président de l’OIA Café-Cacao. Il exerce ses fonctions en toute responsabilité, conformément aux textes en vigueur et aux missions assignées à l’Interprofession.
Par ailleurs, il convient de rétablir la vérité : il n’existe aucune crise dans la gestion des volumes de cacao, notamment en ce qui concerne les opérations d’enlèvement des stocks résiduels. Les allégations faisant état d’un dysfonctionnement ou d’une mauvaise gouvernance sont infondées et ne reposent sur aucun élément objectif.
En réalité, ce qui suscite aujourd’hui certaines réactions, c’est la mise en œuvre d’un dispositif rigoureux et transparent, encadré par les autorités compétentes, visant à assainir durablement les pratiques au sein de la filière. Ce dispositif repose sur des critères clairs, connus de l’ensemble des acteurs, à savoir :
• l’obligation d’un inventaire préalable des stocks ;
• la justification de la détention réelle des volumes déclarés ;
• la capacité minimale requise de 40 tonnes en magasin pour être éligible aux opérations.
Il apparaît, au regard des constats effectués sur le terrain, que certaines des critiques émanent d’acteurs ayant volontairement dissimulé leurs stocks lors des opérations d’inventaire. En effet, des quantités initialement déclarées entre 2 et 17 tonnes ont, par la suite, révélé des volumes réels nettement supérieurs, atteignant parfois 80 à 100 tonnes aujourd’hui retrouvées dans les magasins.
Ces pratiques, contraires aux principes de transparence et d’équité, expliquent en grande partie les campagnes de désinformation observées.
L’OIA appelle donc l’ensemble des acteurs de la filière, ainsi que l’opinion publique, à faire preuve de discernement face à ces tentatives de manipulation, dont l’objectif est de préserver des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt collectif et de la crédibilité des réformes en cours.
Il convient également de souligner que la filière se trouve actuellement dans la phase des derniers enlèvements des stocks résiduels concernés. Cette étape marque une transition importante, permettant d’orienter pleinement les efforts vers la préparation et le bon déroulement de la petite campagne.
L’OIA Café-Cacao, organisation instituée par décret, réaffirme son engagement constant à œuvrer exclusivement dans l’intérêt des producteurs, qui constituent le socle et la priorité des politiques mises en œuvre. Toutes les actions engagées visent à garantir une meilleure organisation du marché, une plus grande transparence et une valorisation durable de la production nationale.
En conséquence, l’OIA tient à rassurer l’ensemble des parties prenantes :
la filière avance, les réformes sont en marche, et elles se poursuivront avec détermination.
Fait à Abidjan le 23/04/2026
Pour l’OIA Café-Cacao
Doua Blonde Obed
Vice-Président et Porte-parole de l’OIA Café-Cacao
Published in
Economie
Tagged under
vendredi, 24 avril 2026 09:21
Yakassé-Feyassé/Cacaoculture – Plus de 712 tonnes de cacao attendent toujours d’être enlevées
La joie autour de fixation du prix du Kg de cacao bord champ à 2800Fcfa, à l’ouverture de la campagne principale de commercialisation 2025 /2026, n’a été que très brève chez certains paysans dans certaines zones de production, dont ceux de la Sous- préfecture de Yakassé Féyassé dans l’Indénié.
Dans cette paisible localité, à fort potentiel agricole notamment le cacao, c’est le désespoir. Car depuis le début de la campagne principale, des producteurs ont vendu leur cacao. En lieu et place de billets de banques, ils ont reçu des « bouts de papier », pour ne pas dire reçu.
Issa B. cacaoculteur à Yakassé- Féyassé, très amer, ne cache pas son amertume et son désespoir. Avec un lot de reçus en main. « Nous avons vendu notre cacao. M. Koné Drissa, le représentant de la Coopérative, Coop Ca Yawoubé, travaille pour le compte de Sermé Karim agrée par le Conseil Café-cacao, nous a remis des reçus…Puis plus rien. ( Voir Fac-scimilé). A chaque fois que nous réclamons notre argent, il nous fait des promesses. Je ne suis pas seul dans le cas. Les magasins sont bourrés de sacs de fèves de cacao ici à Yakassé-Féyassé. Sur nos reçus c’est écrit 2800Fcfa le Kilogramme ».
Mais que dit M. Sermé Karim mis en cause ?
Ce dernier joint par téléphone, nous a indiqué que c’est Koné Drissa qui acheté le cacao. Des échanges téléphoniques avec M. Sermé Karim, il ressort que « le stock de cacao en attente d’être enlevé Yakassé Féyassé, peut- être évalué à plus de 712 tonnes. Approchée, l’Organisation interprofessionnelle du Café-Cacao( Oia- Café cacao) nous a simplement répondu que « l’information a été bien reçue et nous vous remercions »
Des producteurs très amers pensent qu(ils sont entrainés dans un jeu subtil qui va les contraindre à céder leurs productions à 1200Fcfa au lieu de 2
Rappelons que le 09 Avril 2026 a eu lieu à l’auditorium de la l’immeuble Caistab au Plateau, un point de presse co- animé par le ministre de l’Agriculture, du développement rural et des productions vivrières Koné Bruno et le porte- parole de l’Oia- Café cacao, Blondé Obed Doua.
Dans son exposé Obed Blondé Doua, au nom du président de l’Oia Café-Cacao, Siaka Diakité, a indiqué la crise a été marquée par l’accumulation de 102 000 tonnes de cacao non écoulées, réparties entre 1 430 coopératives, avec de lourdes conséquences pour les producteurs. Il a salué les mesures prises par l’État, notamment l’annulation de quotas attribués à certaines entreprises, dont SITAPA (29 360 tonnes) et TRANSCAO (15 000 tonnes), afin de privilégier les acteurs directement impactés. Dans cette dynamique, un quota complémentaire de 23 830 tonnes a été réattribué à l’Oia Café-Cacao par le Conseil du Café-Cacao, le 8 avril 2026.
Ce volume constitue, selon M. Doua, « la dernière phase opérationnelle » du processus de déstockage. « L’exécution de ce quota marquera la clôture de la gestion des stocks résiduels », a-t-il affirmé, précisant que cette décision stratégique vise à recentrer les efforts sur les producteurs et leurs coopératives. Question : D’où sortent ces stocks de cacao en attente d’être enlevés ? Y a-t-il un passe-droit cette opération ?
Elysée Koffi
Published in
Economie
Tagged under
vendredi, 24 avril 2026 07:56
Reconnaissance et mérite- SIDIBE Issoufou, Dg de l’Oic élevé au grade de chevalier de l’Ordre du mérite ivoirien
Le 17 avril 2026 restera une date marquante pour l’Office ivoirien des chargeurs, (Oic). La raison, son Directeur général, M. SIDIBE Issoufou, a reçu l’insigne honneur d’être élevé au grade de chevalier de l’ordre du mérite ivoirien. Selon une note des services de l’Oic,
« Cette distinction vient saluer son engagement constant ainsi que sa contribution au développement du secteur du transport et du commerce extérieur en Côte d’Ivoire. À travers cette reconnaissance, c’est également l’ensemble des équipes de l’Oic qui voit son travail et son dévouement valorisés.
L’Oic adresse ses sincères remerciements à Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire, pour cette marque de confiance. Nous félicitons chaleureusement notre Directeur général et lui renouvelons notre engagement à poursuivre, à ses côtés, la mission au service des chargeurs et de l’économie nationale », précise la note.
Notons que conformément à son cahier des charges, l’Oic initie une série de séminaires de renforcement des capacités des acteurs du commerce et des transports entre autres. Plusieurs dizaines d’agents économiques ont été formés par des experts en douanes et en commerce international, à l’initiative de cette structure dirigée par SIDIBE Issoufou. Aussi, dans le cadre de la célérité du traitement des dossiers des chargeurs, l’Oic est en plein dans la digitalisation de ses services à la clientèle et aux usagers.
Bamba M.
Published in
Economie
Tagged under
jeudi, 23 avril 2026 16:42
Couverture maladie universelle, ( Cmu) - Le nombre de personnes enrôlées dépasse les24 847844
Au 23 Avril 2026, le nombre de personnes enrôlés à la Couverture maladie universelle, ( Cmu) est de 24 847844. A appris le site afrikchallenges.info d’une source officielle proche de l’Institution de prévoyance sociale- Caisse nationale, (Ips-Cnam), ce jeudi 23 Avril 2026
Pour l'année 2026, au titre des défis majeurs, le ministère de l'Emploi, de la protection sociale et de la formation professionnelle, l’objectif est d'atteindre 30 millions d'enrôlés à la Couverture maladie universelle (Cmu), contre plus de 23 millions à fin 2025 et de rendre effectif et opérationnel le prélèvement des cotisations sociales à la source pour le secteur informel.
B. M
Published in
Société
Tagged under
jeudi, 23 avril 2026 13:51
Contribution - Aux 21e siècle, la richesse ne vient pas du sous- sol mais du capital humain( Prof Yao Seraphin)
La Côte d’Ivoire possède un sous-sol riche. En 2024, son taux de croissance était de 6% quand celui de la Corée du sud était de 2%. Le PIB annuel au prix du marché de la Côte d’Ivoire était, en 2024, de 80. 483 millions d’euros quand celui de la Corée du sud culminait à 1. 733.173 millions d’euros, la même année. Quant au PIB par habitant, celui de la Côte d’Ivoire était de 2582 euros alors que celui de la Corée du sud était de 33. 491 euros. En 2024, alors que la Côte d’Ivoire consacrait 2.907, 7 millions d’euros en dépense publique d’éducation, la Corée du sud dépensait 92.353,6 millions d’euros en dépense d’éducation, en 2022. En 2023, quand la Côte d’Ivoire consacrait 1031, 8 millions d’euros en dépense publique de santé, la Corée du sud déployait, en 2024, 86.606, 1 millions d’euros en frais de santé, pour sa population. L’Esperance de vie à la naissance en Côte d’Ivoire, en 2023, était de 61,94 ans quand celle de la Corée était de 83,70 ans. Au niveau du classement mondial de l’innovation, en 2024, la Côte d’Ivoire était 112e là où la Corée occupait le 6e rang. Dès lors, il en découle que dans ce siècle présent, la richesse ne vient pas du sous-sol mais bien du capital humain. Dans cette interview accordée à plusieurs quotidiens ivoirien, le professeur Prao Yao Séraphin exhorte les autorités ivoiriennes à mettre l’accent sur le capital humain, si vraiment le pays veut aller à l’émergence économique.
Bonjour prof. Prao Yao Séraphin, quel est le potentiel du sous-sol ivoirien?
La Côte d’Ivoire, reconnue pour son cacao et son dynamisme économique, cache sous ses terres une richesse encore largement sous-exploitée: celle de son sous-sol. Or, manganèse, nickel, lithium, coltan, pétrole, gaz naturel… autant de ressources qui font du pays un véritable carrefour stratégique en Afrique de l’Ouest. La Côte d'Ivoire dispose d’un sous-sol riche en minerais critiques et stratégiques. Les succès dans les travaux d’exploration en cours contribueront au développement de nouvelles mines, augmentant sa contribution à l’économie. L'une des dernières découvertes de manganèse en 2023 est celle de la société australienne MAKO Gold Limited au nord du pays. Pour rappel, le pays enregistre 5 mines de manganèse en exploitation : Grand-Lahou, Kaniasso, Lagnonkaha, Bondoukou et Guitry. La production est passée de 207 000 T en 2016 à 929 000 T en 2022.
Concernant le lithium, des permis de recherche ont été accordés à Millenium Resources CI Sarl, African Milium resources CI Sarl, Atex Mining resources Sarl et Firering à Agboville, Tiassalé et M’Batto. Concernant le coltan, deux permis de recherche ont été octroyés en 2023 à la SODEMI (compagnie minière nationale) et à Guggenex Côte d’Ivoire à Béoumi, Botro, Daloa, Issia. La société BRI Coltan a obtenu en 2022 un prêt de 7 millions d’euros de la Banque d’investissement de la CEDEAO (BIDC) pour la construction d’une usine de transformation.
Le groupe pétrolier italien Eni a annoncé une nouvelle découverte d’hydrocarbures, en février 2026, en Côte d’Ivoire. Selon un communiqué officiel publié le 16 février par le gouvernement ivoirien, les réserves du gisement sont estimées à environ 1,4 milliard de barils équivalent pétrole. Ces précédents gisements totalisent près de 6 milliards de barils équivalent pétrole, confirmant le potentiel du sous-sol ivoirien.
Mais pourquoi malgré ce potentiel, la Côte d’Ivoire est loin des pays développés et même émergents?
Réponse : On ne développe pas un pays avec les matières premières à faible valeur ajoutée. Le secteur des matières premières est un secteur à faible valeur ajoutée, qui crée peu d’emplois formels et qui génère trop peu de recettes fiscales. La spécialisation dans les matières premières alimente les inégalités sociales en bénéficiant à une minorité souvent liée à un pouvoir politique autoritaire. La dépendance envers les matières premières rend par ailleurs les économies en développement vulnérables envers la volatilité des prix sur les marchés mondiaux, qui complique fortement la mise en œuvre de stratégies de développement à long terme. Dans le pire des cas, cette spécialisation peut mener à une « croissance appauvrissante » lorsque la baisse des prix des matières premières ne peut être compensée par l’augmentation des volumes exportés. La spécialisation dans les matières premières a en outre tendance à condamner les pays en développement à être victimes d’un échange inégal : leurs matières premières à faible valeur ajoutée sont échangées contre des produits industriels à plus forte valeur ajoutée des pays industrialisés. Pour l’heure, malgré une légère transformation structurelle de son économie, la Côte d’Ivoire continue de compter sur les devises tirées de son agriculture de rente. En effet, le secteur primaire dominé par l’agriculture, représente 14,8% du PIB en 2024, le secteur secondaire centré sur l’industrie extractive, l’énergie, l’agroalimentaire et le BTP, 23,7 % du PIB et le secteur tertiaire majoritaire, tiré par les télécommunications, les transports, le commerce et les services financiers, représente 61,6 % du PIB.
La Côte d’Ivoire est-elle le seul pays dans ce cas, en Afrique ?
Non, il existe plusieurs pays dans ce cas sur le continent. Par exemple, la République démocratique du Congo (RDC), l’un des États les plus riches d’Afrique en gisements divers, couvre à lui tout seul 34 % de la production du continent en diamants. Il fournit également 13 % de la production de cuivre. Plus surprenant encore : la valeur des minéraux encore inexploités est estimée à plus de 24 milliards de dollars. Le sous-sol congolais contient également du cobalt, utilisé dans nos téléphones et ordinateurs portables. Mais son PIB par habitant était de 686 dollars US en 2024 et 68% des congolais vivent sous le seuil de pauvreté. Pendant ce temps, l'indice de développement humain (IDH) de la République démocratique du Congo est passé seulement de 0,38 en 1990 à 0,48 en 2022, demeurant toujours faible.
On peut citer également la Zambie, qui est le plus gros producteur de cuivre africain, un pays qui assure plus de 65 % de la production totale du continent. Avec un PIB de 26,3 milliards USD en 2024, la Zambie est la quatrième économie d’Afrique australe après l'Afrique du Sud, l'Angola et le Zimbabwe. Mais l’économie reste très dépendante du secteur minier (qui représente près de 17,4% du PIB et environ 67% des recettes d’exportation), en particulier du cuivre dont la Zambie est le second producteur du continent. Avec un PIB par habitant de 1 246 USD en 2024, la Zambie fait partie des pays à « revenu intermédiaire de la tranche inférieure ». Toutefois, ses indicateurs socio-économiques sont dégradés : le pays, l’un des plus inégalitaires au monde (indice de Gini de 57,1), est frappé par un taux de pauvreté élevé (64,3% au seuil international de 2,15 USD par jour). Il se situe dans le dernier tiers du classement mondial en termes d’IDH – 153ème rang sur 191 pays en 2023.
Citons aussi la Guinée, un pays qui couvre à lui seul, près de 95 % de la production africaine en bauxite, qui sert principalement à fabriquer l’aluminium, après une première transformation en alumine. La Guinée présente de très nombreux atouts naturels : une façade maritime, un important potentiel hydrologique et agricole, des frontières partagées avec 6 pays et un sous-sol très riche en minerais (bauxite : 1ère réserve mondiale avec 25% du stock et 2ème producteur mondial), 4 Mds T de réserves de fer, 700 T d’or et 30 à 40 M T de carats de réserves prouvées de diamants. Toutefois, son économie demeure relativement peu diversifiée et structurellement vulnérable aux chocs exogènes, notamment sur les matières premières. Avec une population de 15,4 millions d’habitants et un PIB de 25,6 milliards USD en 2024 selon le FMI, la Guinée se situe au bas du classement IDH, occupant le 179ème rang sur 193 pays en 2023. Selon l’Institut national de la statistique, un peu moins de la moitié des Guinéens (43,7 %) vivent en dessous du seuil national de pauvreté qui est estimé à 13 717 GNF/personne/jour (1,4 EUR) en 2019.
Enfin, prenons le cas du Niger, le pays fournit à lui seul, 44 % de l’uranium africain, avec une production estimée à 4 millions de tonnes. Son sous-sol est aussi riche en calcaire, argent, étain et gypse. Avec tout ce potentiel, le Niger, dont près de 47 % de la population a moins de 15 ans, est un pays enclavé avec un PIB/habitant estimé à 707,5 USD en 2024 (FMI). Le capital humain y est particulièrement faible et la plupart des indicateurs sociaux sont faibles ou se dégradent. L’espérance de vie à la naissance est estimée à 61,2 ans (ONU, 2023). Le taux d’alphabétisation est estimé à 38 % en 2022 selon la Banque mondiale, tandis que les taux d’accès à l’eau et à l’électricité se situent à 49 % et 19,5 % respectivement. Le pays figure à la 188e place sur 193 du classement IDH (PNUD, 2025).
Pourtant des pays sans ressources naturelles sont arrivés à s’en sortir pour s’engager sur le chemin du développementt ?
Prenons d’abord le cas de la Malaisie. Dans ce pays, l'industrie manufacturière est le moteur de la croissance, avec des secteurs comme l'électronique et l'automobile bien développés. Le secteur manufacturier jouant un rôle crucial dans cette croissance, ce secteur est devenu l'un des principaux contributeurs au produit intérieur brut (PIB) du pays, stimulant ainsi la stabilité et la croissance économiques. La Malaisie est réputée pour la solidité de ses industries de l'électronique, de l'automobile, de la chimie et des machines. Ces secteurs attirent d'importants investissements nationaux et internationaux, consolidant ainsi la position de la Malaisie comme pôle manufacturier de premier plan en Asie du Sud-Est. L'orientation stratégique du gouvernement vers le développement industriel a propulsé la Malaisie à l'avant-garde de l'excellence manufacturière. Avec un portefeuille de produits de plus en plus diversifié, le pays offre d'importantes opportunités de croissance aux entreprises souhaitant investir dans le secteur manufacturier. L’un des secrets de la Malaisie, est que le pays met en avant le capital humain. En effet, l’indice de développement humain (IDH) qui est utilisé par les Nations Unies pour mesurer les progrès d'un pays, était de 0,807 point en 2022, ce qui le place à la 63e place du tableau de l'IDH publié sur 193 pays. Le résultat est que la Malaisie est dotée d’une économie de marché diversifiée : services (59,3% du PIB), industries manufacturières (23,2%), agriculture (6,3%), hydrocarbures et mines (6,0%), et construction (4,0%). Le PIB par habitant en Malaisie devrait atteindre 11.921,00 USD fin 2025, selon les modèles macroéconomiques mondiaux de Trading Economics.
Ensuite, prenons également le cas de l’île Maurice. Avec une population à Maurice estimée à 1,27 million en 2025, la grande partie de la superficie de l'île est dédiée principalement à la culture de la canne à sucre qui dessine les vallons et les plaines. Mais le pays bute sur des ressources naturelles limitées et menacées par les dérèglements climatiques. Cependant Maurice dispose d'une solide base de capital humain développée grâce à un investissement cohérent et équitable dans le développement humain. Cela a permis à Maurice d'exploiter les avantages, d'apprendre des expertises apportées par l'IDE et de maintenir la compétitivité sur un marché international en pleine évolution. Les services d'éducation et de santé sont gratuits et ont été élargis ces dernières années, afin de créer de nouvelles possibilités d'emploi et d'assurer une croissance inclusive. La main-d'œuvre instruite et adaptable était un élément essentiel de la croissance orientée vers l'exportation des années 1980. Environ 90 % des entrepreneurs de la zone franche industrielle (EPZ) et du secteur manufacturier étaient des Mauriciens, les hommes d'affaires disposant du capital humain, de l'éducation et des connaissances nécessaires pour exploiter les débouchés. Selon le gouvernement de Dubaï, les perspectives générales pour le secteur manufacturier sont positives, car le pays offre de nombreuses opportunités aux entrepreneurs dans les différentes chaînes de valeur, grâce à une main-d'œuvre qualifiée. Le résultat est éloquent : le PIB par habitant à Maurice devrait atteindre 12 520 USD fin 2025. Avec un IDH de 0,804, l'île Maurice est le second pays africain le plus développé et est classée au 76e rang mondial. Pendant longtemps, l’économie mauricienne s’est reposée essentiellement sur le secteur agricole. Mais, en 2025, le secteur agricole est relativement modeste, représentant 3,6 % du PIB et environ 5 % de l'emploi total (Banque mondiale, dernières données disponibles). Environ 40 % du territoire national est consacré à l'agriculture, la canne à sucre dominant près de 90 % des terres cultivées et constituant la principale source de recettes d'exportation. Le secteur industriel a gagné en importance, contribuant aujourd'hui à 18,2 % du PIB et à 21 % de l'emploi. Le secteur manufacturier mauricien - dont la Banque mondiale estime qu'il représente 12 % du PIB - est traditionnellement dominé par le textile et la production de sucre. Le premier est passé d'une production de base à un sous-secteur verticalement intégré, faisant de Maurice le centre d'excellence du textile en Afrique australe et orientale. La manufacture pèse 85 % de l’activité industrielle. Le secteur tertiaire, lui, représente, 78,2 % du PIB.
Enfin, le cas de la Corée du sud. Avec une superficie de 98,480 km² et une population estimée à plus de 51 millions d’habitants, le pays ne possède que quelques gisements de houille d’argent, de zinc, de tungstène, de fer et de kaolin dont le poids économique est négligeable. En effet, en 1948, la division de la Corée a opéré un partage inégal des ressources au profit de la Corée du nord. Mais la faiblesse du capital physique de la Corée du sud contraste avec la vitalité de son capital humain. Le pays a fait le choix d’optimiser son capital humain. Pour tous les dirigeants successifs, le développement du système éducatif doit précéder le développement économique.
Cette politique d’éducation d’excellence a joué un rôle clé dans l’amélioration de la qualité des ressources humaines et largement contribué au développement économique. La démocratisation de l’éducation et l’accès pour tous à l’enseignement supérieur ont permis à la Corée du Sud, de former ses propres cadres dirigeants qui sont aujourd’hui à la tête des principales multinationales du pays. La Corée du sud a une activité de R&D particulièrement dynamique, prise en charge en grande partie par les grands groupes industriels, appelés conglomérats. En termes de dépenses de R&D, rapportées au PIB national, la Corée était en 2017, en première position (4,6% du PIB) parmi les pays membres de l’OCDE. Aujourd’hui, la Corée tient sa force économique de son industrie, qui représentait en 2023, 31,6 % du PIB selon la Banque mondiale, soit l’une des parts les plus importantes parmi les pays développés (la moyenne OCDE est de 22 %, avec notamment 18 % en France, 26,9 % au Japon, ou encore 28,1 % en Allemagne). Ce dynamisme est soutenu par un effort de R&D très important, qui fait de la Corée le deuxième pays le plus dépensier au monde en proportion du PIB en 2022 (5,2 %). Le secteur privé représente 77 % du total des dépenses de R&D de la Corée (2e ratio le plus élevé de l’OCDE après le Japon) dont près de la moitié est assurée par les 10 premiers chaebols. L’omniprésence des chaebols dans la R&D coréenne s’explique notamment par leur modèle exportateur, qui les a poussés à monter en gamme pour se maintenir dans la concurrence internationale et à investir progressivement dans des secteurs de plus en plus technologiques, pour figurer aujourd’hui parmi les leaders dans les semi-conducteurs, les smartphones, les batteries, l’automobile, etc. Les chaebols s’appuient en outre sur leur structure en conglomérat, qui permet de financer la R&D par la rentabilité d’activités lucratives. Les résultats également présents : le PIB par habitant en Corée du Sud devrait atteindre 37072,00 USD d'ici la fin de 2026, selon les modèles macroéconomiques mondiaux de Trading Economics, avec une population d'environ 51,75 millions d'habitants. L'indice de développement humain (IDH) de la Corée du Sud a évolué, passant de 0,73 en 1990 à 0,93 en 2022.
Pendant ce temps, le capital humain de la Côte d’Ivoire est très faible et le pays transforme très peu ses matières premières. Que pensez-vous?
Réponse : Effectivement, vous avez entierèment raison.
Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a publié son rapport annuel sur l’indice de développement humain (IDH) pour l’année 2025. Dans le rapport intitulé « Une question de choix : les individus et les possibilités à l’ère de l’IA », datant du 6 mai 2025, la Côte d’Ivoire enregistre un Indice de Développement Humain (IDH) s’élevant à 0,582. La Côte d’Ivoire gagne dix précieuses places et occupe le 157e rang parmi 193 nations évaluées.
La Côte d'Ivoire enregistre un PIB de 78,9 milliards USD courants (FMI, 2023) avec un PIB/habitant de 2537 dollars (FMI, 2023). La Côte d'Ivoire s’impose comme la première puissance économique de l’UEMOA, contribuant à 40 % du PIB de l’Union. Le pays contribue à 42% des exportations de la zone et abrite la base industrielle la plus développée. Leader mondial sur les marchés du cacao (39 % de part de marché en 2024) et de l’anacarde (40 % de la production mondiale en 2023), la Côte d'Ivoire n’exporte pas de produits transformés mais bruts. Par exemple, le cacao constitue un pilier essentiel de l’économie ivoirienne, générant 40% des recettes d’exportation et contribuant entre 10 et 15% au PIB national, et le premier pourvoyeur de devises du pays, selon la Banque mondiale. Mais le pays ne représente actuellement qu’une petite partie de la chaîne de valeur mondiale de ce secteur, d’une valeur de 145 milliards de dollars par an. Selon les estimations, si Abidjan parvenait à capter seulement 10 % de toute cette chaîne de valeur, cela représenterait environ 15 milliards de dollars par an et augmenterait le PIB de 25 % grâce à la spéculation sur le cacao. Sur ce business, les pays producteurs ne perçoivent que 6 % des centaines de milliards de dollars engrangés. Ceux qui profitent sont les négociants, les grands transformateurs, les détaillants et les marques.
Que proposez-vous prof. Prao Yao Séraphin?
Vous savez que le principal talon d’Achille des économies en développement est leur dépendance envers les matières premières. La part des matières premières dans les exportations totales atteint en moyenne 76% dans les pays à faible revenu et 61% dans les autres pays en développement. Près de neuf pays africains sur dix sont dépendants des matières premières, c’est-à-dire qu’elles représentent plus de 60% des exportations de marchandises. La dépendance aux matières premières est liée au faible développement humain : 29 des 32 pays classés parmi les pays ayant un niveau faible de développement humain sont dépendants des matières premières. Or, cette dépendance aux matières premières est liée au faible développement humain, et principalement à la faiblesse du capital humain. Ce qu’on appelle « malédiction des ressources naturelles » n’est pas une fatalité, à condition de soutenir le développement de secteurs stratégiques créateurs d’emplois de qualité. Pour ce faire, un pays comme la Côte d’Ivoire doit revoir son « logiciel » et accentuer ses efforts sur le capital humain. En Côte d'Ivoire, les exportations de produits de moyenne et haute technologie (en % des exportations de produits manufacturés), se situent à 22% alors qu’elles représentent 72 % en Corée du sud.
La Côte d’Ivoire gagnerait à placer le capital humain au cœur de sa stratégie de développement car l’indice du capital humain est faible en Côte d’Ivoire. Le capital humain est le niveau potentiel de performance qu’un système de formation est capable d’offrir aux citoyens d’un pays. En Côte d’Ivoire, ce chiffre est de 38% selon la Banque Mondiale, un niveau qui décrit l’affaissement du système éducatif ivoirien. Le système de formation, de santé, d’institutions qu’on a aujourd’hui, donnera des citoyens qui vont fonctionner à 38% de leur potentiel alors que la moyenne est de 40% en Afrique contre la moyenne des pays développés qui est de 71 à 75% du potentiel des citoyens.
B.Mafoumgbé avec Sercom Prof Prao
Published in
Economie
Tagged under
jeudi, 23 avril 2026 10:13
Extension de la Couverture maladie universelle (Cmu) aux planteurs - L’expérience ivoirienne exposée à la 34e conférence régionale de la Fao en Mauritanie
Une importante délégation gouvernementale ivoirienne a participé récemment à la 34e conférence régionale de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), à Nouakchott en Mauritanie. Celle -ci était conduite par Bruno Koné Nabagne et Maitre Adama Kamara, respectivement ministre de l’Agriculture, du développement rural et des productions vivrières et de l’Emploi, de la protection sociale et de la formation professionnelle. A l’occasion, la délégation ivoirienne a annoncé l’extension de la Couverture maladie universelle (Cmu) aux planteurs. C’était le 16 avril 2026.
La protection sociale des agriculteurs s’impose progressivement comme un enjeu stratégique en Afrique. Confrontés à de multiples risques, notamment climatiques et économiques, les acteurs du monde rural restent particulièrement vulnérables. Dans ce contexte, la Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape en intégrant davantage les producteurs agricoles dans son système de couverture sanitaire. Une mesure qui vise à renforcer leur résilience tout en consolidant les bases d’un développement agricole durable.
Le ministre Adama Kamara, ministre de l’Emploi, de la protection sociale et de la formation professionnelle, lors d’une intervention consacrée au financement de la protection sociale des agriculteurs. Selon lui, le gouvernement a procédé, dans un premier temps, à l’extension de la Cmu aux planteurs de café-cacao, de coton-anacarde ainsi que d’hévéa et de palmier à huile. Cette décision concerne donc des filières clés de l’économie ivoirienne, fortement contributrices aux exportations et aux revenus des populations rurales. Une particularité majeure de cette réforme réside dans son mécanisme de financement. En effet, les cotisations des planteurs seront prises en charge par les Caisses de stabilisation propres à chaque filière. Ce dispositif vise à lever l’un des principaux obstacles à l’adhésion des agriculteurs aux systèmes de protection sociale : le coût.
Au-delà de cette première étape, les autorités ivoiriennes affichent une ambition plus large.
Pour Adama Kamara, la performance des systèmes agroalimentaires dépend directement du bien-être des producteurs. « Un système agroalimentaire ne peut être performant que si les femmes et les hommes qui le font fonctionner sont eux-mêmes sécurisés », a-t-il affirmé. Dans cette perspective, la protection sociale est envisagée comme un levier essentiel de transformation du secteur agricole. Elle permet non seulement de réduire la vulnérabilité des producteurs face aux chocs, mais aussi d’améliorer leur productivité et leur capacité d’investissement.
Le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, pour sa part, s’inscrit dans cette même logique de synergie entre politiques agricoles et sociales, visant à bâtir un modèle de développement plus inclusif. En réponse, le Directeur général de la Fao, Qu Dongyu, a salué les initiatives portées par la Côte d’Ivoire et exprimé sa disponibilité à renforcer l’appui de l’institution, en particulier dans le domaine agricole. Il a également marqué un intérêt soutenu pour le projet de protection sociale des producteurs, qu’il considère comme une réponse pertinente aux enjeux de vulnérabilité dans le monde rurale
Des acquis à consolider dans les filières café -cacao et Coton anacarde karité
En ce qui concerne la filière café-cacao d’une part, et d’autre part, celle du Coton anacarde karité, les choses avancent bien. Dans la filière café-cacao, à travers une convention de partenariat signée en 2025, entre le Conseil Café-cacao et l’Ips-Cnam, plus de 700 mille producteurs détenteurs de la carte du producteur et enregistrés dans la base de données de l’Ips-Cnam, les bénéficiaires sont gratuitement couverts par les prestations de la Cmu.
Lors de la cérémonie de lancement de la campagne intermédiaire qui a eu lieu le mercredi 02 Avril 2025, à Abidjan, le Conseil du café- cacao a remis un chèque d’un montant de 952 millions de Fcfa à la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) La remise symbolique d’un chèque de 952.000.000 de Francs Cfa à la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (Cnam), vise à offrir la couverture maladie universelle à 700.000 producteurs de café-cacao, qui sont à ce jour inscrits dans la base de données de la Cnam. Autrement dit, les producteurs détenteurs de leurs cartes Cmu.
Dans les détails, il s’agit de la prise en charge totale des cotisations sociales et du ticket modérateur de l’assurance maladie pour tous les producteurs de café-cacao de Côte d’Ivoire. La population cible visée par cette opération est estimée à 1.101.500 personnes, correspondant au nombre de producteurs de café-cacao effectivement recensés à ce jour par le Conseil du café-cacao. Le montant des cotisations sociales étant fixé à 1 380 Francs par mois, pour chaque bénéficiaire de la Cmu, c’est une enveloppe globale de 1.498.040.000 Francs cfa qui sera dégagée mensuellement, pour prendre en charge les frais de santé de l’ensemble des producteurs. Par an, le coût des prestations s’élève à 17.976.480.000 Fcfa.
La montée en puissance de la Cmu dans la filière coton anacarde karité
Dans la filière Coton anacarde karité, l’aiguille va dans le bon sens. A la faveur de la dernière édition des Journées nationales des producteurs de coton, anacarde et karité qui ont eu lieu à Yamoussoukro, à la Fondation Félix Houphouet Boigny, M. Bamba Karim, Dg de l’Ips-Cnam et Berté Mamadou, Dg du Conseil coton anacarde karité, ont formalisé un partenariat, dans ce sens et en présence du Premier ministre, Docteur Robert Beugré Mambé.
Le vendredi 6 février 2026 en effet, le Conseil Coton Anacarde Karité a scellé son engagement pour l'avenir à travers la signature de huit conventions stratégiques dont une portant sur la « Santé pour tous » : Un accord-cadre avec l'Ips-Cnam définit les modalités de prise en charge des cotisations pour garantir un accès effectif à la Couverture maladie universelle (Cmu) aux producteurs de coton, de l'anacarde et du karité. Très spécifiquement, le Directeur général, Berté Mamadou a décidé d’affiner sa stratégie après une phase test qui a porté sur 22mille producteurs dans la région du Tchologo.
« Pour relever ces défis, le Conseil Coton Anacarde Karité s’engage, avec l’appui constant du gouvernement, à garantir aux producteurs des revenus décents et durables, à renforcer la structuration et la professionnalisation des acteurs, et à consolider la gouvernance de nos trois filières. Nous avons engagé le projet d’identification des exploitants et des exploitations d’anacarde, dont la phase pilote menée avec succès dans la région du Tchologo s’est achevée. Elle a permis d’identifier près de 22 000 producteurs, lesquels recevront (ont reçu) leurs cartes professionnelles de producteurs d’anacarde et inscrits à la Couverture maladie universelle. L’année 2026 verra l’extension du projet aux autres régions de production. Cette initiative vise à constituer une base de données fiable, essentielle pour optimiser l’allocation des ressources, renforcer le Système national de traçabilité, améliorer les services en faveurs des producteurs et favoriser leur inclusion financière », avait précisé le Dg Berté Mamadou.
La filière coton anacarde karité, est animée par plus de 500 000 producteurs d’anacarde et de plus de 100 000 producteurs de coton, ainsi que de plusieurs milliers de collectrices de karité qui contribuent, qui contribuent jour après jour, à l’essor de notre économie nationale. Dans les deux filières, ( Café-cacao et Coton anacarde) karité) l’Ips-Cnam et les deux régulateurs ont de la marge, pour accroitre le nombre de personnes enrôlées à la Cmu.
Pour l'année 2026, au titre des défis majeurs, le ministre de l'Emploi, de la protection sociale et de la formation professionnelle, Adama Kamara, s'est donné pour objectif d'atteindre 30 millions d'enrôlés à la Couverture maladie universelle (Cmu), contre plus de 23 millions à fin 2025 et de rendre effectif et opérationnel le prélèvement des cotisations sociales à la source pour le secteur informel.
Ce jeudi 23 Avril 2026, une source officielle de l'Ips-Cnam indique que le nombre de personnes enrôlées à la Cmu est de 24 847844 à ce jour
Des dispositifs complémentaires pour élargir la couverture
Pour les agriculteurs des autres filières ainsi que pour les acteurs du secteur informel, « le gouvernement a lancé, en décembre 2025, le Programme d’investissement en protection sociale (PIPS), doté d’un budget de 187,4 milliards Fcfa. Ce programme vise à étendre progressivement la protection sociale à une population plus large, souvent exclue des dispositifs classiques. Il s’inscrit dans une dynamique globale de réforme du système social ivoirien, amorcée sous l’impulsion du président Alassane Ouattara. Parmi les réformes structurantes figurent également la mise en place de la Cmu et la création du Régime social des travailleurs indépendants (RSTI), destinés à couvrir les travailleurs non-salariés », a souligné le ministre Adama Kamara.
Bamba Mafoumgbé
Published in
Société
Tagged under
.png)