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Apiculture- Le Conseil Coton Anacarde Karité renforce les capacités des communautés riveraines du Parc national de la Comoé.
Dans le cadre de la mise en œuvre son accord de partenariat avec l’Office ivoirien des parcs et réserves (Oipr), le Conseil coton anacarde karité a organisé du 26 au 29 août 2026 à Dédi dans la sous-préfecture de Nassian, une formation en apiculture au profit de cinq Associations villageoises de conservation et de développement (Avcd) riveraines du Parc national de la Comoé. Ce partenariat entre ces deux structures vise à soutenir les communautés locales tout en contribuant à la conservation de la biodiversité et au développement durable des filières coton, anacarde et karité.
En effet, cette formation fait suite à la remise d’équipements apicoles en août 2025 aux Avcd de Dédi, Kokpingué, Koulmitan, Tiémenin et Amaradougou. Elle a réuni les responsables apicoles de ces Avcd, les animateurs ruraux de l’Oipr ainsi que les agents du Conseil Coton Anacarde Karité.
Elle a combiné des séances théoriques et pratiques. Après une première phase consacrée à la connaissance de l’apicultures et à la maitrise des équipements, les participants ont pris part à des travaux pratiques dans un verger d’anacardier portant sur l’installation et l’entretien des ruches, les techniques de piégeage des essaims, l’extraction, le filtrage et le conditionnement du miel. Les participants ont été aussi été sensibilisés à l’installation des ruches dans les vergers d’anacardiers afin de favoriser la pollinisation et contribuer l’amélioration de leur productivité.
A travers cette initiative, le Conseil coton anacarde karité poursuit son engagement en faveur du développement d’activités génératrices de revenus compatibles avec la préservation des ressources naturelles.
B. M
Légende photo : Une vue des acteurs formés à l’Apiculture
Lutte contre l’orpaillage illégal- Le ministre Mamadou Sangafowa- Coulibaly engage un dialogue direct avec les communautés du sud- Comoé
Après ses vacances gouvernementales le ministre Mamadou Sangafowa-Coulibaly est sur le terrain dans le cadre de sa tournée de sensibilisation sur l’orpaillage illégal. Le ministre ivoirien des Mines, du pétrole et de l’énergie, est allé le jeudi 03 septembre 2026 aux contacts des populations du Sud- Comoé. C’était à Aboisso.
En toute franchise, ils se sont parlé sur l'épineuse question de l'orpaillage illégal.
A l’occasion, Eugène Aka Aouélé, président du conseil régional du Sud-Comoé, et Nanan Amon Tanoé, président de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire (Cnrct-CI), étaient visibles aux côtés des populations de la région pour marquer leur solidarité dans le combat.
Face à la foule nombreuse, le ministre des Mines, du pétrole et de l’énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a affiché la fermeté du gouvernement contre ce mal qui ronge les régions. Sans langue de bois, plusieurs voix se sont exprimées pour montrer une voie de sortie du tunnel. Un « plan Marshall » a été proposé de trois à six mois pour interdire toute activité d’orpaillage.
Mais faire une telle proposition, pour le ministre Sangafowa-Coulibaly, c’est « confondre pratique légale et non légale ». Car le champ légal d’exploitation de l’or donne des fruits de développement variés qui vont de la voirie à l’immobilier, en passant par les établissements scolaires.
Le ministre a mis chacun au défi de montrer que des activités minières légales, agissant conformément au Code minier, ont des effets « néfastes » sur l’environnement. Le Code minier n’autorisant pas l’utilisation de produits chimiques. Quant à la suspension de toute activité expérimentée en 2011, elle s’est avérée infructueuse.
Et s’il peut y avoir des complicités dans les hautes sphères, celles-ci, si elles existent, « ne peuvent agir qu’avec les communautés locales », selon le ministre qui indexe, entre autres, les organisations de jeunes ou organisations de chefs de terre. Il a évoqué des cas où des chefs, qui voulaient faire barrage à ces ravages ont été destitués par des pressions locales.
Le ministre a indiqué avec insistance, « qu’il s’agisse de permis d’exploitation, tout commence à la base avec les communautés ».
Selon Mamadou Sangafowa-Coulibaly, « les seules localités où le phénomène d’orpaillage illégal n’a pas pu prospérer sont les localités où les communautés ont dit non ». Aussi a-t-il engagé un dialogue direct avec les communautés concernant les risques associés à l'exploitation illégale de l'or, et surtout sur l'importance d'une mobilisation collective pour lutter contre ce phénomène.
Le ministre a souligné que l’exploitation du sous-sol ivoirien doit contribuer au développement économique et social de la Côte d’Ivoire. Elle ne doit pas nuire à l'agriculture. De plus, elle doit se faire dans le respect de l'environnement. Il est essentiel qu'elle profite à l'ensemble des Ivoiriens et qu'elle tienne compte des générations d'aujourd'hui et des générations futures.
Dans le Sud-Comoé, 31 sites illégaux ont été identifiés, ayant conduit à plusieurs opérations de déguerpissement. Le ministre des Mines a assuré que le gouvernement entend proposer des alternatives légales à l’exploitation artisanale, insistant sur le fait que celle-ci peut être exercée de manière réglementée et responsable afin d’offrir de nouvelles perspectives aux populations locales.
Notons que l'orpaillage illégal représente une activité d'extraction non régulée entraînant des conséquences graves à plusieurs niveaux, engendrant des dommages économiques (pertes fiscales, économie informelle), sociaux (conflits, insécurité) et environnementaux (pollution, dégradation des terres
Elysée Koffi
Légende photo : Le ministre Mamadou- Sangafowa Coulibaly lors de la séance de sensibilisation avec les populations du sud -Comoé
Fin Jncc10/Face à la grogne des producteurs après l’annonce du prix du Kg bord champ à 1200 Fcfa- Le ministre Koné Bruno appelle à l’apaisement
La dixième édition des journées nationales du cacao et du chocolat (Jncc 10), a pris fin le 03 septembre 2026, au Parc des expositions d’Abidjan. Ce en présence de plusieurs milliers de producteurs de café et de cacao et acteurs de la filière café-cacao. Les paysans attendaient mieux au niveau du prix après une précédente une campagne précédente de commercialisation 2025/2026 des plus difficiles.
Malgré des tasses de chocolat et de café bien chauds, l’heure n’était pas vraiment à la fête. Cela se constatait dans la salle, à l’occasion de cette cérémonie de clôture et dans les couloirs du hall des expositions où des producteurs n’ont pas manqué de grogner et de lancer des préavis de grève contre ce prix bord champ de 1200Fcfa le Kg. Identique à celui comme de la campagne intermédiaire précédente de commercialisation.
Face à ces menaces qui ne font qu’enfler, en provenance des zones de production du cacao, à la tribune, M. Koné Bruno Nabagné, le ministre de l’Agriculture, du développement rural et des productions vivrières, a appelé, non seulement à la sérénité mais à la responsabilité de l’ensemble des acteurs de la filière café-cacao. « Notre secteur a besoin de sérénité et d’apaisement » , a-t-il indiqué.
Dans un discours de clôture, le ministre a tenu à réaffirmer la solidarité du gouvernement avec les producteurs, dans un contexte marqué par les préoccupations suscitées par l’annonce du prix de la campagne 2026-2027.
« Nous avons fait le choix de la vérité. Nous avons fait le choix de la responsabilité », a-t-il déclaré, rappelant que l’action du gouvernement demeure guidée par une priorité : préserver durablement les revenus des producteurs et assurer la pérennité de la filière cacao.
Il a également plaidé pour une meilleure compréhension des mécanismes de fixation des prix. « Nous devons, au niveau de la régulation et de l’administration, être plus pédagogues et surtout plus transparents », a-t-il insisté. Face aux débats de ces derniers jours, le ministre a appelé l’ensemble des acteurs à privilégier le dialogue et l’intérêt général. « Notre secteur a besoin de sérénité et d’apaisement », a-t-il affirmé.
Bamba Mafoumgbé,Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Légende photo : Koné Bruno, ministre de l’Agriculture, du développement rural et des productions vivrières : « Notre secteur a besoin de sérénité et d’apaisement »
Jncc10- AGL CÔTE D’IVOIRE met son expertise logistique au service de la filière cacao
AGL Côte d’Ivoire a participé, du 1er au 3 septembre 2026, au Parc des Expositions d’Abidjan, à la 10e édition des Journées Nationales du Cacao et du Chocolat (Jncc), organisée autour du thème : « Jeunesse et cacaoculture du futur ».
Rendez-vous majeur de la filière, les Jncc visent à valoriser le rôle du cacao dans l’économie ivoirienne, ainsi qu’à promouvoir les innovations et les opportunités liées à son développement. Cette édition a réuni plus de 7 000 visiteurs, professionnels et partenaires du secteur agricole ivoirien. À cette occasion, AGL Côte d’Ivoire a présenté ses solutions logistiques destinées à accompagner les producteurs, transformateurs et exportateurs dans la gestion de leurs opérations, depuis les zones de production jusqu’aux marchés internationaux.
Grâce à son offre intégrée, l’entreprise assure le transport routier, l’entreposage, la fumigation, l’empotage, la manutention ainsi que l’accompagnement des formalités de transit et d’exportation du cacao et de ses produits dérivés. Elle propose également un service de tierce détention et des solutions digitales permettant d’optimiser la gestion des flux et des stocks, de renforcer la traçabilité des marchandises et d’améliorer la visibilité sur les opérations. AGL Côte d’Ivoire s’appuie sur un maillage de proximité comprenant des bases logistiques à Abidjan, San Pédro, Bouaké et Ferkessédougou, situées au plus près des zones de production et des unités industrielles. L’entreprise dispose également de plus de 350 000 m² d’entrepôts, dont la moitié est consacrée au cacao.
Entre 2024 et 2025, ses infrastructures et le savoir-faire de ses équipes lui ont permis de traiter 350 336 tonnes de cacao et 152 862 tonnes de produits dérivés. Grâce aux synergies opérationnelles entre ses différentes filiales en Côte d’Ivoire, AGL assure également la continuité des opérations entre les zones de production, les sites de stockage et les plateformes portuaires. D’autres filiales d’AGL en Côte d’Ivoire ont également pris part aux JNCC 2026. Abidjan Terminal, concessionnaire du premier terminal à conteneurs du Port d’Abidjan, PACOCI, spécialisée dans la palettisation et le conditionnement et SUV, spécialisée dans l’usinage industriel, ont présenté leurs offres et leurs solutions aux professionnels de la filière. À travers cette participation, AGL Côte d’Ivoire réaffirme son engagement aux côtés des acteurs du cacao et sa volonté de contribuer au développement d’une chaîne de valeur agricole plus performante, innovante et compétitive.
Bamba Mafoumgbe
Jncc10/ Dr KouakouAmani Michel, Dga du Cnra en chargé de la recherche- « Les normes européennes nous interdisent d'étendre les superficies »
Pouvez-vous, nous donnez les raisons de la présence du Cnra au Journées nationales du cacao et du chocolat ?
Nous sommes là parce que nous sommes la recherche. Le Centre national pour la recherche agronomique est le leader de la recherche agronomique en Côte d'Ivoire. On ne peut pas parler d'innovation ni de production de cacao sans parler de recherche. Parmi les défis à relever, le ministre a cité le changement climatique, la modernisation, l'intensification et la lutte contre la pauvreté. Le rôle du Cnra est de moderniser l'agriculture à travers la digitalisation et la mécanisation, mais aussi de l'intensifier grâce à des semences plus productives. Aujourd'hui, nous avons des variétés de cacao qui produisent jusqu'à 3,5 tonnes à l'hectare, là où le producteur classique était autour de 500 kg. Les normes européennes nous interdisent d'étendre les superficies. Une forte production à l'hectare nous permet donc de réduire les surfaces cultivées tout en produisant plus. De plus, en améliorant les conditions de travail, nous attirerons davantage la jeunesse vers cette culture.
Récemment, un produit a été annoncé pour combattre la maladie du swollen shoot. Quelle est la position de la recherche sur cette trouvaille ?
Comme l'a dit le ministre dans la salle, il faut être prudent. Le Swollen shoot est une maladie virale, et toute maladie virale est difficile à guérir. Nous ne doutons pas des solutions préconisées par nos collègues, mais la cacaoculture est tellement stratégique pour la Côte d'Ivoire qu'il faut prendre toutes les précautions pour que ces dispositions soient appliquées de manière efficace.
De votre côté, avez-vous des produits pour faire face à cette maladie ?
La lutte contre les maladies ne se résume pas seulement à l'utilisation de produits chimiques, et il faut que tout le monde le comprenne. Elle passe d'abord par la création de variétés plus résistantes. Ensuite, par des pratiques culturales. Par exemple, un champ de cacaoyers bordé de caféiers permet de réduire les contaminations. Quand un champ est fortement attaqué, nous préconisons de le détruire. L'insecte vecteur du virus peut piquer un champ infecté puis propager la maladie à un bassin encore sain. C'est une décision lourde, mais cette méthode permet de limiter la propagation en attendant de trouver des solutions plus efficaces pour maintenir le champ en production.
Journaliste : Une méthode en dehors du CNRA peut-elle être efficace ?
Pourquoi pas ? Le Cnra n'a pas le monopole de la recherche. Nous sommes ouverts à l'innovation. Nous disons simplement que toute méthode préconisée doit être employée de manière scientifique et pondérée, pour être effectivement profitable aux producteurs.
Les producteurs ne mesurent pas toujours le danger d'utiliser systématiquement des produits chimiques. C'est pour cela que le ministère de l'Agriculture fixe des normes : tout produit doit être expérimenté par la recherche pour définir les doses exactes et l'encadrement nécessaire. Un produit utilisé de manière anarchique devient un danger.
On constate beaucoup de produits contrefaits sur le marché. Comment luttez-vous contre ce fléau ?
Le Cnra ne lutte pas directement contre la contrefaçon : c'est le rôle du ministère de l'Agriculture qui dispose d'un service dédié. En tant que bras scientifique du ministère, notre rôle est d'informer, de sensibiliser, d'apporter du conseil et de préconiser les bonnes pratiques. La répression, elle, relève de l'État.
Quel message concret adressez-vous aux producteurs sur le terrain ?
Je leur dirais de ne pas se tourner systématiquement vers les produits chimiques pour lutter contre les maladies ou les mauvaises herbes. Il existe des méthodes alternatives et simples qui permettent de protéger les cultures.
Il faut écouter la recherche, l'encadrement (notamment l'Anader) et le ministère de l'Agriculture. Travailler dans le désordre est un danger pour eux-mêmes et pour l'environnement. Aujourd'hui, on ne trouve plus de champignons sauvages parce que l'écosystème a été détruit. L'utilisation incontrôlée de produits chimiques tue les vers de terre et appauvrit durablement les sols. Au même titre que l'orpaillage illégal, les mauvaises pratiques agricoles tuent la terre. Il est donc primordial de suivre les conseils des services d'encadrement
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Jncc10/ Dr KouakouAmani Michel, Dga du Cnra en chargé de la recherche- « Les normes européennes nous interdisent d'étendre les superficies »
Pouvez-vous, nous donnez les raisons de la présence du Cnra au Journées nationales du cacao et du chocolat ?
Nous sommes là parce que nous sommes la recherche. Le Centre national pour la recherche agronomique est le leader de la recherche agronomique en Côte d'Ivoire. On ne peut pas parler d'innovation ni de production de cacao sans parler de recherche. Parmi les défis à relever, le ministre a cité le changement climatique, la modernisation, l'intensification et la lutte contre la pauvreté. Le rôle du Cnra est de moderniser l'agriculture à travers la digitalisation et la mécanisation, mais aussi de l'intensifier grâce à des semences plus productives. Aujourd'hui, nous avons des variétés de cacao qui produisent jusqu'à 3,5 tonnes à l'hectare, là où le producteur classique était autour de 500 kg. Les normes européennes nous interdisent d'étendre les superficies. Une forte production à l'hectare nous permet donc de réduire les surfaces cultivées tout en produisant plus. De plus, en améliorant les conditions de travail, nous attirerons davantage la jeunesse vers cette culture.
Récemment, un produit a été annoncé pour combattre la maladie du swollen shoot. Quelle est la position de la recherche sur cette trouvaille ?
Comme l'a dit le ministre dans la salle, il faut être prudent. Le Swollen shoot est une maladie virale, et toute maladie virale est difficile à guérir. Nous ne doutons pas des solutions préconisées par nos collègues, mais la cacaoculture est tellement stratégique pour la Côte d'Ivoire qu'il faut prendre toutes les précautions pour que ces dispositions soient appliquées de manière efficace.
De votre côté, avez-vous des produits pour faire face à cette maladie ?
La lutte contre les maladies ne se résume pas seulement à l'utilisation de produits chimiques, et il faut que tout le monde le comprenne. Elle passe d'abord par la création de variétés plus résistantes. Ensuite, par des pratiques culturales. Par exemple, un champ de cacaoyers bordé de caféiers permet de réduire les contaminations. Quand un champ est fortement attaqué, nous préconisons de le détruire. L'insecte vecteur du virus peut piquer un champ infecté puis propager la maladie à un bassin encore sain. C'est une décision lourde, mais cette méthode permet de limiter la propagation en attendant de trouver des solutions plus efficaces pour maintenir le champ en production.
Journaliste : Une méthode en dehors du CNRA peut-elle être efficace ?
Pourquoi pas ? Le Cnra n'a pas le monopole de la recherche. Nous sommes ouverts à l'innovation. Nous disons simplement que toute méthode préconisée doit être employée de manière scientifique et pondérée, pour être effectivement profitable aux producteurs.
Les producteurs ne mesurent pas toujours le danger d'utiliser systématiquement des produits chimiques. C'est pour cela que le ministère de l'Agriculture fixe des normes : tout produit doit être expérimenté par la recherche pour définir les doses exactes et l'encadrement nécessaire. Un produit utilisé de manière anarchique devient un danger.
On constate beaucoup de produits contrefaits sur le marché. Comment luttez-vous contre ce fléau ?
Le Cnra ne lutte pas directement contre la contrefaçon : c'est le rôle du ministère de l'Agriculture qui dispose d'un service dédié. En tant que bras scientifique du ministère, notre rôle est d'informer, de sensibiliser, d'apporter du conseil et de préconiser les bonnes pratiques. La répression, elle, relève de l'État.
Quel message concret adressez-vous aux producteurs sur le terrain ?
Je leur dirais de ne pas se tourner systématiquement vers les produits chimiques pour lutter contre les maladies ou les mauvaises herbes. Il existe des méthodes alternatives et simples qui permettent de protéger les cultures.
Il faut écouter la recherche, l'encadrement (notamment l'Anader) et le ministère de l'Agriculture. Travailler dans le désordre est un danger pour eux-mêmes et pour l'environnement. Aujourd'hui, on ne trouve plus de champignons sauvages parce que l'écosystème a été détruit. L'utilisation incontrôlée de produits chimiques tue les vers de terre et appauvrit durablement les sols. Au même titre que l'orpaillage illégal, les mauvaises pratiques agricoles tuent la terre. Il est donc primordial de suivre les conseils des services d'encadrement
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Tourisme et voyages- La Sublime Côte d’Ivoire s’ouvre au marché brésilien
La TAAG Linhas Aéreas de Angola, en partenariat avec le Ministère du Tourisme et des Loisirs de Côte d’Ivoire et son Bureau du Tourisme et des Loisirs au Brésil (Rio De Janeiro), organise du 4 au 11 septembre 2026 un voyage exclusif de familiarisation et de promotion (Famtrip & Presstour).
Ce voyage de familiarisation pour voyagistes et d’immersion médiatique (Presstour) accompagne la nouvelle liaison aérienne São Paulo–Luanda–Abidjan, inaugurée le 4 avril 2026, et vise à faire découvrir au marché brésilien les richesses touristiques, culturelles et gastronomiques de la Côte d’Ivoire. Mais également, le plateau infrastructurel, hôtelier et ludique, ainsi que les opportunités d’affaires de la destination ivoirienne, poumon économique de la Zone UEMOA, voire de la CEDEAO.
Cette délégation composée de journalistes, opérateurs touristiques et représentants institutionnels, selon Mme Jennifer Flora Curcio, Directrice du Bureau du Tourisme et des Loisirs de Rio, participera à cinq jours d’immersion en Côte d’Ivoire, avant un retour via Luanda. Le circuit de ce Famtrip/Presstour Brésil–Côte d’Ivoire s’ouvre le 4 septembre à São Paulo, avec un vol TAAG via Luanda, avant l’arrivée à Abidjan le 5 septembre. Toutes choses qui découlent d’un minutieux travail préparatoire selon la feuille de route à elle tracée par le Ministre Siandou Fofana, ainsi que des rencontres menées avec le Conseil national du tourisme (CNT) et les faîtières ivoiriennes.
Durant ces cinq jours, les participants vivront une immersion complète : visites techniques des infrastructures touristiques, rencontres professionnelles avec les acteurs du secteur, découvertes culturelles et gastronomiques, et exploration des paysages emblématiques du pays – lagunes, littoral, savanes et forêts. Le retour s’effectuera le 10 septembre vers Luanda, avec une nuit sur place, avant le vol définitif vers São Paulo le 11 septembre. Ce parcours est conçu comme une fresque vivante, reliant affaires, loisirs et hospitalité, et consacrant Abidjan comme hub régional aérien et touristique au cœur de la région Ouest-africaine.
Ce projet marque donc une étape stratégique dans le développement de la destination Côte d’Ivoire sur le marché latino‑américain et dans le renforcement des échanges entre l’Amérique latine et l’Afrique de l’Ouest.
Abidjan, hub régional aérien et touristique
La liaison São Paulo–Luanda–Abidjan opéré par TAAG ne se limite pas à une nouvelle ligne aérienne : il consacre Abidjan comme hub régional, à la croisée des affaires, du tourisme et des loisirs. Dans le sillage du succès ivoirien au Salon ABAV Rio, il y a deux ans, la Sublime Côte d’Ivoire affirme son ambition de devenir une destination phare en Afrique, ouverte au Continent Sud-américain.
Sous l’impulsion du Ministre Siandou Fofana, il importe de le noter avec emphase, la Côte d’Ivoire déploie, depuis une décennie, une diplomatie touristique proactive. La coopération avec TAAG et l’accueil d’une délégation brésilienne illustrent la volonté de bâtir des ponts durables entre l’Amérique latine et l’Afrique. Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie de rayonnement international, où Abidjan devient une plateforme incontournable pour les échanges aériens, économiques et culturels.
La Côte d’Ivoire capitalise, ainsi, ses grands événements, sportifs, en l’occurrence– notamment la CAN 2024 – pour renforcer son image et son attractivité à l’égard d’un grand pays de sport tel que le Brésil. Le sport est mobilisé comme un levier de soft power, capable de séduire les marchés émergents et d’inscrire le pays dans les circuits internationaux du loisir et de l’investissement.
Au‑delà des infrastructures, la Sublime Côte d’Ivoire séduit par ses lagunes, son littoral, ses savanes et ses forêts. Sa gastronomie, son patrimoine vivant et son hospitalité sont mis en avant dans les circuits proposés aux voyagistes brésiliens. Chaque escale devient une immersion dans une mosaïque culturelle et naturelle, reflet d’un pays en pleine affirmation.
Le tout traduisant une ambition claire : inscrire la Côte d’Ivoire dans les grandes dynamiques du tourisme 2.0. En reliant le Brésil, via l’Angola, le pays se positionne comme un carrefour stratégique, où tourisme, culture et économie convergent pour bâtir un avenir partagé.
Elysée Koffi avec sercom
JNCC10/Transformation locale du cacao- Le gouvernement prévoit faire passer le taux de 43 % à 50 % d'ici 2030
La Côte d’Ivoire, leader mondial en matière de production de cacao, produit environ 02 millions de tonnes par an. Ce produit contribue à hauteur de 17 % du Pib et représente 40 % de la main-d'œuvre active. Selon le ministre Koné Bruno Nabagne de l’Agriculture, du développement rural et des productions vivrières, qui s’exprimait à la cérémonie d’ouverture de la dixième édition des Journées nationales du cacao et du chocolat, le 1er septembre 2026, au Parc des expositions d’Abidjan, « conformément au Programme national de développement(Pnd), 2026- 2030, la Côte d’Ivoire prévoit faire passer le taux de transformation local de son cacao de 43 à 50% d’ici 2030 ».
Un grand chantier dont le la réussite passe en partie par une forte implication de la jeune dans la cacaoculture.
« Le cacao de demain, ce sera aussi la mécanisation, le numérique, la recherche, la transformation, le marketing », a-t-il déclaré. Pour le ministre, l’objectif est de faire de l’agriculture un secteur moderne, attractif et créateur d’emplois pour la jeunesse. « Lorsque nous parlons de jeunesse, d’agriculture et de culture, nous parlons de notre avenir. Nous parlons aussi de l’avenir de notre pays. Produire la fève ne suffit plus. Notre prochaine étape, c’est celle de la valeur », a-t-il souligné.
Revant sur la campagne principale 2026-2027 qui vient de commencer, le prix minimum garanti bord champ du cacao est fixé à 1200 FCFA le kg et le prix du café s’établit à 1300 FCFA le kg. Selon le ministre Bruno Nabagné Koné, le maintien du prix du cacao à 1200 FCfa le kg s'inscrit dans un contexte d'extrême instabilité des marchés internationaux. « Le marché international est caractérisé par une forte volatilité des cours du cacao », a-t-il expliqué.
Pour lui, ce prix est le résultat des conditions de commercialisation de la nouvelle campagne et du niveau de prix auquel les volumes ont été vendus par anticipation. Ces prix intègrent également la volonté du gouvernement de préserver, autant que possible, le revenu et le pouvoir d’achat du producteur, tout en assurant la pérennité de la filière. « Il s’agit d’un prix qui soit financièrement soutenable ».
Le ministre de l’Agriculture a rappelé les défis auxquels la filière est confrontée, notamment le changement climatique, le vieillissement des vergers, la détérioration des sols, les pertes post-récolte, la complexité du marché international. Face à ces défis, a-t-il assuré, le gouvernement et le Conseil Café-Cacao ont mobilisé 280 milliards Fcfa d'appuis directs et 231 milliards de réajustements budgétaires pour favoriser l'évacuation des stocks de cacao.
Réagissant juste après l’annonce de ce prix qui n’est pas du tout enchanteur pour les producteurs ivoiriens, M. Diakité Siaka, président de l’Oia- Café- Cacao, estime que les 1200Fcfa /kg peuvent être payés aux producteurs, c’est une bonne chose. « Nous savons que ce prix est le résultat de plusieurs paramètres liés au marché mondial. Qui n’était pas bon quand la Côte d’Ivoire par rapport à ses engagements internationaux vendait par anticipation 60% de sa récolte. Nous connaissons toute la place que le Chef de l’Etat, Alassane Ouattara et son gouvernement attachent aux conditions de vie des producteurs ivoiriens. Si le gouvernement pouvait faire mieux, il le ferait. Le marché à commencé à remonter et il faut y croire… », a commenté le président de l’Oia- Café cacao.
Bamba Mafoumgbé
Campagne principale de commercialisation du cacao 2026- 2027- Le prix bord champs du Kg maintenu à 1200Fcfa
Las journées nationales du cacao et du chocolat 2026 (Jncc), ont ouvert leurs portes, ce mardi 1er septembre de la même année au Parc des expositions d’Abidjan- Port Bouet. Une ouverture qui coïncide avec le lancement de la campagne de commercialisation 2026- 2027 du cacao en Côte d’Ivoire.
Les prix bord champ du cacao a été maintenu à 1200Fcfa comme pendant la campagne intermédiaire précédente. Pendant que celui du café 1300Fcfa a été fixé à 1300Fcfa.L'information a été donnée lors de cérémonie d’ouverture des Jncc10, par le ministre de l'Agriculture, du développement rural et des productions vivrières, M. Bruno Nabagné Koné. Ce en présence de plusieurs membres du gouvernement ivoirien, le Médiateur de la République, Touré Gaoussou, des acteurs de la filière café cacao, des industriels et des producteurs. Ces derniers qui s’attendaient à mieux que les 1200Fcfa, ont accueilli ce prix avec un peu de froid. Non sans estimer que : « même si ce n’est pas beaucoup, pourvu qu’on puisse payer leurs fèves de cacao au prix garanti annoncé »
Selon le ministre Koné Nabagné, le prix du Cacao a tenu compte de plusieurs paramètres. (…). Ce prix se situe au bas de la fourchette de 1.200 à 1.500 Fcfa proposée par le régulateur au gouvernement. Cette fourchette de prix était basée sur la moyenne des ventes à terme de la campagne principale 2026/27 réalisées par le régulateur, le Conseil du Café-Cacao (CCC), entre mars et juin de cette année. A noter que la Côte d’Ivoire est dans un système stabilisé depuis la dernière réforme et de Vente anticipée d’au moins 60% de sa récolte, six mois avant l’ouverture de la nouvelle campagne. Malheureusement, sur la période indiqué les cours mondiaux n’étaient du tout roses.
Mais au-delà de ce prix qui restera afficher afin jusqu’ à fin février 2027, le ministre Bruno Nabagné Koné a invité surtout les cacaoculteurs ivoiriens à préparer l’avenir.
Il estime que le renouvellement générationnel constitue l’un des grands défis de l’agriculture ivoirienne. « Le cacao de demain, ce sera aussi la mécanisation, le numérique, la recherche, la transformation, le marketing », a-t-il déclaré. Pour le ministre, l’objectif est de faire de l’agriculture un secteur moderne, attractif et créateur d’emplois pour la jeunesse. « Lorsque nous parlons de jeunesse, d’agriculture et de culture, nous parlons de notre avenir. Nous parlons aussi de l’avenir de notre pays », a-t-il souligné. Non sans décrocher une flèche contre les acteurs de l’orpaillage illégal qui est en train de détruire les terres cultivables en Côte d’Ivoire. Il a salué la détermination du gouvernement à lutter énergiquement contre ce fléau.
Avant lui, Koné Yves Brahima, Directeur général du Conseil du café cacao, a saluer la détermination et la résilience des producteurs ivoiriens.
« Je salue également tous les participants et, spécialement, les productrices et producteurs qui ont bien voulu accepter notre invitation. Enfin, je voudrais remercier toutes les structures qui ont souhaité associer leur image à cette 10e édition des Jncc. (…) Grace à la reforme, le producteur peut désormais bénéficier d’un prix bord champ équivalent, au minium, à 60% du prix CAF. La transformation nationale de notre cacao de plus en plus importante. Il est à noter que si les quantités transformées pour cette campagne 25/26 s’élèvent à 650.000 tonnes, soit un taux de transformation de 30%, à ce jour, la capacité installée est de 1.155.000 tonnes. Cette capacité sera portée à 1.344.000 tonnes au cours de la campagne 26/27, avec la mise en service de nouvelles usines », a indiqué le Dg Koné Yves Brahima.
Aussi, il n’a pas manqué d’ajouter et en rapporte avec le thème de cette édition qu’au stade actuel des avancées de la filière, il convient désormais de regarder vers le futur : de poser des actes pour la jeunesse et pour l’avenir des vergers. «C’est tout le sens du thème de cette 10e édition des Jncc: ‘Jeunesse et cacaoculture du futur’.
Premièrement, la jeunesse. Le recensement des producteurs et de leurs vergers nous a montré que l’âge moyen des producteurs est de 40 ans. Le potentiel étant énorme dans le secteur cacao, nous appelons donc les jeunes à s’investir dans la production, la transformation primaire et la chocolaterie. Les jeunes pourront compter sur le soutien du Conseil du Café-Cacao qui dispose de moyens aussi bien pour la cacaoculture, la transformation primaire que la chocolaterie. Le Centre de formation aux métiers du cacao et du chocolat d’Akoupé-Zeudji est prêt à les accueilli » a terminé M. Koné Yves Brahima.
Face à des cours mondiaux par nature volatils, la Côte d’Ivoire entend renforcer ses mécanismes de sécurisation, améliorer les revenus des producteurs et surtout capter davantage de valeur grâce à la transformation locale.
Bamba Mafoumgbé,Cette adresse courriel est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Légende photo : Une vue des officiels et des acteurs du monde du cacao ivoirien, à l’ouverture des Jncc10.
Les Mardis de Nk- Orpaillage : ni gendarme, ni avocat, ni justicier
Entre détourner les yeux et se faire justice soi-même existe un espace essentiel : celui de la citoyenneté responsable.
Quand chacun veut sauver la République à sa manière
Il existe une tentation qui naît souvent des meilleures intentions : lorsque le citoyen constate une injustice, une atteinte à l’environnement ou une activité qu’il estime illégale, il peut finir par croire que son indignation lui confère immédiatement une fonction.
Il enquête. Il accuse. Il désigne les coupables. Il prononce le verdict. Parfois, il appelle même à la sanction.
En quelques heures, le voilà successivement gendarme, procureur, juge et exécuteur d’une décision que personne ne lui a demandé de prendre.
À l’autre extrême se tient un citoyen tout aussi dangereux pour la collectivité : celui qui voit, sait, comprend et choisit de détourner le regard.
Entre ces deux dérives — l’indifférence et la justice personnelle — se trouve pourtant l’un des territoires les plus précieux de toute démocratie : la citoyenneté responsable.
La question de l’orpaillage nous offre aujourd’hui une remarquable occasion d’en faire la pédagogie.
Voir ne donne pas le droit de condamner
Une rivière change de couleur. Des engins apparaissent près d’un village. Des terres sont creusées. Des rumeurs circulent. L’inquiétude grandit.
Que doit faire le citoyen ?
Certainement pas se taire.
Mais certainement pas davantage prononcer seul la culpabilité.
Car une République commence précisément par cette distinction : le citoyen possède le droit d’alerter ; l’autorité compétente possède le devoir de vérifier ; la justice possède le pouvoir de qualifier et de sanctionner selon le droit.
Confondre ces rôles, même au nom d’une cause juste, fragilise l’État de droit que l’on prétend défendre.
Une exploitation artisanale peut relever d’un cadre autorisé. Une autre peut être clandestine. Déterminer juridiquement ce qui relève de l’une ou de l’autre exige des faits, des autorisations vérifiées, des contrôles et l’intervention des administrations compétentes.
La conviction personnelle n’est pas encore une preuve.
Et la rumeur, même répétée mille fois, ne devient pas un jugement.
Mais se taire peut aussi devenir une faute civique
Faut-il alors regarder ailleurs ?
Ce serait l’autre absurdité.
Imaginons un village où chacun aperçoit une activité manifestement préoccupante, mais où tous décident que cela ne les concerne pas.
Le cultivateur se tait.
Le pêcheur se tait.
Le chef communautaire se tait.
Le jeune qui voit passer les engins se tait.
L’élu local se tait.
Puis, quelques années plus tard, lorsque les conséquences apparaissent, tout le monde demande : « Où était l’État ? »
Question légitime.
Mais l’État pourrait également demander : « Qui m’avait alerté ? »
La République ne possède pas des yeux derrière chaque arbre, un fonctionnaire au bord de chaque rivière ni un agent sur chaque piste rurale.
Ses premiers yeux sont souvent ceux de ses citoyens.
Signaler n’est pas dénoncer arbitrairement. Alerter n’est pas condamner. Être vigilant n’est pas devenir justicier.
Voilà la frontière qu’il faut enseigner.
Le citoyen sentinelle, non le citoyen procureur
La Grande Côte d’Ivoire gagnerait à faire émerger une véritable culture du citoyen sentinelle.
La sentinelle observe.
Elle vérifie ce qu’elle peut vérifier sans se mettre en danger.
Elle conserve, dans les limites de la loi, les informations utiles.
Elle saisit les autorités compétentes.
Puis elle laisse les institutions accomplir leur travail.
Elle ne transforme pas les réseaux sociaux en tribunal populaire. Elle ne publie pas légèrement des noms. Elle ne met pas en danger sa communauté par une confrontation improvisée. Elle ne confond jamais courage civique et témérité.
Cette retenue n’est pas de la faiblesse.
C’est de la maturité démocratique.
Car la démocratie ne consiste pas à permettre à chacun d’exercer tous les pouvoirs. Elle consiste précisément à organiser les pouvoirs afin qu’aucun d’entre nous ne puisse devenir à lui seul enquêteur, accusateur et juge.
La vigilance oblige aussi l’État
Mais cette pédagogie impose une contrepartie.
On ne peut demander au citoyen d’alerter si son alerte tombe dans un puits administratif.
La responsabilité doit fonctionner dans les deux sens.
Si les populations signalent des activités préoccupantes, elles doivent savoir à qui s’adresser, par quel canal, avec quelle protection et quelle suite.
Les pouvoirs publics gagneraient donc à renforcer des mécanismes simples de signalement, à mieux identifier les services compétents, à protéger les lanceurs d’alerte agissant de bonne foi et à informer les communautés des suites données lorsque la loi le permet.
Car le silence administratif peut décourager le civisme.
Un citoyen qui alerte dix fois sans jamais percevoir de réponse finira peut-être par se taire — ou, pire, par vouloir agir lui-même.
L’efficacité institutionnelle est donc aussi une prévention contre la justice personnelle.
Ne pas transformer chaque chercheur d’or en ennemi
Une autre prudence s’impose.
La lutte contre l’orpaillage illégal ne doit pas devenir une guerre sociale contre les populations qui cherchent à vivre.
Derrière certaines excavations se trouvent des réseaux organisés qu’il faut combattre. Mais autour d’elles se trouvent également des jeunes sans emploi, des familles vulnérables et des communautés attirées par une ressource qu’elles espèrent transformer en avenir.
Les confondre serait une erreur.
Il faut sanctionner l’illégalité, formaliser ce qui peut légalement l’être, protéger l’environnement et proposer des alternatives économiques crédibles.
Le gendarme peut interrompre une activité clandestine ; il ne remplacera jamais une politique de développement.
La République est une chaîne de responsabilités
L’orpaillage nous enseigne finalement quelque chose qui dépasse largement la question minière.
Dans une démocratie adulte, chacun doit tenir sa place.
Au citoyen : la vigilance.
Aux communautés : l’alerte et la protection du patrimoine local.
Aux administrations : le contrôle.
Aux forces compétentes : l’application de la loi.
À la justice : la qualification des faits et, lorsqu’elle est saisie, la sanction selon le droit.
Aux responsables publics : la prévention, la réglementation et les alternatives économiques.
Lorsque chacun accomplit sa mission, la République fonctionne.
Lorsque chacun veut accomplir celle de l’autre, le désordre commence.
Ni fermer les yeux, ni prendre la loi entre ses mains
La Grande Côte d’Ivoire aura besoin de citoyens debout.
Mais être debout ne signifie pas être armé de certitudes contre son voisin.
Cela signifie être suffisamment responsable pour ne pas détourner les yeux devant ce qui menace le bien commun et suffisamment républicain pour ne jamais confondre vigilance et vengeance.
Voilà la ligne de crête.
Voir sans calomnier.
Alerter sans condamner.
Documenter sans se mettre en danger.
Interroger sans menacer.
Protéger sans se substituer à l’État.
Car le silence peut protéger l’illégalité.
Mais l’indignation sans règle peut, elle aussi, fabriquer de l’injustice.
Entre les deux se tient le citoyen dont la Grande Côte d’Ivoire aura besoin : ni gendarme, ni avocat, ni juge, encore moins justicier — simplement citoyen, mais pleinement citoyen.
Et ce « simplement » contient déjà une immense responsabilité.
Par Norbert KOBENAN
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